Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 22 sur 44

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Briar Université T3 The play

22 - Hunter

22

Hunter

 

– Il est où ? s’impatiente Demi. Tu as dit qu’il habite à dix minutes d’ici.

– C’est le cas. Mais ça fait à peine une minute que je l’ai appelé, je réponds en levant les yeux au ciel.

Je la rejoins sur l’horrible banc en métal. Notre coloc continue de ronfler paisiblement. Son pied tressaute toujours et l’odeur d’alcool est impossible à ignorer.

Demi ferme la bouche, comme si elle essayait de ne pas rire.

– C’est le meilleur rencard de ma vie, dit-elle d’un ton lourd de sarcasme. L’ambiance romantique à elle seule est merveilleuse.

– Il ne manque que Whitney Houston, je ricane. Ah, et ton vrai rencard. Tu sais, le mec qui t’a lâchée pour sa meuf. Ou peut-être pour la salle de sport. Honnêtement, je ne sais pas. Le choix était impossible.

C’est à son tour de ricaner.

– Bah, peu importe. Tu es un rencard bien plus marrant.

Je souris jusqu’aux oreilles et l’attire contre moi. Elle appuie sa tête sur mon épaule et l’odeur de son shampoing titille mes narines. Je gonfle mes poumons et essaie de trouver de quel parfum il s’agit. Du jasmin, je crois. C’est agréable de l’avoir contre moi. Je me demande à quoi elle pense, si elle pense à la même chose que moi.

Je me retiens de grogner, déçu, lorsqu’elle lève la tête.

– Je suis sérieuse, dit-elle.

– À propos de quoi ? je demande d’une voix rauque.

– Tu es un bon rencard.

– Ce n’était pas un rencard.

– Alors, pourquoi tu me fais le Regard Queutard ?

– Pas du tout.

– Je sais reconnaître un Regard Queutard, Hunter.

Cette nana est incroyable. Elle me fait tellement rire. Et elle est tellement belle. Sa peau est toujours lumineuse, et douce, et je rêve de la caresser. Ses cheveux ont l’air super-soyeux, aussi. Ses mèches raides et brillantes tombent sur son épaule nue, tandis que d’autres cachent son œil gauche.

Je me lèche les lèvres et le regard de Demi s’embrase.

– Tu as des cheveux dans les yeux, je déclare.

Je lève la main et les coiffe derrière son oreille, caressant sa pommette pendant une fraction de seconde.

Elle retient son souffle.

– Mon Dieu, c’était ça ?

Je fronce les sourcils.

– De quoi tu parles ?

– C’était ta technique ? demande-t-elle, tout enjouée. Tu te lèches les lèvres et tu coiffes mes cheveux en caressant ma pommette avec ton pouce ? Je parie que c’est ta technique. Je me trompe ?

Je souris d’un air suffisant.

– Ça dépend. Ça a marché ?

– Oui, répond-elle aussitôt.

Merde, sa franchise est vraiment canon. Par ailleurs, je n’avais pas prévu de la dégainer ce soir, mais c’était bien ma technique. Mais cette fois, c’était naturel.

– Davenport ! gronde une grosse voix.

Je tourne la tête vers les barreaux en entendant les pas du coach. Il débarque dans la salle, suivi de près par l’officier Bruti.

– Ouvre cette porte, ordonne le coach à l’agent d’accueil, qui se lève d’un bond.

Étonnamment, il saisit ses clés avant de se rappeler que le coach n’est pas son supérieur.

– Euh, Bruce ? demande-t-il à l’officier Bruti.

Merde, il s’appelle Bruce ? Bruce Bruti ? Pauvre gars ! C’est peut-être pour ça qu’il est de si mauvaise humeur.

– Vas-y, dit Bruti.

Le coach nous regarde tous les deux de la tête aux pieds lorsque nous sortons de la cellule de dégrisement.

– Vous allez bien ? Personne ne vous a malmenés ?

– Non, je réponds, touché qu’il pose la question. Personne ne nous a touchés, mais merci de vous inquiéter.

– Je ne suis pas inquiet pour toi, espèce d’imbécile. C’est l’état de ta main qui m’inquiète, explique-t-il avant de s’adresser aux flics. Je te préviens, si ses frappes sont ne serait-ce qu’un dixième de seconde plus lents que d’habitude, je t’en tiendrai personnellement pour responsable, Albertson.

– Désolé, coach, marmonne l’agent d’accueil.

– Vous vous connaissez ? je demande en écarquillant les yeux.

– Ouais. Il jouait pour moi. Sammy Albertson. Promo 2012.

Merde. C’est vraiment dommage qu’on n’ait pas été arrêtés par lui. Il m’aurait suffi de parler du coach et il nous aurait laissés partir tranquillement.

– Et vous, poursuit le coach en se tournant vers Bruti. À moins que la bite du gamin soit sortie et qu’elle soit dans la bouche de quelqu’un, ce n’est pas un attentat à la pudeur. Prenez de meilleure décision, la prochaine fois.

– Dites-le à votre joueur, rétorque Bruti. Sa conduite était dangereuse.

– J’étais coincée, dit Demi. Hunter essayait de…

Le coach lève la main pour la faire taire et, comme tous ses joueurs, Demi s’exécute.

– On a des papiers à signer ? aboie-t-il. Des amendes à payer ?

– Non, je les laisse partir avec un avertissement par politesse pour…

– Bien, alors partons, gronde le coach.

Il hoche la tête, et Demi et moi lui courons après, comme des oisillons derrière leur maman.

Une fois dehors, le coach ferme son manteau. Il n’a toujours pas neigé, mais il fait enfin froid.

– Ta voiture n’est pas à la fourrière, parce que la remorqueuse n’était dispo que dans deux heures. Donc elle est encore sur Ninth Line. Je t’y amène.

– Merci, coach.

– Et je veux que tu rentres directement chez toi, tu m’entends ?

– Demi habite sur le campus, je réponds en secouant la tête. Il faut que je la raccompagne d’abord.

– Je m’en occupe, rétorque-t-il en avançant vers sa Jeep.

Demi me jette un regard inquiet.

– Est-ce que je dois avoir peur qu’il m’assassine en chemin ? Je ne me souviens pas d’avoir vu un épisode intitulé Les coachs meurtriers.

– Ça devrait aller.

– Ça devrait aller ?

Je hausse les épaules.

– Il m’en veut plus qu’à toi, je réponds. C’est moi qui l’ai sorti du lit.

– C’est vrai, acquiesce-t-elle en mettant sa capuche fourrée. Et je tiens à dire que rien de tout ça ne serait arrivé si tu avais accepté d’être mon lot de consolation.

– Si, ce serait quand même arrivé, je réponds en souriant. La seule différence, c’est que tu aurais vraiment été en train de me sucer.

Je regrette aussitôt mes paroles, parce que l’idée d’avoir mon sexe dans sa bouche est tellement excitante que je dois me retenir de grogner.

– Non, rétorque-t-elle. On n’aurait même pas été dans ta voiture. On aurait été au chaud dans ma chambre, sans profils Tinder et sans distractions. On aurait été tous les deux dans un lit confortable, ton pénis dans ma bouche. Ah ! Tu n’as qu’à penser à ça ! me lance-t-elle en partant vers la voiture du coach.

Tu parles. Comme si je pouvais penser à quoi que ce soit d’autre !

*

* *

Et j’y pense. Toute la semaine.

En temps normal, je serais concentré sur le match à venir, et déjà plein d’adrénaline. Mais lorsque le vendredi arrive, je ne sais même plus contre qui on joue. Je n’ai aucune concentration, et pas seulement parce que Demi m’obsède mais parce que mes coéquipiers ont passé la semaine à me chambrer.

Je n’ai eu d’autre choix que de leur raconter ce qui s’est passé, parce que Brenna a pris le petit déj avec son père, le lendemain de « l’incident », et Jensen a décidé d’être un enfoiré et de le lui dire. Bien évidemment, Brenna l’a raconté à tout le monde et, maintenant, je suis Davenport, le mec qui s’est fait arrêter parce qu’il se faisait sucer au volant. Le pire, c’est que je n’ai même pas eu la pipe.

Demi s’amuse aussi à me chambrer, mais elle va encore plus loin que mes coéquipiers. Maintenant qu’elle a vu ma « technique », elle s’est donné pour mission de mettre fin à mon célibat.

DEMI : Bon match ce soir ! J’espère que tu vas marquer des buts ! Mais à propos de buts, tu as envisagé de faire une croix sur le tien et de mettre fin à ta vie de moine ?

Je soupire en lisant son message. Je devrais me préparer mentalement pour le match. Je suis dans le vestiaire visiteurs de… Boston College. C’est contre eux qu’on joue ce soir, c’est vrai. Je devrais penser au match, pas à Demi Davis.

MOI : Je t’ai dit que c’était mort.

ELLE : Tu ne veux même pas y réfléchir ? Pour moi ?

Quelqu’un me frappe dans le dos.

– Eh ! Oublie la pipe, capitaine.

Je me tourne vers Matt, tout sourires.

– Mais sérieusement… bien joué ! s’exclame-t-il.

– Tu m’as dit ça tous les jours de la semaine.

– Ben ouais, parce que c’est bien joué. J’ai toujours rêvé de me faire sucer en conduisant.

– Moi aussi, je réponds sèchement. Mais comme je te l’ai dit tous les jours de la semaine, il ne s’est rien passé. La boucle de Demi s’est accrochée sur mon jean.

– Je me suis fait sucer au volant, moi, dit Conor en déboutonnant sa chemise blanche.

– Tu t’es fait sucer partout, je rétorque.

– C’est faux. Je ne me suis jamais fait sucer…

Il réfléchit plusieurs secondes, cherchant un lieu dans lequel on ne lui a jamais taillé de pipe.

– Tu galères un peu, peut-être ? se moque Matt.

Je ricane et commence à me déshabiller pour enfiler mon équipement. Mon téléphone sonne de nouveau et je me rends compte que je n’ai pas répondu à Demi.

ELLE : Désolée. J’arrête d’en parler. Je sais que ça te met mal à l’aise. MOI : Non, c’est moi qui suis désolé. Je me prépare. Faut que j’y aille. À plus.

J’ajoute un émoji qui fait un bisou, et je range mon téléphone dans mon jean. Lorsque je suis en tenue, je m’assieds sur le banc et mets mes patins.

Conor s’assied à côté de moi.

– Tu fais quoi après le match ? On allait inviter des gens à la maison. Tu es partant ?

– Pourquoi pas. J’ai rien d’autre à faire.

Il penche la tête sur le côté.

– Tu es sérieux à propos du célibat, mec, ou tu te fous de notre gueule ?

– Je n’ai pas baisé depuis avril, mec.

– Putain, c’est dingue. Je me masturberais tout le temps, à ta place.

– Je n’ai pas dit que c’était pas le cas, je réponds d’un ton lugubre.

– Ouais, mais quand même. Ça m’a l’air d’un cauchemar, si tu veux mon avis.

– C’est pas si horrible, en fait. Je commence à m’habituer à être tout le temps sur les dents.

– Putain ! interrompt Bucky en venant vers nous avec Pablo.

L’œuf est désormais enveloppé dans plusieurs couches de cellophane.

– Vous avez vu ça ? demande-t-il en agitant son téléphone. Le compte Insta de Pablo a dix mille followers ! Quelqu’un vient de lui envoyer un message pour savoir s’il veut faire une pub pour une crème anti-âge.

– C’est une blague ? je demande, bouche bée.

– Pas du tout, répond Bucky en secouant la tête d’un air ébahi.

– Une crème anti-âge ? s’enquiert Alec d’un ton confus. Comment on fait pour ne pas vieillir ?

– Et quel est le rapport avec un œuf ? se moque Conor. On est censé mettre de la crème sur sa petite tronche de cochon et le faire poser pour une séance photo ?

Bucky sourit jusqu’aux oreilles.

– Je vais leur demander.

Le coach entre dans le vestiaire pour faire son discours pré-match qui, en général, se résume en trois phrases : mettez-leur une branlée, ne me ridiculisez pas, ne faites pas honte à vos couleurs, etc. Je fais ensuite mon propre petit discours, et on part sur la glace.

Le public est assourdissant, et je me fiche que seul un tiers des gradins soit aux couleurs de Briar. Les cris et les encouragements me motivent autant que les huées. J’adore ce sport. J’adore la glace, la vitesse, l’agressivité. J’adore l’aspect physique du jeu et sentir mes os grincer quand on me plaque contre les bandes de la patinoire. C’est chelou, mais c’est le hockey et j’adore ça.

Je repense au match que j’ai regardé avec Fitz hier soir. C’était Edmonton contre Vancouver. Jake Connelly a marqué un des plus beaux buts que j’ai jamais vus. Et je me souviens du désir mélancolique que j’ai ressenti, car même si le hockey universitaire est super, ça n’a rien à voir avec le hockey professionnel.

Et si jouer pour les pros impliquait seulement d’être sur la glace, je me lancerais immédiatement. Mais cette vie comporte des aspects qui ne m’intéressent pas, comme les femmes, la célébrité, les conférences de presse et les déplacements constants. La tentation est constante. Et les Davenport réagissent mal face à la tentation.

Je vais donc devoir me contenter de ça, maintenant. De patiner avec mes amis et d’infliger des raclées à nos adversaires. Parce que c’est tout ce qui compte.

*

* *

Le bus nous dépose au campus vers vingt-trois heures, et je prends ma voiture pour déposer mes amis chez Matt et Conor, à Hastings, avant de rentrer chez moi. Je compte revenir chez Matt à pied, comme ça, je pourrai boire quelques bières.

J’en profite pour me changer et enlever le costume-cravate qu’on est obligés de mettre lors de nos matchs en déplacement. C’est presque dommage, parce que le costard me va mieux qu’à quiconque. Je suppose que je peux remercier mon père, le look PDG lui va comme un gant. C’est sans doute pour ça qu’il est aussi populaire auprès des femmes.

Trop populaire, même.

– Hunter, tu sors ? demande Brenna en ouvrant ma porte, sans avoir frappé, bien sûr.

– Ouais, je vais chez Matt. Tu veux venir ?

– Je passerai peut-être plus tard. Je vais skyper Jake, d’abord.

– Passe-lui le bonjour. Ah, et dis-lui que je suis jaloux de son second but, hier. C’était magnifique.

– T’as vu ? Je n’ai jamais été aussi excitée de toute ma vie.

– Je crois vraiment qu’Edmonton peut remporter la Stanley Cup 1, cette année.

– Je suis d’accord. Ils sont invincibles.

– Quand j’étais à Boston, le mois dernier, Garrett disait qu’il espère

qu’ils n’auront pas à s’affronter dans les playoffs 2, je dis en fermant mon sweat à capuche.

Mon Dieu, je ne sais pas pour qui je serais. Garrett, je suppose. Non, Jake. Ou peut-être Garett. Merde, le choix est impossible, comme choisir entre la salle de sport et sa meuf.

Brenna s’en va et je descends dans l’entrée pour mettre mon manteau et mes chaussures. Je suis sur le point de ranger mon téléphone dans ma poche quand il vibre. Je découvre un message de Tara, une fille que j’ai fréquentée l’année dernière.

TARA : Salut, désolée de t’écrire comme ça. Tu t’y attendais pas, hein ? Beau match, ce soir. Je voulais juste te prévenir qu’un mec te cherche. MOI : MDR, il va me falloir plus de détails. ELLE : Après le match, des mecs sont venus nous voir et nous demander où t’étais. J’ai dit que tu devais être dans le bus.

MOI : Attends, c’était à Boston ?

ELLE : Ouais, devant la patinoire.

MOI : OK, c’est bizarre. Merci de m’avoir prévenu. ELLE : Y a pas de quoi, chéri.

Elle termine son message par trois cœurs rouges. Tous les hommes de la planète savent ce que ça veut dire. C’est une invitation à se voir si j’en ai envie. Ce qui n’est pas le cas.

Je passe la porte et j’approche du trottoir quand mon téléphone vibre de nouveau. Cette fois, c’est un message de Grady, le petit frère d’un de mes coéquipiers.

GRADY : Hey, Hunter. J’ai eu ton numéro par Dan. Il m’a dit de te le dire : un mec te cherchait à Boston.

MOI : Ouais, on m’a dit. Tu sais qui c’était ? LUI : Je ne les ai jamais vus. Le leader ressemble un peu à un Johnny Depp plus jeune. MOI : Ça me dit rien.

LUI : Bref, j’ai entendu quelqu’un lui dire que tu serais peut-être chez Matt Anderson, ce soir. Je voulais te prévenir au cas où il s’y pointerait.

MOI : Merci, j’apprécie, mec.

Ok, ça ne me plaît pas du tout. Ça fait deux personnes qui me préviennent qu’une bande de mecs que je ne connais pas me cherche ? Des mecs qui sont suffisamment louches pour que Tara et Grady se sentent tous les deux obligés de me mettre en garde.

Bon sang, je suis content qu’ils l’aient fait, parce que quand j’arrive dans la rue de Matt et Conor, je repère tout de suite un groupe à une dizaine de mètres, au bord du trottoir. Si je n’avais pas été prévenu, j’aurais supposé qu’ils allaient à la fête et je les aurais salués chaleureusement.

Au lieu de ça, je ralentis pour me donner le temps de les observer. Ils sont cinq. Ils ne sont pas particulièrement grands, mais plutôt costauds. L’un est chauve et trapu et me dit vaguement quelque chose. Le plus grand est de dos mais il se tourne vers moi en entendant mes pas.

– Nico, je dis prudemment. Salut.

Je n’ai pas parlé à l’ex de Demi depuis le soir où elle a balancé ses affaires par la fenêtre. Et maintenant qu’on me l’a dit, c’est vrai qu’il ressemble un peu à Johnny Depp, avec la peau plus mate.

– Qu’est-ce qui se passe ? je demande puisqu’il ne répond pas.

– À toi de me le dire.

Je me retiens de lever les yeux au ciel.

– Je ne sais pas de quoi tu parles.

– Ah non ? Parce que les rumeurs disent que tu étais avec Demi lundi soir.

Ses joues sont rouges de colère, il serre les poings.

Ses amis avancent vers moi. Pas assez pour que je me sente menacé, mais suffisamment pour que je me raidisse et me prépare.

– Ouais, on est allés boire un verre chez Malone’s.

Je ne lui dis pas qu’on y est allés parce que Demi avait un rencard. Nico est déjà assez énervé comme ça.

– Le bruit court que c’était plus qu’un verre, gronde-t-il. À ce qu’on dit, vous avez fini en taule.

Eh merde !

J’ouvre la bouche pour répondre, mais Nico n’a pas fini.

– On dit que tu t’es fait arrêter pendant qu’elle te suçait.

– C’est pas ce qui s’est passé, je réponds calmement.

– Tu crois que ça fait de toi un homme, Davenport, de manquer de respect à ma nana ?

– Je ne manque de respect à personne…

Il n’a toujours pas fini.

– De l’utiliser ? siffle-t-il. De la forcer à te sucer ?

– Je ne l’ai pas forcée, je réponds avant de réaliser ce que ça implique. Il s’est rien passé, mec. C’était un malentendu et les flics nous ont relâchés. Mais même s’il s’était passé quoi que ce soit, tu n’as aucun droit d’être en colère. Vous êtes plus ensemble.

– On n’est pas ensemble pour le moment, corrige-t-il. Mais ça ne va pas durer. On se remet toujours ensemble.

– Si tu le dis.

– Tu ne sais rien de nous, gronde-t-il.

– Je sais que tu l’as trompée à une soirée de fraternité.

Son regard noircit.

– C’est elle qui te l’a dit ?

– Non, je t’ai vu, mec.

Un silence s’installe, puis Nico pousse un grognement.

– Attends, c’était toi ? C’est toi le connard qui m’a balancé ?

– Qu’est-ce que ça change ? Elle allait l’apprendre tôt ou tard, Nico. Elle allait forcément apprendre que tu l’as trompée avec sa pote parce que t’es trop con pour supprimer un mot de passe Wifi.

– C’est moi que tu traites de con ?

Il fonce sur moi et je l’évite en faisant quelques pas en arrière.

– Je dis juste que tu t’es mis tout seul dans la merde. Si tu veux accuser quelqu’un, regarde dans une glace.

– Tu m’as balancé, dit-il avant de s’adresser à ses potes derrière lui. Ce connard m’a balancé, vous le croyez, vous ? T’es un enfoiré, Davenport.

– C’est moi, l’enfoiré ? Tu as trompé ta meuf.

– Tu as enfreint le bro code, crache-t-il.

– Tu n’es pas mon bro, mec. On n’est pas potes, j’ajoute en faisant un pas en arrière. C’est bon, on a fini ?

J’ai à peine le temps de cligner des yeux qu’il me saisit par le col et m’attire vers lui. Son nez à quelques millimètres du mien, je sens l’alcool dans son souffle.

– Nico ! je gronde.

Un sourire machiavélique s’étire sur ses lèvres. Derrière lui, je vois ses amis avancer pour m’encercler.

– Lâche-moi, j’ordonne d’un ton ferme.

Il sourit de plus belle.

– Sinon quoi ?

 

1. Nom du trophée donné au gagnant du championnat de la NHL.

2. Matchs éliminatoires.

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