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Chapitre 64
Par la suite, Seph Atkins admettrait qu’elle avait agi par appât du gain.
Elle ne s’était pas lancée dans le métier d’assassin parce qu’elle aimait commettre des meurtres. En réalité, elle trouvait souvent la partie homicide de son travail ennuyeuse et désespérément terre à terre. Les larmes, les gargouillements, les flatteries, les supplications, la litanie sans fin de marchandages et d’offres pathétiques rabâchée par les morts en devenir et les mourants quand ils refusaient d’expirer proprement après la première balle, tout cela s’opposait à l’idée que l’humanité était spéciale, ou qu’elle valait plus qu’un animal rampant fait de chair.
Et les motivations étriquées données pour ses contrats – « Ils m’ont regardé de travers » ou « Je savais qu’il allait essayer de me buter » ou l’argent – toujours l’argent – laissaient Seph Atkins raisonnablement convaincue que la vaste majorité de l’humanité était stupide, lâche ou d’un égocentrisme qui confinait à la myopie.
Seph adorait l’argent, bien sûr. Mais beaucoup de ses clients ne pensaient à rien d’autre. Ils voulaient de l’argent non pas parce qu’ils savaient précisément comment le dépenser – un investissement excitant ou l’aventure d’une vie – mais parce que l’argent, en lui-même, était leur objectif, plutôt qu’un moyen permettant de faire quelque chose de plus excitant. Elle aimait l’argent parce que le train de vie qu’il lui offrait correspondait effectivement à ses désirs et à ses attentes. Si les magazines au papier glacé et les journaleux glamour n’avaient pas rechigné à l’idée de glorifier un assassin, elle aurait été omniprésente sur la page 7 et dans les émissions de lifestyle de milieu d’après-midi. Depuis ses semaines dans des Spas jusqu’à son amour du ska et de Mozart, sa peau lustrée et ses vacances prolongées passées à explorer le meilleur de l’Italie de la Renaissance ou les plus belles pentes de ski des Alpes, elle était très certainement une femme qui inspirait l’envie.
Elle passait beaucoup de temps à interagir avec la justice, bien sûr. Mais c’était tellement moins cher et plus facile d’avouer aussitôt et de régler une indemnité pour ses crimes que de partir en cavale, qu’elle considérait l’ensemble de ce processus d’arrestation et de libération comme partie intégrante de ses attributions. Parfois, on l’engageait pour être la balle invisible, la tueuse que l’on ne retrouve jamais, mais dans des cas comme le contrat Cumali, où l’indemnité ne s’élèverait jamais à plus de 90 000 £ pour la pute du hachoir, il était plus simple de téléphoner aux flics et de faire gagner du temps à tout le monde.
Elle n’aurait pas dû accepter ce boulot.
Elle ne connaissait pas son contact, mais le virement directement effectué depuis le compte de Mala Choudhary suffirait à payer la plongée sous-marine du mois suivant, et quand les détails arrivèrent, tout semblait coller.
C’est donc ainsi que Seph Atkins se rendit aux courses.
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