Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 8 sur 44

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Briar Université T3 The play

8 - Demi

8

Demi

 

Le lundi matin, Nico m’accompagne à la fac. Il a dormi chez moi hier soir, et j’ai la sensation que tout est redevenu normal tandis qu’on marche main dans la main le long d’un des nombreux sentiers pavés qui traversent Briar. Même s’il fait toujours aussi chaud, les feuilles des arbres commencent peu à peu à changer. J’ai vécu à Miami jusqu’à mes quinze ans et je suis habituée aux palmiers et aux maisons colorées, pas aux chênes pluri-centenaires et aux vieux bâtiments en pierre.

Je me souviens d’avoir boudé pendant des jours quand j’ai appris qu’on déménageait dans le Massachusetts. Mon père avait obtenu le poste de neurochirurgien en chef dans un prestigieux hôpital de Boston, ce qui est une opportunité rarissime, mais j’étais une ado gâtée et, pour moi, il était hors de question qu’on déménage.

Or, papa ne tolère pas les caprices. Ou plutôt, il me laisse crier et taper du pied et des poings… puis il me sourit d’un air moqueur et me demande : « C’est bon, tu as fini ? » On sait tous, de toute façon, que c’est lui qui aura le dernier mot. Il fait la même chose avec ma mère, qui est le cliché de l’Hispanique, avec une recette secrète de sauce tomate que sa famille se transmet depuis des générations et un tempérament encore plus fougueux que le mien, mais même ma mère ne fait pas le poids contre mon père.

Lorsqu’on est venus vivre à Boston, Nico et moi avons subi la distance pendant trois ans, en se voyant seulement pendant l’été et les vacances scolaires. À la fin du lycée, j’ai été acceptée à Briar et j’ai prié le ciel pour qu’il en soit de même pour Nico. Je dois avouer que j’ai eu peur. Nico est loin d’être bête, mais Briar est une université de l’Ivy League ultra-compétitive, et Nico n’avait ni une bourse d’athlète ni de bulletin de notes impressionnant à montrer. Il avait de bonnes notes, mais il n’était pas major de sa promo.

Au final, je crois que le jury a été conquis par sa lettre de motivation, dans laquelle il racontait son voyage qui l’a mené de Cuba aux États-Unis. Le père de Nico, Joaquín, est arrivé à Miami avant sa femme et son fils afin d’obtenir un travail et trouver un logement. Joaquín n’avait pas les moyens de payer un vol pour sa famille, donc Nico et sa mère sont venus en bateau. Mais il a coulé. Sans rire. Ils ont passé deux jours sur un radeau jusqu’à ce qu’un bateau de pêche les trouve et les ramène en sécurité sur la côte. Ils ont fini par obtenir la nationalité américaine, et la sœur de Nico, Alicia, est née en Floride.

La fierté qu’il ressent pour son pays d’adoption se reflétait dans sa lettre, que j’ai corrigée, et quand il a été pris à Briar, j’ai enfin pu respirer, profondément soulagée.

On arrive au bâtiment scientifique et je repère une silhouette familière, Hunter, qui est accompagné d’une superbe fille blonde. Elle porte un débardeur court et une petite jupe blanche, et ses cheveux sont relevés en chignon. Elle est aussi belle, si ce n’est plus, que la brune avec qui il dansait l’autre soir, ou que celle qui lui a apporté son déjeuner. Mon Dieu, je n’ai jamais vu de mec aussi populaire avec les femmes.

Je ne sais pas comment il fait pour tenir trois meufs différentes en une semaine ? Tant mieux pour lui, je suppose, mais ce doit être épuisant.

Je lui fais un signe de la main et il m’imite avant de dire quelque chose à son amie.

– C’est le joueur de hockey, j’informe Nico. Hunter.

– C’est vrai qu’il a l’air d’un sportif, répond Nico.

Je sens mon téléphone vibrer dans ma poche et je le sors pour lire le message.

TJ : Je suis déjà dedans. On se voit quand tu arrives.

– Tu veux qu’on se voie pour déjeuner ? demande Nico.

– Ouais ! On peut aller au self du bâtiment d’arts dramatiques ? Pippa dit qu’ils ont commencé à servir des tacos.

Il soupire.

– Tu m’as entendu, chéri ? Des tacos !

Je ne comprends pas pourquoi je suis la seule que ça excite.

Nico et moi fixons notre rendez-vous tandis qu’Hunter vient vers nous.

– Salut, dit-il en souriant.

– Salut, je réponds. Je te présente mon copain, Nico. Nico, Hunter.

– Salut mec, ça roule ? demande Hunter en lui tendant la main.

Nico la lui serre et ses fossettes apparaissent lorsqu’il sourit.

– Ça roule. Alors, comme ça, tu bosses sur un projet avec Demi ? Bonne chance, mec.

– Merde. Dis-m’en plus.

– Sache que si tu fais la moindre erreur, tu en entendras parler toute ta vie, explique Nico en faisant mine de frissonner, faisant rire Hunter.

– Un vrai cauchemar, hein ? demande mon binôme.

– Vous êtes sérieux, là ? Vous vous liguez contre moi ? C’est interdit.

Ils m’ignorent complètement.

– Tu as des conseils sur comment la supporter ?

Nico réfléchit quelques secondes.

– Quand elle est de mauvais poil, donne-lui une sucette. Le reste du temps, assure-toi qu’elle a toujours à manger, ou colle-la devant une émission qui parle de meurtres.

Hunter hoche la tête.

– C’est noté, merci.

– Allez vous faire foutre ! je m’exclame d’une voix chantante.

Nico sourit jusqu’aux oreilles et se baisse pour m’embrasser.

– Bon, je file. À toute à l’heure, mami.

– Ciao, chéri.

– Mami, ça veut pas dire maman ? demande Hunter après le départ de Nico.

– Si, mais c’est aussi un terme affectueux. Mami, papi, c’est un peu comme « chéri », si tu veux.

– Ah, ok. Dans ce cas, je t’autorise à m’appeler Big Daddy.

– Beurk. Jamais de la vie.

Hunter ricane tandis qu’on entre dans le bâtiment. TJ attend devant la porte, clairement agacé de me voir arriver avec Hunter.

– Salut, Pax n’est pas là ? je demande en regardant autour de nous.

– Je sais pas, répond TJ en me faisant une bise sur la joue.

– Allez, entrons nous asseoir.

Dans la salle, TJ s’assied à ma gauche, Hunter à ma droite. TJ fronce les sourcils, car on n’a pas l’habitude de s’asseoir avec d’autres étudiants, mais je hausse simplement les épaules en souriant. Je trouve Hunter amusant.

L’amphithéâtre se remplit peu à peu et Andrews arrive à son tour, mais Pax n’est toujours pas là.

– Pax t’a écrit ? je demande à TJ.

– Non.

– C’est qui, Pax ? demande Hunter, s’immisçant dans la conversation.

– Un de nos amis, je réponds. Tu lui as parlé la semaine dernière. Tu l’as appelé Jax.

– Ah, ok, Jax. Ce mec est hilarant.

– Il s’appelle Pax, je rétorque, exaspérée.

– Pax, confirme TJ.

Hunter se mâche la lèvre en réfléchissant.

– Vous êtes sûrs ?

– Oui ! je m’exclame en riant. Il s’appelle Pax Ling.

– Je suis sûr qu’il m’a dit qu’il s’appelait Jax. On ne doit pas parler du même mec.

Ce type est incroyable.

TJ ricane. Apparemment, même lui n’est pas immunisé contre le charme étrange d’Hunter.

Andrews commence son cours, qui est un aperçu des différents troubles de la personnalité. C’est parfait. Je n’ai toujours pas fixé le diagnostic de mon patient imaginaire, il pourrait être sociopathe, mais il ne présente pas de signe d’apathie. Il pourrait également être narcissique ou antisocial, ou même souffrir d’un trouble de la personnalité limite, autrement appelé « borderline », mais Hunter n’a pas décrit de sautes d’humeur ou de comportement impulsif, à moins de compter ses infidélités. Mais celles-ci paraissaient calculées, pas impulsives. J’espère que la prochaine session me permettra d’affiner mon diagnostic.

Mon téléphone vibre à la moitié du cours.

PAX : J’ai trop fait la fête hier soir et j’ai pas entendu mon réveil. Prends des notes !

Mon voisin fait le curieux et se penche pour lire le message.

– C’est Jax ?

– Non, c’est Pax.

– Je crois qu’il va falloir accepter notre désaccord.

Je souris en me concentrant de nouveau sur le discours d’Andrews. Elle décrit un cas qu’elle a traité, impliquant un patient antisocial, et la façon dont elle est parvenue au diagnostic. Ce cours est absolument génial.

– Tu veux aller boire un café ? demande TJ en prenant mon bras.

– En fait, je commence à répondre en regardant Hunter, on pourrait peut-être avancer sur le projet ? Je ne retrouve Nico qu’à treize heures trente.

– Ouais, pourquoi pas. J’ai fini les cours pour aujourd’hui.

– On boira un café une autre fois, je dis à TJ en serrant son bras.

– Pas de souci. Écris-moi plus tard.

TJ s’éloigne sous le regard attristé d’Hunter, qui secoue la tête.

– Pauvre mec.

– Pourquoi tu dis ça ?

– Il est fou de toi, mais il est tellement dans la friend zone que même une équipe de secouristes n’arriverait pas à l’en sortir.

– Il n’est pas fou de moi, je rétorque, ne comprenant pas pourquoi tout le monde dit ça. Je suis en couple depuis que je le connais.

– Et alors ? J’ai eu le béguin pour plein de nanas qui avaient des mecs. Ma queue ne fait pas la différence.

– Ouais, j’ai remarqué.

– Pourquoi tu dis ça ? dit-il en me parodiant.

– Ça veut dire que ça ne fait qu’une semaine que je te connais et que je t’ai déjà vu avec trois meufs différentes. Félicitations, ta queue doit être ravie.

– Crois-moi, ma queue est loin d’être satisfaite, répond-il en passant sa main dans ses cheveux bruns. Tu veux aller chez toi ?

– Et si on s’installait dans le parc ? je propose. Il fait super-beau.

– Je te suis, Semi.

Nous descendons l’allée qui mène à la pelouse verdoyante. Nous ne sommes pas les seuls à profiter de l’été indien. Plusieurs pique-niques sont en cours, ainsi qu’une partie de foot et de frisbee.

On s’installe sous un saule pleureur dont les branches tombantes nous abritent du soleil. Normalement, je m’assiérais tout de suite par terre, mais ma jupe est d’un ton beige pâle qui ne tolérera pas de traces d’herbe.

Je regarde donc mes pieds, ne sachant comment m’y prendre.

– Attends une seconde, princesse.

Je suis surprise de voir Monsieur Hockey enlever le tee-shirt à manches longues qu’il porte sur son marcel blanc. Il l’étend par terre devant moi.

– Madame, dit-il alors d’un ton moqueur.

– Oh, merci. C’est étonnamment mignon de ta part.

Je m’assieds dessus et m’allonge à moitié, appuyée sur mes coudes pour regarder la canopée verte au-dessus de nous.

– Pourquoi étonnamment ? demande Hunter.

– Je ne te croyais pas si galant.

– Alors, tu as cru que j’étais un connard ? À ce propos, qu’est-ce qui te fait penser que je me tape trois meufs ? demande-t-il d’un air confus.

– Oh, ne fais pas semblant de pas savoir de quoi je parle ! Il y a la fille qui t’a apporté ton déjeuner et qui te suppliait presque de l’aimer, il y a celle avec qui tu dansais chez Malone’s, et la blonde d’aujourd’hui qui ressemble à un top model.

Hunter se met à rire.

– Je ne couche avec aucune d’entre elles. Ce sont mes colocs.

– Tes colocs ? je répète d’un ton dubitatif.

– Ouais, celle avec la voix insupportable sort avec un de mes potes, la blonde est en couple avec un autre de mes amis, et la brune du bar a aussi un mec. Et je vis avec les trois.

– Tu vis avec trois meufs ?

– Au départ c’était moi, Hollis et Fitz, mais ils sont diplômés et, apparemment, il a été décidé que Summer, Rupi et Brenna emménageraient à leur place. Il n’y a eu ni réunion ni discussion. Personne ne m’a demandé mon avis. Non pas que je me plaigne.

– Bien sûr que si !

– Bon, ok, je me plains, grommelle Hunter. Les filles sont super, mais j’aurais préféré que ce soit des coéquipiers qui emménagent. En même temps, c’est plus simple pour Hollis et Fitz, comme ça. Hollis rentre le week-end, et en théorie Fitz habite encore avec nous, mais il est souvent en déplacement pour le boulot. Bref, la morale de l’histoire, c’est que ma queue ne les a jamais approchées.

– Ok, mais je suis sûr qu’elle approche un tas d’autres filles.

– Pas du tout.

– Mais bien sûr, je réponds en le dévisageant. Tu t’es vu ?

Il sourit jusqu’aux oreilles d’un air suffisant.

– Est-ce que c’était un compliment ?

– C’est un fait ; t’es beau gosse. Je le sais, tu le sais, et tous les étudiants sur cette pelouse le savent.

Je désigne un groupe de filles assises un peu plus loin. Toutes les deux secondes, l’une d’entre elles tourne la tête dans notre direction en souriant bêtement.

– Et alors ? Les gens qui sont beaux passent forcément leur temps à baiser ?

– Tu joues au hockey et tu es canon. Ne me dis pas que tu ne couches avec personne. Je ne suis pas bête, tu sais.

– Je ne couche avec personne.

Il paraît on ne peut plus sérieux et, soudain, je comprends.

– Ah, on a commencé la session ?! Fallait me le dire, faut que je prenne des notes !

Il éclate de rire.

– La session n’a pas commencé et je suis très sérieux. Je suis chaste.

– Chaste ?

– J’ai fait vœu de chasteté, explique-t-il.

– Je sais ce que ça veut dire, Hunter. C’est juste que je ne te crois pas.

– C’est vrai !

– Menteur.

– Je te le jure.

– Prouve-le.

– Comment ? s’exclame Hunter, saisi d’un fou rire.

Je suis sur le point de lui crier dessus en lui interdisant de se moquer de moi quand je comprends combien ma demande est idiote. Bien évidemment, il ne peut rien prouver.

– Ok… Je veux bien jouer le jeu. Pourquoi tu as fait vœu de célibat ?

– Parce qu’il faut que je me concentre sur la saison de hockey.

– Et tu ne peux pas jouer au hockey et avoir des orgasmes en même temps ?

– Apparemment pas.

– Explique-moi.

– Je me suis comporté comme un imbécile, l’an dernier. Summer, la blonde avec qui j’étais ce matin, me plaisait et…

– Celle qui sort avec ton ami ?

– Oui. Mais avant qu’elle sorte avec Fitz, on s’est embrassés, le soir du nouvel an, et… Bref. C’est une longue histoire qui est loin d’être passionnante. En gros, Fitz m’a dit qu’elle ne l’intéressait pas et il est sorti avec elle dans mon dos. Et je n’ai pas très bien géré la situation.

– Je te comprends, je réponds, outrée à sa place. Il a enfreint le bro code !

– Ah, on est d’accord !

– Et tu vis quand même avec eux ?

– Ben, ouais. Fitz est un mec bien. C’est juste qu’il était dans le déni à propos de ses sentiments. Après ça, tous les moyens étaient bons pour m’aider à oublier Summer. J’ai beaucoup fait la fête et je couchais avec toutes les nanas que je croisais. Mais j’ai fini par coucher avec la copine d’un adversaire. Je ne le savais pas, sur le moment, précise-t-il. On a joué contre eux en finale du tournoi régional, et c’est là que je l’ai su. Son mec a pété un câble et il m’a cassé le poignet.

– Mon Dieu !

– On a perdu le match et l’autre équipe a fini par remporter le Championnat national. Donc, je vais tout faire pour que ça ne se reproduise pas.

Je ne peux pas m’empêcher de rire.

– Je trouve que faire vœu de chasteté est une solution extrême pour un problème très simple. Il te suffit de ne pas coucher avec des filles maquées.

– C’est pas que ça, admet-il. Je suis capitaine de l’équipe, cette année, et je veux être un bon leader. Je veux me rattraper pour ce qui s’est passé l’année dernière. Je crois que ça vaut mieux pour tout le monde que je me concentre sur le hockey, et pas sur les meufs et la fête.

Il sort son téléphone de sa poche et regarde l’écran.

– Bon, on bosse, ou pas ? J’ai une heure avant de devoir partir.

– Tu as quoi, dans une heure ?

– Je dois passer chez un coéquipier.

– Le beau gosse ?

– Demi, c’est moi le beau gosse, répond-il en me faisant un clin d’œil. Tu parles de Conor ? Ouais, c’est chez lui, donc il sera sans doute là. Mais tu n’as pas un mec, que je viens juste de rencontrer ?

– Ça n’empêche pas ton pote d’être canon. Ma copine Pippa l’a kiffé.

– Dans ce cas, je préfère te prévenir : Conor est aussi obsédé par le sexe que je l’étais l’an dernier, donc elle devrait sans doute l’éviter si elle veut un truc sérieux.

– Ça fait combien de temps, pour toi ? je demande, curieuse.

– Depuis que j’ai baisé ?

– Non, depuis que tu as escaladé l’Everest, imbécile !

– Depuis avril, donc… ça fait… cinq mois ?

– Mon Dieu, tu es un moine ! Pauvre de toi !

– Je sais, râle-t-il en s’allongeant sur le dos. C’est affreux, Semi. Le sexe me manque.

– Moi, j’ai fait l’amour hier soir.

– T’es méchante.

– Mais c’est vrai !

– Je viens de te dire que je suis en manque et toi, tu te vantes d’avoir baisé hier soir ? C’était comment ?

– Le sexe ? Pas mal.

– Commence au début, ordonne Hunter. Est-ce que c’est lui qui t’a déshabillée, ou tu lui as fait un strip-tease ? Est-ce que…

– Attends, t’essaies sérieusement de faire l’amour par procuration ?

– Oui, gronde-t-il. Tu ne comprends pas. Je ne peux même pas regarder de pornos parce que mes colocs débarquent sans cesse dans ma chambre ou se mettent à cogner à la porte si j’ai le culot de la fermer à clé. Je te jure, ces meufs n’ont aucune bienséance. J’en suis réduit à me branler sous la douche, dit-il avant de marquer une pause. Peut-être que je devrais acheter un de ces téléphones étanches et l’emporter dans la salle de bains ? Comme ça, je pourrais me masturber en regardant de vraies filles ?

– Ce ne sont pas de vraies filles, Hunter. Les films pornos sont responsables des attentes impossibles que les hommes ont des femmes. Aucune meuf n’est foutue comme les actrices pornos et le vrai sexe n’est jamais comme ça.

– Ah ? Et c’est comment, le vrai sexe ?

– Le vrai sexe est brouillon. C’est maladroit, avec des fronts qui se cognent, des positions gênantes et des crampes. C’est du rire, des jurons, des orgasmes qui sont parfois multiples et parfois inexistants. C’est fun, mais c’est désordonné et loin d’être parfait.

Il me fusille du regard.

– Tu es vraiment horrible. Maintenant, je pense à tout le sexe qui m’est interdit.

– C’est toi qui en as parlé.

– Ah bon ? Je ne me souviens plus. Je ne sais plus où le sexe finit et où je commence.

J’éclate de rire. Ce mec est vraiment drôle. Il est bien plus cool que je le pensais, et loin d’être aussi arrogant que TJ a laissé entendre.

Je dois avouer qu’Hunter Davenport me plaît de plus en plus.

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