Poésies choisies de André Chénier

André Chénier · Chapitre 19 sur 119

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Poésies choisies de André Chénier

Chapitre XVI

Soit qu'aux bords de Pæstum, sous ta soigneuse main, Les roses deux fois l'an couronnent ton jardin; Au coucher du soleil, si ton âme attendrie

Tombe en une muette et molle rêverie,

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Alors, mon Clinias, appelle, appelle-moi.

Je viendrai, Clinias; je volerai vers toi.

Mon âme vagabonde, à travers le feuillage, Frémira; sur les vents ou sur quelque nuage Tu la verras descendre, ou du sein de la mer, 30

S'élevant comme un songe, étinceler dans l'air, Et ma voix, toujours tendre et doucement plaintive, Caresser, en fuyant, ton oreille attentive.'

 

XVI

Mon visage est flétri des regards du soleil. Mon pied blanc sous la ronce est devenu vermeil. J'ai suivi tout le jour le fond de la vallée;

Des bêlements lointains partout m'ont appelée. 5

J'ai couru: tu fuyais sans doute loin de moi: C'étaient d'autres pasteurs. Où te chercher, ô toi Le plus beau des humains? Dis-moi, fais-moi connaître Où sont donc tes troupeaux, où tu les mènes paître, Pour que je cesse enfin de courir sur les pas 10

Des troupeaux étrangers que tu ne conduis pas.

(Tiré du Cantique des cantiques.)