Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber
Chapitre 25
Romain
J’arrive à la BE 75 passablement énervé. J’ai passé deux jours extraordinaires avec Laura et la venue d’Amandine a gâché notre retour. J’ai besoin de me défouler au gymnase. Je monte dans ma chambre et je me change.
Je me précipite pour profiter de nos équipements sportifs et j’ai la surprise d’y trouver mon meilleur ami en poussant la porte.
— Aurais-tu besoin d’évacuer la pression toi aussi ?
— Oh, oui ! Amandine m’a rendu fou ces quatre derniers jours.
Je lui adresse un clin d’œil et me moque de lui.
— Es-tu déjà trop vieux pour les acrobaties sexuelles ?
— Bien sûr que non ! Je suis trop vieux pour tous les drames qui vont avec les disputes de nanas. Sérieux, même après que je l’ai mise sous la douche et l’avoir contrainte à se nourrir correctement, elle a été infernale. Elle ne parlait que de Laura et de leur amitié brisée et de sa trahison et j’en passe. J’ai fini par lui dire d’aller la voir à son appartement. Je n’ai aucune nouvelle depuis.
— Alors, c’est toi que je dois remercier pour le comité d’accueil. J’avais emmené Laura passer deux jours loin de Paris pour se ressourcer et digérer. Quand nous sommes rentrés, ta chérie nous attendait devant la porte de l’appartement.
Mon pote se passe la main devant les yeux et me regarde fixement.
— Par pitié, ne me dis pas qu’elle est au courant de ta liaison avec Laura. Elle a dû réagir avec…
Je l’interromps et je finis la phrase.
— Colère. Surtout quand elle a compris que tu étais au courant et que tu lui avais caché.
— Quoi ? Pourquoi est-ce que tu lui as dit que j’étais au courant ? Elle va m’arracher les yeux.
C’est trop marrant de le voir paniqué en imaginant qu’Amandine lui en veuille. Je le rassure en me moquant de lui.
— Quand je te dis que ta nana te tient par les couilles ! Je te rassure, elle ne le sait pas. Tu n’auras pas droit à l’hôtel du cul tourné pendant plusieurs jours. Je note que tu balises grave.
— Arrête tes conneries ! Je ne veux pas payer les pots cassés. Comment a-t-elle réagi une fois la colère passée ?
— Je ne sais pas. Laura m’a demandé de les laisser toutes les deux.
— Est-ce que tu es devenu fou ? Imagine si elles se sont entretuées !
— Je n’y crois pas une seule seconde. Je pense qu’elles ont dû se réconcilier et que ta femme va vouloir tout savoir.
— Tu as peut-être raison. Elles adorent parler chiffons et sexe entre elles.
— Oui, j’ai remarqué. Apparemment, Laura en connaît un rayon sur le début de votre relation avec Amandine.
Adrien lève les yeux au ciel et balance son poing dans le vide.
— Oui, j’ai remarqué aussi. As-tu vu la tête d’Amandine quand Laura lui a dit qu’elle ne ferait rien de plus que ce qu’elle avait déjà fait ?
Je secoue la tête en scrutant mon pote. Je n’ai pas vraiment envie de savoir ce qu’il a pu faire avec sa nana au début de leur relation conflictuelle.
Attends, tu devrais t’instruire ! Imagine qu’il te file de super tuyaux ! Ce serait dommage de ne pas profiter de son expérience.
Non, je n’ai pas vraiment envie de savoir qu’il avait pilonné Amandine comme un fou sur son bureau. Même si je m’en doute !
— Et si on se faisait un combat viril entre mecs au lieu de parler comme des gonzesses ?
Je souris à la suggestion de mon meilleur ami et cette fois-ci, je hoche la tête. Nous nous équipons de gants de boxe et commençons un entraînement spécifique cardio. Il nous permet de travailler également notre coordination, notre rapidité et notre prise de décision en un quart de seconde. Nous enchaînons les droites, les gauches tout en contrant l’autre.
La porte du gymnase s’ouvre soudain et nous voyons Amandine apparaître.
— Coucou, mon amour ! Qu’est-ce que tu m’as manqué !
Elle se précipite dans les bras d’Adrien et lui offre un baiser passionné. Je tousse légèrement pour leur rappeler ma présence.
— Toi, tu devrais te faire oublier. Tu as juste oublié la consigne que j’avais donnée. Dis-moi ce qui n’était pas clair dans « on ne touche pas à ma meilleure amie » ?
Adrien la tient par la taille et lui murmure à l’oreille :
— Ce n’est pas vraiment grave, Amandine. Romain et Laura sont deux adultes consentants.
— Comment es-tu au courant, toi ?
Danger pour mon pote ! Je dois le protéger et inventer un bobard. Elle n’a pas besoin de savoir qu’il était déjà informé de ma relation avec la belle militaire.
— C’est moi qui viens de lui en parler, pitbull. Sois sympa avec ton homme !
— Ne t’inquiète pas pour ça ! C’est avec toi que je ne vais pas être sympa. Nous allons avoir une grande discussion tous les deux. Adrien, peux-tu nous laisser s’il te plaît ? Je veux parler en tête-à-tête avec Romain avant que la sirène retentisse.
Mon meilleur ami l’embrasse doucement sur la bouche avant de s’éloigner. Espèce de lâcheur ! J’espère que la sirène va retentir très rapidement.
— Toi, je t’en veux. J’avais expressément dit que ma meilleure amie n’était pas un gibier pour vous. Et tu as fait l’inverse de ce que je demandais. Quelle est ta défense, Romain ?
Punaise ! J’ai l’impression d’être sur le banc des accusés. Il paraît que c’est une avocate redoutable et je n’ai aucun mal à le croire.
— J’ai résisté la dernière fois, Amandine. Simplement, Laura est si belle, si femme et si déterminée quand elle veut quelque chose.
— Es-tu en train de me dire que c’est elle qui t’a séduit ?
Je ne sais pas ce que Laura lui a confié sur le début de notre relation. Je ne pense pas qu’elle lui ait parlé de cette pipe mémorable sur le toit-terrasse de son immeuble. Il est préférable de jouer la prudence.
— Je pense que nous avons été attirés l’un par l’autre dès le départ. Je me doutais de l’identité secrète de Laura et j’ai voulu lui apporter mon soutien.
Elle me scrute sans parler puis ouvre enfin la bouche.
— Tu es dans la merde, Romain. Elle représente plus pour toi que tu veux l’avouer. Depuis quand êtes-vous ensemble ?
— Nous nous sommes rapprochés dès son retour de blessure.
— C’est bien ce que je dis ! Vous êtes tous les deux dans la merde et vous ne vous en rendez même pas compte.
De quoi parle-t-elle ? Pourquoi utilise-t-elle des énigmes ?
Ce n’est pourtant pas difficile à comprendre ! Elle voit à quel point tu kiffes ton amazone indomptable. Tu es en train de tomber pour ton Athéna.
N’importe quoi ! Elle et moi, c’est passager, c’est éphémère. Ce sera terminé dès qu’elle va retourner sur le terrain.
— Écoute-moi bien, Romain ! Si jamais tu fais le moindre mal à ma meilleure amie, je te coupe les testicules et le sexe. Je les donnerai en pâture à toutes les femmes que tu as abandonnées.
J’éclate de rire sous son regard outré.
— C’est bon, je suis sauvé. Adrien ne te laissera jamais voir mes parties intimes.
— Je ne lui en parlerai pas avant de le faire. Si tu la fais souffrir, je te castre.
— Arrête de me menacer des pires représailles ! Je n’ai pas l’intention de la faire souffrir.
Elle m’observe en silence comme si elle cherchait à lire dans mon âme. Si elle utilise cette technique avec les suspects, je comprends qu’elle puisse leur faire peur.
— Tu lui fais du bien en ce moment alors ne gâche pas tout.
La sirène retentit à cet instant et interrompt notre conversation. Je lui fais signe que je dois y aller, elle hoche la tête. Elle connaît les contraintes de mon métier.
Quinze minutes plus tard, nous sommes tous dans le van de la BE 75. Nous partons sur une manifestation où des extrémistes cassent des vitrines pour piller. Adrien nous donne les dernières informations qu’il a en sa possession et nous savons déjà que la mission pue. Toutes les missions puent de toute façon !
Ces mecs sont là pour casser du flic. Ils n’ont aucune retenue par rapport à la valeur d’une vie. Nous nous concentrons au maximum et déposons Laura pour qu’elle puisse faire quelques photos.
J’espère qu’elle va rester très prudente, car nous avons des fous en face de nous. Elle n’est pas armée, rien ne la protège. J’essaie de lui parler à travers mon regard et elle sourit. Sa façon de me rappeler qu’elle est une grande fille et qu’elle sait se débrouiller.
Regarde comme tu es capable de lire les expressions sur son visage ! Regarde comme tu t’inquiètes pour elle !
Laisse-moi tranquille… Ce n’est pas le moment de philosopher. Je dois me concentrer au maximum.
Éric se gare à proximité des Champs-Élysées. Cagoulés, nous suivons notre lieutenant. Il s’arrête discuter quelques secondes avec les forces déjà présentes et nous entrons dans l’arène. Notre mission est simple : isoler les extrémistes les uns des autres pour qu’on les arrête.
Une bataille acharnée commence. Ils utilisent tout ce qu’ils trouvent à proximité. Ils nous lancent des pavés qu’ils retirent du sol. Ce sont des fous. A-t-on le droit de tout détruire pour défendre ses idées ?
Petit à petit, nous arrivons à les isoler, à les attacher avant de les remettre à la police. Ils sont si nombreux, c’est un travail de fourmi.
— Attention, Tango 8 ! Assaillants derrière toi.
Jérémy et Nico se précipitent pour aider Clément qui est en mauvaise posture. À eux trois, ils arrivent à faire reculer les six fous qui voulaient tabasser Clément. Nous continuons de nous battre.
— Tango 10, baisse-toi !
Je viens de hurler cet ordre à destination d’Adrien. Il a juste le temps de se baisser pour ne pas se prendre un coup de ferraille dans le dos pendant qu’il bataille avec un autre. Je cours pour l’aider et à deux, nous les faisons plier. Quelle galère ! Ils sont dangereux, armés et déterminés à nous nuire.
Tout à coup, je sens une horrible douleur traverser le côté de mon ventre. Le mec en face a réussi à m’infliger un coup en passant sous mon gilet pare-balles.
— Tango 6 touché. On le transporte au van.
Mes coéquipiers m’entourent. Adrien me soutient pendant que les quatre autres repoussent tous les assaillants. La vue du sang les excite et ils sont nombreux à venir batailler.
— L’un d’eux est touché. Il faut le finir.
Ils sont vraiment barges. Les policiers viennent en renfort et en profitent pour arrêter un grand nombre avant qu’ils ne commencent à se disperser dans les rues environnantes.
Nous montons tous dans le van et Adrien hurle.
— Éric, le plus vite possible à l’hôpital ! Romain est touché.
Il sort des compresses et les appuie sur le côté de mon ventre. Il n’arrive pas à voir l’ampleur de la blessure. Il me parle sans cesse.
— Tiens bon, mon pote. Tiens bon. Je t’interdis de t’endormir, tu m’entends.
Je lui parle tout bas.
— Même pas pour rêver d’une belle militaire ?
— Rêve de tout ce que tu veux lui faire si ça peut t’aider à ne pas sombrer.
Il a à peine prononcé ces mots que je perds connaissance. Je sens qu’il me parle, mais je glisse doucement.
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