Poésies choisies de André Chénier

André Chénier · Chapitre 48 sur 119

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Poésies choisies de André Chénier

Chapitre XV

Je veux, jouet errant de vos sentiers confus, Foulant de vos rochers la mousse insidieuse, Suivre de mes chevreaux la trace hasardeuse; Et toi, grotte escarpée et voisine des cieux, Qui d'un ami des saints fus l'asile pieux,

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Voûte obscure où s'étend et chemine en silence L'eau qui de roc en roc bientôt fuit et s'élance, Ah! sous tes murs, sans doute, un coeur trop agité Retrouvera la joie et la tranquillité!

 

XV

O délices d'amour! et toi, molle paresse,

Vous aurez donc usé mon oisive jeunesse! Les belles sont partout. Pour chercher les beaux-arts, Des Alpes vainement j'ai franchi les remparts; 5

Rome d'amours en foule assiège mon asile, Sage vieillesse, accours! Ô déesse tranquille, De ma jeune saison éteins ces feux brûlants, Sage vieillesse! Heureux qui, dès ses premiers ans, A senti de son sang, dans ses veines stagnantes, 10

Couler d'un pas égal les ondes languissantes; Dont les désirs jamais n'ont troublé la raison; Pour qui les yeux n'ont point de suave poison; Au sein de qui jamais une absente perdue N'a laissé l'aiguillon d'une trop belle vue;

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