Au cœur du désir - La reconquête d’un amour
Chapitre 13
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L’esprit en ébullition, Rick tenta de se ressaisir. Que lui prenait-il donc ? Il n’y avait pas de place dans sa vie pour une relation amoureuse.
Mais les grands yeux de Charlotte fixés sur lui lui firent oublier ses bonnes résolutions et les raisons pour lesquelles il ne devait pas l’embrasser.
Incapable de résister plus longtemps, il se pencha vers elle et effleura sa bouche de la sienne. Enhardi par le léger soupir qu’elle laissa échapper, il l’embrassa de nouveau, cette fois avec plus de fougue.
— Ton téléphone sonne, dit-elle soudain en s’écartant de lui.
— Quoi ?
Sans dire un mot, elle disparut dans la cuisine et en revint, le téléphone de Rick à la main.
— Une urgence ? s’enquit-elle lorsqu’il eut mis fin à l’appel.
— C’était Madelyn Nelson. Son bébé a une forte fièvre. Je vais la retrouver au cabinet.
— Tu as besoin de moi ?
— Pas au cabinet. En revanche, si tu pouvais aller récupérer Bobby…
— Bien sûr.
Rick accueillit cet appel comme une bénédiction qui l’avait empêché de commettre une grave erreur. Car rien de bon ne pouvait ressortir de tout cela.
Dans ce cas, pourquoi ce baiser et le plaisir qu’il avait à se trouver en compagnie de Charlotte lui procuraient-ils une telle satisfaction ?
* * *
Charlotte attendit d’être seule pour se laisser retomber sur sa chaise. Qu’est-ce qui lui avait pris de répondre au baiser de Rick comme elle l’avait fait ? Était-elle devenue folle ? Elle avait embrassé Rick Tyler, l’homme qui l’avait plaquée le jour de leur mariage et avait disparu de sa vie pendant douze ans ! Comment avait-elle pu ne serait-ce que le laisser la prendre dans ses bras ?
Pour toute réponse, elle effleura sa bouche d’un doigt, cherchant à revivre la sensation délicieuse qu’elle venait d’expérimenter.
Rattrapée par la réalité, elle consulta sa montre. Il était temps d’aller chercher Bobby.
Elle prit son trousseau de clés et se mit en route sans tarder.
Lorsqu’elle arriva au foyer, plusieurs mamans s’y trouvaient déjà, parlant et riant entre elles. En l’apercevant, l’une d’elles donna un coup de coude à sa voisine puis elles se turent, leurs regards hostiles rivés sur elle.
Si une seule de ces femmes lui avait souri, elle lui aurait rendu son sourire. Mais rien de tel ne se produisit. Forcément : la plupart d’entre elles étaient des employées de la Shields Manufacturing ou, le cas échéant, avaient un parent qui y travaillait.
Charlotte releva fièrement la tête et se mit à les fixer à son tour sans ciller. À sa grande honte, elle se rendit compte que si leur visage lui était familier, elle ne pouvait en revanche mettre aucun nom dessus.
Si elle voulait que les choses changent, elle allait devoir prendre le taureau par les cornes. Elle inspira profondément puis se dirigea vers le petit groupe.
— Bonsoir, dit-elle, le cœur battant d’appréhension.
N’obtenant aucune réponse, elle s’apprêtait à retourner à l’écart lorsqu’une main se tendit vers elle.
— Bonsoir. Je suis Tanya, la maman de Mia et Maya.
— Et moi, je suis Charlotte Shields, répondit-elle, profondément soulagée et heureuse de ce pas que, pour la première fois depuis bien longtemps, on faisait vers elle. Je viens chercher Bobby, le fils d’un ami.
— Bobby Tyler ?
— Oui.
— Un médecin, c’est assez bien pour vous, c’est ça ? ricana l’une des femmes en affichant un air de dégoût.
— Janet, la reprit doucement Tanya. Ne sois pas méchante.
— Tu es nouvelle, ici, alors tu ne sais pas de quoi Charlotte Shields est capable. Moi, en revanche, je peux t’en parler : je la connais depuis le collège. C’est le genre de fille qui peut faire de ta vie un enfer, si tu vois ce que je veux dire. Le genre aussi à se croire supérieure parce qu’elle est la fille du patron.
Charlotte se mordit les lèvres pour ne pas riposter trop violemment à cette attaque ouverte. Ne s’était-elle pas fait la promesse de s’améliorer ?
— Tu as raison de m’en vouloir, Janet, commença-t-elle. J’étais bien comme tu as dit et je te présente mes excuses pour tout le mal que j’ai pu te faire.
Elle marqua une pause avant de reprendre :
— Je vous dois des excuses à toutes. Je me suis montrée grossière, arrogante, condescendante, bref, imbuvable. Je sais bien que les mots ne peuvent pas tout effacer mais sachez que je suis sincèrement désolée.
Les femmes s’échangèrent des regards peu convaincus. Elles n’allaient pas pardonner aussi facilement. Rien de plus normal. Elle-même avait mis beaucoup de temps à pardonner à Rick.
— Ma sœur travaille pour votre père, dit l’une d’elles. Elle m’a rapporté qu’il avait embauché quelqu’un pour assurer la relève.
— C’est exact.
— Nous pensions tous que ce serait vous.
— Bienvenue au club ! s’exclama Charlotte dans un trait d’humour empreint d’amertume.
Les femmes se regardèrent encore, semblant cette fois moins suspicieuses.
— Très bien, dit finalement l’une d’elles. Nous acceptons vos excuses.
— Cela ne signifie pas pour autant que nous sommes amies, précisa une autre. Mais il n’y a plus de raisons pour que nous soyons ennemies.
Charlotte sentit les larmes lui monter aux yeux.
— Merci, dit-elle d’une voix emplie d’émotion. Je vous suis d’autant plus reconnaissante que je sais bien que je ne mérite pas d’être pardonnée aussi facilement.
— Sinon, reprit Tanya dans un large sourire, quel lien entretenez-vous avec le Dr Tyler ?
— Rick et moi nous connaissons depuis des années.
— Vraiment ?
— Oui. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, ajouta-t-elle en s’adressant à l’ensemble du groupe, mais nous avons même été fiancés. Malheureusement, le jour de notre mariage, il ne s’est pas présenté à l’église.
— Vous êtes sérieuse ?
— Très sérieuse.
— Maintenant que vous le dites, j’avais entendu parler de cette histoire.
— Quel salaud !
Toutes les mères de famille y allèrent d’un commentaire bien senti à l’égard de ce sale type qui avait osé laisser sa fiancée affronter seule une telle épreuve. Charlotte fut touchée par cette belle manifestation de solidarité féminine. Rien de tel qu’une histoire d’amour malheureuse pour créer des liens, finalement.
— Nous étions jeunes, trop jeunes. Rick en avait conscience. Il voulait que nous avouions à nos parents que nous n’étions pas prêts à nous marier mais j’avais trop peur de la réaction de mon père. Je sais aujourd’hui que j’aurais dû écouter Rick, le suivre dans sa décision. J’ai préféré m’entêter et, je l’avoue humblement, c’est une décision qui m’a coûté cher. À cette époque, je suis devenue un brin paranoïaque. Je pensais que tout le monde se moquait de moi alors j’ai pris mes distances.
— J’imagine bien ce que vous avez dû subir, souffla Tanya avec compassion. Mais votre relation avec Rick a l’air de s’être améliorée.
— C’était il y a douze ans. Avec le temps, j’ai compris que j’avais ma part de responsabilité dans cette affaire. Alors, oui, nous sommes amis. Et puis, j’adore son fils.
— Mes filles m’ont parlé de lui, dit Tanya. Elles m’ont dit que c’était un très bon joueur de basket.
— Cela ne m’étonne pas. Il s’entraîne sans arrêt.
— Il a aussi une théorie selon laquelle il arrêtera de manger des légumes l’année prochaine, à l’occasion du Carême. Je me demande qui a bien pu lui mettre une idée pareille en tête parce que mes filles veulent faire la même chose.
L’arrivée des bus sur le parking du centre évita à Charlotte de répondre. Quelques minutes plus tard, un essaim d’enfants s’engouffra bruyamment dans le hall. Aussitôt qu’il la vit, Bobby se rua sur elle, le visage illuminé de joie.
— Papa n’est pas là ?
— Non. Il a eu une urgence et m’a demandé de venir te chercher à sa place. Cela ne te dérange pas ?
— Au contraire ! Je suis trop content ! On va chez toi ou chez moi ?
— Où tu veux. Ton père m’a donné les clés de chez vous. C’est toi qui choisis.
— Alors chez toi, décida-t-il sans hésiter.
Charlotte salua les femmes de la tête puis entraîna Bobby dehors, un bras passé autour de ses épaules.
— Je me suis trop bien amusé ! s’écria-t-il en bouclant sa ceinture de sécurité. Quand on s’est baignés on a vu plein de poissons. Moi et Nathaniel on a essayé d’en attraper un mais ils étaient tout gluants, on ne pouvait pas.
— Nathaniel et moi, le reprit-elle machinalement.
— C’est ce que j’ai dit. Moi et Nathaniel.
Elle secoua la tête, décidant qu’il ne lui appartenait pas de corriger la syntaxe de cet enfant.
— Qu’aurais-tu fait de ce poisson si tu avais pu l’attraper ?
— Je l’aurais rapporté à la maison et, comme je n’ai pas d’aquarium, je l’aurais mis dans la baignoire.
Cette logique enfantine amena un sourire amusé sur ses lèvres.
— Qu’avez-vous fait d’autre ? s’enquit-elle alors qu’elle tournait dans leur rue.
— Plein de choses. On a fait des courses. Celle que j’ai préférée, c’était la course en sac. On devait aller le plus vite possible avec les jambes dans des taies d’oreiller. Après on a fait la course à trois jambes. Ce n’était pas facile de courir avec une jambe attachée à celle de quelqu’un d’autre. Moi et Nathaniel on a fait équipe et on est arrivés deuxièmes. Après, on a dû faire équipe avec une fille. Ça, je n’ai pas aimé. J’étais avec Robyn et on est tombés trois fois alors elle n’arrêtait pas de se plaindre qu’elle avait du sable plein ses habits. On a fini derniers. La honte ! On s’est même fait battre par les plus petits.
— Certaines filles sont très coquettes et font très attention à leurs vêtements, rétorqua Charlotte en ouvrant la porte.
Aussitôt à l’intérieur, elle retira ses sandales, imitée par Bobby qui ôta ses baskets sans se soucier le moins du monde du sable qui se répandait sur le sol.
— On a bien mangé, aussi, reprit-il. Y avait des hot dogs, des hamburgers, des chips et du pop-corn. Et on a bu des jus de fruits. Moi, j’en ai bu trois mais ne le dis pas à papa parce que avec lui j’ai le droit d’en boire qu’un par jour. D’accord ?
— Motus et bouche cousue. Promis.
— Après, on a vu un film. C’était trop bien de voir un film à la plage. Des grands ont joué au volley mais c’est nul, alors avec d’autres copains on a joué à chat et aussi à Mr Freeze.
Il marqua une pause durant laquelle Charlotte le fit s’étendre sur le canapé.
— Après, poursuivit-il en luttant contre le sommeil, les moniteurs ont fait un feu de camp et on a fait griller des chamallows. Y a un animateur qui a joué de la guitare et nous a appris des chansons trop drôles. Et puis après, Joni a dit qu’il fallait partir. J’aurais voulu que ça dure plus longtemps.
Sur ces mots, il bâilla et ferma les yeux, cette fois pour de bon. À peine quelques secondes plus tard, il dormait profondément. Tout doucement, Charlotte lui ôta ses chaussettes puis le couvrit d’une couverture fine qu’elle gardait toujours à portée de main, sur l’accoudoir.
Elle resta un long moment à le regarder dormir, un sourire attendri aux lèvres. Il était si mignon ! Devoir se résoudre à le quitter allait être un crève-cœur, mais maintenant que Rick et elle étaient amis, elle pourrait rester en contact avec eux deux.
Elle regarda par la fenêtre. Il faisait déjà nuit. Elle espéra que le bébé n’avait rien de grave. Elle ne connaissait pas intimement Madelyn mais pouvait aisément imaginer son inquiétude. Elle-même serait morte d’angoisse si Bobby avai été malade, et pourtant il n’était pas son fils.
Deux heures plus tard, des coups discrets frappés à la porte la réveillèrent en sursaut. Elle se leva du fauteuil où elle s’était installée et s’empressa d’aller ouvrir à Rick avant que ses coups répétés ne réveillent Bobby.
— Chut ! fit-elle, un doigt sur la bouche. Il dort.
— J’imagine. Mais pourquoi ne dort-il pas à la maison, dans son lit ?
— Parce qu’il voulait venir chez moi. Tu peux le laisser passer la nuit ici, si tu veux. Va te coucher, tu as l’air épuisé.
— Je suis fatigué, c’est vrai. Mais je suis trop énervé pour trouver le sommeil.
— Veux-tu entrer un moment ?
— Volontiers. Merci.
— Ne fais pas de bruit. Bobby dort sur le canapé.
— Sois tranquille, en général, rien ne peut le réveiller.
— Quand je pense que j’ai marché sur la pointe des pieds toute la soirée pour ne pas le déranger ! Alors, ce bébé ? s’enquit-elle lorsqu’ils furent attablés dans le patio, autour d’une tasse de tisane.
— Rien de grave. Un début d’otite. J’ai réussi à faire baisser la fièvre et à soulager la douleur assez rapidement.
— Qu’est-ce qui t’a retenu aussi longtemps, alors ?
— Dean, le mari de Madelyn, dans sa précipitation à accompagner sa femme, a raté une marche. Il est arrivé au cabinet avec une bonne entorse et le crâne fendu. J’ai donc dû m’occuper du bébé, puis de Dean, dont la blessure à la tête nécessitait des points de suture.
Il s’interrompit pour étendre ses longues jambes devant lui.
— Bobby a passé une bonne journée ?
— C’est peu de le dire. Il était vraiment enthousiaste. Mais il te racontera tout cela lui-même demain.
Rick hocha la tête avant de lui prendre la main, dans un geste d’une infinie douceur.
— Charlotte, je voudrais que nous parlions de nous.
— Il n’y a rien à en dire.
— Vraiment ? Tu ne vas pas faire comme si ce baiser n’avait jamais existé.
— Je vais essayer, en tout cas.
— Pour être franc, c’est ce que je pensais faire, moi aussi.
— Eh bien, nous sommes d’accord, alors. Ce baiser n’a jamais existé.
— Tu ne m’as pas bien écouté. J’ai dit : « C’est ce que je pensais faire. » Mais j’ai changé d’avis.
— Pourquoi ? Moi, je pense que c’est la meilleure chose à faire.
Il éclata d’un rire viril qui fit naître un frisson de désir au creux des reins de Charlotte.
— Pas moi. Ce n’est pas une bonne idée parce que, qu’on le veuille ou non, il se passe quelque chose entre nous.
— Nous sommes attirés l’un par l’autre, c’est indéniable, admit-elle. Ça nous passera avec le temps.
— Il ne s’agit pas que d’attirance physique, Charlotte. Et tu le sais bien.
Elle gigota sur sa chaise, mal à l’aise. Devenir une meilleure personne supposait de jouer la carte de la franchise. Devait-elle pour cela ouvrir son âme à la seule personne capable de réduire son cœur en miettes ?
— Admettons que tu aies raison, finit-elle par dire. Ce n’est pas pour cela que nous devons donner suite à ce baiser. En ce qui me concerne, notre amitié me suffit amplement.
— Et moi, je ne suis pas sûr que je puisse m’en satisfaire.
Son cœur fit un petit bond dans sa poitrine. Le message ne pouvait être plus clair mais elle ne trouva rien à répondre.
Quelle idée avait-elle eue aussi, d’entraîner Rick dans ce patio, écrin romantique à souhait ? Le lieu parfait pour qui avait en tête un plan de séduction bien arrêté.
— Tu m’as manqué, dit-il en lui caressant le dos de la main. J’attendais avec tant de hâte le moment de venir te rejoindre pour reprendre là où nous nous sommes interrompus !
Tout en parlant, il effleura son bras nu d’une main, ce qui eut pour effet de lui envoyer des ondes de désir dans tout le corps. Puis, lentement, il lui caressa la joue.
Comme si c’était la chose la plus naturelle au monde, Charlotte retourna sa main et en embrassa la paume. Elle se grisa de l’odeur familière qui en émanait.
— Charlotte…, murmura Rick, juste avant que sa bouche ne vienne se poser sur la sienne.
Ce baiser avait pour elle un goût de paradis. Elle ressentait un merveilleux mélange de désir brûlant et de douce sérénité. Puis, très vite, elle eut envie de plus. Plus de baisers. Plus d’étreintes.
Le bruit d’une portière qui claquait rompit la magie de l’instant. Charlotte revint brutalement sur terre avec la certitude qu’elle venait d’éviter de faire une erreur monumentale. Comme elle s’en voulait d’obéir à ses pulsions plutôt qu’à ce que lui dictait la raison !
Certes, elle ne pouvait nier l’attirance qu’elle éprouvait pour Rick. Elle pouvait même dire qu’il en faudrait peu pour qu’elle retombe raide amoureuse de lui.
Et puis ? À quoi tout cela les mènerait-il ? Elle n’avait pas la réponse à cette question. Si Rick lui avait parlé d’attirance, il n’avait pas parlé d’amour. Il ne lui avait fait aucune promesse. De toute façon, serait-elle capable de lui faire confiance ?
Rien n’était moins sûr.
* * *
Rick ne comprenait rien à l’attitude de Charlotte. L’arrivée des voisins leur avait rappelé qu’ils n’étaient pas seuls au monde mais il ne voyait pas là une raison valable à son repli précipité à l’intérieur de la maison.
Elle n’avait pas fait que battre en retraite : elle s’était retranchée derrière des barrières défensives impénétrables. S’il se faisait fort de comprendre ce qui la tourmentait, il savait aussi que le moment n’était pas bien choisi pour lui parler.
Il poussa un profond soupir en même temps qu’il se levait de sa chaise. Il ne lui en voulait pas de se montrer prudente. Lui-même était en proie à la plus grande incertitude.
Dans ce cas, pourquoi s’acharnait-il ainsi à la poursuivre de ses ardeurs ?
La réponse ne fut pas longue à lui parvenir. C’était le goût de ses lèvres. Le goût de leurs baisers passés qui avait réveillé en lui des sentiments qu’il pensait morts depuis longtemps.
Il ne songeait pas au mariage. Seigneur, non ! Il n’était pas assez stupide pour se remarier un jour. En revanche, il ne voyait pas ce qui pouvait les empêcher de faire l’amour ensemble de temps en temps. Et si la situation évoluait, eh bien, il serait bien temps d’y penser à ce moment-là.
Tout à ses pensées, il entra dans le salon. Charlotte avait le regard rivé sur Bobby, qui dormait toujours profondément.
— Je vais y aller, annonça-t-il. Tu es certaine de vouloir garder Bobby ici ?
— Oui.
— Très bien. Envoie-le-moi à la maison quand il se réveillera. Je serai levé.
— Repose-toi. Je lui ferai prendre son petit déjeuner avant.
Lorsqu’ils furent à la porte, il se retourna vers elle et la fixa intensément.
— Tu es une femme à part, Charlotte Shields. Et je suis très heureux de t’avoir dans ma vie.
Incapable de résister, il effleura ses lèvres d’un baiser puis s’empressa de partir avant de lui demander s’il pouvait passer la nuit avec elle.
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