Poésies choisies de André Chénier
XXXIV les Jardins
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Par Cérès, par sa fille et la Terre sacrée,
Une grâce légère, autant que désirée.
Ah! près de vous, jadis, elle avait son berceau, Et sa vingtième année a trouvé le tombeau. Que vos agneaux du moins viennent près de ma cendre 10
Me bêler les accents de leur voix douce et tendre, Et paître au pied d'un roc où d'un son enchanteur La flûte parlera sous les doigts du pasteur. Qu'au retour du printemps, dépouillant la prairie, Des dons du villageois ma tombe soit fleurie; 15
Puis d'une brebis mère et docile à sa main En un vase d'argile il pressera le sein;
Et sera chaque jour d'un lait pur arrosée
La pierre en ce tombeau sur mes mânes posée. Morts et vivants, il est encor pour nous unir 20
Un commerce d'amour et de doux souvenir.'
C'est en songe que la jeune Mnaïs est venue leur dire cela.
(Trad. de Léonidas de Tarente.)
XXXIV
LES JARDINS
Secrets observateurs, leur studieuse main En des vases d'argile et de verre et d'airain Enferme la nature et les riches campagnes. Ce sont là leurs vallons, leurs forêts, leurs montagnes.