Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chloé Loukas · Chapitre 36 sur 37

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Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chapitre 34

 

 

Laura

 

Foutu blog de merde ! Oui, ce blog me pourrit la vie. J’étais convoquée au ministère des armées et ces foutus fonctionnaires, pardon pour l’expression, viennent de me prendre la tête.

Ils ont décrété que nous n’avancions pas assez vite dans la résolution de l’énigme. Ils n’ont qu’à s’y coller s’ils ne sont pas contents ! Franchement, c’est toujours plus facile de critiquer en restant assis derrière un bureau. J’entends encore le commandement sortir :

— Nous ne pouvons pas permettre à des moins que rien de nous humilier, Lieutenant Roscoff. Il est primordial de trouver les coupables rapidement.

Je me suis retenue de lui dire qu’il n’a qu’à retourner sur le terrain s’il pense faire mieux que nous. J’ai juste acquiescé et je me suis éclipsée sous prétexte de retourner m’occuper de l’affaire. Ce qui est vrai.

Quand j’arrive à la BE 75, je comprends que Victor a trouvé des données fiables pour identifier les auteurs du blog. Je sais que des informaticiens de l’armée travaillent en étroite collaboration avec lui. Je me réjouis d’avoir reçu l’autorisation de pouvoir intervenir avec les gars.

Nous voilà partis pour nous équiper et je n’ai même pas pris le temps de saluer correctement ma meilleure amie. L’heure est si grave qu’elle n’a même pas cherché à venir m’embrasser. Tout en écoutant les instructions d’Adrien, je me décale légèrement vers la droite et me place à côté d’Amandine. Je lui attrape la main.

— Je suis si heureuse de te voir. Je n’ai pas pu te prévenir de mon arrivée. Tout s’est décidé très vite et j’ai atterri cette nuit.

Elle étreint mes doigts très fort.

— Je suis très heureuse de te voir également. Fais bien attention à toi ! Je ne peux pas le dire à Adrien, il va me prendre pour une folle. Je ne le sens pas du tout. Et si c’était un piège ?

— Je ne pense pas que ce soit un piège, Amandine. Ils prendraient trop de risques qu’on découvre des indices.

— Je t’en conjure, fais très attention à toi. Je ne peux pas te perdre.

— Je suis habituée aux zones de combat, tu sais.

— Oui, mais ce sera la première fois que tu interviens avec la BE 75. Il n’y a pas d’automatisme entre vous.

Je me dois de rassurer ma meilleure amie au moment où nous grimpons dans le van.

— Ne t’inquiète pas, ce n’est pas la première fois que j’interviens sans avoir les automatismes avec une autre équipe. C’est monnaie courante quand nous intervenons avec d’autres armées.

Elle hoche la tête et garde le silence. Victor donne enfin le signal de départ et nous partons. Un saut dans l’inconnu qui, je l’espère, nous permettra d’arrêter les auteurs de ce blog maudit.

Nous continuons le trajet en silence. J’ai vraiment l’impression d’être de retour à mes années collège quand j’étais harcelée et que je ne pouvais pas me défendre. C’est vraiment destructeur. Se faire attaquer et ne pas pouvoir répliquer pour justifier de sa bonne foi.

Je m’étais pourtant juré que personne ne me traiterait de nouveau de cette façon. Et là, je ne peux absolument rien contre ces connards. Ils publient n’importe quoi sur leur blog et nous font passer pour des méchants.

Enfin un petit peu d’action ! Nous allons pouvoir les arrêter et les mettre hors d’état de nuire. Éric arrête le van et nous nous apprêtons à intervenir. À la demande d’Adrien, je me cale derrière Romain et devant Clément. Nous partons en file indienne vers l’entrepôt.

Une fois la porte dégommée, nous entrons et nous trouvons un immense espace complètement vide. Nous avançons vers les bureaux du fond en nous protégeant les uns les autres. Nous y entrons et découvrons des bases de portables ainsi que des unités centrales. Nous allons pouvoir les saisir et exploiter toutes les données qu’elles contiennent.

C’est frustrant tout de même que ces connards aient déguerpi avant notre arrivée. Je continue de sécuriser la zone jusqu’à ce que j’entende Adrien hurler.

— Ces enfoirés savaient que nous arrivions. Il y a une bombe qui explose dans vingt secondes. On s’abrite le plus possible.

Nous commençons à courir et je compte dans ma tête les secondes. Il est temps de plonger pour se protéger de tout ce qui va voler au moment où la bombe va exploser.

— Couchez-vous, ça va sauter !

Je suis projetée sur le sol par le corps massif de Romain. Il me recouvre de son corps au moment où une énorme détonation se fait entendre. J’entends les vitres se briser, de la ferraille bouger et des blocs tomber. Il faut dégager avant que tout s’écroule.

Romain ne bouge pas au-dessus de moi. Je tente de me dégager, mais je n’y arrive pas. Il ne bouge toujours pas. Des cris se font entendre dans l’entrepôt et je réalise soudainement que c’est moi qui crie à m’en briser les amygdales.

Je ne veux pas perdre Romain. Je ne peux pas le perdre. Je suis folle de lui et je veux continuer notre histoire.

— Romain, s’il te plaît, bouge ! Réponds-moi, je t’en prie.

Son corps reste désespérément inerte et seul le silence me répond. Adrien se précipite vers moi et s’agenouille.

— Adrien, Romain ne bouge plus. Aide-moi à le sortir de là.

Je sens tout à coup des mouvements au-dessus de moi et je me demande si c’est Adrien qui porte Romain ou si mon cow-boy vient d’émerger de sa torpeur. Je n’ose pas espérer que mon amour aille bien. J’ai envie de lui crier que je l’aime.

— Romain, est-ce que tu vas bien ? Réponds-moi, s’il te plaît.

Je le sens de nouveau bouger et je peux enfin me dégager. Je pivote immédiatement et je m’aperçois qu’il est à genoux. Il est vivant. Hagard, mais vivant !

Jette-toi dans tes bras et fais-lui du bouche-à-bouche ! Montre-lui à quel point tu es contente qu’il aille bien.

Romain commence à caresser mon visage avant de m’attirer dans ses bras. Il chuchote contre mon oreille :

— Je vais bien, Athéna. Je suis secoué, mais je vais bien.

Je dépose un doux baiser sur ses lèvres avant de me relever. Je regarde autour de moi et je vois que les autres vont bien aussi.

— Il faut sortir d’ici le plus vite possible. Romain, est-ce que tu peux courir tout seul ?

— Oui, je n’ai pas besoin que vous me portiez.

Nous commençons à courir rapidement pour sortir du bâtiment. Nous avons à peine franchi les portes que de nouvelles explosions se font entendre. Nous nous regardons tous en nous disant que nous l’avons échappé belle.

— Je préviens les pompiers et les équipes scientifiques. Il faut récupérer un maximum d’indices.

Tout en marchant, Adrien contacte les hommes du feu. Une question me taraude : ont-ils tout fait exploser pour éliminer les indices ou nous ont-ils tendu un piège ?

Nous arrivons au van et Adrien ouvre la portière. Il grimpe à l’intérieur et Amandine se précipite dans ses bras en pleurant. Il s’assoit et l’installe sur ses genoux.

— J’ai eu tellement peur. J’ai cru que je t’avais perdu alors que je t’aime tellement fort.

— Tout va bien, mon amour. Je suis là et il ne m’arrivera rien. Personne ne pourra m’enlever à toi.

— Adrien, je te jure que je l’ai retenue. Je m’excuse de l’avoir ceinturée, mais c’était le seul moyen de la faire rester dans le van.

— Tu as bien fait, Éric.

Amandine continue de dire à son homme à quel point elle l’aime. Comme j’aimerais faire la même chose avec Romain ! Moi qui ne voulais plus aimer, je suis tombée folle amoureuse de mon cow-boy.

You set my heart on fire

(Tu as mis le feu à mon cœur)

Filled me with love

(Tu m’as remplie d’amour)

Made me a woman

(Tu as fait de moi une femme)

I'm glad you're back

(Placée sur ces nuages, là-haut)

Je n’en reviens pas de l’aimer si fort et si vite.

Précipite-toi dans les bras de notre flic sexy ! Fais comme ta meilleure amie et pleure dans ses bras. Laisse-le te consoler.

Je ne peux absolument pas lui avouer que je l’aime. Je m’approche de lui et m’agenouille au risque d’être déséquilibrée pendant que le véhicule roule.

— Est-ce que tu vas bien ?

— Oui, je vais bien, Athéna. Viens là. Tu risques d’être projetée dans tous les sens par la conduite d’Éric.

Il m’attire vers lui et m’installe entre ses cuisses. J’appuie mon dos contre son torse et laisse tomber ma tête sur son épaule. Je niche mon nez dans le creux de son cou et j’inspire son odeur à plein poumon. Il entoure ma taille de ses bras.

— Est-ce qu’il y a quelqu’un qui voudrait venir me faire un petit câlin aussi ? Nous avons aussi besoin d’amour.

Clément se manifeste et nous éclatons tous de rire avant que le silence se réinstalle dans le van. Nous sommes sonnés par ce qui vient de se passer.

Quand nous arrivons à la BE 75, un médecin se trouve déjà sur place pour nous examiner. Nous allons devoir faire plusieurs examens médicaux pour être certains que nous allons bien.

Je me dirige vers l’infirmerie et je me souviens de ma partie de jambes en l’air débridée avec Romain. C’était le début de notre aventure et j’espère qu’elle durera toute ma vie.

Le médecin m’examine et me déclare apte à reprendre le service. J’ai besoin d’évacuer la tension qui m’habite et je me dirige vers le gymnase. Je commence à frapper dans le punching-ball avant de tomber à genoux et de laisser les larmes couler.

Je ne m’autorise jamais à exprimer mes émotions normalement. J’ai juste un trop-plein entre mon accident en Afghanistan, ma blessure à l’épaule, le risque d’être démasquée sur le blog, la réaction de ma famille quand ils ont appris pour mon appartenance à une unité spéciale de l’armée. Et maintenant cette explosion et la peur d’avoir perdu l’homme que j’aime. Tout sort en cascade et je ne peux pas me calmer. J’entends la porte s’ouvrir et j’essaie de balayer les larmes d’un revers de la main.

— Qu’est-ce qui t’arrive, Laura ?

Romain se précipite vers moi et tombe à terre. Il essuie mes larmes du bout de ses doigts et m’embrasse avec passion.

— Dis-moi ce qui te tourmente. Je suis là pour toi.

Pour la première fois de ma vie, les digues cèdent. Je le regarde et je lui caresse la mâchoire.

— C’est trop dur, j’en ai marre. Quand est-ce que ces enfoirés nous laisseront tranquilles ? Nous ne leur avons rien fait. Nous aurions pu être tués à cause de leur folie.

— Tu vas bien, je vais bien et tous les autres vont bien. C’est l’essentiel. Je te jure qu’on leur mettra la main dessus et qu’ils ne nous importuneront plus. Tu ne dois pas les laisser te déstabiliser.

— Tous leurs actes me rappellent mon adolescence. Je ne veux pas rentrer dans les détails, Romain. J’ai été victime de harcèlements scolaires et il m’a fallu beaucoup de courage pour m’en sortir.

— Je ne les laisserai pas te faire du mal. Je te le promets, Athéna. Si quelqu’un te fait souffrir, il aura affaire à moi.

J’embrasse délicatement ses lèvres et je me serre contre lui.

— Je sais, tu m’as protégée en me recouvrant de ton corps. Tu aurais pu être sérieusement blessé.

— Je n’aurais pas supporté que toi, tu sois blessée, Laura. Au moment où cette bombe était sur le point d’exploser, j’ai compris que ta vie était plus importante que tout pour moi.

Il plonge ses yeux dans les miens avant de rapprocher sa bouche de la mienne. Il y dépose de doux baisers avant de reculer.

— Il a fallu cette bombe pour que je comprenne à quel point je t’aime. Je t’aime, mon Athéna. Cet amour m’est tombé dessus sans que je le veuille.

Les larmes coulent de nouveau. Cette fois-ci, ce sont des larmes de joie, des larmes de bonheur. Cet homme m’apporte ce que j’ai toujours espéré dans ma vie sans jamais me l’avouer. Je prends son visage en coupe et je dépose de tendres baisers sur ses lèvres.

— Oh, Romain ! Moi aussi, j’ai compris à cet instant-là que je t’aime comme une folle. J’ai cru que mon cœur se désagrégeait quand tu ne te bougeais pas et ne répondais pas à mes appels. Je t’aime, mon cow-boy.

Il me serre contre lui avant de m’embrasser avec passion. Pour cet homme, je serais capable de tout. Il m’a fallu du temps pour le trouver et maintenant, je le garde précieusement.

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