Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Jules Bennett · Chapitre 17 sur 38

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Au cœur du désir - La reconquête d’un amour

Chapitre 17

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Après avoir ajusté sa robe, Alexa frappa à la porte de la cuisine de Hayes. Elle aurait dû téléphoner, mais n’avait pas voulu risquer d’essuyer un refus. Elle s’était dit que si elle venait le voir en personne, il l’écouterait peut-être. Hors de question d’attendre davantage. Ces deux derniers jours lui avaient semblé durer toute une vie, et elle prenait un risque en débarquant ici en voiture, traversant les terres des Elliott comme si elle en était propriétaire.

Calant Mason un peu plus haut sur sa hanche, elle recula en attendant que Hayes vienne lui ouvrir. Mason s’était endormi pendant le trajet et était encore assoupi. Il avait sa petite tête calée sur son épaule et elle puisa sa force en lui.

Au moins, une fois que Hayes et elle se seraient expliqués, même si elle repartait d’ici avec le cœur brisé, elle aurait toujours son incroyable petit garçon. Mason était véritablement la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.

La porte en bois s’ouvrit. À travers la moustiquaire qui les séparait, Alexa aperçut Hayes. Il portait un jean avec une ceinture à grosse boucle à l’emblème de Pebblebrook. Torse nu.

Comme il ne disait rien, Alexa s’éclaircit la gorge.

— J’espère que je ne te dérange pas. J’ai juste… Je voulais juste te parler.

Hayes ouvrit la moustiquaire. Sans un mot, il lui fit signe d’entrer. Au moins, il ne lui avait pas claqué la porte au nez.

— Oh mon Dieu, Hayes ! murmura-t-elle en admirant les lignes épurées, les couleurs audacieuses de la cuisine.

La table était maintenant entourée de bancs, les appareils électroménagers n’étaient pas encore installés, mais tout le reste était absolument parfait.

— C’est encore mieux que ce que j’imaginais !

Il s’approcha de la table et entreprit de débarrasser quelques outils.

— Je viens d’accrocher ce luminaire, dit-il en rangeant les outils dans la boîte posée au sol avant de se retourner vers elle. Dis-moi ce que tu as à dire.

Bon. Il avait donc décidé de ne pas lui rendre les choses faciles. Elle ne s’était pas attendue à beaucoup d’indulgence de sa part, et elle savait qu’elle ne méritait probablement pas cette chance.

— Je sais que venir m’excuser maintenant doit te paraître opportuniste, mais je suis désolée, Hayes.

Mason bougea dans ses bras, mais elle lui tapota le dos et il resta endormi.

— Assieds-toi, lui intima Hayes. Mason doit être lourd.

Alexa sourit.

— J’ai l’habitude de le porter, et je ne pense pas rester longtemps.

Elle lui dirait ce qu’elle avait à dire, et puis elle rentrerait chez elle. La balle serait alors dans son camp.

— Tu sais, Hayes, je n’avais aucune raison de me douter que tu étais l’ami d’enfance de Scott, commença-t-elle. Je savais qu’il avait un copain qu’il surnommait « cow-boy ». Il m’avait dit que cet ami s’était engagé dans l’armée, et je savais que vous échangiez quelques SMS et coups de fils à l’occasion. Mais je te jure que je ne l’avais jamais entendu prononcer ton vrai nom. Je ne lui ai jamais posé la question, d’ailleurs.

À l’autre bout de la pièce, Hayes croisa les bras sur ses larges pectoraux et continua de l’observer avec ce regard noir.

Alexa serra un peu plus Mason contre elle et continua :

— Je ne soupçonnais rien jusqu’à ce que je mentionne ce fichu film et que tu me donnes son titre… mais on avait déjà couché ensemble. Je me suis alors dit qu’on ne se reverrait plus jamais à la suite de ce week-end, et que ça ne servait à rien de te mettre au courant. Tu en voulais tellement à ta fiancée et à ton commandant que je ne voulais pas que tu trouves des similitudes avec notre situation… T’avouer tout ça aurait été d’admettre que je ressentais quelque chose pour toi, que je reléguais mon premier mariage dans le passé. Je reconnais que c’était une erreur, mais je l’ai commise. Je pensais faire au mieux. J’avais peur… Et puis tu es venu chez moi, reprit-elle en arpentant la pièce. Je pensais que ce serait mieux de garder mes distances, mais tu es venu et je n’ai pas su te résister. Plus je passais de temps avec toi, plus mes sentiments s’intensifiaient, alors même que je n’aurais jamais pensé avoir de nouveau des sentiments pour un autre homme.

— Des sentiments ? répéta-t-il.

Alexa se figea, puis se retourna.

— Je suis tombée amoureuse de toi. Je suis complètement amoureuse de toi, Hayes… et Mason aussi.

S’il était surpris, il n’en montra rien. Peut-être aurait-elle dû faire preuve d’un peu plus de retenue, mais elle était venue lui dire toute la vérité, alors autant vider son sac une fois pour toutes.

— Je n’ai aucune idée de quand c’est arrivé, mais je suis tombée amoureuse de toi, poursuivit-elle malgré la peur qu’elle éprouvait. Mais tu avais le droit de savoir qui j’étais, qui était mon mari.

— Pourquoi diable ne portes-tu plus son nom de famille ?

Alexa haussa les épaules.

— J’avais conservé mon nom quand on s’est mariés.

Hayes traversa la pièce, et Alexa resta captivée par son torse dénudé, ses cheveux noirs, ses tatouages qui s’enroulaient autour de ses biceps. C’était un bel homme, à l’intérieur et à l’extérieur, et elle souffrait profondément de se dire qu’elle avait peut-être gâché leur histoire…

— Tu as autre chose à me dire ? demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien.

— Non, répondit-elle, la gorge nouée. Je veux juste que tu saches que je suis désolée de t’avoir fait souffrir.

Oh ! bon sang… Sa gorge la brûlait. Les larmes lui montaient aux yeux, et elle voulait au moins retourner à sa voiture avant de craquer pour de bon.

Mason remua à nouveau, mais cette fois, il leva la tête et regarda autour de lui. Il se frotta les yeux puis se cala de nouveau contre son épaule, s’amusant avec ses cheveux. Il était réveillé. Raison de plus pour s’en aller au plus vite.

Hayes continua de la dévisager, et quand le silence devint trop pesant, Alexa se dirigea vers la porte.

— Reste…

Ce simple mot la transperça.

Sans se retourner, Alexa serra Mason plus fort.

— Je t’ai écoutée, et maintenant, c’est à toi de m’écouter.

Alexa déglutit péniblement, puis se tourna vers lui pour lui faire face.

Hayes traversa la pièce, et il lui sembla qu’il boitait un peu plus aujourd’hui, probablement à cause de toutes ces rénovations qu’il avait faites.

Comme il se rapprochait de Mason, Alexa voulut protester, mais son fils enroula aussitôt les bras autour du cou de Hayes. Cette scène était insupportable. Le cow-boy fort pour qui elle avait craqué, avec son fils qui se cherchait un père… Là, elle atteignait son point de non-retour.

Les larmes roulaient à présent sur ses joues, et Alexa se couvrit le visage — à la fois pour ne plus voir cette scène émouvante et pour dissimuler son trouble profond.

— Ne pleure pas, murmura Hayes. Je ne t’ai même pas encore dit que je t’aimais.

À ces mots, Alexa se figea. Non, elle avait dû mal entendre… Sauf que lorsqu’elle croisa son regard, Hayes souriait. Oui, Hayes Elliott tenait son fils dans ses bras avec un sourire radieux, comme elle ne lui en avait jamais vu.

— J’allais venir chez toi, lui dit-il en se rapprochant. Je comptais finir ma séance de bricolage, peut-être prendre une douche, mais je venais te chercher. Je ne t’ai pas laissé l’occasion de t’expliquer auparavant, et je voulais croire que tu ne m’avais pas trahi délibérément.

— Je t’ai trahi en refusant de te dire qui j’étais à la seconde où je l’ai compris, chuchota-t-elle en essuyant ses joues humides.

— Tu ne m’as pas trahi, assura-t-il. Tu t’es protégée pour ne pas rouvrir d’anciennes blessures et tu ne voulais pas me faire souffrir inutilement au passage. Si j’avais été à ta place, je ne peux pas dire que j’aurais agi différemment.

Une onde d’espoir se répandit soudain en elle, réchauffant son cœur brisé.

— Tu disais que… que tu m’aimais ? Parce que si tu m’aimes, ça veut dire que tu me pardonnes ?

Gardant Mason tout contre lui, Hayes l’attrapa de son bras libre et la serra vigoureusement contre lui.

— Tu es tout pour moi, Alexa. Quand je t’ai demandé de rester, je voulais dire « pour toujours ». Tu prendrais mon nom. J’aimerais adopter Mason, l’élever comme mon enfant, qu’il porte le nom des Elliott. Enfin, si tu es d’accord…

Elle posa un doigt sur ses lèvres.

— Je veux que l’on porte tous les deux ton nom.

Il poussa un soupir de soulagement, lui saisissant la main et embrassant le bout de son doigt.

— Je suis tellement impatient…

Incapable de maîtriser le flot de ses émotions, Alexa s’appuya contre son épaule et laissa couler ses larmes. Elle se moquait bien de pleurer désormais.

Quel soulagement, quel bonheur, de se retrouver dans cette demeure avec son fils et l’homme pour qui elle avait craqué si fort, si vite… Jamais elle n’aurait cru une telle chose possible.

— Redis-le-moi, murmura-t-elle en levant la tête et en enlaçant Mason et Hayes. Dis-moi que tu m’aimes, parce que je ne m’habituerai jamais assez à ces mots. Je pensais partir d’ici et ne plus jamais te revoir.

Il resserra son étreinte.

— Tu es ici chez toi, Alexa. Chez nous. Je veux construire notre vie ici, y fonder notre famille.

— Tu veux d’autres d’enfants ? s’entendit-elle balbutier.

Avec un léger haussement d’épaules, Hayes regarda Mason qui avait les yeux écarquillés et fixait sa mère en pleurs.

— Pourquoi pas ? J’adore ce petit bonhomme. Je ne suis pas encore au mieux de ma forme, et je comprendrais que tu…

Alexa posa de nouveau son doigt sur ses lèvres.

— Chut… Si tu veux des enfants, on fera des enfants.

Hayes l’embrassa alors fougueusement, passionnément.

— Quelles sont les chances que Mason se rendorme ? Parce qu’on pourrait commencer à s’entraîner tout de suite…

— Oh ! il ne va pas avoir sommeil de sitôt : il a dormi en venant ici. Mais si on l’emmène jouer dehors et qu’il se fatigue, il pourra se coucher tôt…

Hayes posa alors une main dans le creux de son dos.

— Alors tu seras à moi, chuchota-t-il contre ses lèvres.

— Oui, à toi…

— Pour toujours.

Alexa serra sa famille un peu plus fort dans ses bras.

— Pour toujours.

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