Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chloé Loukas · Chapitre 13 sur 37

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Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chapitre 11

 

 

Laura

 

J’ai rendez-vous avec le psy ce matin et je suis hyper stressée. Il ne doit surtout pas s’apercevoir que je n’arrive plus à dormir correctement depuis mon retour d’Afghanistan.

Je n’en ai parlé à personne. Je ne veux pas que les gens s’inquiètent pour moi, je réglerai mon problème de sommeil seule. Ce soir, je dormirai peut-être comme un bébé après avoir vu Romain. Sa garde de quatre jours arrive enfin à son terme et j’ai vraiment hâte de le retrouver. Nous n’avons pas arrêté d’échanger des sextos très chauds depuis notre étreinte dans l’infirmerie de la brigade.

Tu aurais dû aller le rejoindre pour un bis répétita. Tu connais maintenant le chemin pour ne pas te faire prendre.

À quoi bon me rendre à la brigade s’il ne s’y trouve pas ? Ils ont enchaîné les interventions. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il me donne autant de détails. Comme s’il savait la teneur exacte de mon job au sein de l’armée française.

Je marque un arrêt. Se pourrait-il qu’il en sache plus qu’il l’avoue ? Et ce surnom d’Athéna qu’il m’a donné ? Athéna comme la déesse de la guerre !

Je secoue la tête je dois me faire des idées. Comment pourrait-il être au courant ? Mes missions sont classées secret défense. Et pourtant, mon instinct me dit que je ne me trompe pas. J’ai appris à me fier à mon instinct. C’est souvent lui qui m’a sauvé la vie dans des situations critiques. Je vais devoir éclaircir ce point le plus rapidement possible.

Romain : [Je vais te faire jouir si fort que tu ne pourras plus marcher pendant plusieurs jours.]

J’éclate de rire en découvrant son texto. Il ne doute de rien et j’avoue que j’adore son côté mec qui n’a peur de rien et qui le proclame haut et fort.

Laura : [Tu sembles oublier que je fais très régulièrement des parcours du combattant qui te mettraient à genoux.]

Je sais que je vais réveiller le loup en lui. J’attends qu’il rugisse et qu’il n’hésite pas à me punir de le défier. Utilisera-t-il ses menottes ?

Romain : [Je rêve de te voir de nouveau à genoux devant moi avec ma queue dans ta bouche. Tu verras à quel point je suis endurant.]

Je déglutis avec difficulté en lisant son dernier message. Je suis projetée quelques jours en arrière et je me revois lui prodiguer une pipe d’exception. Moi qui n’avale jamais la semence des mâles en puissance, je l’ai pompé jusqu’à la dernière goutte. Je trempe mon tanga rien qu’en y pensant.

Laura : [Un peu de nouveauté, bordel ! Je rêve d’un 69.]

Va-t-il comprendre cette allusion à une des positions les plus érotiques du sexe oral ?

Romain : [Je dois partir en intervention et ma queue menace de défoncer mon pantalon. Je rêve de ma bouche sur ta chatte pendant que tu me suceras. À très vite, Athéna.]

Il a compris et il valide. Ce mec va avoir ma peau, mais j’ai hâte.

Cet intermède m’a changé les idées. Il est temps de me préparer pour mon rendez-vous avec le psy.

Peut-être pourrais-tu lui proposer un 69 pour avoir ton sésame en poche…

Jamais de la vie ! Je suis une soldate. Oui, j’ai envie que ce mot existe au féminin. Une soldate ! Je compte lui démontrer que je suis apte à retourner sur le terrain tout de suite.

Je m’habille volontairement en tenue de soldate pour le mettre dans l’ambiance dès mon arrivée. Je ne pousse pas le vice jusqu’à m’équiper d’armes. J’en serais capable si elles étaient avec moi, mais elles restent sagement dans nos locaux.

Je m’y rends en voiture et me gare à proximité du lieu de rendez-vous. Je serre un peu les dents pour conduire, mais je ne veux pas dépendre de quelqu’un pour mes déplacements. Et, si je ne peux pas conduire une voiture, comment puis-je espérer que le psy me donne l’autorisation de piloter de nouveau ? Je ne veux rien laisser au hasard. J’ai besoin qu’il me délivre cette foutue autorisation. Il tient mon avenir et ma sérénité entre ses doigts.

Je rentre dans le bâtiment comme si j’étais en territoire conquis alors que je n’en mène pas large. C’est vraiment risible. J’éprouve plus de crainte à affronter le psy qu’à combattre certains ennemis. Un peu de courage, ma fille ! Tes parents militaires ne t’ont pas élevée pour que tu aies la frousse.

Et si je me repassais mon nouveau leitmotiv ?

I get wings to fly

(J’ai des ailes pour voler)

I feel that I'm alive

(Je sens que je suis vivante)

I am alive

(Je suis vivante)

L’espace dans lequel je pénètre est feutré, vide et sans personnalisation. On ne se sent pas vraiment à l’aise ici. Ils auraient pu faire un minimum d’effort en matière de décoration. Je reconnais bien là l’esprit militaire. Pas de superflu, pas de décoration, on va à l’essentiel.

Je m’annonce à la secrétaire médicale, enfin si on peut l’appeler de cette manière, puis je m’installe dans la salle impersonnelle. J’évite de cogiter et je me concentre comme si je partais en mission. En fait, je pars bien en mission : celle d’obtenir mon Graal pour remonter dans un nouveau joli coco. La porte s’ouvre et un médecin habillé en civil apparaît. Il appelle mon nom et je me dirige vers lui comme si je partais à l’abattoir. Il me fait signe d’entrer.

— Lieutenant Roscoff, je suis enchanté de vous rencontrer.

Le plaisir n’est pas vraiment partagé, mon gars. Je vais éviter de lui sortir cette phrase pour ne pas le mettre en colère dès le départ.

— Bonjour, Docteur.

— Ne vous inquiétez pas, je sais que vous n’avez aucune envie d’être ici et que vous venez uniquement par obligation. Asseyons-nous et discutons un petit peu.

Comme tout bon militaire, je ne desserre pas vraiment les dents. J’attends qu’il m’interroge. J’ai l’impression d’être de retour à l’école quand j’appréhendais que les profs me posent des questions et surtout les réactions de mes camarades de classe. Je ne dois pas penser à ces années, je dois me concentrer sur la discussion.

— Comment vous sentez-vous, lieutenant Roscoff ?

Question très ouverte ! Croit-il me piéger ? Pense-t-il que je vais lui déballer ma vie ?

— Je vais très bien et j’ai hâte de retourner sur le terrain.

— Je connais votre dossier. Vous êtes membre d’une unité très spéciale et vous vous êtes retrouvée en Afghanistan. Vous avez failli être capturée par des rebelles et vous n’avez dû votre salut qu’à votre capacité à vous cacher et à l’intervention d’une mission de sauvetage.

Purée ! Il connaît toute ma vie. Est-ce qu’ils ont poussé le vice jusqu’à lui refiler mes mensurations ?

— Je suis entraînée pour ces situations. Je suis une soldate de l’armée de l’air française et j’ai effectué mon devoir.

Un sourire se dessine sur son visage et il me regarde avec attention. Ses yeux sont perçants comme s’il cherchait à lire dans mon âme. Je ne suis pas à l’aise face à son regard, mais je n’en montre rien. Je suis également entraînée pour ne pas montrer mes émotions en cas de capture par l’ennemi.

— Comment vous sentez-vous depuis votre retour d’Afghanistan ?

— Je me sens très bien et je compartimentalise. J’ai suivi à la lettre les instructions qui nous sont données. Je n’ai pas commis d’erreurs.

— Je n’en doute pas. Je vous parle de votre état d’esprit émotionnel.

— Je vous répète, je vais très bien.

— Au contraire, je pense que vous ne me dites pas tout. Est-ce que vous dormez bien ?

Punaise ! Il est pire qu’un agent du KGB et qu’un agent du FBI réunis. Reste calme, Laura et concentre-toi sur ces questions.

— Je dors quelques heures par nuit.

— Votre légère hésitation m’indique que vous avez des problèmes de sommeil. Vous n’êtes pas prête à en parler aujourd’hui. Nous aborderons donc ce point la prochaine fois.

Quoi ? Je n’ai pas l’intention de prendre un abonnement ici. Il doit voir la surprise passée sur mon visage, car il rajoute :

— Je ne donne jamais l’autorisation de retourner sur le terrain sans plusieurs consultations dans des situations comme la vôtre. Il est nécessaire que nous parlions et que vous exprimiez ce que vous avez ressenti. De toute façon, vous êtes blessée physiquement et vous n’êtes donc pas apte à piloter. Nous allons donc prendre le temps d’explorer votre mental.

Tu peux toujours lui proposer l’option du 69. En plus, il n’est pas vieux et il est plutôt agréable à regarder. Penses-y.

Tu es folle ! Je ne coucherai jamais pour obtenir mon autorisation de voler. Il me la donnera de son plein gré.

Malheureusement pour moi, nous convenons d’un nouveau rendez-vous dans une semaine. Mon médecin m’a dit que ma blessure va mettre à peu près un mois à cicatriser à l’intérieur des tissus. J’ai donc encore un peu plus de trois semaines pour lui faire signer le maudit papier.

Quand il m’indique la fin de la consultation, je ne perds pas de temps et je me précipite à l’extérieur. Quelle poisse ! Je sens qu’il va me prendre la tête.

Je rallume mon portable et je découvre un message de mon ami Martin. Il est peut-être le seul qui puisse comprendre ce que je traverse.

Martin : [Appelle-moi dès que ta consultation avec le psy est terminée.]

Je pars vers ma voiture pour m’y enfermer et retrouver un semblant de calme. Je lance l’appel et mon meilleur ami décroche tout de suite.

— Coucou, princesse. Comment s’est passée ta consultation avec le psy ?

— Coucou, Martin. C’est un con et je vais devoir me le farcir plusieurs fois.

Je peux le voir sourire même si nous sommes à plus de quatre mille kilomètres l’un de l’autre.

— Fais gaffe de ne pas finir comme une dinde ou pire un chapon !

Il tente de me faire rire comme il en a l’habitude.

— Tu es bête et tu as la chance que je t’aime. As-tu fini de te moquer de moi ? Ce n’est pas très charitable comme attitude.

— Tu serais la première à faire la même chose.

Il me connaît trop bien. J’éclate de rire. Ça fait un bien fou d’éclater de rire et de relâcher la pression !

Je croyais que tu avais relâché la pression avec Romain…

Pas assez ! Je te rappelle que nous ne nous sommes pas vus depuis quatre jours et que les sextos ne remplacent pas l’action.

— Oh, mon Martin, qu’est-ce que je vais devenir si on ne laisse pas piloter de nouveau ? Être aux commandes, c’est ma vie.

— Je sais que tu as du mal à lâcher prise. Même avec les mecs, tu aimes être aux commandes.

Je m’apprête à protester, il ne m’en laisse pas le temps.

— Princesse, il te signera cette autorisation. Il fait juste son job et s’assure que tout va bien dans ta caboche. Quoi que, j’ai soudain un énorme doute. S’il creuse trop dans ta caboche, nous ne sommes pas prêts de te revoir sur le terrain.

— Est-ce que tu essaies de me remonter le moral ou de me plomber ?

— Je serais le premier à aller soutirer cette autorisation avec toi. Même si on doit lui mettre un flingue sur la tempe !

— Tu es mon héros. Je t’aime, mon Martin.

— Le jour où tu vas avoir un mec, tu ne pourras plus me balancer ce genre de choses oo je risque de me prendre un poing dans la tronche.

J’éclate de nouveau de rire. Il est vraiment le seul à réussir à me faire rire de tout. Grâce à lui, je me sens plus légère et plus détendue.

— Je te protégerai. Ce n’est pas demain la veille que j’aurai un mec dans ma vie. OK pour les coups d’un soir, mais je ne suis pas le genre de fille qui cherche le grand amour. Qui voudrait d’une militaire qui risque sa vie à chaque mission et qui est obligée de mentir ?

— Je n’aime pas t’entendre parler de cette manière. Tu es un fabuleux trésor qu’on a envie de chérir. Oh, mince, il est l’heure que je parte en mission !

— Sois prudent et reviens vivant !

— À vos ordres, lieutenant ! Et toi, princesse, n’oublie pas ce que je t’ai dit. Je t’aime aussi, ma Laura.

Il raccroche et j’observe les gens qui passent dans la rue sans vraiment les voir. Tout serait si simple si j’envisageais qu’il soit l’homme de ma vie.

Je pousse un soupir avant de démarrer. J’ai hâte d’oublier tous mes tourments dans les bras de Romain.

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