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Claire North · Chapitre 30 sur 83

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Chapitre 31

 

 

Au ministère de la Responsabilité civile, le type de la sécurité dit :

— Ah nous y voilà, Dani Cumali, agent d’entretien, prestataire externe, travail de nuit elle – oui oui voilà c’est là prise de poste sortie de poste tout est là noir sur blanc clair et net comme on dit.

Et Theo dit :

— J’audite son meurtre, il y a des irrégularités financières dans l’évaluation – nous devons pouvoir nous dégager de toute responsabilité en cas d’erreur de réclamation face à l’accusation si…

Ils lui donnèrent accès aux enregistrements de vidéosurveillance parce qu’il avait l’air poli, parfaitement inoffensif, et pourquoi auraient-ils refusé ?

Assis dans un box derrière le bureau de la sécurité.

Avance rapide sur d’innombrables journées de travail.

Pause discussion tasse de café la machine fait encore des siennes et

oh mon Dieu il a dit elle a dit il a dit ça vous dit qu’on aille à

POURQUOI EST-CE QU’IL EST TOUJOURS AUSSI LENT CET ASCENSEUR ah tiens le voilà ding !

se tenir par la main

lâcher

Vies vécues à grande vitesse un moment de tendresse est

enfui

une engueulade enflammée mais quel con quel con comment est-ce que tu as pu comment est-ce que tu as pu être aussi

réglé maintenant sourire en allant vers le

Pendant quelques instants, Theo se retrouve obnubilé par la plante en pot dans le coin de l’écran. S’il la regarde assez longtemps, est-ce qu’il la verra pousser ?

Puis il réalise qu’il est en train de s’endormir, et il se secoue, et il se lève et va prendre un café exécrable à la machine à café exécrable, et il revient à son bureau, et il s’oblige à s’asseoir correctement sur sa chaise et à réessayer.

remplir le saladier de fruits

jouer en douce sur son téléphone sous la table personne ne s’en rendra compte

fixer les règles sur une question de

lumières éteintes

lumières allumées, ailleurs

sortir

allumer.

Dani entre.

Elle est là.

Vivante.

Dani est vivante quelques semaines seulement dans le passé, juste sous ses yeux.

Il se penche si près que son nez frôle l’écran, ralentit tout à vitesse normale, la regarde tourner sur elle-même, nageant au sein d’un brouillard numérique.

Elle porte un uniforme d’entretien, un nouveau badge fixé à sa poitrine.

L’uniforme est bleu, mais Theo le sait uniquement parce qu’il l’a déjà vu. À l’écran il pourrait être n’importe quoi, n’importe quelle nuance de gris.

L’espace d’un instant elle regarde vers la caméra, comme si elle le regardait lui, et le choc est si grand qu’il se rejette en arrière comme un homme frappé à la poitrine

et il réalise qu’il a envie de détourner les yeux

et il s’oblige à regarder

Dani arrive par la porte de service, remplit des paperasses pour son premier jour, oui elle a été fouillée elle a le – attendez c’est juste ici c’est…

Gros sac en toile rempli de vêtements de rechange et de produits d’entretien parce qu’elle aime bien prendre les siens elle trouve souvent que les trucs qu’on trouve ici sont, bon…

Le vigile fouille son sac les deux premiers jours, puis se lasse et renonce et la laisse passer avec un sourire, tête connue maintenant, comment ça va ma belle comment tu

Dani nettoie.

Bureaux.

Écrans d’ordinateur.

Sort les poubelles.

Frotte les cuvettes des toilettes.

Astique les lavabos.

Vide le marc de la machine à café. Qui aurait pu croire qu’un truc qui fait une boisson aussi mauvaise contienne quoi que ce soit de naturel ?

Elle laisse les sacs-poubelles près de l’ascenseur, pour les descendre dans un grand tas blanc.

Les récupère, dernier geste de sa nuit de travail.

Entre dans l’ascenseur.

descend

sort

disparaît de l’écran

réapparaît quelques secondes plus tard sur une autre caméra

s’évanouit

réapparaît

dépose les sacs dans de grosses poubelles vertes à l’arrière de l’immeuble et est

même chose

même chose

même chose

trois – quatre – jours

Le nez de Theo penche vers l’écran. Même le visage de Dani ne parvient pas à le maintenir éveillé, feue Dani décédée, il ne l’a pas vue mourir en fait il n’a pas vu son visage avec la balle à l’intérieur jusqu’à ce que les photos arrivent mais il savait et une part de lui doute encore de la vérité

feue Dani décédée.

Le cinquième jour elle monte dans l’ascenseur avec trois sacs-poubelles blancs

quitte la caméra

sort

s’évanouit

sort

va aux poubelles avec

deux sacs.

Theo se redresse, la tête brumeuse, l’esprit à la dérive, regarde à nouveau.

Deux sacs-poubelles.

Elle les dépose dans les containers et s’évanouit.

Reste hors caméra pendant près de cinq minutes.

Réapparaît, passe son badge sécurisé devant la porte de service et

ne regarde pas vers la caméra de surveillance et

s’en va.

Theo ratisse les caméras.

Il ne voit pas il ne trouve aucun signe d’un

troisième sac.

Regarde à nouveau.

Arrive, nettoie, vide les poubelles, monte dans l’ascenseur, sort de l’ascenseur, franchit le coin avec ses trois sacs de

réapparaît devant la caméra avec deux sacs seulement.

Theo descendit, suivant une topologie entraperçue sur la vidéosurveillance, pénétra dans la zone oubliée des couloirs souterrains, tuyaux au plafond, éléments de chauffage entourés d’aluminium, murs autrefois peints en vert, puis en jaune, désormais collage écaillé mêlant les deux.

Traversa l’endroit que les caméras ne voyaient pas.

Découvrit la pièce lors de son second passage.

À l’intérieur : une déchiqueteuse, une photocopieuse, un tabouret et une pancarte vieille de neuf ans indiquant les frais de port et d’emballage pour les lettres surdimensionnées. Rares étaient les appareils qui avaient été utilisés très longtemps. Un unique néon brillait au plafond, flanqué de part et d’autre par deux compagnons cassés. Une grosse poubelle verte derrière la déchiqueteuse contenait les bandes loqueteuses de graphiques et de documents détruits depuis des lustres, lettres et nombres formant d’étranges dunes alors qu’il plongeait ses doigts à l’intérieur. Il fourragea dans la masse de papier, sans autre raison que le plaisir de la sensation, et trouva les journaux.

Il les sortit.

Tabloïdes vulgaires, distribués gratuitement dans la station de métro du coin, quarante pour cent de pubs, cinquante pour cent de bavardages pop de célébrités, huit pour cent de sport et deux pour cent de rumeurs de morts et de catastrophes environnementales dans des pays moins importants que celui-ci.

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Il sortit un tas et regarda les dates. Le dernier remontait à quelques jours, et quand il fouilla plus profond, il trouva près de trente exemplaires.

Il revint au box de sécurité, repassa les faits et gestes de Dani à cette date.

Arrive

monte

nettoie

aspire

descend les poubelles

trois sacs dans l’ascenseur deux quand elle

Il arrêta la vidéo juste au moment où elle disparaissait du cadre, songea à ce qu’il voyait. Son entrée et sa sortie la faisaient passer devant la pièce de la déchiqueteuse. Il zooma au moment de son arrivée, de sa sortie, examina le sac en toile qu’elle portait en bandoulière.

Volumineux dans les deux cas, mais à la sortie sa forme avait changé.

Il se rassit pour réfléchir.

Commença à rire, et dut s’arrêter net quand un garde passa la tête dans le box pour s’assurer qu’il allait bien.

Le soir.

Il chercha « Danesmoor » dans un cybercafé de Bermondsey.

Demeure ancestrale. Joli jardin. Zones ouvertes au public quatre jours par semaine, visites guidées le premier et troisième dimanche de chaque mois. Domaine familial du marquis de Mantell, titre actuellement détenu par Philip Arnslade fils de Helen Arnslade épouse de…

Il s’interrompit.

Alla se chercher un autre café, même si le premier faisait encore bourdonner son esprit.

Se rassit. Chercha Helen Arnslade. La photo d’une femme, la soixantaine, pose solennelle près du buste de son époux décédé, perles autour du cou, mains refermées l’une sur l’autre, fière de sa maison, dévouée à son devoir. La légende disait : « Lady Helen Arnslade continue de donner le ton pour la saison de chasse. »

La photo remontait à plusieurs années. La page suivante comprenait une image de son fils, arborant fièrement un fusil à deux coups et une casquette en feutre. Il ne trouva rien de plus récent. Pas d’interviews, d’apparitions, de réseau social ; rien que le silence et la photographie solennelle d’une femme aux lèvres scellées qui maîtrisait l’art d’organiser une fête pour les hommes qui aimaient leur viande saignante.

« Il y a cette femme, Helen, elle a vu les fosses, elle a le… »

Dani n’avait rien dit de plus sur la femme appelée Helen. C’était un prénom assez commun. À sa manière. Il regarda la photo de son fils, s’obligea à la détailler.

Tout le monde connaissait ce visage, vaguement, quelqu’un que tout le monde connaissait sans savoir comment. Le ministre de l’Efficience fiscale était pressenti depuis longtemps pour le poste principal ; depuis si longtemps que les gens commençaient à se demander s’il n’avait pas d’autres plans. Quelque chose dans la Compagnie, peut-être. Il avait travaillé pour la Compagnie avant de se lancer en politique. La Compagnie aimait partager son expertise avec le gouvernement ; les choses étaient tellement plus faciles quand on parlait le même langage.

Cheveux châtain clair sur un visage tout en courbes longues pendant vers un sourire agrafé de gagnant ; un renflement du front au-dessus des yeux, un soudain creux jaunâtre, une autre excroissance de l’os sur des pommettes hautes, un long affaissement vers les joues et une protubérance finale et triomphante d’expression sur les lèvres, alors qu’elles dansaient avec délectation autour de phrases telles que :

« La forte croissance économique actuelle dans le secteur des services est la conséquence directe de la réduction des impôts pour ces honnêtes travailleurs ordinaires de la classe moyenne qui donnent tant à la nation. »

Theo avait vu ce visage quand il était plus jeune. C’était le visage d’un homme qui ne parvenait pas à comprendre pourquoi une femme dont l’éducation avait été payée par son père ne saisissait pas la pleine mesure de ses engagements.

Philip Arnslade presse la détente près de la rivière, et un garçon meurt, et pendant qu’il meurt, le garçon qui sera Theo croit tomber lui aussi, voit le ciel basculer au-dessus de lui, sent la balle dans son poumon, avale du sang et n’arrive plus à respirer, l’herbe est mouillée et la terre lui donne un coup de poing dans le dos quand il percute le sol et il n’arrive pas à bouger n’arrive pas à croire qu’il n’arrive pas à bouger et Philip Arnslade de Danesmoor Hall s’avance et

Philip Arnslade est un roi, né pour régner, et rien ne se met en travers de son chemin.

Alors que la nuit tombait

Theo retourna à Sidcup.

Trois femmes gardaient l’entrée, comme toujours. L’une avait un enfant sur les genoux, une autre était perdue dans ses pensées, ou ses prières.

— Qui vous êtes ? demanda l’une, et aussitôt une autre :

— Je me souviens de lui. Il était là quand Dani est morte.

Hostilité, claire et nette, une femme tendait la main vers sa poche, l’enfant rebondissait sur les genoux de sa mère, le regard noir, un mélange de concentration et d’aversion condensés sur le visage, il ignorait qu’un être si jeune pouvait trouver une telle profondeur de sentiments dans son âme.

— J’étais un ami de Dani, répondit-il, les mains refermées devant lui, le dos droit, la tête baissée. Nous nous sommes connus à Shawford.

— Pourrait être n’importe qui

— Pas confiance

— Pourrait être une des raclures

— Les hommes !

— Ça se ramène ici et ça donne

Theo lança :

— Je suis le père de Lucy.

Les femmes hésitèrent, le visage de l’enfant empourpré par l’effort de toute la rage qu’elle concentre dans ce moment. Puis sa mère lui pose une main sur l’épaule, et tout d’un coup l’enfant se détend, illuminée par la fierté dans les yeux de ses parents, demandant avec son sourire brusquement radieux, ses yeux ravissants – Est-ce que je m’en suis bien sortie ? Est-ce que j’ai détesté comme il fallait ?

— Venez avec moi, dit une femme en se levant.

Elle fit un signe de tête à ses sœurs de la garde, et Theo la suivit.

Ils traversèrent l’enclave. Nulle lumière ne brillait aux fenêtres, nulle créature ne remuait. Au loin, la rumeur de l’autoroute ; sur l’herbe sèche, un sac en plastique déchiré, une canette renversée dégorgeant du soda. Une bannière était suspendue devant trois fenêtres différentes, immense et ballottée par le vent, les lettres parfois visibles, parfois tordues en enchevêtrements obscurs quand les draps cousus sur lesquels elles étaient écrites s’emmêlaient.

« TRAVAIL JUSTICE ET »

Il ne parvint pas à lire le dernier mot.

— Dani était l’une d’entre nous, grommela la femme alors qu’ils se rapprochaient de la porte. Elle venait du hachoir des femmes. On a essayé d’être avec les hommes, mais quand on passe ses journées dans la prison pour femmes, la prison pour hommes, ces choses-là – on passe tellement de temps à penser à ce que ce sera que quand on essaie finalement d’être ensemble c’est dur, parfois, de voir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Alors on est là. Parfois la reine du hachoir nous envoie deux trois trucs. Elle tient sa cour dans le Nord. On doit se serrer les coudes, entre sœurs, c’est ce que dit la reine. Comment vous vous appelez ?

— Theo.

— Theo quoi ?

— Theo Miller.

— Elle n’a jamais parlé de vous.

— Est-ce qu’elle a parlé de quelqu’un de son village ? Quelqu’un avec qui elle a grandi ?

— Non.

Un petit rire qui s’évanouit aussitôt.

— C’est moi aussi.

Elle haussa les épaules. Pas ses affaires.

Depuis une fenêtre ouverte l’éclat soudain d’une voix de femme, aiguë et stridente, atteignant un crescendo de rage

gargouillis diffus

mourant.

La femme continua de marcher sans paraître troublée.

Theo ne posa pas de question sur les rites de rage des gens du hachoir.

Arrivée devant la porte de Dani

fermée

lumières éteintes

aucun signe que la police était venue

ou partie

ou s’y intéressait.

Elle déclara, sans s’adresser à personne en particulier :

— J’ai espionné une femme appelée Naomi. Je l’ai espionnée pendant cinq ans. Je lui ai dit que je la violerais, avec une bouteille, avec un bout de bois, j’ai tout décrit pour qu’elle comprenne bien. J’ai envoyé des cartes postales à sa sœur le jour où ses enfants sont nés, pour la féliciter et lui dire de profiter de ses enfants pendant qu’ils étaient encore là. Je trouvais ça drôle. C’était drôle. C’était très, très drôle.

Soupira, désigna la porte d’un geste.

— La police a dit qu’ils enverraient quelqu’un nettoyer le sang, mais personne n’est venu. On économise pour acheter de la Javel.

Theo entra à l’intérieur. La femme le suivit.

En haut des escaliers, poussa la porte

la puanteur de la cervelle, de la chair pourrie c’était encore sur le sol des bouts de son cerveau sur le sol ce n’était pas réel jusque-là Theo

devina où était la salle de bains et réussit à vomir dans le lavabo avant qu’il soit trop tard, acide dans son nez, jusque dans ses narines il était…

La femme se tenait derrière lui, les bras croisés, appuyée contre le mur, perdue dans ses propres pensées. Il n’y avait pas d’eau au robinet pour chasser son vomi, mais elle semblait s’en moquer, et il eut honte.

Theo revint dans la chambre, réessaya.

La pièce avait été fouillée. Tiroirs ouverts, matelas retourné, placards éventrés, vêtements déchirés. Était-ce déjà ainsi quand il s’était tenu debout sur ce seuil, les yeux posés sur les pieds du cadavre de Dani ?

Il se dit que oui, c’était Seph Atkins qui avait fouillé la pièce et avait-elle trouvé…

— Est-ce que quelqu’un a touché à la fenêtre ? demanda-t-il.

Sa guide haussa les épaules.

La fenêtre était toujours entrouverte, laissant entrer l’air froid, évacuant un peu de la puanteur.

Il était impossible d’éviter le sang de Dani, les sprays des policiers qui avaient projeté quelque chose d’orange autour du corps. Il regarda par la fenêtre, vers la haie en contrebas. En étant rapide, on pouvait jeter un téléphone portable par la fenêtre en choisissant le bon angle pour qu’il atterrisse dans la haie privative, un geste désespéré à l’approche de pas, un geste signifiant qu’il était trop tard, vous étiez fini, nulle part où se cacher.

— Peut-être…, laissa-t-il échapper en se retournant. Est-ce qu’elle avait des papiers quelconques ?

La femme hocha la tête, une fois, et le conduisit vers la terrasse en béton derrière la maison. Entre l’amas de ronces et les orties cuisantes, quelqu’un avait dégagé un espace libre pour installer une balançoire branlante récupérée dans une benne à ordures et assemblée à l’aide de ruban adhésif et de longues branches recouvertes de cordes. Quelqu’un d’autre avait dessiné le contour d’un cadavre de rat à la craie rose.

Un seau en métal, haut d’une cinquantaine de centimètres, était posé dans un coin. Les cendres étaient froides. Des moitiés d’allumettes jetées formaient un halo autour du bord.

Il tria les fragments de papier noircis, trouva un angle blanc.

« SELON LES DERNIÈRES ESTIMATIONS DE

PRODUCTIVITÉ VERS

RÉALISER DES ÉCONOMIES DANS LE »

Les mots disparaissaient dans la cendre.

— Elle venait souvent ici. Pour brûler des trucs. Des gens la rejoignaient. Ils aimaient bien le feu. Parfois les mordeurs venaient, les zéros, et ils s’asseyaient et ils se balançaient et ils criaient et tout ça. Les voisins détestaient, mais on respecte ce genre de choses ici. Il faut extérioriser tout ça. Il faut que ça sorte. Il faut lâcher prise pour pouvoir continuer.

— Vous avez été très serviable.

— C’est l’une d’entre nous qui a laissé entrer la tueuse, bien entendu. L’une d’entre nous qui l’a fait pour l’argent. Je peux comprendre, on a toutes besoin de fric, mais quand on la trouvera… c’est vraiment vous le père de la petite ? Pour de vrai ?

— Oui. C’est moi.

— Vous devriez faire mieux. Vous devriez.

Theo rentra chez lui à vélo, et la route lui parut plus courte ce soir-là que la dernière fois qu’il avait fait le trajet.

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