Briar Université T3 The play
Dédicace
À Sarah J. Maas, pour ton soutien et ton enthousiasme.
Pour m’avoir rappelé pourquoi j’écris.
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1
Hunter
Cette soirée est nase.
J’aurais dû rester chez moi, mais ces jours-ci, être « chez moi » ressemble au tournage des Kardashian. Grâce aux trois gonzesses avec qui je vis, le niveau d’œstrogène y est insoutenable.
En même temps, le niveau d’hormones féminines n’est pas moins élevé ici, à la maison Theta Beta Nu, mais au moins j’ai le droit d’être attiré par les nanas qui y sont. Mes colocs sont toutes en couple, donc je n’ai pas le droit de les toucher.
T’as pas le droit de toucher ces meufs-ci non plus…
C’est vrai. À cause de mon vœu de chasteté, je ne peux toucher personne, point à la ligne.
D’ailleurs, ça soulève une question : si on ne peut coucher avec personne à une soirée de sororité, est-ce que ça reste une fête ?
Je me surprends à serrer ma main beaucoup trop fort sur le gobelet en plastique rouge que Matt Anderson, mon ami et coéquipier, vient de me donner.
– Merci, mec, je marmonne.
Je bois une gorgée et grimace aussitôt. La bière est coupée à l’eau, mais c’est peut-être une bonne chose. Ça m’aidera à n’en consommer qu’une seule. L’entraînement ne commence qu’à dix heures, demain, mais je compte arriver plus tôt pour travailler sur mon lancé-frappé.
La saison dernière s’est clôturée de façon catastrophique, et je me suis juré de faire du hockey ma priorité. Briar n’a pas pu accéder au Championnat national, l’an dernier, et c’est de ma faute. Cette saison sera différente.
– Et elle, t’en penses quoi ? demande Matt en désignant une jolie nana vêtue d’un minuscule boxer et d’un caraco rose.
Elle n’a pas mis de soutif et ses tétons pointent sous le tissu soyeux. J’en ai l’eau à la bouche.
Ah, j’ai oublié de préciser que c’est une soirée pyjama ? Ouaip ouaip. Ça fait presque cinq mois que je n’ai pas baisé et je commence mon année de licence par une fête où toutes les meufs sont quasi nues. Je n’ai jamais dit que j’étais un type malin.
– Elle est canon, je réponds à Matt. Vas-y, lance-toi.
– J’irais bien, mais… c’est toi qu’elle mate, grommelle-t-il.
– Eh bien, je suis hors service, je rétorque en haussant les épaules. T’as qu’à le lui dire, j’ajoute en le bousculant. Je suis sûr qu’elle sera ravie de se rabattre sur toi.
– Ha ! Va te faire foutre. Je ne suis le second choix de personne. Si elle ne crève pas d’envie d’être avec moi, je préfère trouver une autre meuf. Pas question de me battre pour attirer l’attention des filles.
C’est pour ça que j’apprécie autant Matt. Il est compétitif sur la glace, mais en dehors de ça, c’est un mec bien. J’ai joué au hockey toute ma vie et j’ai connu des coéquipiers qui n’avaient aucun scrupule à piquer la nana d’un autre, ou pire encore, à coucher avec elle dans son dos. J’ai joué avec des mecs qui considèrent que les groupies sont des objets jetables ou qui se sont refilé les meufs comme des Tic Tac. Des mecs avec zéro respect et une éthique minable.
À Briar, j’ai la chance de jouer avec des mecs super. Bien sûr, chaque équipe a plus ou moins sa paire d’enfoirés, mais la plupart de mes coéquipiers sont de chouettes types.
– Je ne m’inquiète pas pour toi, je réponds. La jolie brune à quatorze heures te déshabille du regard.
Matt écarquille les yeux, ravi de découvrir une petite femme aux courbes délicieuses, en nuisette blanche. Elle rougit lorsque leurs regards se croisent, puis elle sourit timidement en levant son verre dans sa direction.
Matt m’abandonne sans un mot, et je ne lui en veux pas.
Le salon est rempli de jeunes femmes en lingerie et de garçons en
pyjamas en soie, à la Hugh Hefner 1. Je ne savais pas que c’était une soirée à thème, donc je suis en cargo short et en marcel blanc, et ça me va parfaitement. La plupart des mecs sont ridicules dans leur tenue.
– Tu passes une bonne soirée ?
La musique est forte, mais pas assez pour m’empêcher d’entendre ce que dit la nana qui me matait alors que Matt la reluquait.
– Ouais, y a du monde, je réponds en haussant les épaules. Et le DJ n’est pas mal.
Elle se rapproche de moi.
– Je m’appelle Gina.
– Hunter.
– Je sais qui tu es, répond-elle d’un ton compatissant. J’étais là pour la finale régionale contre Harvard, quand cet enfoiré t’a cassé le poignet. Je n’arrive pas à croire qu’il ait fait ça.
Moi, si : je m’étais tapé sa meuf.
Cependant, je ne le dis pas à Gina. Et puis, je n’ai pas fait exprès. Je ne savais pas qui était cette nana quand j’ai couché avec elle. En revanche, elle savait qui j’étais, moi. Elle voulait se venger de son mec, mais je ne l’ai su que lorsqu’il s’est jeté sur moi en plein milieu d’un des matchs les plus importants de la saison, celui qui détermine qui atteint le Frozen Four. Ce connard d’Harvard m’a cassé le poignet en me taclant. Mon match s’est donc arrêté là, tout comme celui de notre capitaine, Nate Rhodes, qui s’est fait exclure en voulant me défendre.
Je secoue la tête et me force à mettre ce souvenir de côté.
– C’était une façon affreuse de terminer la saison, je réponds.
Gina pose sa main sur mon bras. Au risque de paraître arrogant, mes bras sont vraiment énormes, ces jours-ci. Quand on ne baise pas, il est impératif de faire du sport pour éviter de devenir dingue.
– Je suis vraiment navrée, ronronne-t-elle.
Elle caresse délicatement mon bras, me faisant frissonner. Je réprime un grognement, horrifié de voir qu’il suffit qu’une nana effleure mon bras pour que je bande.
Je sais que je devrais repousser sa main, mais ça fait des lustres qu’une femme ne m’a pas touché de façon non platonique. À la maison, mes colocs ont constamment leurs pattes sur moi, mais ça n’a rien de sexuel. Brenna adore me pincer les fesses chaque fois qu’on se croise dans le couloir, mais ce n’est pas parce qu’elle me désire : c’est juste parce que c’est une garce.
– Tu veux qu’on aille dans un endroit plus calme pour parler, ou autre ? propose Gina.
J’ai vécu suffisamment longtemps sur cette planète pour savoir ce que « ou autre » signifie dans la bouche d’une fille.
1) On ne va pas beaucoup parler.
2) « Autre » est la seule chose qu’on va faire.
Je sais que je devrais dire non, mais je déprime déjà à l’idée de rentrer chez moi pour me masturber dans ma chambre pendant que mes colocs regardent un marathon de Laguna Beach : The Hills.
– Ok, je réponds à Gina avant de la suivre hors du salon.
*
* *
Nous atterrissons dans une petite pièce avec un canapé, une bibliothèque et un bureau placé sous la fenêtre. Étonnamment, nous sommes seuls. Les dieux de la fête ont dû avoir pitié de mon célibat et semblent avoir décidé de nous offrir le genre d’intimité que je devrais fuir comme la peste. Au lieu de ça, je suis sur le canap et Gina m’embrasse dans le cou.
Son caraco en soie effleure ma peau et c’est tellement agréable que c’en est presque pornographique. Tout m’excite, ces jours-ci. J’ai eu une érection devant une publicité Tupperware sur YouTube, parce qu’on y voyait une MILF éplucher une banane. Elle l’a ensuite coupée en morceaux pour la mettre dans la boîte en plastique, et même ça, ça ne m’a pas empêché de me branler en pensant à elle. Encore quelques mois et je vais me retrouver à me taper les tartes aux pommes que fait ma coloc Rupi tous les dimanches.
– Tu sens tellement bon, susurre Gina en respirant mon parfum.
Son souffle chaud chatouille mon cou, puis elle plaque de nouveau sa bouche sur ma peau. C’est délicieux. Elle est assise à cheval sur moi, frottant son corps pulpeux au mien. Mais je dois y mettre fin.
J’ai fait une promesse, à moi et à mes coéquipiers, même si aucun d’eux ne m’a demandé de le faire et qu’ils pensent tous que je suis fou de tenter l’abstinence. Matt a déclaré qu’il ne croit pas que mon célibat aura le moindre effet sur nos matchs. Mais je reste persuadé que si, et pour moi, c’est une question de principe. Les mecs m’ont élu capitaine. Je prends cette responsabilité très au sérieux et je sais d’expérience que j’ai tendance à laisser les nanas me perturber. L’an dernier, ma saison de baise frénétique m’a valu un poignet cassé. Je n’ai aucune envie de retenter le diable.
– Gina, je…
Elle me fait taire en s’emparant de ma bouche et j’oublie ce que je voulais dire. Elle a un goût de bière et de bubble-gum. Et ses boucles rousses, qui tombent sur son épaule, sentent la pomme. Miam… J’ai envie de la dévorer.
Nos langues entrent en jeu et notre baiser devient encore plus chaud. Mon cerveau ne fonctionne plus, dominé par mon désir et mon désespoir. J’ai perdu ma capacité à réfléchir. Et je bande tellement que c’en est douloureux lorsque Gina frotte son entrejambe au mien.
Encore trente secondes, je me dis. Trente secondes, puis j’arrêterai, pour que ça n’aille pas plus loin.
– J’ai tellement envie de toi… chuchote-t-elle.
Elle embrasse de nouveau ma gorge, puis sa main glisse entre nous et elle empoigne ma queue par-dessus mon short. Putain… C’est tellement bon que je suis à deux doigts de gémir. Ça fait tellement longtemps qu’une autre main que la mienne n’a pas touché ma queue… C’est une véritable torture.
– Gina, non, je gronde, faisant appel à tout mon self-control pour retirer sa main.
Ma verge proteste en tachant mon boxer de liquide préséminal.
Ses paupières sont lourdes lorsqu’elle me regarde, et ses joues sont rouges.
– Pourquoi ?
– Parce que je… j’ai mis tout ça sur pause.
– Tout ça quoi ?
– Le sexe.
– Quel est le rapport ?
– J’ai fait une croix dessus.
– Une croix sur quoi ?
– Sur le sexe, j’explique d’un ton lugubre. J’ai décidé de m’abstenir pendant un moment.
Elle fronce les sourcils.
– Mais… pourquoi ?
– C’est une longue histoire, je réponds avant de me reprendre. Enfin non, elle n’est pas longue du tout, en fait. Je veux me concentrer sur le hockey, cette année, et le sexe est une trop grosse distraction. Voilà, tu sais tout.
Elle reste silencieuse un moment, puis elle pose une main sur ma joue et caresse ma barbe naissante. Elle se lèche les lèvres et je suis à deux doigts d’éjaculer.
– Si tu as peur que je veuille plus que du sexe, tu n’as pas à t’inquiéter. Je veux juste un coup d’un soir. Je vais avoir une tonne de boulot à la fac, et je n’ai pas de temps à investir dans une relation, moi non plus.
– C’est pas une question de relation. C’est le sexe, en général. Quand je baise, je n’arrive plus à m’arrêter. Je me laisse distraire et…
Elle m’interrompt de nouveau.
– Ok, pas de baise, alors. Je vais juste te sucer.
Je m’étouffe sur ma salive.
– Gina…
– T’en fais pas, je vais me doigter en même temps. Tu ne peux pas savoir combien les pipes m’excitent.
C’est de la torture. De la torture à l’état pur.
Sans rire, si l’armée a besoin d’idées pour faire craquer quelqu’un, il lui suffit de prendre un étudiant en rut et de coller une nana canon sur ses cuisses qui lui dit qu’elle veut juste le sucer, parce que les pipes l’excitent.
– Je suis désolé, je grogne d’une voix rauque.
Je parviens ensuite à l’enlever de mes cuisses et à me lever.
– J’ai pas la tête à… ça.
Elle reste assise sur le canapé et me dévisage d’un air incrédule. Toutefois, elle semble aussi me prendre en pitié. Super. Maintenant, les meufs ont pitié de moi.
– Je suis désolé, je répète. Mais si ça peut te rassurer, tu es la meuf la plus canon de la soirée et ma décision n’a rien à voir avec toi. Je me suis fait une promesse en avril et je ne veux pas la rompre.
Gina mâchouille sa lèvre inférieure, et je suis surpris lorsque son regard devient admiratif.
– Je dois avouer que tu m’impressionnes. Peu d’hommes parviendraient à rester fermes face à mon corps splendide.
– Peu d’hommes sont aussi débiles que moi, je rétorque alors qu’elle se lève d’un bond.
– Bon, ben, à un de ces quatre, Hunter ! Je te dirais bien que je vais t’attendre, mais j’ai des besoins à assouvir. Et à l’évidence, ils diffèrent des tiens.
Elle éclate de rire et quitte la pièce en se déhanchant sensuellement, ce que je ne manque pas de remarquer.
Je me passe les mains dans les cheveux en poussant un grognement. Je ne sais pas si je dois être fier de moi ou me détester d’avoir pris cette décision stupide.
En même temps, je pense vraiment que ça m’aide à rester concentré. Je libère toute ma frustration quand je suis sur la glace : je suis plus rapide et plus fort que l’an dernier, et chacun de mes tirs est plus puissant grâce à mon désespoir. Et je ne rate aucun but, comme si c’était la récompense pour tout ce qu’endure ma pauvre verge. Pour son sacrifice.
Je me rassure en me disant que ce n’est que jusqu’à la fin de la saison. Encore sept mois. Au total, ça fera donc un an de chasteté. Après ça, ma récompense sera tout un été de sexe.
Un été de sexe décadent et sans fin…
Bon sang, j’en ai tellement marre de me branler. En même temps, je n’arrange pas la situation quand je fais des trucs débiles comme m’entourer de superbes nanas dans une maison de sororité.
Pour la première fois depuis que je suis gamin, j’ai hâte que les cours reprennent. Avec un peu de chance, j’aurai tellement de boulot, ce semestre, que je n’aurai le temps pour rien en dehors des entraînements de hockey, des matchs et des devoirs. Finies les fêtes de sororité.
Si je veux rester concentré sur le sport et m’assurer que ma queue reste dans mon froc, je n’ai d’autre choix que d’éviter toute tentation.
1. Fondateur du magazine Playboy. (NdT, ainsi que pour les notes suivantes)
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