Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Jules Bennett · Chapitre 31 sur 38

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Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Chapitre 12

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Rick se tenait devant la porte de Charlotte avec, dans une main, une boîte à chaussures enveloppée de papier argenté qu’il avait remplie de barres chocolatées et, dans l’autre, un bouquet de fleurs.

La plupart des femmes qu’il avait connues auraient sans doute préféré des présents plus prestigieux mais il savait que Charlotte saurait apprécier son choix. Il la connaissait si bien ! Il se souvenait avec précision de ce jour, au lendemain d’Halloween, où elle s’était précipitée dans un magasin pour pouvoir bénéficier du rabais offert sur toutes les sucreries.

Elle lui ouvrit la porte, un large sourire aux lèvres. Pourtant, très vite, son visage se figea.

— Où est Bobby ? s’enquit-elle en le cherchant du regard.

— Toujours à la plage. Il était prévu qu’ils ne reviennent qu’à 21 heures.

— Dans ce cas, que me vaut l’honneur de ta visite ?

— Je voulais te remercier de lui avoir apporté ses affaires de plage. Et te donner ceci.

Il lui tendit ses offrandes, qu’elle s’empressa de prendre sans, cependant, l’inviter à entrer.

— Tu ne vas tout de même pas me laisser là, tout seul, dehors ?

— Tu peux très bien rentrer chez toi.

— Tu es dure avec moi.

Elle éclata de rire et s’écarta pour le laisser passer.

— Allez, entre.

— En fait, j’ai une proposition à te faire.

— Laquelle ?

— Comme j’ai quelques heures de libres devant moi, je pensais que nous pourrions faire quelque chose d’amusant.

— Je ne sais pas.

— Allons, Charlotte. Je vois bien que tu en as envie. Laisse-toi faire !

— Dis-moi plutôt ce que tu as derrière la tête.

— Je pensais t’inviter à dîner à la maison. Un barbecue. Une bonne viande grillée accompagnée d’une salade verte. Qu’en dis-tu ?

— OK pour la viande.

— Manger des légumes est important pour la santé.

— C’est toi qui le dis.

— En effet. Mais n’oublie pas que je suis médecin.

— Eh bien, docteur Tyler, sachez que je compense le manque de légumes en consommant beaucoup de fruits.

— C’est parfait. Dans ce cas, je remplacerai la salade par une salade de fruits.

— Alors j’accepte. Donne-moi une minute, que j’aille mettre mes fleurs dans un vase et me changer.

— Prends ton temps, dit-il en s’avançant à sa suite dans le vestibule.

— Attends-moi là. Je reviens tout de suite.

Il la regarda grimper l’escalier, les yeux fixés sur ses fesses joliment rebondies. Quelques minutes plus tard, elle redescendit, vêtue d’un short qui laissait voir ses longues jambes fuselées et d’un chemisier qui, lui, mettait en valeur sa taille fine et sa poitrine généreuse.

Il la fixait comme s’il la voyait pour la première fois, incapable de détourner le regard du joli tableau qu’elle lui offrait.

— Je suis prête, annonça-t-elle en attrapant ses clés au passage.

— Alors, allons-y.

Dans un geste tout à fait naturel, il lui prit la main pour traverser la pelouse. Aussitôt qu’ils furent dans la cuisine, de manière qui lui semblait à elle tout aussi naturelle, elle s’assit sur une chaise, les jambes croisées au niveau des chevilles dans une posture qui lui était coutumière.

Tant de choses remontaient à la mémoire de Rick ! C’en était même curieux après tant d’années passées loin l’un de l’autre. Bien sûr, il avait pensé à elle de temps à autre mais sans aucune nostalgie, se demandant simplement comment elle allait ou si elle était heureuse.

— Veux-tu boire quelque chose ?

— Volontiers.

— Eau, vin ou soda ?

— Un verre de vin. Du rouge, de préférence.

Il alla prendre la bouteille qu’il avait achetée le matin même en faisant les courses.

— Tiens. Cela te dérangerait de nous servir ?

— Pas du tout. Hum, j’adore ce vin, ajouta-t-elle après avoir regardé l’étiquette.

— C’est la raison pour laquelle je l’ai choisi. Les verres sont sur la deuxième étagère, précisa-t-il en pointant du menton le placard qui se trouvait tout près de lui.

Lorsque Charlotte passa devant lui, laissant flotter les effluves de son parfum, il résista avec peine au désir brûlant de l’attirer à lui et de l’embrasser.

— Je vais m’occuper du barbecue, dit-il, soucieux de fuir ce désir qu’il jugeait encombrant.

Lorsqu’elle vint le rejoindre, quelques minutes plus tard, un verre de vin dans chaque main, il avait repris le contrôle de ses émotions. Il pouvait la regarder s’avancer vers lui, ondulant des hanches, et donner l’impression d’être complètement détaché.

— Puis-je t’aider ? s’enquit-elle.

— C’est très gentil mais non, répondit-il en posant son verre sur la petite table d’appoint, près du barbecue.

Lorsqu’il vit la bouche sensuelle de Charlotte reprendre une gorgée de vin, le feu se mit de nouveau à couler dans ses veines. Que lui arrivait-il ? Les occasions de se retrouver en compagnie de Charlotte n’avaient pourtant pas manqué depuis qu’il s’était installé à côté de chez elle. Alors pourquoi, tout d’un coup, la voyait-il sous un autre angle ? Pourquoi était-il pris du désir effréné de la posséder à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle ?

— Tu es sûr ? insista-t-elle. Je ne peux vraiment rien faire pour t’aider ?

— En fait, je m’étais déjà bien avancé. La viande finit de mariner et les pommes de terre sont cuites. Alors, tout ce que tu as à faire, c’est t’asseoir et te détendre.

— Ce devrait être dans mes cordes, remarqua-t-elle en souriant.

Il tira une chaise à lui et s’assit à côté d’elle, son verre de vin à la main. Indépendamment du désir que Charlotte suscitait en lui, il aimait sa compagnie. C’est ce qui lui manquait le plus depuis son divorce : échanger avec un adulte. Oh ! bien sûr, il parlait avec Bobby mais ce n’était pas la même chose. Son fils avait besoin de parler de lui, de ses émotions ; pas d’entendre son père radoter sur sa difficulté à vivre sans compagnie féminine.

— Merci encore d’avoir accepté d’apporter ses affaires à Bobby. Je t’en suis très reconnaissant.

Elle balaya ses remerciements d’un geste vague de la main.

— Je t’en prie.

— Tu lui as beaucoup manqué ces derniers temps. Il était très inquiet. Il craignait d’avoir fait ou dit quelque chose de mal. Je l’ai rassuré en lui affirmant que tu finirais par revenir nous voir. Ne t’inquiète pas, je me suis bien gardé de lui révéler que sa question avait de quoi t’affoler.

— Je n’étais pas affolée, mentit-elle en le défiant du regard.

— Vraiment ? Qu’as-tu ressenti, alors ?

* * *

Charlotte chercha une réponse cohérente à fournir. Une réponse qui ne trahirait pas la confusion extrême dans laquelle elle se trouvait.

Rick, lui, semblait si détaché ! Si serein. Rien, dans la manière dont il sirotait calmement son verre de vin, ne révélait ses pensées profondes.

— Eh bien, la pressa-t-il, je t’écoute.

— J’étais un peu…

— Un peu… ?

— Prise de court. Bobby est un enfant et, pour lui, le mariage est une notion abstraite. Il ne sait rien de toi et moi, de notre histoire. Il a seulement besoin d’une femme dans sa vie qui l’aimera comme sa mère aurait dû l’aimer. Je le comprends tout à fait. C’est vrai que j’ai été un peu déstabilisée mais c’est passé maintenant, même si le mariage reste pour moi un sujet tabou.

— Tu as raison. C’est pourquoi je ne veux pas qu’il y ait le moindre malentendu entre nous. Je tiens trop à ce que nous restions amis.

— Exactement. Pour avoir essayé et échoué, nous savons tous les deux que nous ne serons jamais mari et femme.

Elle n’avait pu s’empêcher de parler avec une certaine amertume. Pourquoi, puisque cette histoire appartenait depuis longtemps à un passé révolu et qu’elle avait affirmé à Rick ne plus lui en vouloir ?

— Je suis désolé.

— C’est moi. J’ai été maladroite. Je n’aurais pas dû remettre ce sujet sur le tapis.

— Peut-être que, au fond de toi, tu ne peux pas me pardonner.

— Si, je t’assure. Je crois simplement que cette discussion m’a un peu ébranlée.

Il lui prit la main, dans un geste qui se voulait sans doute réconfortant mais qui la fit frissonner de désir.

— Et si nous changions de sujet ? lança-t-elle d’un ton faussement désinvolte.

— Bonne idée, répondit-il.

Il alla mettre la viande à griller puis plaça un bol de salade de fruits devant elle.

— Je n’en reviens pas que tu aies préparé tout ça.

— Comme je te l’ai dit, je m’y suis pris un peu à l’avance.

— Tu ne manques pas d’aplomb, tout de même. J’aurais pu refuser ton invitation.

— C’est vrai. Mais j’aurais profité de ce repas demain, avec Bobby. Il y a là tout ce qu’il aime.

Puis, gardant le silence, ils se laissèrent aller contre le dossier de leur chaise et se mirent à contempler les nuages flottant mollement au-dessus de leur tête. Charlotte prit soudain conscience qu’elle se sentait extrêmement bien. Elle laissa Rick aller vérifier la cuisson des steaks puis les apporter, une fois prêts, dans un plat auquel il avait ajouté des pommes de terre écrasées en purée et des épis de maïs grillés.

Tout au long du repas, il se révéla un hôte charmant, drôle et attentionné. Il parvint même à la faire rire aux éclats en lui relatant des anecdotes qui remontaient à l’époque où il était étudiant en médecine.

— C’était délicieux ! le félicita-t-elle lorsqu’ils eurent terminé. Je me réjouis d’avoir accepté ton invitation.

— Merci. Tu seras toujours la bienvenue chez moi.

Elle le remercia d’un sourire puis laissa de nouveau son regard errer sur le ciel étoilé.

— C’est vraiment une belle soirée, dit-elle dans un souffle.

En guise de réponse, il approcha sa chaise — si près qu’elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps se communiquer au sien — et lui prit la main.

— Et toi, tu es magnifique.

À ces mots, son cœur se mit à battre la chamade.

— Je croyais que nous devions rester sur le registre de l’amitié, rétorqua-t-elle d’une voix un peu tremblante.

— C’est vrai. Malheureusement, je ne suis pas aveugle.

Il plongea alors son regard dans le sien et la fixa si intensément qu’elle resta immobile, comme hypnotisée.

Elle sentait le piège se refermer sur elle. Le problème, c’était qu’elle n’était pas certaine de vouloir y échapper.

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