Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chloé Loukas · Chapitre 23 sur 37

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Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chapitre 21

 

 

Romain

 

Je me réveille en sursaut en entendant Adrien beugler comme un malade.

— Debout, Romain ! C’est l’heure de te lever. Tu es attendu sur le terrain d’entraînement. Ce n’est pas le moment de faire la grasse matinée.

Bordel ! Il frappe à la porte de ma chambre alors que je me trouve dans celle de Laura. Comment est-ce que je vais m’en sortir ? Ma petite Athéna se réveille à son tour et se bouche les oreilles.

— Est-ce qu’il crie tous les matins comme ça ?

— Chut, Laura. Je ne suis pas supposée être dans ton lit et il est devant ma chambre. Je ne sais pas comment faire.

— Moi, je sais comment faire. Je vais aller le secouer. Je l’emmènerai dans la cuisine et tu pourras redescendre en vitesse dans ta chambre.

Elle se lève et je ne peux m’empêcher d’admirer ses courbes qui m’ont fait oublier où je me trouvais cette nuit. Je m’étrangle à moitié quand je comprends qu’elle enfile son short de nuit et son débardeur qui dessine parfaitement sa poitrine.

— Attends, tu ne vas tout de même pas sortir dans cette tenue.

— À la guerre comme à la guerre ! Il ne voudra pas que les autres me voient aussi dévêtue et je peux te jurer qu’il va déguerpir de ton palier.

Même si elle n’a pas tort, je déteste qu’un autre que moi puisse l’admirer avec si peu de vêtements.

— Est-ce que tu n’as pas peur qu’Amandine t’arrache les yeux si elle te voit aussi dénudée devant son mec ?

— Aucun risque ! Elle sait très bien que son homme est intouchable pour moi. Elle a confiance en moi, au moins avec Adrien.

Sans plus de cérémonie, elle ouvre la porte et se glisse à l’extérieur. Je l’entends descendre les escaliers et je me dépêche de me rhabiller.

Je souris en l’entendant râler après mon pote.

— Sérieux, est-ce que tu as fini de beugler comme un taureau ? Je suis en convalescence, moi et je n’ai pas besoin d’être réveillée par ta voix si rude.

J’imagine la tête de mon meilleur ami en la découvrant à moitié nue devant lui.

— C’est de la faute de Romain qui ne se lève pas. Et tu devrais t’habiller un peu plus, tu vas perturber mes hommes.

— Oh, je pense qu’ils ont déjà vu des femmes nues ! Pendant que tu râles après Romain, je descends me chercher un jus d’orange.

— Hors de question que tu te rendes dans la cuisine avec ce short indécent.

— Pourtant, tu aimes quand Amandine porte des shorts indécents. Surtout son short rouge ! Il paraît qu’il te fait beaucoup d’effets.

— Ce que vous êtes chiantes à tout vous raconter ! Tu vas me faire le plaisir d’enfiler un sweat.

J’entends les portes claquer et des pas se précipiter dans l’escalier. Ma petite Athéna joue parfaitement son rôle. Je sors en silence de sa chambre et me dépêche de rejoindre la mienne. Des bruits me parviennent de la cuisine.

— Oh, tu es trop mignonne dans ton petit short ! Tu es sexy à souhait et tu peux venir me tenir compagnie quand tu veux.

Clément commence déjà à fanfaronner et je me dépêche d’enfiler un pantalon propre pour les rejoindre.

— Tu as beau être devenu mon meilleur ami, je te jure que tu vas entendre parler du pays si tu continues de mater Laura. Rangez tous vos yeux, faites comme si c’était un mec.

Je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire en entendant Amandine. On dirait un pitbull qui défend son os. Nous sommes des mecs et forcément, nous sommes hyper réceptifs à la plastique impeccable de notre invitée militaire.

— Impossible de prendre Laura pour un mec. Elle est trop bien gaulée. On ne voit que ses seins et son cul dans ses vêtements de nuit.

Même si je comprends ce que veut dire Nico, je n’aime pas l’entendre parler d’Athéna de cette manière. J’arrive dans la cuisine et je ne peux m’empêcher d’admirer la militaire qui a réchauffé mes bras cette nuit. Elle est appuyée contre le plan de travail de la cuisine et regarde sa meilleure amie qui s’est plantée devant elle. Laura semble soulagée de me voir arriver et nos yeux s’ancrent quelques secondes.

Pourquoi ne vas-tu pas la rejoindre pour la hisser sur le plan de travail et te positionner entre ses cuisses ? Ils comprendraient tous que tu es dans la place.

Tu es folle ! Je n’ai pas envie qu’Amandine me coupe les couilles pour avoir touché sa meilleure amie.

— Si tu t’ennuies toute seule dans ta chambre, n’hésite pas à venir me rejoindre. Je te ferai une petite place dans le mien.

Je respire doucement pour ne pas disjoncter en entendant Benjamin inviter Athéna dans son lit.

— Si elle doit venir dans un lit, ce sera dans le mien.

— Amandine, tu exagères. Hors de question qu’Adrien se retrouve avec deux canons dans son lit !

— Vous arrêtez tout de suite. Laura, tu es priée de t’habiller avant de descendre dans cette cuisine. Ces mecs sont ingérables avec leurs hormones.

— Doudou, tu deviens vraiment chiant. Avant, tu étais le premier à sauter sur tout ce qui bouge.

Adrien fusille Jérémy du regard avant de se tourner vers l’équipe.

— Rendez-vous dans quinze minutes au centre tactique. Nous devons avancer sur l’enquête du blog au lieu d’aller courir. Nous ferons un parcours du combattant après. Laura, tu t’habilles et tu nous rejoins.

— Sais-tu que je ne reçois pas d’ordres d’un flic ? Dans la hiérarchie, je crois que l’armée est au-dessus de la police donc que c’est plutôt à moi de te donner des ordres.

Mon pauvre pote ne connaît pas le caractère indomptable de mon amazone. Je l’entends soupirer avant de lui désigner les escaliers de la main. Elle passe devant lui, la tête haute, les épaules relevées et elle s’arrête pour le regarder dans les yeux.

— Lieutenant Laval, je monte, car j’ai peur d’attraper froid et non pour vous obéir. Je préfère mettre les choses au point.

— Une deuxième effrontée au sein de la BE 75. Mon pauvre Adrien, tu as perdu ton autorité naturelle.

Clément en rajoute avant que Nico lui souffle entre les dents de se taire. J’observe Athéna disparaître dans l’escalier du coin de l’œil. Je me délecte du mouvement de ses hanches et de ses fesses.

— Alors, qu’est-ce qui t’est arrivé, Romain ? Tu es n’arrives plus à te lever le matin. J’ai au moins frappé vingt coups à ta porte sans que tu répondes. As-tu des problèmes de sommeil ?

— Non, juste une panne ce matin.

— Tant que ce n’est pas une panne sexuelle, tu es sauvé.

J’ai envie de répliquer à Benjamin que j’ai honoré une Athéna toute la nuit et que je n’ai aucune panne sexuelle. Je me retiens au dernier moment en me rappelant la présence d’Amandine.

— Tu as dû avoir une sacrée panne tout de même. J’ai fait un raffut du tonnerre pour te réveiller.

— Désolé, j’ai vraiment eu du mal à émerger ce matin.

— Problème pour t’endormir hier soir ?

— Tu sais pertinemment que je n’aime pas les interventions avec les enfants. C’était très violent moralement de voir ces bouts de chou enchaînés et avec le regard vide. Comment des hommes peuvent-ils se comporter de cette manière ?

— Je ne me pose même plus ce genre de questions. J’ai appris qu’il y a vraiment des personnes tordues sur cette terre. Des personnes qui ne respectent absolument rien, même pas l’innocence des enfants.

— J’espère que ces enfoirés seront condamnés à de lourdes peines. Parfois, on se demande pourquoi la peine de mort n’existe plus.

— Parce que le risque de condamner un innocent ne peut être réduit à zéro.

Laura réapparaît déjà et elle est habillée en tenue militaire. Et bon Dieu, qu’est-ce qu’elle est sexy en treillis !

N’as-tu pas envie de la caresser à travers ce pantalon ?

— Les gars, les rédacteurs du blog ont encore frappé. C’est insensé. Ils ont réussi à obtenir des photos de votre intervention de cette nuit. Des photos que je n’ai même pas vues moi-même.

L’intervention de notre expert en informatique nous ramène tous à la réalité. Je vois Adrien serrer les poings de rage. Nous nous dirigeons tous vers le centre tactique. Qu’allons-nous encore découvrir ?

Nous nous installons tous à notre place et Laura hésite. Elle ne sait pas vraiment où elle peut s’installer. Adrien lui fait signe de se placer du côté opposé à moi. A-t-il peur que je ne sois pas capable de me concentrer ? Sérieux, me connaît-il aussi mal ? Ce n’est pas une nana, aussi belle soit-elle, qui m’empêchera de faire correctement mon job.

— Qu’as-tu découvert, Victor ?

— C’est déjà en ligne.

Il ouvre la page du blog. Cet immonde blog qui nous tient en échec depuis plus de cinq mois. Ou est-ce six mois ? Le temps passe si vite qu’on en perd parfois la notion.

— Regardez, il y a des photos de notre départ de la BE 75, des photos de notre arrivée sur les lieux et de l’intervention. Comment peuvent-ils se les procurer ? C’est complètement insensé.

Adrien est incrédule et n’en croit pas ses yeux. Je le regarde.

— Adrien, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette histoire. Soit quelqu’un leur donne des infos en temps réel soit des caméras sont installées au sein de nos bâtiments. Ce ne sont plus des coïncidences.

Laura m’observe et surenchérit.

— Qui est au courant de vos interventions ? D’où recevez-vous les ordres ?

— Nous les recevons directement du ministère de l’Intérieur.

— N’oublions pas qu’ils ont réussi à obtenir des données classées confidentielles par rapport à l’armée !

— Ils auraient donc des yeux et des oreilles sur deux ministères importants. Comment ont-ils réussi cet exploit ?

Victor prend la parole et pianote sur son écran.

— Il existe bien une possibilité, mais ce serait incroyable s’ils avaient réussi à la mener dans deux ministères distincts.

— De quoi parles-tu ?

— Ils ont pu pirater les systèmes informatiques. Ils accèderaient alors à toutes les données en temps réel.

— C’est une possibilité, mais cela n’explique pas les photos. On a l’impression qu’ils arrivent à se rendre sur les lieux.

— C’est peut-être un réseau très organisé.

— Vous voulez dire comme des personnes qui seraient des indics un peu partout sur le territoire ?

Les remarques de Laura sont très pertinentes, mais je ne vois pas pour quelle raison les terroristes prendraient de tels risques. L’explication doit être plus simple.

— Je n’arrive pas à croire ce qu’ils ont écrit. Avez-vous lu ce nouveau tissu de mensonges ?

— Pas encore ! Nous étions en train de débattre sur les photos.

Nico s’énerve et pointe l’écran du doigt.

— Lisez ce que ces connards ont publié.

Cette fois-ci, c’est moi qui prends la parole et j’ai envie de vomir en découvrant ce qui est écrit.

— La célèbre brigade d’élite 75 a une nouvelle fois fait parler d’elle. Ils se sont rendus en région parisienne dans un orphelinat qui abrite des enfants de quatre à douze ans. Ces idiots de flics n’ont pas hésité une seule seconde à tirer les enfants de leur sommeil.

— On aura tout vu. Un orphelinat ! Ils appellent cette foutue baraque où des pédophiles obligeaient des mineurs à se prostituer un orphelinat. Ils n’ont absolument aucune décence.

— Le grand banditisme n’est plus ce qu’il était. Il a perdu toutes ses valeurs. Avant, les criminels respectaient un minimum les femmes et les enfants. Tout est aux oubliettes aujourd’hui.

— Je continue la lecture, les gars. Ils ont arraché les enfants à leurs généreux protecteurs pour les envoyer dans des foyers où ils deviendront des délinquants en puissance. Ces protecteurs prenaient soin d’eux sans rien demander en échange. Ils étaient des saints et la BE 75 a gâché tout leur travail pour redonner confiance à ces enfants.

C’est plus que je ne peux en supporter ! Je revois les petits enchaînés ou jetés en pâture à des adultes. Je sors de la pièce en courant et je m’enferme dans les toilettes. Je commence à vomir de la bile dans la cuvette. Je n’ai jamais supporté qu’on s’attaque à des innocents et surtout des enfants innocents.

Je sors des toilettes et me regarde dans la glace tout en me lavant les mains et en m’aspergeant le visage d’eau. Nous devons retrouver ces rédacteurs avant qu’ils commettent des dégâts irréparables. Je n’ose imaginer ce qu’ils feraient s’ils découvraient nos identités, celle de Laura.

Nous sommes tous en danger tant qu’ils sont dans la nature.

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