Poésies choisies de André Chénier
XII le Chêne de Cérès
XII
LE CHÊNE DE CÉRÈS
Allons chanter, assis dans les saintes forêts, Sous ce chêne orgueilleux, favori de Cérès, Qui loin autour de lui porte un immense ombrage, Tu vois, de tous côtés pendant à son feuillage, 5
Couronnes et bandeaux et bouquets entassés, Doux monuments des voeux par Cérès exaucés.
A son ombre souvent les nymphes bocagères Viennent former les pas de leurs danses légères; Pour mesurer ses flancs et leur vaste contour, 10
Leurs mains s'entrelaçant serpentent à l'entour: Et, les bras étendus, vingt Dryades à peine Pressent ce tronc noueux et dont Cérès est vaine.
(Tiré d'Ovide, Mét., viii.)
XIII
HERCULE
Oeta, mont ennobli par cette nuit ardente, Quand l'infidèle époux d'une épouse imprudente Reçut de son amour un présent trop jaloux, Victime du centaure immolé par ses coups;