Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 31 sur 44

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31 - Demi

31

Demi

 

C’est le réveillon de la Saint-Sylvestre, et Hunter me jette sur le lit avant même de m’avoir dit bonjour. Il s’empare de ma bouche et m’offre un baiser à me couper le souffle.

– Ça m’a manqué, je chuchote.

Il pousse un grognement qui résonne dans tout mon corps et j’entoure ses hanches avec mes jambes pour me frotter à son érection.

– Tu m’as manqué aussi, marmonne-t-il en explorant ma bouche avec la sienne.

Il suce mon cou et nous fait rouler sur le lit pour que je passe dessus.

Il passe ses mains sous mon tee-shirt pour tripoter mes seins et, comme je n’ai pas mis de soutif, ses pouces calleux râpent la peau sensible de mes tétons, qui durcissent aussitôt.

– Putain, enlève-moi ce truc horrible, gronde-t-il en enlevant mon tee-shirt pour le jeter à l’autre bout de la pièce.

– Eh, mon tee-shirt ne t’a rien fait, je réponds en gloussant.

– Il cachait tes seins parfaits. Je ne lui pardonnerai jamais.

Son souffle chaud caresse mes tétons et je gémis lorsqu’il en prend un dans sa bouche pour le sucer. Mon Dieu, ça fait deux semaines que je ne l’ai pas vu. Comment j’ai pu me passer de ça aussi longtemps ?

J’ondule mon bassin pour me frotter à lui. Il passe une main sur ma nuque et m’attire à lui pour m’embrasser et, quand nos langues se rencontrent, une décharge électrique se précipite dans mes veines jusque dans mon sexe.

On se débat maladroitement avec nos pantalons respectifs. Il baisse mon pyjama et j’en fais de même avec son jean, qui reste bloqué sur ses cuisses. Il sourit et soulève ses fesses pour m’aider à le lui enlever. Il est toujours en tee-shirt, mais ses jambes sont nues et sa queue se dresse fièrement, me mettant l’eau à la bouche.

– Putain, grogne Hunter.

Nos regards se croisent et se verrouillent le temps d’une seconde, deux, trois. Puis on se jette de nouveau l’un sur l’autre et je m’empale sur lui sans plus attendre.

Je ne sais pas pendant combien de temps je le chevauche, des secondes, des minutes, peut-être des heures. Tout ce que je sais, c’est que le plaisir qui s’accumule entre mes cuisses est presque insupportable. Ma respiration est laborieuse et mes mains tremblent. J’ai des fourmis dans les doigts quand je caresse ses pectoraux divins.

Pippa avait raison en émettant l’hypothèse que le sexe avec Nico était nul. Mais peut-être que ça devient simplement prévisible quand on couche avec la même personne pendant plusieurs années. Avec Hunter, rien n’est prévisible, et je savoure nos premières fois comme si c’étaient les dernières.

Notre premier baiser.

Notre première baise.

Mon premier orgasme alors que je le chevauche.

Je jouis la première et m’allonge sur lui tandis qu’il soulève les hanches en plantant ses ongles dans mes fesses. Il me mord l’épaule lorsqu’il jouit à son tour, et je ris contre son torse en sueur. On reste allongés un moment dans cette position, son sexe en moi, ses bras me serrant contre lui.

– Waouh, je dis d’un ton émerveillé. C’était génial.

– Dingue, acquiesce-t-il.

Il finit par se retirer et je m’assieds pour l’aider à enlever la capote.

– Donne, je vais la jeter. Faut que je fasse pipi, de toute façon.

Je reviens une minute plus tard et on se blottit l’un contre l’autre. Hunter attrape le plaid et nous couvre avec.

– C’est le réveillon du jour de l’an, remarque-t-il.

– C’est maintenant que tu t’en rends compte ? Tu n’as pas vu toutes les décos que les filles accrochaient en bas ?

La maison Theta Beta Nu organise une des nombreuses fêtes qui vont se dérouler sur Greek Row ce soir, donc ma présence est obligatoire.

Je suis touchée qu’Hunter ait choisi de venir ici plutôt que de passer la soirée avec ses potes. Ses coéquipiers organisaient une énorme fête à Hastings.

– Tu es sûr que tu ne veux pas aller chez Conor ?

– Oui, répond-il en m’embrassant sur la tête. Je ne veux plus jamais sortir de cette pièce.

– Tu sais, il faudra qu’on descende un moment, quand même.

– Si tu insistes. On n’a qu’à descendre une fois par heure pendant vingt minutes, et on remonte ici pour baiser. Après minuit rien ne va plus, et on reste ici pour toujours, conclut-il en pinçant mes fesses.

– Tu es insatiable.

– Bébé, je me remets d’un célibat de neuf mois. Si c’était possible, ma queue serait en toi en permanence pendant au moins trois semaines.

– Trois semaines ? je m’exclame.

Ce serait épuisant. Génial, mais épuisant.

– Tu as raison, je dis n’importe quoi. Il me faudrait au moins trois mois en toi pour que mes testicules reviennent à la normale. La production de sperme met un moment à se réguler.

– Tu es dégueulasse, je ricane.

Des colocs passent devant ma porte, j’entends leur voix s’éloigner quand elles descendent.

– Je ne t’en voudrais pas de préférer faire la fête avec tes amis, je dis en caressant son ventre.

– Je ne vais nulle part, Semi, insiste-t-il en me serrant plus fort contre lui.

– Je peux te demander quelque chose ?

– Tu me poseras la question quelle que soit ma réponse, ricane-t-il.

– C’est vrai, je réponds.

Mon sourire disparaît alors que je m’apprête à aborder le sujet que j’ai préféré éviter depuis qu’on a commencé à coucher ensemble.

– Est-ce que tu m’en veux de t’avoir poussé à rompre ton vœu d’abstinence ?

– Non, répond-il d’un ton parfaitement sincère.

– Est-ce que tu t’en veux ?

– Le lendemain, oui, je m’en suis voulu, admet-il.

– C’est vrai ?

C’est la première fois qu’il avoue avoir eu des doutes ou des regrets.

– Ouais, mais seulement, quoi… cinq minutes ? dit-il en caressant mon épaule. Puis je t’ai vue dans mon lit et j’ai eu envie de rompre ma promesse encore et encore.

– Mais c’était important pour toi.

– C’est vrai, mais… ça me semble important, ça aussi. Toi.

Il n’en dit pas plus, et je n’insiste pas. On reste allongés un moment sur mon lit. Aucun de nous deux n’est pressé de se joindre à la fête qui a déjà commencé, à en croire la musique qui fait vibrer les murs.

– C’était bien, à New York ?

Après Noël, Hunter a passé quelques jours à Manhattan avec Dean et sa copine.

– Ouais, c’était cool. Les Bruins ont joué contre les Islanders, et Garrett nous a fait entrer dans la loge. Le match était dingue.

Je tends la main et caresse sa tête.

– Tu sembles pourtant avoir tous tes cheveux, je dis d’un ton moqueur.

– C’est le gel, meuf. Ça m’évite de devenir chauve.

– Tu préfères quoi : regarder un match en live ou jouer toi-même ?

– Je préfère jouer, bien évidemment.

– Tu as déjà joué devant un public aussi grand que celui du TD Garden de Boston ?

– Aucun match universitaire ne peut rivaliser avec ça, dit Hunter en riant. Mais ça ce serait vraiment génial.

– Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est impossible. D’après ce que j’ai compris de Brenna, tu n’aurais aucun mal à te faire recruter. Elle dit que si tu te déclarais éligible, la moitié des équipes de la NHL se battraient pour t’avoir. Tu dis que ça ne t’intéresse pas, et je ne comprends pas. Tu dis que c’est parce que tu ne veux pas être célèbre, mais je ne te crois pas. C’est quoi la véritable raison ?

– C’est le train de vie, Demi. J’ai un problème avec la débauche.

– Non. Tu penses avoir un problème de débauche, je corrige. Mais de ce que je vois, tu ne bois pas de façon excessive, tu n’as pas une armée de partenaires sexuelles qui pourraient interférer avec ta vie normale, tu ne te drogues pas… Tu es charmant, donc tu n’aurais aucun mal à gérer les journalistes et la presse. Alors : dis-moi de quoi tu as peur ?

Hunter reste silencieux pendant longtemps, et quand il parle enfin, sa voix est rauque.

– Si je te le dis, est-ce que tu peux promettre de ne pas te moquer de moi ? Et de ne pas me juger ?

Je suis sur le point de rire lorsque je réalise qu’il est sérieux.

– Je te promets de ne pas me moquer de toi. Et je ne te jugerai jamais, Hunter.

– Ok. Je… J’ai peur de ne pas être fidèle.

– De ne pas être fidèle au hockey ? Comment ça ?

– Non… Tu sais, tous ces matchs en extérieur, toutes ces chambres d’hôtel et ces bars, toutes ces femmes qui se jetteront sur moi… Je sais que je ne suis pas accro au sexe, mais j’ai les mêmes gènes que mon père, et on sait tous les deux ce que ça donne.

– Ton père souffre de narcissisme. Pas toi, je réponds en l’embrassant sur l’épaule. Tu n’es en rien comme lui, chéri.

– Il te dirait le contraire. Il y a quelques années, il m’a dit qu’on était les mêmes.

– Pourquoi il a dit ça ? je demande en fronçant les sourcils.

– Parce que l’été avant ma première année de fac, il m’a surpris en train de me taper une meuf sur le plan de travail de la cuisine. Ma mère était partie voir ses parents pour le week-end et mon père était censé être en voyage d’affaires. Mais il est rentré plus tôt. Tu aurais vu le regard fier qu’il m’a lancé en me trouvant cul nu avec une meuf que je connaissais à peine… Je l’avais rencontrée à une fête, la veille, et elle avait dormi chez moi.

J’essaie d’imaginer ce que mon père ferait s’il me trouvait avec un mec dans sa cuisine. Mais je connais la réponse : il commettrait un double meurtre.

– Il était fier de penser que son fils était un salaud dépravé. En même temps, ça ne me surprend pas vraiment. Je sais que mon père a couché avec au moins trois de ses secrétaires. Et je crois… je pense à tous ses voyages d’affaires, au fil des ans. Je parie qu’il avait une meuf dans chaque ville. Je parie qu’il a plus d’aventures qu’on imagine, ma mère et moi.

– Et tu as peur d’avoir une copine ou une femme et de la tromper parce que tu seras souvent en déplacement ?

– En gros, ouais.

– Donc tu te punis pour quelque chose que tu n’as pas fait.

– C’est pas ça, dit-il en se crispant.

– Ben si, c’est ça. Tu te punis à l’avance. Tu te prives de quelque chose que tu aimes, de peur de faire quelque chose que tu détestes. Ce n’est pas une façon saine de voir ton avenir, Hunter.

– Mais non… Enfin si, peut-être ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que quand j’ai décidé de ne pas me rendre éligible au recrutement, à la sortie du lycée, j’ai été soulagé.

– Ouais, sauf que chaque fois que tu vois Garrett ou Logan jouer, tu les envies. Ça se voit.

Hunter soupire longuement et son souffle chatouille ma tête.

– On peut parler d’autre chose ? Ça me fait mal au cerveau. Parle-moi de tes vacances.

– Tu sais déjà tout, je t’ai écrit tous les jours.

– Je sais, mais j’aime ta voix et je veux t’entendre parler.

Je souris contre lui, et je lui offre une version plus détaillée de ma visite à Miami. Je lui parle de mon nouveau neveu, de mes tantes tarées et de mes cousins hyperactifs. Ma famille est catholique, et une de ses traditions préférées et d’aller à la Forêt Enchantée du Père Noël. J’y ai emmené mes cousins, et Maria, cinq ans, était tellement excitée qu’elle a fait pipi sur un des manèges. Alors qu’elle était assise sur mes genoux. C’était fun !

– Tu parles espagnol ? demande Hunter. Je viens de réaliser que je ne le sais pas.

– Je le comprends mieux que je ne le parle. Mon père est nul en langues, donc il ne parle qu’anglais. Ma mère parlait les deux quand j’étais petite pour ne pas que je perde l’espagnol, mais… ça n’a pas marché. Enfin, si j’étais entourée de ma famille pendant une semaine non-stop, ça reviendrait, je suppose.

– J’adorerais parler une autre langue. Tu pourrais m’apprendre l’espagnol, et on s’entraînera ensemble.

– Ça marche, je réponds en me blottissant contre lui. Ah, et pendant le vol du retour, j’ai essayé de parler de la fac de médecine à mon père. Maman est restée encore une semaine à Miami, donc on était tous les deux, mais il ne veut rien entendre.

– Tu hésites encore ? demande Hunter en me caressant les cheveux.

– Pas vraiment. Je ne veux pas y aller, point barre.

C’est la première fois que je le dis à voix haute.

– Alors n’y va pas, répond simplement Hunter. Tu ne peux pas aller en fac de médecine pour faire plaisir à ton père. Si tu y vas, il faut que ce soit parce que tu en as envie. Tu dois suivre tes rêves, pas les siens. Ta priorité doit être ton bonheur, pas le sien.

J’ai soudain envie de rire et je n’arrive pas à me retenir.

– Qu’est-ce qu’il y a ?

– Je viens de réaliser qu’on formait une triste paire, toi et moi, j’explique en riant de plus belle. Moi je sacrifie mes rêves pour ressembler à mon père, et toi tu sacrifies les tiens pour ne pas être comme le tien. C’est fascinant.

– Bon sang, tu es vraiment une psy, en fait ! Ça va toujours être comme ça ? Tu vas nous analyser alors qu’on est nus au lit ?

Je m’appuie sur mon coude pour me relever.

– Ça te gêne vraiment ?

– Mais non, dit-il en souriant, ce qui fait ressortir ses fossettes. C’est drôle, ajoute-t-il. Parfois, tu analyses les choses et les rationalises et tu essaies de trouver une solution, et le reste du temps, tu es complètement folle.

– Pas du tout !

– Tu as un côté taré, espèce de folle. Tu exploses les consoles des gens, Demi. Ta dualité est fascinante, Demi Davis.

– Je suis à la fois sage et folle. C’est une maladie rare, en effet.

– Bref, répond-il en caressant ma joue. Ne cours pas après l’approbation de ton père. Tu l’as déjà. Il ne te déshéritera pas si tu préfères aller en fac plutôt qu’en école de médecine.

– Tu ne sais pas à quel point il y tient, Hunter. Il passera toute sa vie à me dire que je ne suis pas un vrai médecin.

Mon téléphone vibre sur ma table de nuit.

– Merde, c’est sans doute Josie qui m’ordonne de descendre les aider.

Je tends le bras pour attraper mon portable et Hunter en profite pour empoigner mon sein. Je frissonne de plaisir, mais tout désir disparaît lorsque je vois que c’est mon père qui m’écrit.

Je clique sur son message et hausse les sourcils en écarquillant les yeux.

– Waouh, voilà qui est intéressant.

– Quoi ? demande Hunter en caressant mon téton.

– Mon père nous invite à bruncher, demain.

– Nous ? répète-t-il en se figeant.

– Ouaip, je confirme en me redressant, souriant lorsque je vois qu’il panique. Il veut te rencontrer.

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