Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber
Chapitre 28
Laura
Martin vient de claquer la porte derrière Romain et je ne sais pas comment réagir. Qu’est-ce qui lui a pris ? Pourquoi s’est-il enivré ? Pourquoi est-il jaloux de mon meilleur ami ?
Arrête de te poser des questions et cours le rejoindre ! Il n’était clairement pas dans son état normal et il a besoin de toi.
Non, il n’a pas eu confiance en moi. Il a commencé à me poser des questions dès qu’il a compris que Martin est une personne très importante dans ma vie.
Mon meilleur ami revient vers moi et m’observe longuement.
— Tu as l’air complètement chamboulé, Laura. Allons nous asseoir dans le canapé pour parler.
Je me sens très lasse, je suis vidée émotionnellement. La scène a été terrible et m’a rappelé de très mauvais souvenirs. Je secoue la tête avant de poser ma main sur le bras de mon ami.
— Je n’ai pas envie d’en parler, j’ai juste envie d’oublier ce qui vient de se passer.
— Pourquoi ne pas lui rentrer dans le lard comme tu sais si bien le faire quand on te marche sur les pieds ? Tu l’as laissé te faire du mal.
— Il n’était pas dans son état normal.
— Ce n’est pas une excuse pour se comporter comme un mec possessif. Quelle est votre relation à tous les deux ?
— Je ne sais même pas si nous avons encore une relation. Nous nous sommes bien amusés.
— Es-tu certaine qu’il partageait bien cette vision d’une relation passagère ? Il semble plutôt accro pour une relation passagère.
— Il sait très bien tout se terminera dès que je vais repartir en mission.
— Et pourquoi arrêter si vous êtes bien ensemble ?
J’éclate de rire. Est-ce lui qui me pose cette question alors qu’il n’arrive pas à trouver une femme qui veuille bien l’attendre pendant ses déploiements ?
— Tu es bien placé pour savoir que le ou la partenaire ne souhaite pas attendre pendant des semaines ou des mois notre retour. Combien de tes relations ont capoté à cause de notre boulot ?
Il hausse les épaules avant de me sourire tristement.
— Je le sais, mais je me dis que je n’ai pas encore rencontré la bonne personne.
Je fronce les sourcils. Je ne reconnais pas Martin, il n’est pas du genre à croire aux âmes sœurs et à la femme idéale.
Je te signale qu’Amandine n’y croyait pas vraiment non plus avant de rencontrer son Adrien. Peut-être devrais-tu t’ouvrir un petit peu !
Non, je ne donnerai jamais la possibilité à quelqu’un de me blesser. J’ai trop souffert du regard des autres et de leur méchanceté pendant mon adolescence.
— Je veux retourner sur le terrain, Martin. Je n’en peux plus de tourner et de virer dans cet appartement. Je suis une fille de terrain, moi.
— Alors, tu devras accepter de parler de ton expérience en Afghanistan au psy. Je me suis renseigné sur lui. Il ne te donnera pas ton autorisation si tu ne lui dis rien. Il a tenu six mois face à un mercenaire et c’est le militaire qui a failli par plier.
La poisse ! Je suis dans de beaux draps alors que je souhaite repartir le plus vite possible. Je me lève.
— Je vais me reposer. J’ai besoin de calme et de me poser pour piger ce qui s’est passé dans la tête de Romain et pour savoir ce que je fais pour ce fichu psy.
Martin hoche simplement la tête sans prononcer un mot. Je me dirige vers la chambre et je contourne le lit pour saisir l’oreiller sur lequel Romain dormait. Je le serre contre moi et le respire à pleins poumons. Je ne comprends pas ce qui s’est passé dans le salon. Pourquoi n’a-t-il pas eu confiance en moi et pourquoi s’en est-il pris à moi ?
Je me retrouve projetée des années en arrière au collège. J’ai vécu un véritable calvaire pendant mon adolescence. Certains gosses se moquaient de moi, car mes parents étaient militaires. Je suis très vite devenue leur souffre-douleur. Je ne pouvais pas en parler à mes parents, ils étaient loin. J’ai souffert en silence pendant des mois avant que mon grand frère ne vienne me sauver.
Mes parents, ô mes chers parents
Mon collège, mon champ de bataille
Sous les rires de mes camarades
Je cachais mes égratignures
On me crachait à la figure
Ils aimaient battre des records
Je ne comprends pas pourquoi je pense à cette sombre période de ma vie. L’attitude de Romain a fait remonter le cauchemar. Quelques larmes commencent à m’échapper avant que de lourds sanglots ne viennent les remplacer.
La porte de ma chambre s’ouvre immédiatement et Martin se précipite vers moi. Il me prend dans ses bras et me berce tout en me parlant.
— Il te suffira de lui parler pour dissiper ce malentendu. Il faut parler dans un couple et non camper sur ses positions.
— Je ne vois pas de quoi tu veux parler. S’il te plaît, je veux juste me reposer.
Il hoche la tête et je le regarde. Il comprend immédiatement et sans un mot, il s’allonge près de moi. Je n’ai pas envie de dormir seule ce soir.
***
Je suis de nouveau chez le psy pour une nouvelle consultation. Je me sens si fébrile, je n’ai aucune nouvelle de Romain depuis quatre jours. Il ne m’a pas appelée pour s’excuser de son comportement et je ne l’ai pas appelé pour lui demander des explications.
J’observe le psy qui me scrute lui aussi. Je me souviens des paroles de Martin qui est reparti depuis hier en mission. Je n’ai pas le choix si je veux retourner sur le terrain. Ce psy est plus coriace que je le pensais. Mon meilleur ami m’a dit que je dois lui donner quelque chose si je veux mon autorisation. C’est le moment de laisser mon armure se fissurer juste un petit peu.
— Oui, j’ai ressenti de la peur et de l’appréhension quand j’ai compris que mon avion allait s’écraser au-dessus d’un pays ennemi. J’ai pensé à ma famille, à mes amis qui allaient découvrir mon appartenance à une unité d’élite de la plus triste des façons.
Il ne prononce pas un mot et me laisse continuer d’une toute petite voix. J’ai l’impression de redevenir une gamine qui explique une grosse bêtise à ses parents.
— Je n’avais jamais ressenti une telle peur aux manettes. Très vite, je me suis calmée et j’ai mis en pratique mon entraînement militaire. En analysant la situation rapidement, j’ai pris la décision d’essayer de poser l’avion et d’appeler des renforts pour une mission de sauvetage.
Des flashs de mon atterrissage avec joli coco me reviennent. Je respire calmement pour les dissiper avant de poursuivre.
— Une fois l’avion posé avec difficulté, je savais que je devais le quitter le plus vite possible pour me cacher et éviter d’être capturée.
— Qu’avez-vous ressenti ?
— De la peur et une énorme montée d’adrénaline. Il était hors de question que je sois capturée vivante. Je savais que je serais violée et torturée si c’était le cas. J’ai tout de suite cherché où me cacher en priant pour que mes collègues arrivent.
— Que s’est-il passé ?
Je lui souris. Un sourire un peu amer, mais il faut que j’aille jusqu’au bout maintenant.
— Je pense que vous avez lu mon dossier. J’ai vu les rebelles arriver et je me suis mis en position de tir. Je savais que je ne ferais pas le poids face à l’armada. Je voulais vendre ma peau chèrement et gagner du temps. J’ai été soulagée quand j’ai entendu l’hélicoptère me survoler. Je savais que j’étais sauvée et que je n’avais qu’à le rejoindre. J’ai couru de toutes mes forces et je n’ai presque pas senti la douleur de la blessure dans l’épaule.
— Voulez-vous rajouter quelque chose ?
— Ces dernières semaines ont été difficiles. Elles m’ont permis de comprendre que j’aime mon métier par-dessus tout. J’aime sauver des innocents pour leur permettre de connaître une vie meilleure.
Voilà, j’ai lâché. Il n’en saura pas plus. Je n’ai pas l’intention de lui parler de mon sommeil. Je ne rumine pas quand je dors avec Romain.
— Vous voyez, ce n’était pas si difficile de me parler. Lieutenant Roscoff, voici l’autorisation que vous attendiez.
Il me tend mon précieux sésame et je me lève en le remerciant. Je cours presque jusqu’à ma voiture et j’appelle Jérôme. Je suis convoquée dès le lendemain à ma caserne.
Laura : [Je repars demain en mission. On se voit ce soir ?]
J’envoie ce texto à ma meilleure amie et je sais qu’elle va forcément en parler à Romain. J’aimerais le revoir avant mon déploiement. Je sais que leur garde s’est terminée il y a quelques heures.
Je ne te comprends pas. Tu sais où il habite alors va le rejoindre.
Non, c’est une question de fierté !
Amandine : [RDV dans deux heures chez Adrien. On te prépare une mégafête de départ.]
Je rentre chez moi pour me pouponner. Je veux connaître l’extase dans ses bras une dernière fois. Je choisis une tenue très sexy pour le provoquer dès mon arrivée dans les lieux. Je ne doute pas une seule seconde qu’il sera présent à la soirée d’adieu. Il ne voudra pas donner la puce à l’oreille à ceux qui ne sont pas au courant de notre liaison.
Je prends le temps de me masser avec une huile à la fleur d’oranger pour avoir une peau satinée. J’opte pour une robe près du corps sans aucun sous-vêtement et je complète par des talons aiguilles. J’ai revêtu ma panoplie de femme fatale avant celle de militaire demain.
Je me mets en route et j’avoue avoir hâte de le revoir. Je frappe à la porte et c’est Amandine qui vient m’ouvrir. Elle me serre immédiatement dans ses bras.
— Tu vas tellement me manquer, Laura. Promets-moi de faire attention. Je sais maintenant quelle est la nature véritable de ton job.
Au-delà du secret, voilà pourquoi je ne voulais pas que mes proches soient au courant ! Je ne veux pas qu’ils passent leur temps à s’inquiéter pour moi.
— Amandine, je connais mon métier. Tu sais que je ne pourrai pas t’en dire plus.
Nous entrons dans le salon et je ne le vois pas. Ma meilleure amie me souffle entre les dents :
— Ne t’inquiète pas, il est bien là !
Je hoche la tête et je pars voir les gars. Ils me félicitent tous pour mon retour sur le terrain. Ils savent ce que représente le terrain pour une militaire d’une unité d’élite.
— Dommage que tu repartes ! On s’habituait à avoir deux enquiquineuses à la brigade.
J’éclate de rire avant que le son ne s’étouffe dans ma gorge. Romain vient d’arriver. OMG ! Il est sexy dans son jean et sa chemise en lin. J’ai envie de me jeter dans ses bras et l’embrasser à perdre haleine.
C’est dur de le voir et de ne pas savoir ce qu’il pense. C’est dur de le voir, c’est dur de rester là à rire avec les autres alors que j’ai envie de me blottir dans ses bras.
Qu’attends-tu pour le faire ? On s’en fout des autres. On veut dire au revoir à notre policier sexy. Arrête de penser et jette-toi dans ses bras.
Je ne peux pas, je n’oublie pas la façon dont il s’est comporté et je ne sais même pas s’il veut que je me jette dans ses bras. Imagine qu’il se décale et que je me prenne le mur ! Je n’ai pas envie de mourir de honte.
N’importe quoi ! Il a certainement autant envie de te serrer dans ses bras que tu as envie de te jeter dedans. Un peu de courage, Laura !
Les minutes passent et il ne cherche pas à s’approcher de moi. Me suis-je à ce point trompée ? A-t-il déjà tourné un trait sur notre relation si particulière ? Les questions tournent dans ma tête sans réponse.
Je picore quelques amuse-bouche sans vraiment avoir envie de manger. Son attitude me déstabilise et je ne sais pas quoi faire. Je me dirige vers la salle de bains pour me passer de l’eau sur le visage. Je verrouille la porte et j’essaie de retrouver mon calme. Je ne pensais pas que la soirée se déroulerait de cette manière, je pensais qu’il tenterait de m’approcher. Là, il reste si loin de moi.
J’applique de l’eau fraîche sur mes tempes pour retrouver un petit peu de sérénité puis je m’appuie au lavabo pour réfléchir un peu. Je crois que je vais rentrer et dormir avant de repartir demain matin pour le front.
J’ouvre la porte et une main saisit mon poignet. Je suis poussée dans le fond contre un mur et des lèvres s’abattent sur les miennes. Notre baiser s’intensifie et nos mains explorent le corps de l’autre. Je sens le grognement de Romain quand il comprend que je ne porte aucun sous-vêtement.
— Athéna, il est temps de rentrer à ton appartement. Je veux terminer cette nuit avec toi et uniquement avec toi.
— Moi, j’ai envie de toi, cow-boy. Je veux que tu me fasses l’amour comme jamais.
— Je vais te baiser comme jamais.
Je suis émoustillée et déjà trempée. Je m’arrache de ses bras et pars dire au revoir à ma meilleure amie et aux membres de la BE 75. Je prétexte un repos avant le retour dans mon unité pour justifier mon départ précipité. Amandine m’accompagne jusqu’à la porte et me serre dans ses bras.
— Prends bien soin de toi, Laura. Donne-moi très vite de tes nouvelles. Et surtout, profite de ta nuit avec Romain comme si c’était la dernière.
— Je te promets de te donner des nouvelles. Et ce sera notre dernière nuit.
— Nous verrons ce que l’avenir vous réserve.
Je la serre contre moi une dernière fois avant de partir. Je descends les escaliers avec précaution puis je monte dans ma voiture. Je roule tranquillement jusqu’à chez moi et me gare au moment où la moto de Romain arrive. Il vient jusqu’à moi et me prend par la taille pour m’emmener jusqu’à ma résidence puis jusqu’à la porte de mon appartement. Il attend que la porte soit refermée pour me sauter dessus.
— J’ai tellement envie de toi, Athéna. Ne parlons pas de ce qui s’est passé il y a quelques jours. Vivons notre nuit intensément.
— Oui, vivons notre dernière nuit intensément.
Il s’agenouille devant moi et attrape l’ourlet de ma robe. Il la remonte doucement en déglutissant avec difficulté chaque fois qu’il dénude un trésor. Sa pomme d’Adam monte et descend devant ma chatte puis devant ma poitrine. Quand il arrive devant mon visage, je commence à déboutonner sa chemise puis son jean. Je les enlève ainsi que son boxer et nous nous faisons enfin face à face totalement nus.
Il me soulève dans ses bras et nous partons vers ma chambre tout en nous embrassant avec fougue. Il n’interrompt pas le contact de nos lèvres quand il m’allonge sur mon lit. Il recouvre mon corps du sien tout en parcourant mes courbes généreuses de ses mains.
— Tu es si belle, Athéna. Je vais honorer chaque parcelle de ton corps.
Je frissonne d’excitation en l’entendant. Et je commence à me cambrer des qu’il prend position entre mes cuisses. Il souffle sur mon vagin trempé d’excitation. Je le regarde observer ma chatte de ses yeux luisants de désir et je manque de m’envoler rien qu’en voyant son regard.
Ce n’est rien à côté de l’impression que me laisse son premier coup de langue sur mon clitoris gonflé. Et ce n’est rien encore à côté de l’onde de choc que déclenchent ses doigts qui s’enfoncent en moi pendant qu’il me lèche.
Je ne peux pas m’empêcher de me cambrer et de gémir son prénom encore et encore.
— Romain, oh, Romain, oh, Romain !
Il s’applique à me rendre folle en alternant les grands coups de langue, les petits coups de langue et les succions. Je finis par soulever mon bassin et aller à la rencontre de cette langue si râpeuse qui me provoque un plaisir de malade. Il accompagne mes mouvements en agrippant mes hanches.
Je ne peux pas retenir mon orgasme et je me sens partir pendant qu’il enfonce sa langue en moi. Je disjoncte complètement et j’oublie où je me trouve. Je crie son prénom pendant qu’il continue de taquiner mon clitoris.
Tout en me caressant les seins, il me retourne doucement et enfile un préservatif. Il présente son gland à l’entrée de mon intimité avant de s’enfoncer profondément en moi. Ses doigts maintiennent mes hanches et il commence à me pilonner. Je le sens si puissant derrière moi, je le sens si fougueux. J’ai du mal à parler tant le plaisir me submerge.
— Plus fort, Romain ! Je veux me souvenir de toi demain quand je serai dans l’avion.
Il accélère encore la cadence et ses hanches viennent claquer contre mes fesses. Sa queue me transperce les chairs en me procurant un plaisir insoupçonné.
— Maintenant, Laura ! Jouis pour moi maintenant !
Comme si mon cerveau et mon corps attendaient l’ordre de ce mâle si puissant, je jouis. Un plaisir démentiel traverse mon corps et des larmes s’échappent de mes yeux. Je viens de lâcher prise et je me sens si bien.
— Ne pleure pas, Laura. C’était très intense pour moi aussi.
Il se retire de moi et me prend dans ses bras. Il sèche mes larmes du bout des lèvres et m’embrasse avec une ferveur qui me bouleverse. Comment vais-je réussir à me sortir de ses bras demain matin ? Je ne veux pas y penser pour le moment, je veux profiter de ce mâle, de cet homme si puissant qui sait exactement sur quels boutons appuyer pour me faire sortir de mon corps.
Notre nuit d’adieu ne fait que commencer et je voudrais qu’elle dure bien plus qu’une nuit.
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