Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 36 sur 44

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36 - Hunter

36

 

Hunter

 

Il n’y a rien de pire que d’être le mec qui arrive après l’enfoiré qui a été infidèle.

Pour être honnête, je suis surpris que Demi n’ait pas craqué plus tôt. Alors oui, elle s’est effondrée le soir où elle a appris que Nico l’avait trompée et elle a jeté ses affaires par la fenêtre avant de lui coller une droite, mais je crois qu’elle n’avait pas réalisé jusque-là les conséquences émotionnelles de l’infidélité de Nico.

Or, je ne connais que trop bien ces conséquences. Je me souviens du comportement de ma mère chaque fois qu’elle apprenait les tromperies de mon père. Elle était sur les nerfs et suspicieuse de tout pendant des semaines, voire des mois. Dès qu’il lisait un sms, elle se crispait en se demandant qui lui écrivait. Dès qu’il devait aller au travail, son visage était déformé par l’angoisse en se demandant qui il allait se taper, cette fois.

J’ai longtemps été triste pour elle, mais ce n’est plus le cas. Chacun fait ses choix et décide de sa vie. On n’est pas des victimes impuissantes face à un tyran qui les enferme dans une vie misérable. Ma mère a décidé de rester avec mon père. Je n’ai plus pitié d’elle, elle avait d’autres options. Elle n’est pas forcée d’être malheureuse et craintive, de douter de tout. Elle n’est pas obligée d’encaisser les conneries de mon père. Elle l’a choisi.

Mais contrairement à ma mère, Demi ne veut pas être coincée dans cette situation. Elle est tout de suite venue me voir pour que je la rassure, et c’est ce que je compte faire.

– Tu m’aimes, répète-t-elle.

Mon cœur bat la chamade, je plonge mon regard dans le sien. Je n’arrive pas à déchiffrer son expression. Je ne sais pas ce qu’elle pense de ce que je viens de lui dire. D’ailleurs, je ne sais pas ce que j’en pense, moi non plus.

Je n’ai dit ces mots qu’à une autre personne, une copine du lycée. Et pour être honnête, c’est elle qui l’a dit d’abord et je me sentais mal de ne pas lui répondre. Les garçons sont des trouillards quand ils sont ados. Je n’étais pas vraiment amoureux de cette fille.

Quant à celle-ci, à cette femme sublime qui est assise sur mes genoux… je sais que je l’aime. J’aime tout chez elle, son intelligence, son insolence, sa folie. Il y a des tonnes de facettes à sa personnalité, et plus j’apprends à la connaître, plus je l’aime.

Donc oui, j’accepte la lourde tâche de réparer les dégâts causés par Nico. Je vais être patient et aider Demi à faire de nouveau confiance au sexe masculin, qui a acquis une mauvaise réputation à cause d’hommes comme Nico ou mon père. Je vais rester à ses côtés et la couvrir de « je t’aime » jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle n’a rien à craindre de ce que je fais ni de qui je vois, parce qu’elle est la seule qui compte pour moi.

Un étrange sentiment s’empare de moi. Je me sens puissant. Et je comprends soudain quelque chose. De la même façon que ma mère a les clés de son bonheur, la clé de mes pulsions est entre mes mains. Je ne suis pas esclave de mes gènes, et je ne suis pas mon père.

– Merde, je dis d’une voix émerveillée.

– Quoi ?

Demi semble encore confuse de ma déclaration.

– Je ne te tromperai jamais, je m’exclame.

– Tu as l’air surpris, ricane-t-elle.

– Ben, oui. Je repense à la conversation qu’on a eue il y a quelque temps à propos de ma carrière de hockey, et du fait que je ne voulais pas être mon père et céder à la tentation, etc. Mais je ne conçois pas la possibilité d’être tenté par quelqu’un d’autre. C’est peut-être naïf de ma part, mais dix nanas à poil pourraient se jeter sur moi, je n’aurais d’yeux que pour toi. Même si tu es toute bouffie d’avoir pleuré.

– Qui tu traites de bouffie ? s’exclame-t-elle.

– Toi, Semi. Tu n’es pas belle quand tu pleures.

Elle me frappe l’épaule.

– Tu es censé être romantique !

– Je viens de te dire que je t’aime ! Crois-moi, je ne peux pas être plus romantique que ça.

– C’est vrai, admet-elle avant de se mordre la lèvre. Je ne sais pas si je suis prête à te le dire.

Je ne peux que rire, parce qu’elle est adorable lorsqu’elle se mord nerveusement la lèvre.

– Je ne l’ai pas dit pour que tu le dises en retour. Je l’ai dit parce que c’est ce que je ressens. Je t’aime. Et je ne veux embrasser personne d’autre que toi.

J’approche ma bouche de la sienne et elle me serre contre elle. On se laisse tomber en arrière sur le lit et le baiser devient fougueux. Je m’appuie sur un coude et pousse un grognement lorsque mes côtes endolories protestent.

– Je ne peux pas rester dans cette position, j’ai trop mal. Désolé, bébé.

– Ne sois jamais désolé. Pour rien du tout.

– Pour rien du tout ? je demande en souriant.

– Non, attends, je retire ce que j’ai dit. Je suis sûre que tu vas être désolé pour plein de choses qui mériteront tes remords, mais ça, ça n’en fait pas partie. Allonge-toi. Laisse-moi m’occuper de toi.

– Mais c’est moi qui suis censé te chouchouter.

– Dans ce cas, pourquoi tu as passé la soirée à m’envoyer des photos de tes bobos ?

– Juste pour t’embêter pendant que tu étais avec tes amis.

– T’es chiant. Alors, ça veut dire que tu ne veux pas de mes bisous magiques ?

Elle soulève mon tee-shirt et m’embrasse sur la hanche, me faisant frissonner.

– Il faut être idiot pour refuser des bisous magiques.

– C’est ce que je pensais, répond-elle en enlevant mon tee-shirt, grimaçant lorsqu’elle découvre les bleus sur mes abdos. Waouh, c’est pas beau à voir. Peut-être que je ne devrais pas faire ça.

Elle caresse délicatement mes abdos en effleurant l’élastique de mon jogging.

– Tu devrais toujours faire ça, Semi.

– Tu es sûr que ton corps peut le supporter ? Parce… j’en ai vraiment besoin, admet-elle timidement.

– On en a tous les deux besoin.

Elle enlève son pull et se lève pour retirer son pantalon. Elle me laisse un instant pour prendre un préservatif et revient aussitôt pour baisser mon jogging. Je n’ai pas mis de boxer et elle gémit joyeusement en prenant mon sexe dans sa main.

Je suis dur et on ne peut plus prêt. Elle enfile la capote sur ma verge et je passe ma main entre ses cuisses, découvrant qu’elle est aussi prête que moi. Bon sang, cette fille m’excite tellement.

– Viens ici et chevauche-moi, je gronde.

Mon impatience la fait rire, mais elle s’exécute néanmoins, saisissant la base de mon sexe pour la placer à l’entrée du sien.

– Putain… je grogne quand je suis complètement en elle. C’est tellement bon d’être en toi.

Elle ondule son bassin, et c’est encore meilleur.

– Est-ce que ça va ? demande-t-elle en prenant soin de ne pas me faire mal.

– Merveilleusement bien, je réponds alors que je vois déjà des étoiles.

Mon souffle accélère et j’empoigne ses fesses, promenant ensuite mes mains sur sa taille jusqu’à ses seins. J’adore la toucher. J’adore les bruits qu’elle fait quand elle ondule sur moi en cherchant à atteindre l’orgasme.

Je plonge une main dans ses cheveux et les saisis pour tirer sa tête vers moi.

– Embrasse-moi.

Elle s’exécute et gémit lorsque nos langues se rencontrent. On reste dans cette position pendant longtemps, faisant lentement l’amour en nous embrassant, nos corps plaqués l’un contre l’autre. Et quand je jouis, je sais sans l’ombre d’un doute que je suis véritablement amoureux de cette fille.

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