Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Jules Bennett · Chapitre 9 sur 38

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Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Chapitre 9

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Alexa ôta sa serviette de toilette, puis enfila une nouvelle chemise de Hayes. Elle se sentait plus à l’aise dans ses vêtements à lui que dans les siens. Il avait largement honoré ses promesses, d’abord dans le bureau puis sous la douche…

En ce moment, il évaluait la montée des eaux et s’assurait que les chevaux étaient en sécurité. Il lui avait demandé de rester à l’intérieur de la maison, car il était inutile qu’elle affronte de nouveau le déluge.

Elle lui fit promettre que s’il avait besoin d’aide, il ne chercherait pas à jouer les héros et reviendrait la chercher. La tempête faisait toujours rage, et Alexa craignait que le tonnerre ne réveille les démons qui hantaient Hayes. Néanmoins, elle le laissa gérer seul la situation. Elle n’était pas responsable de lui. Elle n’était même pas sa petite amie. Et de toute façon, ce cow-boy follement sexy ne se laisserait pas choyer : dès qu’elle serait rentrée chez elle, il reprendrait ses habitudes de célibataire endurci.

Deux forts caractères coincés sous le même toit, cela ne présageait rien de simple… Pourtant, Hayes et Alexa venaient de se découvrir une étonnante complicité sexuelle. Non, elle ne devait pas repenser à toutes ces façons dont ils venaient d’unir leurs corps… mais c’était plus fort qu’elle.

Elle revint pieds nus dans la chambre et se lova sous les couvertures. Son corps se réchauffa, alors qu’elle se remémorait en détail ce que Hayes lui avait fait dans ce lit, quelques heures auparavant.

Mais, alors que la nuit tombait, elle s’inquiéta pour Mason et son cœur se serra. Même si elle avait séjourné comme prévu au B&B, cette première nuit n’aurait pas été facile pour elle. Elle avait tant besoin d’entendre sa petite voix… Au moins, elle avait préparé à son fils son livre préféré pour que Sadie le lui lise après son bain, et il ne serait pas trop perdu…

Cette séparation était probablement plus difficile pour elle que pour Mason, d’ailleurs. Il devait être en train de s’amuser avec ses jouets, ou de regarder ses dessins animés favoris sous l’œil bienveillant de Sadie.

Ce qui arrivait avec Hayes était aussi simple que compliqué. Le fait de lui avoir parlé de son fils, de lui avoir montré des photos, avait créé une intimité qui allait certainement compliquer la situation.

De toute façon, tout cela ne durerait pas. Alexa n’était pas prête à ramener un homme chez elle, ni à le présenter à son fils ou à le voir jouer les papas avec lui.

— La pluie se calme un peu…

Alexa se tourna vers la porte de la chambre.

Hayes venait d’entrer, vêtu de son seul boxer.

— Tu as perdu tes habits sous la pluie ?

Sans la quitter du regard, il faufila ses mains sous l’ourlet de son sous-vêtement, qu’il enleva d’un seul coup. Oh ! pitié… Cet homme ne doutait de rien… et pour cause ! Avec ces muscles ciselés, ces hanches fines, ces épaules larges, cette toison sur le torse… et ces tatouages dont elle avait suivi les lignes sombres du bout de la langue, tout à l’heure…

Si elle s’était sentie ne serait-ce qu’à moitié aussi sexy que lui, elle se serait pavanée nue, elle aussi. Hélas, après sa grossesse, elle n’avait pas perdu ses rondeurs. Même si Hayes avait réussi la prouesse de le lui faire oublier… Car oui, dans son regard, elle s’était sentie désirée.

— J’ai laissé mes vêtements à la buanderie puisqu’ils étaient trempés. Je me suis dit que ça ne te dérangerait pas.

— Mais je t’en prie, dit-elle en s’efforçant de calmer les battements de son cœur. Et qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?

Il continua d’approcher.

— J’ai bien l’intention de mettre sens dessus dessous ce lit que tu viens de refaire…

Il posa alors ses mains fermes sur elle. Chaque fois qu’il se pressait contre elle, elle ne pouvait s’empêcher de penser à quel point leurs corps semblaient avoir été conçus pour se compléter parfaitement. Même s’il était évident que tout cela n’était qu’une histoire d’un soir…

Son esprit et ses hormones lui jouaient-ils des tours ? Cela faisait plusieurs années qu’elle était veuve : Hayes allait-il jouer le rôle de « l’amant de consolation » ?

— Je n’en demande pas plus, mais c’est juste pour la nuit, n’est-ce pas ? demanda-t-elle. Après la tempête, toi et moi, ce ne sera qu’un souvenir.

La mâchoire de Hayes se crispa tandis qu’il se plaquait contre elle en lui palpant les fesses.

— Oh ! mais tu n’es pas encore partie.

S’il cherchait à la déstabiliser en esquivant sa question, cela fonctionnait.

— Tu es donc infatigable ? plaisanta-t-elle.

Il pinça les lèvres.

— Je ne suis pas épargné par la fatigue. J’ai l’intention de ramper dans ce lit et de te retenir prisonnière jusqu’à ce que j’aie retrouvé mon endurance.

Soudain, son cœur se serra. Elle n’avait pas partagé un lit avec un autre homme que son mari.

— Je devrais peut-être dormir dans ta chambre d’amis.

Difficile de lui dissimuler sa peur de trop s’attacher ou de croire à leur jeu du couple parfait. Et ce, même si cet apollon était nu, et qu’elle n’était vêtue que de sa chemise alors qu’il se collait à elle…

— C’est ce que tu veux ? interrogea-t-il en la regardant dans les yeux.

— Je n’en ai aucune idée, pour être honnête, articula-t-elle la gorge nouée. Je n’ai pas dormi dans le même lit qu’un homme depuis la mort de mon mari.

Une lueur sombre lui traversa les yeux.

— Je ne t’obligerai pas à faire quoi que ce soit. Si tu préfères dormir ailleurs, je peux aller préparer le lit. C’est toi qui contrôles la situation.

Vraiment ? Car, au contraire, tout cela lui paraissait étrangement incontrôlable : elle ne s’y était pas préparée et n’avait plus les idées claires. Depuis leur rencontre dans les écuries, elle avait presque l’impression d’être la spectatrice d’événements arrivant à quelqu’un d’autre.

Posant ses mains sur les épaules de Hayes, Alexa nota le contraste entre sa peau hâlée, burinée par le travail au ranch, et la sienne, si claire. Tout semblait les opposer, de leur style de vie à leur éducation, tout… Pourtant, Hayes paraissait comprendre son besoin d’espace, et comment ne pas trouver cela encore plus séduisant ? Ce qu’elle éprouvait allait bien au-delà de la seule attirance physique.

— Si on regardait un film ? On serait capables de faire quelque chose d’aussi simple que ça ? murmura-t-elle.

Remontant les mains le long de son corps, il lui ôta la chemise, qu’il laissa tomber à terre avec un petit rire doux.

— Bien sûr, à deux conditions.

— Lesquelles ?

Il hocha la tête vers le lit.

— Nous nous allongeons là, et tu restes nue.

Alexa allait protester, mais Hayes leva les mains comme pour se défendre.

— S’il se passe quoi que ce soit à partir de maintenant, ce sera parce que toi, tu l’as décidé.

— Tu crois qu’on va rester nus l’un contre l’autre sans qu’il ne se passe rien ?

Hayes se pencha pour effleurer ses lèvres.

— J’ai dit que tu décidais. Je n’ai jamais dit qu’il ne se passerait rien.

Même si, c’était évident, Hayes se trouvait déjà bien au-delà de son point de rupture. Il ne tiendrait pas longtemps.

— Tu ne joues pas à la loyale, marmonna-t-elle en se tournant vers l’écran de télévision, ce qui lui valut une claque sur les fesses accompagnée d’un éclat de rire.

* * *

Une heure plus tard, elle n’arrivait toujours pas à se concentrer sur le film. Comment aurait-elle pu le faire ? C’était impossible. Oui, Hayes n’avait plus posé ses mains sur elle. Il restait allongé sur le grand lit, le drap relevé sur ses hanches, juste assez bas pour la tourmenter. Adossé aux oreillers, il avait croisé ses bras derrière la tête, révélant un torse des plus séduisant.

Comment était-elle censée se concentrer sur autre chose que ce jeu dangereux auquel ils jouaient tous les deux ?

Au début, elle s’était demandé s’il allait rester allongé là sans bouger, mais il avait lancé un film qu’elle n’avait jamais vu sans dire un mot. Pas le moindre mot. Ensuite, il l’avait superbement ignorée. C’était à peine s’il lui avait « accidentellement » effleuré la main.

Depuis une heure, Alexa était allongée de l’autre côté du lit, à l’agonie. Sa peau nue caressait les draps à chaque fois qu’elle bougeait. Elle essayait du mieux qu’elle pouvait de rester immobile. Il n’aurait plus manqué qu’il mesure à quel point ce petit jeu du chat et de la souris la troublait.

Très bien. S’il avait envie de jouer, alors elle allait lui en proposer un, de jeu…

Alexa repoussa le drap sur le côté et se glissa hors du lit. Alors qu’elle traversait la chambre en direction de la salle de bains, elle évita soigneusement le regard de Hayes, qui avait dû remarquer les rondeurs de son ventre de maman. Eh oui, le seul sport qu’elle faisait se résumait à poursuivre de ses élèves dans sa salle de classe et à jouer à porter Mason sur son dos…

Du coin de l’œil, elle remarqua toutefois que Hayes la suivait des yeux alors qu’elle entrait dans la salle de bains. Une fois à l’intérieur, elle resta là un instant, à regarder droit devant elle la grande baignoire au fond de la pièce. Elle aurait inventé n’importe quel prétexte pour ne plus avoir à rester allongée dans ce fichu lit au côté de cet homme déterminé à lui faire perdre la tête.

Un bruit de pas sur le carrelage derrière elle la fit sursauter. Avant même qu’elle ne se retourne, elle sentit des bras forts s’enrouler autour de sa taille. Et se retrouva plaquée contre un torse tellement musclé… Impossible de réprimer le sourire qui se dessinait sur ses lèvres.

— Je croyais que j’avais le contrôle et que c’était moi qui décidais, lui rappela-t-elle.

Les lèvres de Hayes lui chatouillèrent le cou, la faisant frissonner.

— Oh ! tu ne t’es pas gênée pour te pavaner devant moi à l’instant, lui murmura-t-il à l’oreille. Tu t’allonges à côté de moi en faisant comme s’il ne se passait rien entre nous. Alors me voilà…

Elle aurait dû se douter qu’il ne serait pas dupe. Pourtant, si telle devait être sa punition, alors elle s’y soumettrait volontiers. Le temps jouait en sa faveur, après tout.

Hayes promena une de ses mains le long de son ventre. L’autre remonta vers son menton, qu’il releva pour chercher son regard. Mais très vite, il écrasa sa bouche sur la sienne. La main sur son ventre descendit plus bas et Alexa poussa un soupir de plaisir.

Dès qu’il effleura le centre de son désir, Alexa crut se liquéfier. Ses jambes se dérobant sous elle, elle s’abandonna entièrement aux mains expertes de Hayes.

Inlassable, Hayes la caressa, couvrant son corps de baisers, jusqu’à la rendre complètement folle de désir. Finalement, elle écarta sa bouche de la sienne pour crier. Il lui murmura quelque chose à l’oreille, tout en continuant de lui donner du plaisir, et Alexa dut se pencher sur le côté pour s’agripper au rebord du comptoir.

Quelques instants plus tard, les spasmes du plaisir avaient beau s’estomper, son corps n’était toujours pas rassasié. Maudit soit-il de l’avoir caressée exactement de cette façon, à la fois divine et démoniaque, capable de la satisfaire tout en aiguisant encore son appétit…

— On va pouvoir regarder la fin du film maintenant.

Alexa se retourna, prête à lui arracher la tête pour ses paroles stupides, quand elle comprit qu’il plaisantait. La lueur dans ses yeux était à la fois amusée et excitée.

— Tu ferais mieux de finir ce que tu as commencé, cow-boy !

Ses mains rugueuses lui empoignèrent les hanches et la soulevèrent pour la déposer sur le comptoir froid.

— On sait tous les deux qui a commencé, ma belle.

Elle crocheta les chevilles à l’arrière de son dos, et il ouvrit un tiroir dont il sortit un préservatif. De toute évidence, tant qu’elle resterait sous son toit, ils devraient en prévoir des réserves dans chaque pièce.

En un rien de temps, il enfila sa protection, puis leurs corps s’unirent une nouvelle fois.

Alexa savait que cette attirance pour un homme qu’elle venait à peine de rencontrer était une pure folie. Pourtant, rien ne pouvait l’empêcher de recevoir toute la passion qu’il avait à lui offrir. Cela faisait si longtemps… Ne méritait-elle pas un peu de bonheur, aussi égoïste que cela puisse paraître ?

— Arrête de penser, chuchota-t-il contre sa bouche. Concentre-toi sur le moment présent. Détends-toi.

Leurs corps ondulèrent à l’unisson, comme s’ils se connaissaient depuis toujours — et non depuis moins de vingt-quatre heures. Les mains de Hayes lui couvraient le corps, ses lèvres traçaient leur chemin sur sa peau brûlante, lui offrant le plus dévorant des plaisirs. Alexa ne s’était jamais sentie aussi ivre de désir et comblée en même temps. La façon dont Hayes continuait d’explorer la moindre parcelle de son corps était des plus grisante… et Alexa se sentait basculer dans quelque chose de plus sérieux qu’une simple aventure d’un soir.

Hayes glissa ses lèvres expertes le long de sa gorge tandis qu’elle resserrait son étreinte autour de lui. Il lui mordilla l’oreille avant d’accélérer ses coups de reins et capturer ses lèvres. Alexa s’accrocha à lui, se laissant submerger par une vague d’euphorie.

Sous ses mains, les épaules de Hayes se crispèrent alors qu’il continuait à fouiller sa bouche. Ils restèrent ainsi un long moment, agrippés l’un à l’autre comme si leur vie en dépendait… et elle se demanda jusqu’où cela pouvait aller. Serait-ce la fin, une fois qu’Alexa rentrerait chez elle ?

Elle n’avait jamais été une adepte des histoires d’un soir, mais force était d’admettre que cette expérience avec Hayes resterait un souvenir mémorable. Sa vie en serait bouleversée, à vrai dire. Car Hayes l’avait poussée à exiger plus que ce qu’elle aurait jamais imaginé vouloir.

Soudain, il appuya son front contre le sien et laissa échapper un petit rire.

— Tu es prête à voir ce film maintenant ? Parce que je n’arrivais pas à me concentrer tout à l’heure…

Alexa se détendit du mieux qu’elle put pour le regarder dans les yeux.

— Quel menteur ! Tu étais allongé là, absorbé par l’écran, sans te soucier de moi le moins du monde.

Ce sourire malicieux et irrésistible réapparut sur son visage.

— Je savais que tu céderais.

Tapotant son torse, Alexa se dégagea de son étreinte.

— Tu es venu me chercher.

— Après ton petit défilé devant l’écran, j’aurais manqué à mon devoir de gentleman si j’avais ignoré ton invitation.

Quand il recula, Alexa roula des yeux, détestant le froid qui tomba instantanément sur sa peau dénudée.

— C’est moi qui choisis le prochain film, et tu vas le regarder avec moi.

— Ça me va, répondit-il avec un haussement d’épaules.

Alexa nomma alors un titre de film très ancien et méconnu.

Hayes, surpris, haussa les sourcils.

— Il n’y a qu’une seule autre personne au monde qui m’ait parlé de ce film, lui apprit-il.

Elle descendit du comptoir.

— Vraiment ? Qui d’autre ?

— Mon meilleur copain du lycée. Nous sommes restés très proches jusqu’à mon premier déploiement, mais nous nous sommes ensuite perdus de vue, et il est décédé il y a quelques années.

Un mauvais pressentiment s’empara d’elle.

Non. Ce n’était pas possible. Absolument pas.

— Comment s’appelait-il ? demanda-t-elle, presque paralysée.

— Scott Parsons.

Le sang d’Alexa ne fit qu’un tour. Son cœur se déchira, sa bouche s’assécha à la seconde où Hayes prononça le nom de son défunt mari, qui se mit à flotter entre eux.

Oh ! non, mais qu’avait-elle fait ?

Elle venait de coucher avec le meilleur ami de son mari… Sachant que Hayes avait déjà du mal à accorder sa confiance aux autres…

Cette soirée lui avait donc réservé les meilleures comme les pires surprises…

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