Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Jules Bennett · Chapitre 2 sur 38

Pages du PDF

Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Chapitre 2

- 2 -

 

Ce n’était pas une bonne idée. Non, non, et non !

Comme si la jument était d’accord avec elle, chacun de ses coups de sabot semblait faire écho aux doutes qui assaillaient l’esprit d’Alexa.

Elle aurait aimé ignorer l’onde de chaleur qui se propageait en elle, mais comment l’aurait-elle pu ? Cet homme était le premier à s’être montré capable de réveiller en elle cette étincelle depuis si longtemps éteinte… À quoi bon étouffer les émotions auxquelles son corps semblait soudain prendre plaisir ?

Ces dernières années, elle avait fait de son mieux pour refouler ses sentiments, mais à cet instant, elle ne pouvait pas se mentir à elle-même. Hayes Elliott était l’archétype du cow-boy sensuel et jouait de son charme naturel et ténébreux à la perfection. Quant à ce jean qui moulait ses hanches fines, il lui dessinait une silhouette à tomber. Avec sa démarche quelque peu claudicante, Hayes intriguait Alexa au plus haut point et elle mourait d’envie d’en savoir plus sur lui.

Calme-toi ! Alexa ne s’était pas accordé cette petite escapade pour se retrouver dans les bras d’un cow-boy. Même si Hayes Elliott nourrirait sans doute ses fantasmes pendant longtemps.

La jument d’Alexa trottinait à côté du cheval de Hayes. Ce n’était manifestement pas la première fois que les deux chevaux sortaient en balade ensemble. Sur la selle, Alexa sentait son bassin se balancer d’avant en arrière au gré de la démarche aisée de Jumper. Elle s’interdit alors de lorgner du côté de Hayes : elle devait s’efforcer de regarder droit devant elle.

Le ranch, pittoresque, était vraiment magnifique. Les clôtures blanches se succédaient à perte de vue. Les prairies vallonnées laissaient apercevoir le bétail éparpillé au loin, dans la verdure. Avec ce soleil radieux qui répandait ses rayons sur la terre, Alexa peinait à croire qu’une tempête allait bientôt frapper la région.

Elle essaya de se concentrer sur le plaisir de la promenade, mais de temps à autre, la jambe de Hayes effleurait la sienne, réveillant alors les papillons dans son ventre.

Oh ! non ! Elle ne connaissait cet homme que depuis quelques instants, et il avait déjà une telle emprise sur elle ? Comment diable était-ce possible ?

Peut-être ne sortait-elle pas assez ? Elle passait son temps entre sa salle de classe et son fils. Sadie le lui avait fait remarquer à juste titre, Alexa en prenait conscience désormais : elle avait besoin de sortir davantage. Son amie avait donc eu raison d’insister pour qu’elle s’offre ce week-end. Mais bon, dans la vie quotidienne… Enfin, où donc irait-elle ? Ce n’était pas comme si les hommes, ou même ses amis, se bousculaient pour l’inviter à sortir. Certes, elle avait Sadie, qui enseignait dans la classe voisine de la sienne. Elles s’étaient connues à l’université et étaient amies depuis. Et puis, il y avait Mason.

Alexa assumait tout à fait son rôle de mère célibataire avec une vie sociale réduite. En ce moment, elle était à la fois la maman et le papa de Mason : tout le reste passait donc au second plan. Et cela lui convenait très bien. Elle n’avait qu’un seul homme dans sa vie et il lui suffisait amplement.

— Depuis combien de temps ces terres appartiennent-elles à ta famille ? demanda-t-elle, cherchant désespérément un sujet banal, susceptible de couper court à la tension qui montait entre eux.

— Mes frères et moi formons la troisième génération d’éleveurs à Pebblebrook. Mon grand-père a construit la maison où je vis.

Ça, il le lui avait déjà dit.

— Combien y a-t-il d’hectares ?

— Plus de deux mille.

Alexa l’avait lu dans le dépliant du B&B qui annonçait le futur projet du ranch. Elle avait tout de même posé la question pour éviter de laisser le silence s’installer entre eux. D’abord parce que ce serait gênant, mais aussi parce que cela la ferait replonger dans ses rêveries.

Alexa ne s’imaginait pas gérer de telles superficies de terres avec tout ce bétail, mais bien sûr, les Elliott avaient les fonds nécessaires pour embaucher du personnel en mesure d’effectuer tout l’entretien et les travaux manuels.

Sa vie à elle consistait à réprimander des enfants de quatre ans à longueur de journée, avant de rentrer chez elle retrouver son petit garçon plein de vie. Son quotidien était aux antipodes de celui des Elliott. Une partie d’elle était fière de s’être accordé cette pause offerte par Sadie.

Cependant, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si Mason avait apprécié sa collation matinale de myrtilles et de bananes. Peut-être devrait-elle lui passer un coup de fil pour s’en assurer ?

— Voici la première grange que mon grand-père a construite sur ses terres.

Hayes la tira de ses pensées avec un bref historique du ranch. Un peu plus haut, Alexa repéra effectivement une petite grange, nettement plus ancienne que la structure massive en pierre et en métal à l’entrée de la propriété. Les Elliott étaient certes milliardaires, mais il était évident qu’ils avaient travaillé dur pour faire de ce domaine une référence en la matière.

— Ça va avec Jumper ?

Même pour poser une question prévenante, Hayes ne se départait pas de son ton grave et bourru.

— Très bien, assura-t-elle.

— Tu veux continuer le tour du propriétaire ?

Ou rebrousser chemin ?

Alexa ne se sentait pas tout à fait prête à faire demi-tour, mais elle savait que Hayes n’avait pas envie d’être là, avec elle. Il préférait probablement la solitude.

— Je pourrais rester ici pour toujours, répondit-elle sincèrement. Mais je ne veux pas te retenir.

Il grommela quelque chose d’inaudible entre ses dents.

— Tu disais ? demanda-t-elle en cherchant son regard.

Il était presque impossible de voir son visage dissimulé sous le large rebord de son chapeau.

— Rien, répondit-il, visiblement perdu dans ses pensées.

Alexa observa les mains de Hayes sur ses rênes. Des cicatrices apparaissaient le long de ses muscles tendus. Ces larges mains bronzées avaient sans doute connu tant d’épreuves… C’était un soldat, un éleveur. L’archétype du mâle alpha, solitaire. Pour une raison qui lui échappait, elle trouvait cela terriblement attirant.

Hayes était tout l’opposé de son défunt mari. Scott et elle avaient été tellement amoureux, décidés à passer le reste de leur vie ensemble… Avec lui, elle s’était toujours sentie en sécurité. Un sentiment qu’elle n’avait plus éprouvé depuis qu’il avait succombé à une maladie cardiaque. Les médecins avaient tenté de la réconforter en lui expliquant que rien n’avait pu laisser présager qu’il était né avec ce défaut, qui lui avait finalement coûté la vie.

Elle n’avait pas pu le sauver, et elle éprouvait la culpabilité d’une survivante. C’était inévitable. Et la découverte de sa grossesse seulement une semaine après l’avoir enterré n’avait fait qu’intensifier sa culpabilité.

Cependant, même avant la mort de Scott, Alexa avait déjà connu ce sentiment. Elle n’avait que huit ans quand sa sœur s’était noyée alors qu’elles nageaient toutes les deux. Au cours de leurs vacances familiales au bord de la mer, elles s’étaient toutes les deux trop éloignées du rivage. La marée lui avait ainsi arraché sa sœur, et son père avait de justesse récupéré Alexa avant qu’elle ne soit à son tour emportée par les eaux. Seules des années de remords et de thérapie avaient empêché sa famille de voler en éclats.

Alexa reconnaissait donc ce qui semblait hanter Hayes.

Agrippée à ses rênes, elle apprécia le trot régulier de la jument. Hayes avait incité son cheval à accélérer, et ils allaient un peu plus vite qu’au début. Sa jument avait suivi. Un homme comme lui n’était pas du genre à demander la permission, mais il jetait quand même constamment un coup d’œil vers elle pour vérifier qu’elle s’en sortait bien.

— Tu étais donc tout seul à l’écurie aujourd’hui ? demanda-t-elle pour chasser les pensées inconvenantes qui l’envahissaient depuis que la cuisse de Hayes frôlait la sienne.

— Il reste quelques ouvriers qui tournent sur différents postes, répondit-il. Il se trouve que j’étais le seul à l’écurie.

— Mais tu n’étais pas censé travailler.

Il la regarda de biais avant d’ajuster son chapeau.

— Je venais de finir ce que j’avais à faire chez moi, alors j’avais décidé de faire une pause.

Donc, il avait bien prévu de sortir seul.

— Tu aurais pu me demander de revenir plus tard.

— J’aurais pu, mais comme tu le disais, une tempête ne va pas tarder à frapper la région. Tu m’aurais trouvé égoïste de te renvoyer.

Alexa ne put s’empêcher de rire.

— Tu aurais eu des remords à m’éconduire ?

Hayes haussa les épaules et fit légèrement tourner son cheval. Alexa le suivit.

— Je ne fais pas dans le sentimentalisme, mais c’est le ranch de ma famille et je sais combien il a fallu travailler durement pour être ce que nous sommes aujourd’hui.

— Alors, c’est une question de respect.

Comme il gardait le silence, elle continua :

— Quoi qu’il en soit, je m’excuse de t’avoir fait perdre ton temps et je te remercie pour cette petite visite.

Alors qu’ils se dirigeaient vers l’arrière de la propriété, le ciel s’assombrit : d’épais nuages commencèrent à s’amonceler. La météo au Texas était imprévisible ; les averses soudaines et les orages étaient courants. Pourtant, Alexa avait pensé disposer encore d’une plage de répit avant la fin de l’après-midi.

Si, comme prévu, une tempête se déclarait vraiment au cours des prochains jours, elle pourrait se prélasser dans le grand jacuzzi de sa suite au B&B. Dès qu’elle avait mis les pieds dans la maison d’hôtes, elle avait compris que les propriétaires n’avaient pas lésiné sur les dépenses. Le cachet de la maison et de sa salle de bains — vive les planchers chauffants ! — lui avait donné envie d’emménager sur-le-champ avec Mason.

La première grosse goutte de pluie rebondit sur son nez. Avant même qu’ils aient le temps de trouver un abri, le ciel se déversa sur eux et Hayes proféra un juron. Aussitôt, il lui plaça son chapeau de cow-boy sur la tête. Ce geste n’aurait pas dû la toucher, mais il révélait que, sous son allure bourrue et sa façon bougonne de s’exprimer, cet homme cachait un grand cœur. En réalité, c’était un vrai gentleman et cela ne la laissait pas insensible…

— L’orage est arrivé plus tôt que je ne le pensais, cria-t-il sans couvrir le son de la pluie battante. Suis-moi !

Avec Doc, il s’élança devant elle au galop. Alexa s’agrippa à ses rênes et accéléra à son tour, ses fesses rebondissant sur la selle alors que la pluie continuait de s’infiltrer sous ses vêtements. Elle n’était pas à l’aise au galop, mais elle n’avait guère le choix : elle s’accrocha et pria pour qu’ils atteignent rapidement leur destination.

Ils galopèrent encore quelques minutes, et elle commença à se demander où Hayes l’emmenait. Puis, au loin, elle aperçut une vieille ferme à étage. Inutile de poser la question, elle savait. C’était la maison de Hayes.

C’était une ferme ancienne comme on pouvait se l’imaginer.

La façade blanche aux volets noirs offrait un vaste porche et un pignon en pente au centre de la ligne de toiture. La bâtisse était adorable, mais très différente de la grande maison dans laquelle son frère vivait, de l’autre côté de la propriété. Cette maison-là paraissait plus simple, cachée à l’arrière du ranch comme à l’abri des regards.

Était-ce pour cela que Hayes avait choisi de vivre ici ? Pour se tenir à l’écart et se sentir en sécurité ? Car il avait beau jouer les durs, Alexa le sentait en permanence sur ses gardes. Jusqu’à quel point souffrait-il depuis son retour au pays ?

Par-dessous le rebord du chapeau qu’il lui avait prêté, Alexa prit le temps de contempler la belle demeure malgré le rideau de pluie devant elle, le ruisseau qui longeait la maison et la rivière qui coulait derrière elle. La maison et sa grange étaient nichées sur la partie vallonnée du terrain.

Hayes fonça directement vers la petite dépendance sur le côté de la maison. Comme il pleuvait toujours à verse, elle le suivit et, avant même qu’elle puisse remettre le pied à terre, il surgit à ses côtés. La main de Hayes atterrit sur sa cuisse, ne faisant qu’augmenter les tremblements dont elle était la proie depuis qu’elle avait rencontré M. Elliott.

Il glissa alors la main jusqu’à sa taille tandis qu’elle passait la jambe par-dessus l’animal pour mettre pied à terre. Son chapeau tomba au sol, et il garda les mains sur ses hanches pour la stabiliser. Alexa s’accrocha à ses biceps… Oh ! ces muscles étaient encore plus impressionnants qu’elle le pensait.

Hayes dévora des yeux les lèvres d’Alexa, qui n’avait soudain que faire de la pluie. Il pouvait bien neiger, une tornade pouvait même se déclencher autour d’elle… elle ne bougerait pas — de toute façon, trempée pour trempée… — tant que Hayes la couvait de ce regard de braise.

Certes, il ne s’agissait là que de désir, du désir à l’état brut, mais cela faisait tellement longtemps que personne ne l’avait regardée ainsi. Pour une fois, elle se sentait vivante… Après deux ans de vide et de solitude, l’idée qu’un homme puisse la trouver attirante avait quelque chose de grisant. Et les muscles fermes et contractés qu’elle sentait sous le bout de ses doigts n’étaient pas non plus pour lui déplaire.

— Cours te mettre à l’abri sous le porche, dit-il en desserrant à peine la mâchoire.

Ce ton agacé l’intrigua. Était-ce parce qu’ils avaient été surpris par la pluie, ou parce qu’il avait clairement voulu l’embrasser mais s’était retenu de le faire ?

— Dis-moi comment t’aider, murmura-t-elle en prenant les rênes du cheval. Dans la grange.

Il secoua la tête et ramassa son chapeau au sol avant de retourner vers son cheval.

Il les conduisit dans la grange et installa chaque cheval dans son propre box.

— Espérons que la pluie ne dure pas trop, grommela-t-il sans même la regarder quand il ferma les portes du box. Le gros de la tempête n’est prévu que bien plus tard. Tu peux attendre ici ou aller sous le porche.

Un grondement de tonnerre ponctua ses paroles, et Alexa se demanda si l’orage passerait vraiment rapidement.

Hayes sursauta et jeta un coup d’œil vers l’entrée de l’écurie. Il devait pourtant être habitué aux tempêtes. Les intempéries n’étaient pas rares à Stone River.

Puisqu’il devait pleuvoir tout le week-end, elle se demande s’ils ne feraient pas mieux de regagner le B&B sans tarder, avant que la tempête ne fasse rage.

— On peut rentrer, déclara-t-elle. Je veux dire, ce n’est pas comme si je risquais d’être plus trempée. Ou alors je peux rentrer seule. Je connais le chemin maintenant.

Hayes se tourna vers elle et la transperça d’un regard noir. La peau d’Alexa s’embrasa comme s’il l’avait vraiment touchée.

Bon sang, elle le connaissait depuis une heure ! À L’évidence, elle ne sortait assez si le premier cow-boy qui passait lui donnait envie de vendre son âme au diable…

— Je t’accompagnerai, assura-t-il. Mais nous devons attendre. C’est une pluie diluvienne, et le trajet de retour est long.

Une pluie battante frappait la vieille toiture métallique. Il y avait quelque chose d’apaisant, de rafraîchissant à être là sans se soucier du tout de…

— Oh non ! s’écria Alexa. Mon portable…

Elle tapota la poche où elle l’avait rangé, mais son pantalon était trempé. Pourvu que sa carte SIM ait survécu au déluge… Il était hors de question qu’elle reste sans nouvelles de son fils ! Il s’agissait là de son premier voyage loin de lui. Elle comptait sur les SMS et les appels vidéos pour y survivre.

— Les SMS à ton homme peuvent attendre.

Alexa redressa ses épaules et dégagea les cheveux humides de son visage.

— Ce n’était pas la façon la plus subtile de me demander si j’étais célibataire.

— Je n’ai rien demandé.

Pourtant, le regard appuyé qu’il lui lançait disait tout le contraire. Hayes n’avait peut-être pas envie d’être attiré par elle, mais il l’était malgré lui… et il n’en était pas heureux.

— Bien sûr que si, rétorqua-t-elle. Tu n’arrêtes pas de lorgner ma bouche en te demandant ce que ça ferait de m’embrasser, alors ne fais pas comme si tu ne voulais pas savoir si je suis prise.

L’ancienne Alexa s’était volatilisée. Depuis la mort de son mari, elle était devenue très réservée. Or, auparavant, Scott lui faisait souvent remarquer qu’elle était audacieuse car elle ne prenait pas de gants pour exprimer les choses telles qu’elle les ressentait.

Apparemment, le cow-boy lunatique avait fait ressortir le meilleur d’elle-même.

— Tu es une femme séduisante, admit-il sans ambages. Je suis un homme de chair et d’os. Mais ne t’inquiète pas, ma belle. Tes lèvres ne craignent rien.

Non mais quelle tête de mule ! Comme si elle avait réclamé un baiser…

Alexa s’éloigna et courut sous la pluie jusqu’au porche arrière, en sécurité. La vieille balancelle ondulait dans le vent alors que le tonnerre grondait fortement. Elle traversa le porche et s’assit. Rassemblant ses cheveux par-dessus son épaule, elle les essora.

Jetant un coup d’œil du côté de la grange, Alexa aperçut Hayes à l’entrée de la bâtisse, mains sur les hanches, ses cheveux noirs trempés par la pluie. Il la fixait depuis l’autre côté de la cour comme pour tenter de deviner ses intentions.

Il pouvait penser ce qu’il voulait : elle ne bougerait pas d’ici tant que cette ambiguïté entre eux ne serait pas dissipée.

Très à l’aise, Alexa prit appui sur le talon de sa botte pour lancer la balancelle. Elle avait beau être complètement trempée, elle s’était assise sous le porche de Hayes comme s’il s’était agi d’une journée ensoleillée d’été et qu’elle venait siroter un verre de ce thé sucré typique du Sud. Comme si c’était sa propre maison… Et elle n’avait pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour imaginer Mason gambadant dans l’herbe entre les flaques d’eau.

Une petite seconde… Cette fois, elle allait trop loin. C’était une chose que de fantasmer sur un cow-boy sexy, mais commencer à se voir dans sa maison avec son fils était tout simplement… dangereux.

Ce n’était pas parce qu’elle mettait de l’argent de côté pour financer son futur pavillon avec jardin pour Mason qu’elle devait le voir vivant dans ce ranch. D’autant que ce n’était pas n’importe quel ranch, mais la propriété de la famille Elliott. Elle s’était réfugiée chez Hayes le temps de laisser passer l’orage, alors que s’installer ici avec Mason reviendrait à s’engager dans une relation sérieuse, engagement pour lequel elle n’était pas prête.

Hayes se mit à traverser la cour, aussi aisément que si le déluge de pluie s’était arrêté. Oh ! cette assurance qu’il affichait était exaspérante, d’autant plus qu’elle-même semblait avoir perdu toute maîtrise.

Tout en s’approchant, il garda ses yeux noirs rivés sur elle. Alexa déglutit péniblement et s’efforça de se souvenir des nombreuses raisons qu’elle avait de ne pas se laisser troubler par ce cow-boy aussi exaspérant que captivant. Mais plus il avançait, plus elle se sentait perdre le contrôle.

Et elle eut alors la conviction que la partie intéressante de son séjour ici ne faisait que commencer.

OceanofPDF.com