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Chapitre 34
Quinze ans plus tôt, dans un pub d’Oxford :
Les papiers d’assurance des duellistes réclamaient des témoins.
Le garçon était le témoin de Theo ; le vrai Theo, celui qui croyait en quelque chose. En tout.
Simon Fardell était le témoin de Philip Arnslade. Ils signèrent les papiers dans un pub, pas loin de St John, lors d’un après-midi bruineux. Le club de rugby était là, et l’entraînement avait été un succès triomphal et ils rugissaient et poussaient des acclamations et tripotaient les fesses de toute créature passant à leur portée, sans considération pour le sexe l’âge ou le consentement.
Après les signatures, le garçon et Simon Fardell discutèrent des détails.
— L’indemnité accorde cinq coups à chaque camp. Nous devons nous assurer que les termes sont respectés. J’ai rapporté des pistolets de chez moi qui devraient bien convenir, nous pouvons nous assurer qu’ils tirent juste et bien sûr l’indemnité ne nous couvre pas alors j’ai rédigé une lettre de protestation formelle demandant aux deux parties de renoncer nous pouvons la signer et la déposer au cas où la police tente de nous coller une inculpation pour complicité, et l’avocat m’a assuré que…
— Je n’ai pas vu la lettre…
— Ne t’inquiète pas pour ça c’est vraiment un détail, la police n’ira pas s’embêter à – et la clause de discrétion signifie que si tout cela allait au tribunal les deux parties seraient sujettes à contentieux quelle que soit la personne qui survit et j’étudie pour devenir avocat tu sais es-tu…
— Maths.
— Vraiment ? Qui te sponsorise ? Il y a toute une section de rentabilisation du marché basée sur l’index qui est…
— Je n’ai pas de sponsor.
— Oh. Je croyais juste… je veux dire tu as l’air tellement…
— Je me suis autofinancé.
— Vraiment ? J’aurais jamais deviné. Quoi qu’il en soit, comme je disais la clause de discrétion donc aucune des familles ne peut intenter un procès en instance ou diffamer intenter une action ou calomnier la partie survivante du…
Au coucher du soleil, près de la rivière, dans le demi-rêve lointain du passé, le garçon était avec Simon Fardell près des berges minces et envahies de roseaux de la Tamise et tenait une arme entre deux doigts, et il n’avait jamais tenu une arme auparavant, non même avec son père qui avait fait toutes les choses qu’on disait que son père avait faites, et Simon claqua de la langue et s’exclama :
— La sécurité ici, tu vois, tu serres bien ici, deux mains en dessous – tu n’as vraiment jamais fait ça avant ? Maintenant la visée est ici, deux points tu vois deux sur le canon voilà maintenant on est à trente pas ce qui est la distance qui les séparera et – tire !
Le garçon tira, et rata d’un bon kilomètre.
— C’est pas croyable, presse la détente mais presse-la, expire et…
— Est-ce qu’on a le droit de faire ça, je veux dire le bruit, la police ne va pas venir, ce n’est pas…
— Je connais le propriétaire du terrain. Ne t’inquiète pas pour ça, les fermiers par ici, les gens, tout va bien alors maintenant inspire à fond expire et…
Le garçon tira, et cette fois il toucha le bord de la cible punaisée à une balle de foin compactée.
— Bien ! Mieux ! Maintenant, tire quelques coups, familiarise-toi avec la sensation, relâche tes bras, ne combats pas le recul c’est comme ça qu’on – excellent ! Alors, tu dirais que cette arme tire droit ?
— Je… oui. J’imagine que oui.
— Il va falloir que tu signes la décharge ici pour les documents c’est – bien bien bien donc voici ton exemplaire et voici le mien et je vais juste tester mon arme et bien entendu nous allons les mettre sous clé après ça, deux boîtes deux clés, pour éviter toute falsification, preuves photographiques tout cela sert à nous protéger contre – mon Dieu quel flingue génial, la pêche qu’il a c’est vraiment trop…
— Est-ce qu’il faut obligatoirement que ce soient ces armes-là ?
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Ça me semble… tu as dit que c’était un .45 et je me suis dit qu’ils pourraient peut-être utiliser un plus petit calibre, .22 peut-être je veux dire comme ça ils pourraient…
— Quelle drôle d’idée !
— Ce duel, je veux dire en mettant de côté deux secondes le fait que ce soit illégal, en mettant de côté le fait que…
— Illégal, mais abordable.
— … illégal il me semble que la cause du duel est tellement je veux dire c’est tellement ridicule non fondamentalement c’est…
— Philip n’a pas le sentiment que c’est ridicule. Ni ton homme, Theo.
— Mais ça l’est ; ça l’est toi et moi on le voit clairement non ? Tu as l’air… très intelligent je ne dis pas ça de façon – mais très intelligent et je veux dire est-ce qu’on n’a pas une responsabilité, une responsabilité civique, une responsabilité en tant qu’amis je veux dire bordel on parle de la mort de l’un d’entre eux !
— Nous nous sommes engagés maintenant. Les papiers sont signés.
— Et si on remplaçait les balles ?
— Par des .22 ?
— Par des balles à blanc.
À Shawford la mer roule contre les galets, les falaises de craie s’effritent, Dani Cumali est assise sur un banc dédié à D. WRIGHT, 1944-1999, IL AIMAIT LE CIEL, et contemple les flots et n’arrive pas à se souvenir pourquoi elle s’est assise, et ne veut pas se lever.
Dans une époque encore à venir, Neila jette une autre bûche dans le feu et ferme la porte de la cuisinière alors qu’elle commence à siffler, deux tiers vapeur un tiers fumée.
Dans les rêves de l’homme appelé Theo, il entend sa fille rugir.
Et dans un pré à la sortie d’Oxford, deux garçons se tenaient devant un mur de balles de foin, des armes à la main, attendant au centre de l’univers.
Simon Fardell, même à l’âge de vingt ans, ressemblait à l’homme qu’il deviendrait. Sa place avait été sponsorisée par une compagnie qui s’appellerait bientôt simplement la Compagnie. Il assistait aux cours en costume trois-pièces parce qu’il savait qu’il devait se démarquer, faire une impression. Tout était une question de stratégie à long terme ; il avait un plan sur trois ans, un plan sur sept ans et des objectifs sur vingt ans il était…
… de bien des manières un garçon séduisant qui deviendrait un homme séduisant. Il ne pratiquait aucun sport d’équipe mais il faisait de la musculation trois fois par semaine, ses cheveux clairs étaient toujours coupés court sur le côté et sur l’arrière, il avait un tout petit nez légèrement crochu surmontant un petit sourire pincé qui éclatait et disparaissait comme la foudre, une fossette au menton et des yeux bleus qu’il savait étrangement sombres, étrangement beaux.
— Des balles à blanc ? répéta-t-il, et le garçon qui serait Theo, tout tortueux et tout petit, sourit, mal à l’aise, et réalisa qu’il ne connaissait rien à ces gens, ou à la nature humaine, et qu’il n’avait en fait vraiment pas la mémoire des visages et il devrait essayer d’apprendre une méthode quelconque pour régler ce problème.
Simon rit, assena une claque sur l’épaule du garçon et s’exclama :
— Alors toi tu as vraiment de ces idées marrantes ! Des balles à blanc. Quelle idée incroyable. On les laisse tirer leurs cinq coups et puis… des balles à blanc ! Oui j’imagine je vois comment est-ce qu’on pourrait…
Cette nuit-là, le garçon dormit avec l’arme sous son oreiller et c’était vraiment inconfortable alors il finit par la mettre dans le tiroir près de son lit.
Et au matin, avant le lever du soleil, il emprunta un vélo et pédala jusqu’au pré bordant la rivière, avec Theo Miller à son côté, et ils ne parlèrent pas, et ils n’allèrent pas au hangar avec les balles de foin mais s’installèrent sous une rangée de hêtres tandis que le soleil se levait et que la rosée imprégnait leurs chaussures, et il faisait remarquablement froid pour la saison et Theo regrettait de ne pas avoir pris plus de vêtements mais à mesure que le soleil grimpait dans le ciel il fit de plus en plus chaud et il réalisa qu’il transpirait à grosses gouttes et…
Simon et Philip arrivèrent à pied depuis l’allée, leur voiture garée près de la barrière, moteur allumé, ça ne prendra pas longtemps et alors qu’ils s’apprêtaient à charger les armes le garçon regarda dans les yeux de Simon et le vit sourire et acquiescer et prit cela pour un accord, la confirmation du pacte qu’ils avaient passé, et il hocha la tête en réponse et chargea l’arme.
Est-ce que c’est une balle s’il n’y a pas de plomb ? Une douille éjectée, de la poudre sans la mort, il chargea les balles à blanc, cinq en tout, et donna l’arme à Theo et dit :
— Bonne chance,
Et Theo ne sourit pas et ne broncha pas et n’opina pas et parut sur le point de vomir.
Et les garçons se placèrent dos à dos, comme le voulait la tradition, et au signal de Simon ils firent quinze pas dans des directions opposées et à un mot
— Allez-y !
Ils se retournèrent et tirèrent.
Theo fut légèrement plus rapide, il vit Philip tressaillir, mais alors Philip tira et rata, et Theo tira à nouveau, et Philip ne tomba pas, et ils tirèrent encore, et encore, et au quatrième coup
Theo chancela.
Il chancela et le moteur de la barge de passage fait tchouk tchouk tchouk bloum bloum bloum bloum et l’homme qui s’appelle Theo sent la déchirure dans son flanc recousu avec du fil couleur bleuet et entend le coup de feu dans le bruit du moteur bloum bloum BANG
dans un pré sous la lumière soulignée d’ombre du soleil levant Theo Miller titube, lève son arme, tire une fois de plus, mais il a tiré ses cinq coups et Philip avance encore, il lui reste un coup il se rapproche de plus en plus et il se dresse au-dessus de Theo et le garçon crie
… bruits sans mots ou sens…
et Philip baisse son arme et appuie sur la détente.
Theo Miller mourut dans l’ambulance.
Le garçon resta à son côté, lui tint la main jusqu’à ce que les ambulanciers l’emmènent, pleura et trembla et finalement resta assis en silence.
L’ambulancier dit :
— Tu n’aurais rien pu faire. Il a été touché au poumon puis à l’abdomen ; il saignait abondamment je pense qu’il n’y avait rien à ce n’était pas ta faute…
Le temps est
les jours aussi
passent et pourtant l’hiver est
le temps est gelé et c’est dans la nature du temps que parfois
Le garçon s’assit devant la morgue, et appela les parents de Theo Miller.
Ses parents étaient partis, dans un autre pays. Ils étaient toujours dans un autre pays. Non, la bonne ne savait pas quand ils rentreraient. Non, elle ne pouvait pas les contacter immédiatement. Oui, elle transmettrait son message, leur dirait d’appeler. Était-ce… est-ce que tout… le jeune monsieur Miller est-ce qu’il était…
Le garçon raccrocha et s’assit dans un couloir blanc devant une porte anonyme, verrouillée, un distributeur automatique au bout du hall proposait des boissons sucrées et des fruits séchés, deux brancardiers échangeaient des ragots pendant que leurs patients dormaient la tête penchée dans leurs fauteuils roulants, des poches de solution saline suspendues au-dessus de leur tête. Oh mais je sais c’est vraiment la pire celle-là c’est vraiment la…
Le garçon attendait et ne savait pas ce qu’il attendait.
Quand les parents de Theo rappelèrent, la ligne était mauvaise.
— Allô ! Allô ? Oui, c’est madame Miller. On m’a donné ce numéro et on m’a dit d’appeler – qui êtes-vous ?
— J’ai une mauvaise nouvelle.
— Quoi ? Parlez plus fort la ligne est terriblement mauvaise attendez je vais aller dehors et… oui, c’est mieux, qu’est-ce que vous disiez ?
— Madame Miller, je… j’ai une mauvaise nouvelle. Tôt ce matin Theo a… il y a eu un accident et Theo est…
— Quoi ? Il est à l’hôpital ? Quoi ?
— Madame Miller, Theo est mort.
— Pardon ? Qu’est-ce que vous avez dit ? Écoutez la réception est atroce est-ce que c’est de votre côté pouvez-vous…
— Theo est mort.
Derrière le silence quelqu’un rit. Mme Miller est à l’extérieur d’un restaurant, il y a de la musique, des bavardages et de la vie et une voiture démarre un vroum de moteur qui coûte très cher ils changent le bruit en fonction des pays les Italiens voyez-vous ils aiment bien savoir que leur moteur est puissant vroum ça fait partie de
elle s’effondre par terre
tient le téléphone
écoute le monde
— Vous êtes sûr ?
— Oui. Je suis navré mais il…
— Qu’est-ce qui se passe maintenant ?
— Je ne sais pas.
— Est-ce qu’il y a… il y a sûrement des choses à faire. Il y a… qu’est-ce qui se passe maintenant ? Qui êtes-vous ? Qu’est-ce qui se passe maintenant ?
L’avocat arriva.
— L’indemnité a été enregistrée et confirmée. M. Arnslade paiera 75 000 £ pour couvrir les frais du crime présumé à l’encontre de M. Miller et de plus, comme marque de compassion, il ajoute 15 000 £ sous toutes réserves pour la famille de M. Miller ou pour une œuvre de bienfaisance sans que ce geste soit en aucune manière un aveu de responsabilité. La clause de discrétion et l’accord mutuel entre les parties assurent que l’affaire ne donnera lieu à aucun casier judiciaire et toutes les parties impliquées se voient interdire toute discussion supplémentaire, diffusion ou toute référence quelle qu’elle soit aux circonstances du départ de M. Miller.
Neuf personnes assistèrent à l’enterrement de Theo Miller, qui se déroula en toute discrétion dans une petite église de la Cumbrie, près d’un cottage en pierre où la famille aimait passer les vacances quand Theo était petit.
Il n’y avait personne de l’université, mis à part le garçon.
Il se dit que la belle-mère de Theo allait peut-être lui crier dessus, l’attaquer, déverser sa rage sur lui, comment avez-vous pu faire ça comment avez-vous pu laisser faire ça comment avez-vous pu être aussi…
… au lieu de cela elle lui tint la main comme si c’était elle qui le réconfortait, comme s’il était un frère qui avait besoin de son soutien, son seul fils encore en vie, et le père de Theo fit un bref discours au sujet d’une tragédie inévitable, et le lendemain ils partirent tous les deux pour leur appartement de Vienne et ne revinrent jamais.
Retour à Oxford. Les examens étaient terminés les résultats tombèrent et le nom de Theo était encore sur la liste, il avait obtenu une mention bien, tout ce gin et quand même une mention bien dites donc, et personne ne sembla s’apercevoir qu’il n’était pas là pour récupérer son diplôme ; que son nom, quand il serait appelé, s’adresserait à un siège vide.
La clause de discrétion fit son œuvre. Quand on vous interdit de parler de quelque chose, parfois il est plus simple de l’ignorer complètement, de prétendre qu’il ne s’est rien passé. Theo Miller s’évanouit et les gens se demandèrent où il était, et ceux qui le savaient…
… ne répondaient pas.
Le garçon retourna dans sa chambre, commença à faire ses valises sans vraiment savoir où il allait, sans vraiment savoir ce qu’il était censé faire maintenant.
Il s’aperçut que la chambre de Theo Miller était restée en l’état. Personne n’était venu prendre ses affaires, personne ne lui avait demandé de quitter les lieux, le loyer était automatiquement prélevé sur son compte, d’une façon ou d’une autre dans le processus des notifications sa banque n’avait pas été informée, la clause de discrétion avait effrayé la morgue et la police et les avait dissuadés de faire leur travail.
Le garçon rassembla ses affaires, retourna à Shawford, trois trains et un bus, arriva à la gare sans personne pour l’accueillir mais…
— On devrait aller à la plage ensemble. Prends des couvertures, j’apporte l’alcool.
Ils s’allongèrent ensemble sur la plage, Dani serrée contre lui, et le garçon essaya de dire quelque chose, de s’excuser, d’expliquer qu’il avait tout fait foirer, que son rêve à lui aussi était mort et même plus, son rêve avait toujours été un mensonge, toujours, il avait cru qu’il avait peut-être un avenir et ça n’avait jamais été vrai il n’y avait pas d’avenir il n’y avait pas de rêve rien que la culpabilité l’échec le regret et le lointain souvenir d’une lumière promise.
Et Dani dit :
— Ils n’ont pas prolongé mon contrat. Inutile. Ils ont d’autres gamins qui arrivent grâce au programme, maintenant, ils refilent le boulot à un ado de seize ans, ce n’est pas comme s’ils avaient besoin d’une grosse formation, ils les laissent travailler jusqu’à ce qu’ils aient vingt et un ans et puis ils les mettent à la porte avant d’être obligés de leur payer un salaire complet et tu n’arrêtes pas de te dire, tu vois, tu n’arrêtes pas de te dire…
Le lendemain matin elle était là, avec Andy. Elle allait le plaquer. Elle savait qu’elle allait le faire. C’était juste… vraiment dur. Parce qu’une fois qu’elle l’aurait plaqué, qu’était-elle censée faire ?
Qu’était-elle censée faire ?
Leurs regards se croisèrent, et il poursuivit son chemin et ne regarda pas en arrière.
Alla à la gare.
Jeta son téléphone par la fenêtre.
Prit trois trains et un bus.
Retour à Oxford. Retour à la sécurité qui avait toujours été un mensonge, il n’aurait jamais dû être là, il n’allait jamais y arriver. Un fantasme irréaliste de son père du hachoir, une blague hilarante de criminel.
Au Centre de carrière, la femme dit :
Donc maths mais pas de sponsor ?
Des stages, peut-être, deux ans de stage non rémunéré et vous pourriez certainement… vous avez des contacts, ou votre famille a des contacts qui pourraient être…
et votre père est
je vois
pour
conduire la camionnette.
Eh bien je ne dis pas que cela va affecter vos perspectives de carrière, pas du tout, c’est seulement que… eh bien, les gens pourraient voir et être un peu… vous savez.
Et la plupart des gens qui étudient cette matière sont sponsorisés
les banques
les cabinets d’avocats
la Compagnie
tout cela implique des notions financières, des
bien.
Bien.
C’est vraiment très bien que quelqu’un comme vous songe à postuler.
La veille d’aller
Retour à Shawford, peut-être. Traîner des pieds, trop instruit pour travailler au fish & chips, trop corrompu pour travailler dans une banque.
Retour à… l’endroit où il était censé aller ensuite, quel qu’il soit, la tête remplie de nombres et le portefeuille rempli de 17,28 £.
Il se servit d’un couteau pour forcer la serrure de la chambre de Theo Miller.
Entra.
S’assit sur le lit de Theo.
Regarda ses vêtements.
Ouvrit l’enveloppe de l’université qui lui rappelait l’obtention de son diplôme, le félicitant pour sa réussite, l’invitant à assister à la cérémonie de remise. Mails non lus sur l’ordinateur portable, que Theo n’avait jamais pris la peine de protéger par un mot de passe. Entretiens. Perspectives. Avenir chatoyant comme les premières lueurs de l’aube.
Fit courir ses doigts sur la robe noire suspendue derrière la porte de Theo, des manches plus longues que le garçon en avait jamais eues, les manches d’un érudit, indiquant de grandes promesses académiques, un badge honorifique et…
La décrocha.
L’essaya pour voir si elle lui allait.
Tournoya, sentit les manches claquer mollement autour de son corps.
Contempla son visage dans le miroir.
Ramena ses cheveux en arrière, dégageant son front. Se demanda à quoi il ressemblerait avec une barbe.
Trouva le passeport de Theo dans une boîte à chaussures au fond du placard.
Resta encore assis un moment sur le bord du lit.
Mit le passeport dans sa poche et se rendit à la boutique du coin pour prendre de nouvelles photos.
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