Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 24 sur 44

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Briar Université T3 The play

24 - Hunter

24

 

Hunter

 

DEMI : Vous avez gagné, ce soir ?

MOI : Ouaip ouaip.

ELLE : Arrête de dire ça. Mais tant mieux. Je suis contente que vous ayez gagné. MOI : T’avais peur qu’on perde ?

ELLE : J’avais peur que Nico t’ait abîmé.

MOI : Mes côtes étaient un peu sensibles, mais j’ai serré les dents. ELLE : T’es chez toi ?

MOI : Oui, mais pas pour longtemps. Je vais à Boston. Un de mes amis est coach d’une équipe de hockey féminine et ils ont un tournoi ce week-end.

ELLE : T’as joué au hockey toute la journée et tu vas passer ta soirée à regarder encore du hockey ? MOI : C’est un problème ?

ELLE : T’as pas de vie !

MOI : Si, elle s’appelle le hockey.

Je rédige une réponse, mais j’hésite à appuyer sur « envoyer ». Je sens encore ses lèvres sur ma bouche et j’ai peur de la revoir.

Mais on est amis. Si je l’évite après un simple baiser, qu’est-ce que ça dit de moi ?

J’envoie donc le message.

MOI : Tu veux venir ?

À l’évidence, elle hésite autant que moi, car elle met un moment à répondre.

ELLE : Pourquoi pas ? Y aura d’autres gens, ou on sera tous les deux ? MOI : Il n’y a que nous. À moins que tu veuilles que j’invite Conor… ?

Je sais qu’il ne s’est rien passé entre eux hier soir, mais ça m’a quand même fortement agacé de voir mon coéquipier flirter avec Demi. Et de la voir le draguer en retour. Elle s’est jetée sur moi dans la salle de bains, puis elle est partie faire des shots de tequila sur ses abdos.

Cela dit, je sais que je l’ai encouragée à le faire en faisant mine de m’en foutre.

ELLE : Invite qui tu veux. Je viens chez toi en Uber, comme ça, tu n’as pas à venir me chercher. Il commence juste à neiger.

*

* *

Demi arrive chez moi quarante-cinq minutes plus tard, emmitouflée dans sa parka, avec des gants et une écharpe vert fluo. Je crois que le vert est sa couleur préférée, parce qu’elle en met souvent. Ça lui va bien. Ça fait ressortir les éclats ambrés dans ses yeux noisette.

– C’est qui l’ami qu’on rejoint ? demande-t-elle alors que je mets en route le dégivrage de la voiture.

Il s’est bien mis à neiger, mais c’est léger. Les flocons fondent tout de suite et je me demande si l’hiver va finir par atteindre Boston cette année. Pour l’instant, il n’a neigé qu’une fois, et tout avait fondu le lendemain matin. Je vais être vraiment déçu si on n’a pas de neige à Noël. C’est la seule chose qui rende les fêtes de fin d’année supportables.

– Dean Di Laurentis, je réponds. C’est un ancien coéquipier qui a eu son diplôme il y a deux ans. Ah, et c’est le frère de Summer.

– Waouh. Est-ce qu’il est aussi théâtral qu’elle ? demande-t-elle d’un ton précautionneux.

– Non, il est beaucoup plus cool. En revanche, ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Pour une fois, Demi me laisse écouter ma propre musique pendant le trajet. Le souvenir de ce qui s’est passé la dernière fois qu’elle s’est connectée au Bluetooth est encore trop vif dans nos esprits. En revanche, elle saute toutes les chansons dont elle ne connaît pas les paroles ou sur lesquelles elle ne peut pas danser.

Aucun de nous ne parle du baiser, mais j’y pense. Je me demande si elle aussi. Je la regarde du coin de l’œil, mais elle est trop occupée à chanter ou à remuer sa superbe poitrine. Elle est adorable et je m’en veux de l’avoir repoussée.

Les filles de Dean jouent dans un centre sportif près de Chestnut Hill. Je suis surpris de découvrir le parking bondé et surtout qu’il coûte vingt dollars. Je peux me le permettre, mais c’est une question de principe.

– Vingt balles, je marmonne lorsqu’on descend de la voiture. C’est une arnaque !

– C’est toi, l’arnaque.

Je ricane et sors mon téléphone pour lire le message de Dean.

DEAN : G et Logan sont là aussi. Derrière mon banc.

Waouh, vraiment ? Comment ont-ils réussi leur coup ? Garrett est un des joueurs les plus célèbres du pays. La dernière fois que je l’ai vu, il m’a dit qu’il ne sortait presque plus parce qu’il est reconnu partout où il va. Logan n’en est qu’à ses débuts, donc il peut sans doute faire profil bas, mais G est la star de l’équipe.

Lorsqu’on arrive à nos places, je découvre que les deux joueurs sont nuls en matière de déguisement. Ils ont tous les deux mis des casquettes, et Garrett porte des lunettes de vue carrées.

J’éclate de rire.

– De fausses lunettes ? T’es sérieux ?

– Ça a marché, non ? Tu as été surpris que ce soit moi.

– Je n’ai pas été surpris que ce soit toi, j’ai été choqué que tu aies l’air aussi bête.

Logan ricane.

Je les présente à Demi qui, grâce à son manque total d’intérêt pour le hockey, se comporte de façon parfaitement normale avec eux.

– Est-ce qu’Hannah et Grace viennent ?

J’espère que oui, parce que ce serait sympa que Demi puisse parler à des meufs pendant le match. J’imagine qu’elle va s’ennuyer à mourir, sinon.

– Gracie doit finir de rédiger un devoir, répond Logan. Elle veut le terminer avant les vacances pour ne pas avoir à travailler à Noël.

– Et Hannah est encore au studio, dit Garrett. Elle a dit qu’elle nous rejoindrait après, si on sort. Et toi, quoi de neuf ?

– Oh, Hunter est très occupé, répond Demi. Il s’est fait arrêter, il s’est fait casser la gueule… Il n’a pas une seconde de libre !

– J’osais pas te demander ce qui est arrivé à ta lèvre, mais vu qu’on aborde le sujet… ricane Logan.

– Mon ex l’a agressé, explique Demi. Et j’en accepte l’entière responsabilité.

– Ouais, et tu devrais endosser la responsabilité de notre arrestation aussi, je gronde.

– C’est toi qui m’as fait mettre les créoles !

– Je ne comprends rien, déclare Garrett.

On n’a pas le temps de le leur expliquer, car Dean nous voit et frappe sur la vitre en plexiglas pour nous dire bonjour.

– C’est Dean, je dis à Demi qui, pour une fois, reste silencieuse.

– Oh, dit-elle enfin. Waouh.

Je fronce les sourcils.

– Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?

– Ça veut dire qu’il est incroyablement beau.

– Ouais, et il le sait, t’en fais pas, soupire Garrett.

Le premier tiers-temps commence, et Dean lâche son armée. Le palet est lancé et son centre remporte le face-à-face, contournant deux adversaires avant de faire la passe à sa coéquipière en défense. L’équipe de Dean est bonne. Très bonne, même. En revanche, les arbitres sont pourris.

– Oh, c’était quoi, ça ! crie Logan en se levant d’un bond. Elles étaient hors-jeu !

Dean est rouge de colère sur son banc.

– Hors-jeu ! crie-t-il à son tour, ignoré par l’arbitre.

– Mon Dieu, il est beau même quand il est en colère, soupire Demi. Les mecs, comment n’êtes-vous pas émerveillés par autant de beauté ?

– On a vécu avec lui pendant quatre ans, rétorque Garrett. On est parfaitement au courant de son sex-appeal.

– Vous pensez que la vie est différente quand on est aussi beau que lui ?

Je me penche et lui pince les côtes.

– C’est à toi qu’on devrait poser la question. C’est toi la top model.

– Oh t’es chou, merci le moine.

– Le moine ? demande Garrett.

– À cause de son vœu de chasteté, explique Demi.

G sourit jusqu’aux oreilles.

– Ça tient toujours, ça ?

– Ouaip ouaip…

– Ne dis pas ouaip ouaip, râle Demi.

– … tu me connais, ma volonté est inébranlable, je conclus.

Le reste du match est tout aussi rapide, même si l’issue ne fait aucun doute. L’équipe de Dean écrase son adversaire, lui infligeant cinq points à un. Je découvre que Dean est un coach génial, complimentant ses joueuses chaque fois qu’elles reviennent sur le banc. Il chuchote quelque chose à l’oreille de l’une des filles pendant un long moment, et lorsqu’elle retourne sur la glace, elle marque presque un but grâce au rebond d’une de ses camarades. Or, même si elle n’a pas marqué, elle se tourne vers Dean avec un sourire radieux et fier. C’est ça, la marque d’un bon coach ; grâce à lui, les joueurs se sentent invincibles, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent.

On rejoint Dean dans le hall d’entrée à la fin du match.

– Je dois juste parler aux autres profs pour ramener les filles à l’hôtel, dit-il. Je dois prendre le bus avec elles, mais je veux sortir, après. Je peux vous retrouver quelque part.

– Tu ne dois pas rester avec les filles ? demande Garrett.

– Mon Dieu, non. On a des parents pour les surveiller. J’ai fait mon job, et maintenant j’ai besoin de sortir. Ça fait pratiquement quarante-huit heures que je suis avec des gamines de quatorze ans.

Il a beau le dire en plaisantant, je sais qu’il est fier de la performance de son équipe.

– Vous êtes partants ? demande-t-il.

– Tu veux aller où ? demande Demi.

– Hmm, ben, à L’Exodus, il y a soirée Latino le samedi soir.

Elle lève les yeux au ciel.

– Pourquoi tu m’as regardée en disant ça. Parce que je suis cubaine ?

– Non, répond-il d’un ton moqueur. Je t’ai regardée parce que c’est toi qui m’as posé la question. Alors, vous en dites quoi ?

Demi m’implore du regard.

– Ok, je réponds en haussant les sourcils. Pourquoi pas ?

*

* *

Hannah Wells nous rejoint devant la boîte de nuit. Il y a une queue de plusieurs dizaines de mètres, mais Dean va voir le videur, lui disant sans doute : « Mec, tu peux pas faire attendre Garrett Graham ? », et, une seconde plus tard, on passe le cordon de velours rouge.

On avance dans le long couloir plongé dans le noir, guidés par le bruit de la basse et de la guitare, et nous nous arrêtons pour déposer nos blousons aux vestiaires.

– Alors, à ce qu’il paraît, ta carrière a décollé ? je demande à Hannah en souriant.

– Je m’en sors plutôt bien, répond-elle en toute modestie.

– Tu collabores avec Delilah Sparks, tu t’en sors plus que bien.

– Je sais, c’est dingue. Je n’en reviens toujours pas.

Nous entrons dans le club où des dizaines de stroboscopes m’agressent. La musique est assourdissante et il fait mille degrés dans la salle. Ça fait trois secondes qu’on a passé la porte et je suis déjà trempé de sueur.

– Tu danses la salsa ? me demande Demi en me prenant par le bras.

– Non !

Elle est en débardeur et sa peau est brûlante. Bon sang, je n’aurais jamais dû l’embrasser, depuis je suis plus en manque que jamais.

– On va se chercher à boire ? demande Garrett.

– Qui est partant pour des shots ? propose Logan.

– Un shot, gronde Garrett.

– Oh, allez, G. On a quatre jours de repos, profitons-en.

Garrett prend sa copine par la taille.

– Fais-moi confiance, je compte en profiter, dit-il en faisant un clin d’œil à Hannah qui sourit jusqu’aux oreilles.

Ils boivent tous un shot, mais je m’abstiens. C’est moi qui conduis, donc je dois rester sobre. On pourrait se faire arrêter de nouveau ou Demi pourrait décider de me sucer pour de vrai, cette fois.

L’espoir fait vivre, non ?

Nous passons quelques minutes à discuter en criant pour nous faire entendre, et quand la chanson prend fin et que « Despacito », de Bieber, prend le relais, tout le club pousse un cri de joie.

– Danse avec moi, me supplie Demi. C’est ma chanson et j’adore la salsa !

– Non, je réponds fermement. Je ne sais pas danser la salsa.

– Moi si, déclare Dean en lui tendant la main.

– Tu danses la salsa ? s’exclame-t-elle en me faisant les gros yeux. Il est beau et il danse la salsa ? Mais qu’est-ce que je fais avec toi ?

Je sais qu’elle plaisante, mais je lui fais quand même un regard noir.

– Il est pris, je gronde.

– Super-pris, confirme Dean. Mais je suis un pro de salsa, grâce à Alligator. On a pris des cours.

Demi prend sa main et je réprime un soupir en les regardant se diriger vers la piste de danse.

– Elle est cool, me dit Logan.

– Je sais, on est bons amis.

– Juste amis ?

– Elle sort d’une longue relation, je réponds en haussant les épaules.

– Et alors ?

J’ouvre ma bouteille d’eau et bois une gorgée. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Je tourne ensuite la tête vers la piste et manque m’étouffer.

Ce foutu Dean. Depuis quand il danse la salsa ? Et il est loin d’être mauvais, bien sûr. Il a beau avoir fait une croix sur l’école d’avocats pour devenir prof de sport, il respire quand même le fric. Il est vêtu d’un pantalon beige et d’une chemise blanche, dont les premiers boutons sont défaits et les manches retroussées. Ses cheveux blonds tombent sur son front tandis qu’il fait tourner Demi, et je n’ai pas honte d’avouer qu’il est canon.

– Waouh, mate la vitesse de ses pas, s’exclame Garrett.

Demi et lui dansent tellement bien que tout le monde les regarde. Demi est en legging, bottes en cuir et débardeur rouge, mais en la voyant se déhancher, je l’imagine parfaitement vêtue d’une robe à volants fleurie et de talons hauts. Je vois même une fleur dans ses cheveux et du rouge à lèvres coquelicot sur sa bouche.

Attendez, je crois que je suis en train de me faire un film porno dans ma tête. Or, Dean en fait une réalité lorsqu’il prend la cuisse de Demi pour la plaquer sur sa hanche, se frottant à elle avant de la faire tourner de nouveau. Les joues de Demi sont rouges et ses yeux scintillent de joie. Dean chuchote quelque chose dans son oreille et elle éclate de rire.

J’ai conscience d’être ridicule, mais je suis horriblement jaloux. Il est inévitable que deux personnes semblent intimes quand elles dansent comme ça, mais mon sang ne fait qu’un tour en voyant les mains de Dean sur le corps de Demi.

– C’est quoi « Despacito », de toute façon ? je marmonne ? C’est comme une Deperado ? La bière ?

Hannah éclate de rire.

– Ça veut dire « lentement », dit-elle.

– Mouais. Ben, c’est une chanson pourrie.

Je ne le pense pas vraiment, mais j’aimerais qu’elle s’arrête bon sang.

– Juste amis, tu disais ? se moque Logan quand je lance un regard assassin aux danseurs.

Cette fois, je soupire longuement.

– Oh, Hunter a le béguin pour Demi, ricane Hannah.

– Non, je mens. J’ai fait une croix sur le sexe, cette année. Je veux me concentrer sur le hockey.

– Je comprends, acquiesce Garrett. Mais il y a autre chose que le hockey dans la vie.

Il regarde sa copine en disant ça. Hannah est tout pour lui, et je suis sûr qu’il n’hésiterait pas à laisser tomber sa carrière brillante pour elle, s’il le fallait.

– Je sais, mais je me suis fait une promesse. J’ai envie de mûrir, et tout ce bordel.

Les mecs éclatent de rire et Hannah me sourit tendrement.

– Je trouve ça plutôt louable, dit-elle. On s’empêtre tellement dans les histoires de sexe et de couple, parfois, qu’on oublie de prendre du temps pour soi.

– Mais le sexe est génial, proteste Logan.

Il a raison. Le sexe est génial, et Dean et Demi sont quasiment en train de baiser sur la piste de danse. Mon estomac fait un saut périlleux.

– Tu devrais y aller, me dit Garrett.

Je suis sur le point de répondre que je ne sais pas danser la salsa quand le DJ change de morceau, choisissant une chanson plus lente, « Havana », de Camila Cabello. Ça me va.

– Je reviens, je grogne en abandonnant mes amis.

Je les entends rire, mais je m’en fiche.

– Dégage, je dis à Dean.

C’est une blague, mais… c’est pas une blague.

Et mon ami le sait. Il me sourit et me frappe sur l’épaule avant de rejoindre notre groupe.

Demi me dévisage en haussant un sourcil.

– C’était quoi, ça ? Un combat de coqs ?

– Non…

– Ah non ? Alors, tu as viré mon partenaire de danse sans raison ? Qu’est-ce que je suis censée faire maintenant ?

Elle pose sa main sur sa hanche et attend ma réponse. On est sur la piste, mais aucun de nous ne bouge.

– Eh ben, tu vas devoir te contenter de moi, je réponds en lui offrant ma main.

– Il t’en a fallu du temps, dit-elle en souriant.

Je l’attire vers moi et saisis sa taille. Elle pose une main sur mon épaule, l’autre dans ma nuque, et nous commençons à danser.

Heureusement, nos bassins ne se touchent pas, donc je n’ai pas à supporter qu’elle se frotte à moi. Ce serait trop perturbant pour ma queue.

Eh merde ! Elle se frotte à moi.

J’essaie de reculer les hanches, mais elle rouspète, exaspérée.

– Tu es censé danser avec moi, Hunter. Tu ne peux pas rester planté là.

– Mais je danse ! je proteste.

– Tu es à deux mètres de moi ! Tu as appris à danser où, chez les jeunes cathos ? Pourquoi tu as viré Dean si tu ne veux pas danser ?

Je hausse les épaules.

Demi réfléchit quelques secondes, puis elle éclate de rire d’un ton triomphal.

– Mon Dieu, tu étais jaloux ! Tu n’as pas aimé me voir danser avec Dean !

Je hausse à nouveau les épaules.

– Ha !

Elle est beaucoup plus petite que moi et elle empoigne ma nuque pour baisser ma tête et chuchoter dans mon oreille.

– Admets-le, dit-elle.

Je tourne la tête pour murmurer à mon tour dans son oreille.

– Très bien, je réponds, la sentant frissonner. Peut-être que j’étais un peu jaloux. Mais ce n’était pas de la vraie jalousie.

– De quoi tu parles ?

– C’était de la jalousie corporelle.

– N’importe quoi, ça n’existe pas.

– Si, si. Les corps peuvent être jaloux quand ils voient d’autres corps ensemble.

– Mais oui. Tu n’as qu’à te dire ça, si ça peut te rassurer.

En effet, je cherche n’importe quoi pour me rassurer, parce que je ne peux pas m’autoriser à avoir des sentiments pour Demi. Enfin, je l’apprécie, c’est sûr. Elle est géniale, et on s’éclate, en amis.

Je ne veux pas gâcher notre amitié, mais Demi semble déterminée à y foutre le feu.

– J’ai un secret, dit-elle en me faisant signe de baisser de nouveau la tête.

– Ah oui ? je réponds d’une voix rauque.

Son souffle chaud me chatouille le cou.

– Je suis sur le point de faire quelque chose qui ne va pas te plaire.

– Ah, c’est quoi ? je demande comme un débile.

Plutôt que de répondre, Demi penche la tête et approche sa bouche de la mienne.

Le baiser est aussi délicieux que le dernier. Elle a un goût de tequila et de cerise, sans doute à cause de la sucette rouge qu’elle savourait pendant le match. Elle la faisait passer sans cesse d’une joue à l’autre avec sa langue, et je ris en y repensant.

– Qu’est-ce qu’il y a ? demande-t-elle, à bout de souffle.

– Rien, je repensais à ton obsession pour les bonbons et… rien, oublie.

Je l’embrasse de nouveau et elle glisse sa langue dans ma bouche. Lorsqu’elle rencontre ma langue, une passion féroce prend possession de moi, comme un animal, et j’empoigne ses cheveux tandis que j’explore avidement sa bouche, lui arrachant un petit cri. J’ai conscience que nous sommes en train de nous bécoter comme des ados au milieu de la piste de danse. J’entends la musique, je perçois le mouvement des gens. Je ne sais pas s’ils dansent ou s’ils nous regardent. Je m’en fiche. Tout ce qui m’importe, c’est de l’embrasser. Et de la toucher.

Ma main glisse le long de son dos pour empoigner sa fesse. Putain, je rêve de lui arracher son legging. J’ai envie de lui mettre une fessée. Et j’ai envie de plonger un doigt en elle pour savoir si elle mouille pour moi.

– Allons ailleurs, me supplie Demi en rompant le baiser.

Son regard de braise me ramène néanmoins sur terre.

– Non, je gronde en saisissant sa main pour quitter la piste de danse.

– Pourquoi ? répond-elle d’un ton frustré.

– Parce que je ne veux pas compliquer notre amitié.

– Ça fait cinq minutes qu’on se bécote, Hunter ! C’est déjà compliqué !

– Non, pas du tout. C’était juste… un baiser.

Le meilleur baiser de ma vie, qui me fait encore frissonner des pieds à la tête.

– J’ai l’impression que tu fais exprès d’être difficile, déclare-t-elle d’un ton accusateur.

– Mais non… Écoute, j’ai pris cette décision avant de te rencontrer. Et je veux m’y tenir. Je veux me prouver que je peux atteindre l’objectif que je me suis fixé et m’assurer que le sexe ne foutra pas de nouveau le bordel dans ma vie.

– Ça n’arrivera pas, insiste-t-elle. L’équipe s’en sort brillamment. Vous gagnez tous vos matchs.

– Oui, parce que j’ai les idées claires. Et maintenant, ce n’est plus qu’une question de chasteté. Tu me plais. Notre amitié compte pour moi et on sait tous les deux que le sexe gâcherait tout. Donc je suis désolé, mais je ne céderai plus à la tentation, je dis en secouant la tête. Je ne peux pas.

Elle semble d’abord triste et déçue, puis son visage se transforme et elle prend un air déterminé.

– Très bien. Je ne te draguerai plus. Mais seulement si tu me promets quelque chose.

– Demi…

– Quand la saison sera finie, c’est moi qui mets fin à ton célibat. Et au diable notre amitié.

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