Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Jules Bennett · Chapitre 11 sur 38

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Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Chapitre 11

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Aux toutes premières heures du dimanche, ce fut comme si le ciel se rouvrait pour répandre un peu de ce soleil si attendu. Alexa sentait des courbatures à des endroits dont elle ignorait jusqu’alors l’existence : souvenirs de ses étreintes avec Hayes et de leur séance de bricolage. Elle avait finalement passé la nuit dans le lit de Hayes la veille, alors qu’elle s’était juré de ne pas le faire. Mais entre-temps, les choses avaient évolué.

Cet homme avait une emprise sur elle qu’elle ne s’expliquait pas. C’était comme si le mot « non » n’existait plus dans son vocabulaire quand elle était avec lui.

Et désormais, le séjour d’Alexa touchait à sa fin. Elle avait été en contact avec Sadie, sans jamais lui avouer où elle se trouvait exactement. Sadie et Mason l’attendaient à la maison cet après-midi, et puisque la décrue était amorcée, elle serait en mesure de tenir sa promesse.

Elle ajusta son débardeur sur sa taille. Elle était impatiente de s’habiller différemment. Même si Hayes avait lavé ses affaires pendant qu’elle portait ses chemises, il lui tardait de changer de tenue et de retrouver ses habitudes.

Pourtant, d’un autre côté, elle détestait l’idée de partir. Cette maison était exceptionnelle et elle était curieuse de voir à quoi elle ressemblerait, une fois entièrement rénovée. Mais elle n’y reviendrait jamais. Elle ne verrait jamais la transformation de la cuisine qu’ils avaient démontée ; elle ne saurait jamais s’il mettrait cette longue table de ferme à la disposition de ses invités ou pas.

Bref, cette maison allait lui manquer. Tout comme son propriétaire.

Le fait d’avoir dormi avec lui la nuit précédente, en plus de faire l’amour, cette intimité avait fait naître en elle quelque chose de plus profond. Après des nuits solitaires pendant deux ans, avoir quelqu’un à ses côtés avait été… parfait. Elle avait merveilleusement bien dormi, bercée dans les bras de Hayes. Le matin venu, elle n’avait pas eu envie de se lever, même si elle savait que ce conte de fées ne pouvait pas durer éternellement. La vraie vie les attendait, tous les deux.

Alors qu’Alexa descendait les marches de l’escalier pour rejoindre la cuisine, elle entendit Hayes jurer.

— Quelque chose ne va pas ?

Il se retourna vers elle, ses cheveux en désordre.

— Juste un petit problème électrique.

— Veux-tu ramener les chevaux avec moi ? demanda-t-elle, sachant très bien qu’il accepterait.

Il prit une grande inspiration et croisa son regard depuis l’autre bout de la pièce.

— Ne t’en va pas…

Cette simple phrase demeura suspendue entre eux.

— Tu ne le penses pas, Hayes.

Il soutint son regard de ses grands yeux noirs empreints de souffrance.

— Tu sais que je dis toujours ce que je pense.

Il disait vrai. Elle avait appris à le connaître au cours de ces deux derniers jours. C’était quelqu’un d’honnête.

— Tu seras content de me voir partir, lui répondit-elle en restant plantée dans l’embrasure de la porte.

— J’ai mieux dormi cette nuit que depuis des années.

Elle ne voulait pas entendre ça. Elle ne voulait pas savoir qu’elle avait eu un effet sur lui… Parce que la nuit précédente avait marqué un tournant pour elle aussi. Elle avait du mal à se dire que la fin approchait.

Et s’il était vraiment honnête envers lui-même, il ne lui demanderait pas de rester. Car cet état euphorique s’estomperait, et il aurait à nouveau besoin de son intimité.

Il était préférable pour tout le monde qu’elle s’en tienne à ce qui était prévu depuis le début et qu’elle s’en aille afin qu’ils puissent s’oublier l’un l’autre.

En théorie. Car Alexa pressentait bien qu’elle aurait toutes les peines à effacer cet épisode de sa mémoire.

— Tu t’en sortiras très bien une fois que je serai partie, lui assura-t-elle, comme pour se convaincre elle-même. Si tu as si bien dormi, c’est grâce au sexe.

Hayes haussa les épaules.

— Peut-être. Je ne refuserais pas de nouveaux ébats passionnés suivis d’une bonne nuit de sommeil si tu restais.

— On sait tous les deux que ce n’est pas une bonne idée. Mon fils et ma vraie vie m’attendent.

Il traversa la pièce, et le cœur d’Alexa se mit à battre à tout rompre. Était-ce à cause de ce week-end fou, ou tout simplement de cet homme lui-même ? À chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, elle ne pouvait pas réprimer le feu qui menaçait de la consumer.

— Peut-être que je ne veux pas de la vraie vie, articula-t-il en lui mordillant les lèvres. Reste… juste un jour de plus.

Cet homme aurait pu tenter une nonne… et Alexa était tout sauf une nonne. Elle caressa ses bras, pencha la tête en arrière.

— Tu me donnes envie d’oublier mes responsabilités.

Le sourire mutin la mit dans tous ses états.

— Ne me regarde pas comme ça, grommela-t-elle. Sinon, je ne partirai jamais d’ici…

Hayes glissa les mains sous son débardeur pendant que ses lèvres capturaient les siennes. En un rien de temps, il la plaqua contre le mur. La force de cet homme ne manquait jamais de l’impressionner, ce qui ne le rendait que plus intrigant.

Le temps était venu de partir, sauf qu’elle mourait d’envie de rester. Elle voulait que Mason vienne jouer dans la cour et monte à cheval. Mais tout cela n’était qu’un rêve : en réalité, Hayes était un milliardaire qui vivait dans un monde bien différent du sien.

Alors que ses lèvres cherchaient à intensifier le baiser, Alexa s’agrippa aux épaules de Hayes, qui pétrissait déjà ses seins du bout des doigts.

— On dirait que vous ne vous ennuyez pas, ici !

Alexa manqua de tomber par terre lorsque Hayes sursauta. Il la garda enlacée, tout en tournant la tête vers la porte derrière eux, où se tenait un homme immense. Il devait être de la famille Elliott : il avait les mêmes cheveux bruns, les mêmes yeux noirs et le même sourire.

— Dégage, Colt !

C’était le mari d’Annabelle. À n’en pas douter, Annabelle s’était inquiétée du sort de son invitée du B&B.

— Est-ce une façon de traiter ton frère qui est venu jusqu’ici pour s’assurer que tu allais bien ? répliqua Colt en avançant un peu plus dans la pièce. Bonjour, je suis Colt Elliott, vous devez être Alexa. Ma femme était inquiète, mais je lui ai dit que si vous étiez avec Hayes, vous seriez entre de bonnes mains.

S’écartant de Hayes, Alexa se redressa.

— J’étais littéralement entre de bonnes mains, comme vous pouvez le constater.

Colt haussa les sourcils et éclata de rire.

— Je ne voulais pas vous interrompre.

— C’est pourtant ce que tu as fait, grogna Hayes. Alors maintenant, dégage !

— En fait, j’allais partir.

Alexa chercha le regard de Hayes pendant quelques instants avant de se tourner vers Colt.

— Je dois rentrer au gîte pour régler ma note et rassembler mes affaires.

— Il n’y a pas de note.

Alexa se retourna.

— Bien sûr que si. Ce n’est pas parce que je n’ai pas dormi là-bas que ma réservation a été annulée.

— Je m’en occupe, insista-t-il.

Les yeux plissés, elle croisa les bras.

— Tu ne paieras pas ma facture.

— C’est réglé, répéta Colt.

Se retournant vers l’autre frère, Alexa soupira.

— Ah, c’est comme ça ? Tu me court-circuites ? Je peux régler ma propre facture.

— Je pensais que c’était ton amie qui payait, fit remarquer Hayes en venant se poster à côté de Colt.

Elle voyait clairement les ressemblances entre eux, maintenant.

— Elle m’a donné l’argent pour payer ma chambre, mais je vais le lui rendre. Elle a gardé mon fils tout le week-end. C’est déjà un sacré service.

— Eh bien, considérez que tout est réglé, déclara Colt. Annabelle était tellement inquiète, même si on se doutait que vous étiez sortie avec les chevaux, et Hayes…

— Nolan est toujours trop occupé à l’hôpital ou avec sa femme et son bébé pour monter Doc assez souvent, précisa Hayes.

Ces retrouvailles familiales n’aidaient pas Alexa à se détendre. Elle était déjà tombée amoureuse de cette maison ; elle était en partie tombée amoureuse de son propriétaire. Alors si elle restait à les écouter parler de leurs liens fraternels, à être témoin de leurs jeux, elle n’était pas sûre de pouvoir mettre de côté ce qu’elle ressentait pour Hayes.

Certes, il lui avait demandé de rester, mais il ne la voulait que dans son lit. Et aussi tentée qu’elle pouvait l’être, elle devait s’en aller. Immédiatement.

— Je peux ramener Jumper, suggéra-t-elle.

— Certainement pas, répondit Colt. Pourquoi ne prenez-vous pas mon pick-up ? Hayes et moi ramènerons les chevaux à l’écurie.

— Prendre votre pick-up ? répéta-t-elle.

— Je vais la conduire, déclara Hayes. Dans ton pick-up. Tu peux rester ici jusqu’à mon retour ou tu peux ramener Doc. Et me laisser Jumper.

— Je peux envoyer un garçon d’écurie, suggéra Colt. Jumper est très bien ici, et je vais prendre…

— Je conduirai moi-même, annonça Alexa après s’être éclairci la gorge.

Ils se tournèrent tous les deux vers elle, et elle se redressa.

— Si ça ne vous dérange pas, précisa-t-elle pour Colt.

— Pas du tout. Les clés sont sur le contact. Vous pourrez le garer devant le B&B.

Le regard sombre de Hayes la figea sur place un instant avant qu’elle se décide à traverser la pièce. Les deux hommes s’écartèrent de la porte pour la laisser sortir. La main sur la moustiquaire, elle la laissa se refermer délicatement.

Son cœur se serra une fois sous le porche. Elle risqua un regard par-dessus son épaule et vit Hayes de l’autre côté de la moustiquaire, mains dans ses poches, mâchoire serrée.

Elle voulut dire quelque chose, n’importe quoi, mais avec Colt juste-là, que pouvait-elle dire ? Même s’ils avaient été en tête à tête, que se disait-on dans ce genre de situation ?

Un simple « merci » lui paraissait un peu ridicule. Tout autant qu’un « à bientôt », parce qu’ils savaient tous deux qu’ils ne se reverraient pas.

Alexa se contenta d’un sourire furtif, avant de s’éloigner pour se diriger vers le camion noir qui brillait sur l’allée. Elle ne prit pas le risque de regarder en arrière en démarrant le moteur, ni en s’éloignant. Pas même un regard dans les rétroviseurs. Elle avait besoin d’une rupture nette. Il lui fallait oublier à quel point son cœur s’était emballé lors de cette aventure torride… Et elle ne voulait plus penser au fait qu’elle n’avait pas été honnête en lui cachant la vérité au sujet de son identité.

Mais ils ne se reverraient plus jamais, alors à quoi bon s’inquiéter. N’est-ce pas ?

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