Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 9 sur 44

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Briar Université T3 The play

9 - Hunter

9

 

Hunter

 

Je monte dans ma Land Rover et allume aussitôt la clim. Comment peut-il faire aussi chaud alors qu’on est mi-septembre ? Je ne me plains pas, mais je transpire alors que j’étais assis à l’ombre avec Demi, sans bouger.

Je sors du parking et me dirige vers Hastings, passant devant chez moi pour aller chez mes amis.

Je ne plaisantais pas lorsque j’ai dit à Demi que j’aurais aimé qu’on me demande mon avis avant d’autoriser les filles à emménager avec moi. Je n’ai rien contre elles, mais je suis à la fac, bon sang. J’ai envie de traîner avec des mecs. Je ne cherche pas de copine cette année, donc je n’ai aucune raison d’en savoir autant à propos des masques à l’eucalyptus et des tampons. En plus, les cycles menstruels de Rupi et Brenna se sont synchronisés et maintenant elles ont leurs règles en même temps et elles sont hyper-méchantes quand elles les ont.

Je me gare derrière la vieille Jeep cabossée que se partagent Matt et Conor. Ils habitent ensemble, avec Foster, qui joue avec nous, et Gavin et Alex, deux dernières années.

Quand Matt ouvre la porte, je suis ravi d’entendre les mecs s’insulter ainsi que le bruit des manettes de jeu vidéo, et aussi de sentir la pizza et la bière alors qu’il est à peine midi. C’est ça, la fac.

– Salut, je dis en entrant dans le salon.

Foster est affalé dans un fauteuil, une cannette de bière sur le genou, et Gavin et Alex se défient à un jeu de sniper. Le seul qui est absent, c’est Conor, qui est sans doute en cours.

Je ne sais pas qui est censé s’occuper de Pablo Eggscobar, mais il est sur la table basse, dans son porte-cannette en mousse, et il a changé de look. Quelqu’un lui a dessiné des yeux et un groin au marqueur, et la signature de Jensen lui sert de bouche.

Pour être honnête, je suis surpris qu’il soit encore en un morceau. Des joueurs de hockey qui font autant la fête ne sont pas les mieux placés pour s’occuper d’un œuf.

– Quoi de neuf, Pablo ? je demande.

Il ne répond pas parce que ce n’est pas un être vivant, mais bon. Au moins, je fais un effort.

Règle numéro mille dans le manuel du capitaine : Choisis tes batailles.

– Qui est la maman de Pablo, aujourd’hui ? je demande.

– Conor. Mais il vient de monter avec une meuf, explique Matt, donc on attend le bon moment.

– Le bon moment pour quoi ? je demande en m’installant sur le canapé.

– Pour l’heure du repas, répond Matt en échangeant un regard complice avec Foster. Pablo va bientôt être mort de faim.

Gavin ricane sans quitter la télé des yeux.

J’essaie de ne pas soupirer. D’après mes sources, la situation est devenue hors de contrôle. Jesse Wilkes m’a écrit hier soir pour se plaindre de ce que les mecs n’arrêtaient pas de l’appeler alors qu’il était avec sa copine Katie. Apparemment, il est officiellement permis d’emmerder celui qui doit garder l’œuf.

– Ça fait combien de temps ? demande Alec alors que ses doigts s’agitent sur la manette.

– Seulement dix minutes, répond Foster. Ils en sont sans doute encore aux préliminaires.

– Pour elle, propose Gavin.

– Ou alors elle le suce, rétorque Matt.

Ils se taisent tous en même temps.

– Non, répond enfin Foster en buvant une gorgée de bière. Il lui fait d’abord un cunni, puis elle le suce, et ensuite ils baisent. C’est dans cet ordre, le sexe.

J’éclate de rire.

– Ah ouais ? C’est ce que disent les bouquins ?

Matt ricane.

– C’est l’ordre dans lequel je le fais, moi, insiste Alec. Pourquoi, tu fais quoi, toi ?

– J’en sais rien, je ne note pas tout ce que je fais, je réponds en levant les yeux au ciel. Il n’y a pas d’ordre préétabli. Ça dépend de plein de choses.

– Mais ça se passe toujours de la même façon, insiste Alec.

– C’est vrai, acquiesce Foster. Moi aussi, ça passe comme ça.

– Ah ouais ? Bizarre.

Quand je repense à mes différentes rencontres, aucune ne s’est jamais déroulée de la même façon. Parfois, on déboule dans ma chambre et elle plonge à genoux pour me sucer avant même que j’aie fermé la porte. Une fois, j’étais avec une meuf qui m’a embrassé à peine trois secondes avant de se tourner et de m’offrir ses fesses, m’ordonnant de la prendre par-derrière. D’autres fois, lors de parties de jambes en l’air plus longues, j’ai commencé par couvrir son corps de baisers, ou inversement. Ou bien il m’est arrivé de commencer par baiser et de finir par les préliminaires.

– Je ne sais pas comment vous vous y prenez, mais moi je n’ai vraiment pas de schéma préétabli, j’admets enfin.

– Peut-être que c’est une histoire de couple, propose Foster. Je suis sorti avec la même meuf pendant tout le lycée, et je me sers d’elle comme référence.

– Moi, ça fait trois ans que je suis avec Sasha, acquiesce Alec.

– C’est un truc de couple, c’est clair, confirme Matt. Comme pour Jesse. Lui et Katie ont la vie sexuelle la plus prévisible sur terre. Quand on partageait la même chambre, l’an dernier, je savais que quand je trouvais cette fichue chaussette sur la porte, j’avais exactement quarante-sept minutes avant qu’ils aient fini de baiser. Je parie que j’aurais pu chronométrer leurs orgasmes à la seconde près.

– Ça a l’air plutôt chiant, si vous voulez mon avis, je réponds.

Mais peut-être que coucher avec une personne qu’on aime passionnément rend le sexe meilleur ? Je n’en ai pas la moindre idée. J’ai eu quelques copines au lycée, mais je n’étais amoureux d’aucune.

– Bon, ça fait vingt et une minutes, annonce Foster. Donc, soit il la pénètre, soit elle le suce et il va bientôt jouir. Quoi qu’il en soit, sa bite est en jeu. Je répète, sa bite est en jeu.

– Vous être vraiment des enfoirés, je gronde. En tant que capitaine, je devrais vous arrêter.

Leurs regards se braquent sur moi.

En même temps, Conor baise tellement fréquemment qu’il peut bien se passer d’orgasme pour cette fois, non ?

– Je ne le ferai pas, je dis enfin en souriant. Allez-y. Foncez.

Foster et Alec courent à l’étage. J’entends leurs pas, suivis de coups contre la porte de la chambre de Conor.

– Pablo a faim ! crie Foster.

– Nourris-moi ! gémit Alec.

Matt est mort de rire sur le canapé.

J’entends des jurons et Alec et Foster se précipitent dans le salon, suivi de près par Conor, torse nu, son boxer très bas sur ses hanches. Ses cheveux sont ébouriffés et ses lèvres sont gonflées.

– Vous êtes des connards, grogne-t-il.

– Quoi ? répond Foster en clignant des yeux d’un air innocent. Pablo attend son déjeuner. On a un cochon, mec. Les cochons sont prioritaires sur les minous.

– Absolument, confirme Matt.

Gavin parvient à quitter l’écran des yeux pour hocher la tête.

– C’est même inscrit dans la Constitution, mec.

– Je l’ai nourri ce matin ! s’exclame Conor.

Foster le fusille du regard.

– Il mange trois fois par jour, espèce d’enfoiré. Regarde-le, il est mort de faim !

Je regarde l’œuf et son visage débile, puis je cache ma tête dans mes mains pour éclater de rire.

– Davenport ! aboie Conor. T’es le capitaine. Je porte plainte contre eux.

Je relève la tête en essayant de réprimer mon sourire.

– Ah, et de quoi tu les accuses ?

– J’étais en train de baiser !

– C’est pas une accusation, c’est juste une déclaration.

– Et n’oublie pas, dit Foster en croisant les bras, il faut cinq minutes pour être sûr qu’il finisse toute son assiette.

Conor empoigne l’œuf et je suis persuadé qu’il va le jeter contre le mur. Mais à la dernière minute, il pousse un juron et tourne les talons, disparaissant dans la cuisine.

– Il ne va pas vraiment lui préparer à manger, si ? je demande à Matt.

– Non, c’est pas dans le règlement.

– Ah, et quelles sont les règles, au juste ?

– Elles varient selon nos envies, répond Foster en souriant. Mais, en gros, il faut cinq minutes pour considérer que Pablo a mangé.

– Mais il ne faut pas abuser du système, explique Matt.

– Quel système ? C’est n’importe quoi, tout ça, je soupire.

– Il mange trois fois par jour, chie deux fois par jour et demande de l’attention chaque fois que l’un d’entre nous s’emmerde ou veut faire chier celui qui en a la garde.

– Mais on ne peut pas l’emmerder plus de cinq fois par jour, ajoute Foster. Néanmoins, il est vivement recommandé d’envoyer des messages entre une heure et cinq heures du matin.

– Tout ça semble parfaitement normal, dit Alec. Qu’est-ce que tu ne comprends pas, capitaine ?

– Vous allez me faire ça quand ce sera mon tour de le garder ?

Mon tour arrive vendredi.

– Non, on ne te ferait jamais ça, m’assure Foster.

– Jamais, confirme Alec.

– Bien sûr que non, dit Gavin.

– On ne ferait pas ça à notre capitaine, promet Matt.

Bande de menteurs !

*

* *

Le jeudi soir, Demi et moi arrivons à caler une autre session, et on se retrouve de nouveau dans sa chambre. Elle est assise en tailleur sur sa couette violette, une sucette à la bouche. Je suis allongé sur la petite causeuse et la régale d’une nouvelle anecdote dans la vie sordide de Dick Smith.

– Donc, elle m’a promis de prendre un cheesecake à la fraise en plus de la tarte à la citrouille. Tout le reste était prêt. Ça allait être parfait. On avait le meilleur traiteur de la ville et on avait sorti les verres en cristal que mes grands-parents nous ont offert en cadeau de mariage. Notre famille arrivait de Palm Springs et de Manhattan pour l’occasion. Notre Thanksgiving dans les Hamptons a toujours été un événement important pour nous.

Demi m’étudie avec attention. Je sais qu’elle cherche à comprendre où je veux en venir.

– Mais la pièce de résistance allait être le cheesecake à la fraise, je poursuis. C’est le premier gâteau que mes parents ont vendu quand ils ont ouvert leur pâtisserie sur Burton Street, qu’ils ont réussi à transformer en un véritable empire. C’était parfait. Ma mère serait tellement émue que je m’en sois souvenu et que j’aie fait tout cet effort pour lui faire plaisir. Dieu sait que mon frère Geoffrey se fiche de son bonheur.

Demi fait passer sa sucette d’une joue à l’autre.

– Est-ce que c’est dans vos habitudes, de chercher l’approbation de votre mère ?

– Ça n’a rien à voir avec son approbation. Je viens de vous dire que je voulais juste la rendre heureuse.

– Je vois.

– Bref, je rouspète. Le dîner était splendide. Et vous savez ce qui s’est passé au moment du dessert ? Les serveurs sont arrivés avec cette putain de tarte à la citrouille, et rien d’autre. Pas de cheesecake. Je me suis forcé à sourire, mais au fond de moi, j’étais furax. Kathryn s’est excusée après le dîner en m’expliquant que les pâtisseries du coin étaient soit fermées soit en rupture de cheesecakes. Mais ses excuses ne servaient à rien. Elle m’a foutu la honte devant toute la famille, et ce putain de Geoffroy s’est moqué du manque d’originalité de la tarte à la citrouille. J’étais à deux doigts de lui mettre une baffe. Un joyeux Thanksgiving, n’est-ce pas ?

Je marque un silence et je tourne la tête vers Demi, qui me dévisage d’un air concentré.

– Waouh, dit-elle enfin. Il y a beaucoup de sujets à aborder. Commençons par cette question : si toutes les pâtisseries du coin étaient fermées, est-ce que vous trouvez justifié d’en vouloir à votre femme de ne pas avoir pu se procurer le cheesecake ?

– Elle aurait dû l’acheter la veille, je réponds froidement. Elle n’a aucune excuse.

Demi secoue la tête plusieurs fois, comme si elle était vraiment plongée dans mon histoire.

– Waouh, t’es doué pour ce projet, dit-elle.

– T’as vu ça ? Tu crois que je devrais laisser tomber le hockey et devenir acteur ? je réponds en plaisantant.

Le pire dans cette histoire, c’est que je viens de raconter la vérité. La seule chose que je n’ai pas dite, c’est que le fils du connard a dû l’écouter se vanter de son idée de cheesecake pendant des semaines avant Thanksgiving et que, des années plus tard, il continuait de se plaindre de la tarte à la citrouille.

Ouaip, voilà mon père. La seule personne qui compte à ses yeux, c’est lui. Il voulait faire le malin devant son frère, et au diable les pâtisseries fermées et son horrible femme qui n’a pas pu subvenir à ses besoins. Ma pauvre mère a dû se faire petite pendant des mois, après ça. Ce type n’est jamais satisfait.

Quand j’ai ouvert le dossier « PATIENT » la semaine dernière et que j’ai vu le trouble que je devais incarner, j’ai failli éclater de rire. Je n’ai quasiment aucune recherche à faire, car je ne connais que trop bien ce problème et les symptômes qui vont avec. Je les ai supportés toute ma vie.

– Pourquoi est-ce si important pour vous de briller auprès de votre famille ? demande Dr Demi.

– Comment ça ?

– Ç’aurait dû être une heureuse réunion de famille et ça s’est transformé en compétition entre votre frère et vous. Je me demande juste pourquoi vous êtes entré dans son jeu.

– C’est pas moi qui suis en compétition avec lui ! Il est jaloux de moi parce que je suis plus vieux que lui et que j’ai réussi ma vie. Quoi, il faudrait que je le laisse m’humilier ? Hors de question. Je ne peux pas me laisser faire.

– Je vois. Pensez-vous que vous avez des attentes impossibles lorsqu’il s’agit de vos proches ? Ou pensez-vous que vos attentes sont raisonnables ?

Je me demande où elle veut en venir. À l’évidence, Demi est très intelligente. Et ce n’est qu’une des raisons pour lesquelles j’aime autant passer du temps avec elle. Elle est très abordable et j’aime lui parler, et je n’ai pas à m’inquiéter que notre relation aille au-delà de l’amitié. Elle a un mec dont elle est clairement amoureuse, donc je ne suis pas tenté. Enfin, certes, elle est hyper-bien foutue et elle a la fâcheuse habitude de mettre des hauts ultra-moulants, mais j’arrive à la regarder sans avoir envie de la déshabiller.

Demi prend quelques notes et lève la tête vers moi.

– Bon, on devrait s’arrêter là, je vais dîner avec Nico. Mais je crois que je sais de quoi tu souffres.

– C’est vraiment amusant, j’admets, ne perdant pas de vue à quel point il est ironique que je m’amuse en racontant le fonctionnement affreux du cerveau de mon père.

Mon père n’est pas la personne que je préfère, mais je n’ai pas l’habitude de parler de lui. J’ai passé ma vie à faire semblant de former une famille heureuse sans jamais rien dire à personne. En même temps, qui m’aurait écouté me plaindre ? Je suis un gosse de riche qui a grandi à Greenwich et qui a été scolarisé dans les meilleures écoles privées du pays.

Il y a des gens qui souffrent de maltraitance physique, ce qui est bien pire que de ne jamais pouvoir répondre aux attentes impossibles d’un égocentrique.

Cela étant dit, je trouve passionnant de raconter les événements de mon enfance du point de vue de mon père. Je ne sais pas si je m’y prends comme il faut, mais des recherches plus poussées m’aideront à déterminer des schémas de pensée vraiment spécifiques.

– On se voit la semaine prochaine, je dis à Demi, mais je ne crois pas être dispo lundi.

– Plutôt en milieu de semaine, alors ?

– Je devrais être dispo mercredi soir. Mais pas le week-end parce qu’on a trois matchs.

– Ok, donc peut-être mercredi, répond Demi, mais en général c’est le soir où j’essaie d’aller à la salle de sport.

– Tu vas à la salle de sport ?

– Bien sûr. À ton avis, pourquoi je suis aussi bien foutue ?

Naturellement, je ne peux pas m’empêcher de la reluquer des pieds à la tête. Elle ne doit pas mesurer plus d’un mètre soixante-cinq, mais ses jambes paraissent infinies. Elles sont fines et bronzées, et nues dans son petit short en jean. Je parie que son cul est ferme et parfait, aussi.

Oh, merde.

Je fantasme sur Demi.

Arrête tout de suite, mec !

– Bref, je dis en me forçant à lever les yeux, trop tard.

– Mec, arrête, tu n’as pas le droit de me regarder comme ça, rétorque Demi. Tu as oublié que tu étais devenu moine ?

– Je te regardais comme rien du tout.

– Menteur. Tu me faisais le Regard Queutard.

– Pas du tout. Crois-moi, les regards de braise ne sont pas mon truc, je ricane. Si je te draguais vraiment, tu ne me dirais pas d’arrêter.

– Attends, tu as une technique de drague ? s’exclame Demi alors que son visage s’illumine.

Waouh, sa peau est incroyable. Elle est parfaite et lumineuse, et je crois qu’elle n’est même pas maquillée.

– Montre-moi !

– Non.

– Si te plaît ?

– Non. Tu n’as pas le droit de voir ma technique.

– Pourquoi pas ? râle-t-elle.

– Pour deux raisons. Tu as un mec, et moi je suis un moine.

– Ok. Mais je parie que ta technique est nulle.

Elle ouvre le tiroir de son bureau et en sort une autre sucette, à la cerise ou à la fraise.

– T’es accro au sucre, je crois, je dis simplement.

– Non, c’est juste que j’aime avoir quelque chose dans la bouche.

– Ok, je ne vais même pas faire de commentaire sur ce que tu viens de dire.

– Ne sois pas bête, Hunter, plein de gens sont comme ça.

– Ok, si tu le dis.

J’ai beau tout faire pour oublier cette conversation en rentrant chez moi, je n’y parviens pas. Je n’ai donc pas d’autre choix que de m’enfermer dans la salle de bains et de plonger sous la douche pour m’occuper d’une des plus grosses érections que j’ai jamais eues.

Merde.

Je fantasme encore sur elle.

Mais cette fois, je ne vais pas arrêter.

Je revois ses lèvres charnues se fermer sur sa sucette, mais je remplace aussitôt le bonbon par mon gland épais. Je le glisse dans sa bouche et sa langue sort aussitôt pour me goûter.

– Mmm, je l’imagine murmurer. T’es délicieux.

Et je me vois lui dire que sa chatte doit être encore plus délicieuse, ce qui la fait gémir, faisant vibrer mon sexe dans sa bouche.

– Putain, je gronde dans la douche.

J’appuie mon avant-bras sur le mur carrelé et me branle rapidement. Je bande tellement que c’en est douloureux. La vapeur qui m’entoure m’empêche de respirer pleinement et je pose mon front sur mon bras en accélérant mes gestes.

Putain, c’est tellement bon. Mon scénario à deux balles a disparu et, maintenant, je me masturbe en pensant à diverses scènes : Demi me suce, son décolleté déborde d’un de ses minuscules débardeurs, ses jambes hâlées qu’elle écarte pour moi. Bon sang, je me demande quel bruit elle fait quand elle jouit…

Mon orgasme arrive de façon subite et violente. Je m’immobilise tandis que mon corps est parcouru de spasmes et de picotements.

Je suis encore pantelant lorsque je réalise que je ne me sens qu’un tout petit peu coupable d’avoir fantasmé à propos de Demi. Je crois qu’elle me le pardonnerait si je lui disais. Après tout, ça allait forcément arriver tôt ou tard. Ça fait cinq mois que je n’ai pas baisé. Je ne serais pas surpris si, d’ici la fin du mois, je me masturbais en pensant à Mike Hollis.

Je commence à sérieusement m’inquiéter, je crois que je deviens vraiment fou.

Quelqu’un frappe à la porte et je sursaute, manquant glisser sur le carrelage.

– Hunter ! crie Rupi. Dépêche-toi de sortir de là ! Tu vas utiliser toute l’eau chaude et je veux me doucher avant de me coucher !

Je réprime un grognement et baisse les yeux sur ma verge, qui a ramolli dès que j’ai entendu la voix de ma coloc.

– Va-t’en, j’aboie en tournant la tête vers la porte.

Cependant, on ne négocie pas avec les terroristes, je sais que c’est peine perdue. Si je ne lui cède pas rapidement, elle est capable de trouver une vidéo YouTube qui explique comment démonter les serrures.

Je déteste mes colocs.

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