Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 33 sur 44

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Briar Université T3 The play

33 - Hunter

33

 

Hunter

 

Demi me pousse dans une pièce qui, par chance, est une salle de réunion vide. Les stores sont fermés et il fait sombre, sans qu’il fasse complètement nuit.

– Qu’est-ce que tu fais ? je demande, amusé, alors qu’elle se dépêche de refermer la porte derrière nous.

– Je devenais folle de ne pas pouvoir te toucher. J’étais à deux doigts de baisser ton froc pour te chevaucher devant tout le monde.

Ma queue tressaute en imaginant la scène. On est obsédés l’un par l’autre, c’est presque une addiction. Et j’ai honte de dire que ça n’a absolument pas affecté mes performances en hockey, ce qui veut dire que mon vœu d’abstinence était parfaitement inutile. D’ailleurs, j’ai même l’impression de jouer mieux.

J’évite d’en parler à Demi, parce qu’elle va se moquer de moi et me faire une leçon digne du Magicien d’Oz – un truc du genre : « Tu as toujours eu le pouvoir d’être un bon capitaine et un bon coéquipier, Hunter ! Mais tu ne pouvais pas le voir parce que tu étais aveuglé par ta culpabilité et la peur d’être un enfoiré égoïste comme ton père. »

Je vois tout à fait Demi me dire ce genre de truc.

Néanmoins, je suppose qu’il fallait que je passe par là pour le comprendre. La saison dernière m’a fait très peur et j’ai commencé celle-ci en donnant la priorité à mon équipe et non à ma queue. Je voulais être un bon capitaine et me prouver que je ne suis pas un narcissique qui ne pense qu’à ses propres besoins. Le désastre de l’an dernier m’a servi de sonnette d’alarme. Ma première pensée après le match était que, finalement, mon père et moi étions les mêmes.

La première fois qu’il m’a dit ça, j’en ai été malade. Je me suis senti sale et j’ai flippé de risquer d’être comme lui : un connard égocentrique.

Or, le seul changement depuis que je couche avec Demi est que je me couche heureux tous les soirs et que je suis encore plus en forme aux entraînements. Et c’est sans parler des playoffs, on domine largement les autres équipes.

Demi passe ses bras dans mon cou et baisse ma tête pour m’embrasser. Putain, j’adore l’embrasser. J’adore lui faire l’amour. J’adore faire tout avec elle, et tout lui faire.

On sait tous les deux que notre histoire n’est pas que du sexe ni uniquement un plan de consolation pour Demi. Mais je ne sais pas bien ce que c’est. Et je kiffe trop pour risquer de tout gâcher en lui posant la question.

J’éclate de rire quand elle me plaque contre la porte. Elle ferme le verrou et s’affaire aussitôt à défaire ma ceinture. Elle baisse juste assez mon jean et mon boxer pour en sortir ma lourde érection.

– Mon Dieu, tu ne sais pas combien j’ai rêvé de la toucher, marmonne Demi d’un ton angoissé. Je la veux tout le temps.

– Prends-la, je réponds d’une voix rauque.

Elle se met à genoux et je me fige, sifflant lorsqu’elle avale toute ma verge d’un coup. Elle gémit de plaisir et son regard scintille lorsqu’elle me relâche pour parler.

– J’adore l’avoir dans ma bouche.

– Toi et ton obsession d’avoir quelque chose dans la bouche… je me moque, tout en essayant de glisser mon gland entre ses lèvres.

Elle éclate de rire.

– Ah, donc quand j’ai besoin d’un bonbon, t’appelles ça un « sérieux problème », mais quand c’est ta queue que je veux, c’est tout à fait normal ?

– C’est ça. Tu as tout compris.

Demi me tire la langue et j’en profite pour plonger mon sexe dans sa bouche.

– Oh oui, je gronde en tenant sa tête pour la guider sur ma verge.

J’entends des voix dans le couloir, mais je m’en fiche. Quand je suis avec Demi, nous sommes seuls au monde. Nous sommes seuls dans cette salle, dans ce bâtiment, sur cette planète. Quand je suis en elle, il n’existe que nous. Quand elle me tripote, se frotte à moi et me suce, il n’existe plus qu’elle.

Sa langue s’enroule autour de ma verge tandis qu’elle me branle lentement, serrant mon gland lorsqu’elle me retire de sa bouche, suçant aussi fort qu’elle peut lorsqu’elle m’avale de nouveau.

Mes hanches font un mouvement de balancier et mes testicules se mettent à fourmiller. Quand elle m’a traîné dans cette pièce, je supposais que j’allais la prendre contre un mur. Mais cette pipe est tellement divine que je ne tiendrai pas assez longtemps pour le faire.

– Bébé, je grogne en essayant de l’arrêter.

Elle lève ses grands yeux vers moi alors que mon gland est dans sa bouche, je n’ai jamais rien vu d’aussi sexy.

– Je vais bientôt jouir, je la préviens. Si tu es venue ici pour baiser, tu devrais arrêter.

– Non, je veux te faire éjaculer tout de suite, et je veux t’entendre crier mon nom quand je t’avale.

Mon Dieu, cette fille aura ma peau.

Elle reprend ses mouvements et moins de trente secondes plus tard, j’exauce son souhait.

– Demi, je grogne lorsque mon orgasme me saisit.

Elle me maintient fermement dans sa bouche tandis que je me déverse en elle, avalant tout ce que j’ai à lui donner. Je suis mort. Elle m’a tué. Elle est parfaite.

Demi embrasse ma verge tandis que je redescends lentement sur terre. Elle remonte mon boxer et mon jean en souriant, puis elle s’essuie délicatement la bouche et se relève. Elle ferme ma braguette et se met sur la pointe des pieds pour m’embrasser.

Je ne peux pas m’empêcher de plonger ma langue dans sa bouche et quand je sens ma semence sur ses lèvres, je suis à deux doigts de jouir de nouveau.

– Ça va ? demande-t-elle lorsque je frissonne.

– Nickel, je réponds d’une voix rauque.

Elle ricane et s’assure que tout est en place avant de déverrouiller la porte. On sort dans le couloir et les lumières blafardes m’éblouissent un moment.

– Tu viens chez moi ce soir ? demande-t-elle alors que nous marchons côte à côte vers la sortie.

– Je ne peux pas, je vais boire un verre avec Hollis. Mais je peux venir maintenant et rester avec toi jusqu’à ce que je le retrouve.

– Booouuuh !

– Ne me hue pas !

– Pourquoi pas ? Tu me hues tout le temps, toi.

– Oui, mais moi je suis un gamin, Demi. Toi, tu es beaucoup trop mature pour ce genre de comportement. Respecte-toi, bon sang.

Elle éclate de rire et je souris. J’adore la faire rire.

– J’annulerais bien, mais Hollis m’a dit que c’était important.

Demi s’arrête brusquement.

– Pardon, mais je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu. Mike Hollis a sous-entendu que quelque chose était important ?

– Sous-entendu ? Non, il a été on ne peut plus clair. Il m’a pris à part ce matin et m’a demandé si on pouvait parler.

– Pourquoi il était à la maison, de toute façon ? On est lundi.

– Il a appelé le boulot pour dire qu’il était malade, mais il avait l’air en forme, d’après moi.

– J’espère que tout va bien, dit-elle.

– Je suis sûr que oui. Hollis est indestructible. Je parie qu’il veut parler d’un truc débile, comme quoi offrir à Rupi pour son anniversaire.

– C’est bientôt ?

– Ah, tu vas adorer. Rupi est née… le quatorze février.

– Le jour de la Saint-Valentin ? Mon Dieu ! Pauvre Mike. Il va devoir sortir le grand jeu. Il va peut-être devoir lui acheter un poney.

On arrive dans le hall d’entrée en riant et je vois TJ à quelques pas, en train de discuter avec un des chargés de TD. Il fronce les sourcils en nous apercevant et semble furieux. Je trouve sa réaction démesurée jusqu’à ce que je me rende compte qu’il regarde mon entrejambe.

Je baisse les yeux et vois alors que ma braguette est ouverte. Demi a dû mal la refermer. Je la remonte discrètement, mais ça n’enlève pas le regard méfiant de TJ.

*

* *

Quelques heures plus tard, je m’installe sur la banquette face à Hollis, faisant signe à la serveuse de venir. Hollis n’a pas encore commandé alors qu’il est là depuis dix minutes. Je suis en retard, parce qu’il y avait dix centimètres de neige givrée sur mon pare-brise quand je suis parti de chez Demi. J’ai failli mourir de froid en le déneigeant.

– Désolé, je raclais la neige sur ma caisse, je marmonne.

– Cette putain de neige. Ça devrait être interdit.

– Je notifierai la météo de ton avis, Michael.

Je souris lorsque la serveuse apporte nos bières. Hollis a commandé une cannette de Boom Sauce, je crois qu’il l’aime juste pour son nom.

– Bon, qu’est-ce qui se passe ? je demande une fois qu’on a trinqué. Pourquoi tu m’as traîné chez Malone’s en plein blizzard alors qu’on vit dans la même maison ?

– J’avais besoin de sortir, dit-il en trifouillant sa bière. Comment ça va, toi ? Tu fréquentes toujours Demi ? Est-ce que le coach a validé le cochon ?

Il cherche à gagner du temps et je joue le jeu. Hollis est tellement théâtral que si je le presse trop, il est capable de se lever et de partir, et j’aimerais bien finir ma bière.

– Je vais bien. J’ai eu de bonnes notes ce semestre. Je vois toujours Demi, et non, le coach n’a pas donné son feu vert pour le cochon. Mais je réalise à l’instant que le jour où il le fera, Pablo devra partir.

Merde, je ne sais pas si je suis prêt à lui dire adieu.

– Mec, il serait temps, il chlingue ! Les œufs ne sont pas censés vivre aussi longtemps.

– Je t’avoue que je ne remarque plus l’odeur, je réponds en riant.

– On devrait prendre un animal pour la maison.

– Haha, bien sûr. Rupi ne t’autoriserait jamais à avoir un animal. Ça voudrait dire que tu aurais moins de temps pour elle.

– C’est vrai. C’est déjà suffisamment dur de ne la voir que le week-end.

Hollis se frotte les yeux et je remarque combien il a l’air fatigué. Les quatre heures de route aller-retour qu’il fait tous les week-ends sont en train de le flinguer. Il a les yeux cernés et on dirait qu’il n’a pas dormi depuis des mois.

– Tu rentres chez tes parents demain ou tu poses un autre jour de congé ?

– Je rentre chez eux. J’ai plus envie de vendre des assurances, Davenport. Je déteste être là-bas. Je déteste vivre chez mes parents et je supporte encore moins de bosser avec mon père. Ce type est taré.

– Mais oui. C’est lui qui est taré.

– C’est vrai ! Et il raconte des blagues pourries toute la journée.

Je dévisage mon ami.

– Je n’imagine même pas combien ça doit être agaçant, je déclare d’un ton sarcastique.

– Je sais, répond-il, ne percevant pas mon ironie.

– Pourquoi tu n’essaies pas de trouver du boulot à Hastings ?

– J’ai cherché, mais il n’y a rien. En tout cas, rien d’intéressant. La station-service cherche quelqu’un pour travailler de nuit, mais à quoi ça sert ? Je dormirais toute la journée et bosserais toute la nuit, et c’est hyper mal payé.

– Si j’entends parler de quoi que ce soit, je te le dirai.

– Merci.

– Je suppose que, pour l’instant, tu dois garder ton temps plein dans les assurances la semaine, et ton temps plein avec Rupi le week-end.

– Mec, elle demande tellement d’attention, dit-il en souriant jusqu’aux oreilles.

– Je ne comprendrai jamais votre relation.

– Bien évidemment que tu ne la comprends pas. Elle est transcendante.

– Comment ça ?

– Exactement, rétorque-t-il, le regard émerveillé.

Toutefois, sa mine lugubre refait surface, ce n’est pas une expression que j’ai l’habitude de voir chez lui.

– Elle n’est qu’en deuxième année, mec.

– Rupi ? Et alors ?

– Elle ne sera diplômée que dans deux ans et demi. Ça veut dire que j’ai encore deux ans et demi avec ce train de vie pourri, à vendre des assurances avec mon taré de père.

Je pose ma bière et le regarde dans les yeux.

– Est-ce que… tu envisages de rompre avec elle ?

– Quoi ? s’écrie-t-il. C’est quoi ton problème ? Bien sûr que non ? Je viens de te dire que notre relation était transcendante !

– C’est vrai, pardon. J’ai oublié. Alors, qu’est-ce que tu veux dire ? Tu détestes ton boulot et vivre chez tes parents. Tu détestes faire la route tous les week-ends et tu détestes l’idée que Rupi a encore deux ans d’études à faire. Mais tu aimes Rupi.

– Tu as tout compris.

– Ok… Laisse-moi te demander quelque chose : si tu n’étais pas obligé de supporter toutes ces choses que tu détestes, qu’est-ce que tu ferais ?

– Je ne comprends pas.

– Imagine que tu n’aies pas à te soucier du travail, de la route et de tout le reste. Qu’est-ce que tu ferais ?

– Je… Rien. C’est idiot.

– Non, dis-moi. Réfléchissons ensemble, mec.

Hollis boit une grosse gorgée de Boom Sauce.

– Je voyagerais, dit-il enfin. Mec, tu sais combien d’autres pays il y a dans le monde ? Des dizaines ?

– Plutôt des centaines, je corrige.

– Ne sois pas bête. Il n’y a que sept continents ; pourquoi il y aurait des centaines de pays ? Bref, c’est ce que je ferais. Je traverserais le globe pour rencontrer de nouvelles gens et découvrir de nouvelles cultures et manger de la bouffe bizarre et… Oh ! Je pourrais baiser avec Rupi dans des trains et des avions et sur des chameaux et…

– Attends, Rupi serait du voyage, aussi ?

Il hoche vigoureusement la tête.

– Ben oui, tu voudrais qu’elle soit où ?

– Ok. Tu veux mon avis, frangin ? Parles-en à Rupi. Sois honnête avec elle et dis-lui à quel point tu es fatigué et que tu adorerais partir en voyage avec elle. Peut-être que vous pouvez prévoir quelque chose pour cet été ? Ça te donnera une perspective plus joyeuse pour supporter tes trajets toutes les semaines.

Hollis m’étudie en fronçant les sourcils.

– Qu’est-ce qu’il y a ? je demande d’un ton suspicieux.

– Tu as toujours été aussi intelligent ou c’est moi qui ai toujours été aussi bête ?

– Je préfère ne pas répondre à cette question, je dis en souriant.

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