Briar Université T3 The play

Elle Kennedy · Chapitre 42 sur 44

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42 - Demi

42

Demi

 

J’ai l’impression d’avoir couru deux marathons et d’être partie en guerre lorsque Hunter et moi passons enfin la porte de chez lui, quelques heures plus tard.

Son équipe a remporté la victoire, donc tout le monde est sorti faire la fête. On a décidé de rentrer, tout comme Summer et Fitz, et Brenna, qui a dit qu’elle préférait skyper son mec que de « supporter une bande de mecs bourrés et en rut ».

La maison est plongée dans le noir et dans un silence de plomb tandis qu’on s’entasse dans l’entrée pour se déchausser.

– Ok, c’est hyper-flippant, remarque Brenna.

– C’est bizarre, quand ils ne sont pas là, acquiesce Summer.

– Qui ? je demande. Hollis et Rupi ?

– Ouais, dit Summer. Écoute…

– J’entends rien.

– Justement ! s’exclame-t-elle.

On passe la porte du salon et le téléphone de Brenna émet des notes de musique mélancoliques et familières. C’est « The Sound of Silence » de Simon et Garfunkel, et j’éclate de rire lorsqu’elle le tient en l’air pour qu’on entende tous.

Brenna n’a pas tort, je n’ai jamais connu cette maison aussi silencieuse.

– Ils sont partis où, au fait ?

– On ne sait pas, répond Hunter. Hollis a dit que c’était une surprise.

– Une surprise pour qui ?

– Pour Rupi.

– Pourquoi il ne vous a rien dit ? je rétorque.

– Parce que c’est une surprise…

– Je ne comprends pas ce mec, je réponds en soupirant.

– Personne ne le comprend, admet Brenna. Ne te fatigue pas à essayer.

– Bref, si vous voulez bien nous excuser, annonce Hunter, Semi et moi partons au lit. Elle a eu une soirée difficile.

– Je suis vraiment désolée que tu aies vécu ça, me dit Summer.

On n’est pas très proches, et elle me surprend lorsqu’elle me prend dans ses bras et me serre très fort.

– Merci. C’était terrifiant.

– J’espère que ton ami va s’en sortir, dit Fitz.

– Moi aussi.

Je me demande ce que vont penser les psys à l’hôpital. Je crois qu’il souffre d’une dépression sévère, et il a clairement un grave manque de confiance en lui. J’espère que la personne à qui il parlera pourra l’aider à guérir.

J’imagine que la police ou la fac ont déjà contacté sa famille, et je compte aller le voir dès qu’il aura le droit d’avoir de la visite. TJ a toujours été là pour moi quand j’avais besoin de parler, et je compte en faire de même pour lui.

Mais, ce soir, je ne veux plus penser à ce qui s’est passé sur ce toit. Papa et moi en avons longuement discuté autour d’un café, j’ai été émue de voir combien il était fier de moi lorsque je lui ai expliqué comment j’ai dissuadé TJ de sauter. J’espère qu’il finira par accepter mon changement de carrière. Et peut-être qu’un jour il sera fier de moi pour ça, aussi.

Je regarde mon téléphone quand on entre dans la chambre d’Hunter. J’ai un million de messages, de Pippa, Corinne, Darius, Pax, ma mère, et même un sms de Nico, que j’ai débloqué après Noël. Il me dit qu’il a appris ce qui s’est passé et qu’il est content qu’on aille tous les deux bien, et que je suis une bonne amie. C’est un message gentil, je me promets d’y répondre demain, en même temps qu’aux autres.

– Félicitations pour ta victoire, je dis à Hunter.

– Félicitations pour la tienne, répond-il. Tu as sauvé la vie de ton ami.

– Je me sens vraiment mal pour lui. Il a toujours été timide et réservé, mais je ne pensais pas qu’il était suicidaire, Hunter. Vraiment.

– Je sais, bébé.

– J’aurais aimé qu’il me parle de ses sentiments plutôt que de les enfouir et d’attendre d’aller si mal qu’il préfère se suicider, je dis en ravalant le nœud qui se forme dans ma gorge. C’est juste que… Tu sais quoi ? Je ne veux plus en parler. Change-moi les idées, s’il te plaît.

– Ok… Tu veux que je te raconte le coup de fil que j’ai reçu de l’agent de Garrett aujourd’hui ?

– Mon Dieu, non ! je m’écrie en paniquant.

– Comment ça, « non » ?

– Garrett m’a dit que tu n’avais pas le droit d’avoir un agent. Que c’est contre le règlement de la NCAA…

– Ne t’en fais pas, ça va, dit Hunter en souriant. Il m’a juste appelé pour se présenter. De façon officieuse. Et… peut-être qu’on a tous les deux exprimé notre intérêt mutuel. Officieusement, bien sûr.

– Tous les deux ? Tu es intéressé ?

J’essaie de ne pas sourire. Je savais qu’appeler Garrett serait le coup de pouce dont Hunter avait besoin.

– Oui. Enfin, on ne sait même pas si des équipes voudront me recruter après la fac…

– Je suis sûre que si.

– … Mais s’il y en a une, et que c’est un bon contrat…

– Tu signeras ?

– Je signerai. Mais ça implique que tu postules à un master dans la ville où j’atterris, dit Hunter en m’attirant dans ses bras. Ou alors, on attendra de voir où tu poursuis tes études et je dirai à l’agent de Garrett de me faire recruter par cette équipe.

– On se débrouillera, promis.

J’adore savoir qu’il pense déjà à notre avenir, et pourquoi pas, d’ailleurs ? Je rêverais de faire mon master en ouvrant un cabinet pendant que l’homme que j’aime joue…

– Putain ! je m’écrie soudain. J’ai oublié de te dire que je t’aime !

Hunter écarquille les yeux et éclate de rire.

– Je te demande pardon ?

– J’ai oublié de te dire que je t’aime. Je voulais te le dire l’autre soir, mais…

– Tu n’étais pas prête, je comprends.

– Ce n’était pas le bon moment, étant donné les circonstances. Mais je t’aime vraiment.

Je me sens rougir. Je ne pensais pas tomber amoureuse de Monsieur Hockey, avec ses fossettes et son sens de l’humour étrange. Mais la vie est pleine de surprises.

– Je t’aime, Hunter Davenport.

– Je t’aime aussi, Demi Davis.

Il baisse la tête pour m’embrasser et ses mains glissent sous mon pull pour caresser mon dos. Il pousse un cri horrifié.

– Putain, Demi, tu es un vrai glaçon ! Viens ici.

Je souris en le laissant me déshabiller.

– Si tu veux me réchauffer, tu es censé me mettre plus de vêtements.

– Non, c’est moi que je dois mettre sur toi.

Il joue des sourcils et rabat la couette de son lit. On se glisse dessous pour se blottir l’un contre l’autre. Il pose ensuite une main sur mon sexe, qu’il caresse délicatement.

– Comment tu peux déjà être mouillée ?

– C’est ce qui se passe quand tu es dans les parages, je marmonne.

Je baisse mon bras et trouve son sexe chaud et épais. Mais Hunter me prive de mon moment de plaisir, dégageant ma main en hurlant dans mon oreille.

– Putain, Demi ! Je t’interdis de toucher ma queue ! Plus jamais !

J’éclate de rire.

– J’ai les mains froides ?

– Froides ? J’en ai déjà des engelures ! Non, non, non. Je t’interdis de me toucher ce soir.

Il me pousse sur le dos et saisit mes poings pour bloquer mes mains au-dessus de ma tête.

– Ne bouge pas, gronde-t-il.

– Sinon quoi ?

– Sinon je ne te ferai pas l’amour.

– Tu es méchant, je réponds en boudant.

– Non, ce qui est méchant, c’est le crime que tu viens de commettre contre mon pénis.

J’éclate encore de rire. J’adore ce mec. On s’amuse toujours, tous les deux, quelles que soient les circonstances. Qu’on étudie, qu’on soit en cellule de dégrisement ou qu’on soit nus dans un lit, il me fait toujours hurler de rire.

– Je te préviens, Demi…

– Roh, d’accord. Vas-y, fais ton truc.

Hunter sourit jusqu’aux oreilles et baisse la tête vers moi, effleurant ma bouche de la sienne, avec sa langue, caressant ma peau gelée avec ses doigts calleux. Il finit par lâcher mes mains, mais je ne bouge pas, laissant Hunter s’occuper de moi. Il prend un téton dans sa bouche et le suce délicatement, titillant la pointe avec sa langue jusqu’à ce que mon bassin se soulève frénétiquement pour frotter mon sexe au sien.

– Roh, putain… gronde Hunter en plongeant un doigt en moi.

Sa bouche ne quitte pas mon sein tandis qu’il se met à me doigter.

– Bon sang, Demi, il faut que je sois en toi. Tout de suite.

Il frotte son sexe à ma cuisse, y laissant une trace de liquide préséminal. Mais il se lève pour attraper une capote et je rouspète.

– Tu aurais dû faire ça avant !

– Ne me gronde pas quand je suis sur le point de te donner un orgasme.

– Qui dit que tu vas me donner un orgasme ?

Il empoigne sa verge et l’agite.

– Elle, répond-il.

Mon rire se transforme en gémissement lorsque Hunter s’allonge sur moi et me pénètre en un coup de bassin. Il me remplit parfaitement et mon sexe s’étire pour accueillir le sien. Je caresse son dos tandis qu’il me fait tendrement l’amour, lentement.

– Je t’aime tellement, je chuchote.

– Je t’aime aussi.

Il recule les hanches et me pénètre de nouveau, brusquement. Une vague de plaisir s’accumule dans mon bas-ventre avant de parcourir mes veines, embrasant mon sang. Je n’ai plus froid, je suis bouillante. Le corps d’Hunter est brûlant et sa langue est chaude et affamée. Son sexe me procure des sensations incroyables, augmentant toujours mon plaisir.

Lorsque mon orgasme jaillit enfin, je crie en m’accrochant à lui. Il avale mes gémissements en m’embrassant langoureusement, puis il grogne à son tour lorsqu’il jouit.

– Je ne vais jamais me lasser de ça, dit-il d’une voix rauque.

Il nous fait rouler de sorte que je sois désormais allongée sur lui.

– Ça tombe bien, parce que ce n’est pas près de finir.

– Ah vraiment ? dit-il en me serrant contre lui. Qu’est-ce que tu insinues ? Qu’on va rester ensemble toute la vie ?

Je souris et plonge mon regard dans le sien avant de l’embrasser.

– C’est exactement ce que je dis.

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