Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber
Chapitre 20
Laura
J’ai sombré dans le sommeil après cette journée riche en émotions. Entre le psy qui ne veut pas me délivrer mon sésame pour retourner avec mon équipe et mon affectation à la BE 75 pour les aider à enquêter sur le blog, mon cerveau a parcouru des montagnes russes.
Je suis surprise par un bruit en plein sommeil et mon instinct de soldate prend le dessus. Au moment où l’ombre s’approche de moi, je bondis hors de mon lit pour la mettre à terre en moins de dix secondes.
Pourtant, une main se plaque presque simultanément sur ma bouche et une voix murmure :
— Désolé de t’avoir surprise en plein sommeil. J’avais envie de te rejoindre après notre retour de mission.
Je reconnais la voix de Romain et me relève aussitôt.
— Je suis dans un endroit que je ne connais pas. Mes réflexes de militaire ont pris le dessus. Pour un flic mégaentraîné, tu n’as rien vu venir.
— Je n’ai pas voulu faire trop de bruit en te contrant. Je n’ai pas envie que les autres nous grillent. Déjà qu’Amandine voulait s’assurer que tu dormais !
— Comment s’est passée ta mission ?
— Un grand classique dont je ne peux pas te parler. Je serais obligé de te réduire au silence si je t’en disais trop.
Il utilise exactement les mêmes mots que je lui ai déjà dits.
— Ce serait vraiment dommage, cow-boy ! J’ai prévu de te chevaucher pour que tu n’aies pas trop d’efforts à faire après cette mission.
— Qu’attends-tu pour le faire ?
Je m’approche de lui, le saisis par le col et le fais reculer jusqu’à mon lit. Je le pousse dessus et il s’allonge. Je m’installe à califourchon sur lui et me penche pour l’embrasser avec voracité. Le temps des conversations est terminé. Je veux juste me rassasier de cet homme avant de me rendormir. Ou avant que cette sirène ne se fasse de nouveau entendre.
J’ai l’impression d’être de nouveau au sein de mon unité quand il faut se dépêcher de prendre du plaisir sous peine d’être privée d’orgasme. Il détache ses lèvres des miennes et caresse mon visage.
— Je sais que je peux être appelé à tout moment, mais je n’ai pas envie d’un coup rapide. Si nous ne terminons pas cette nuit, nous nous retrouverons demain.
— Je n’ai jamais été très douée pour attendre. Je n’aime pas la frustration, cow-boy.
— La frustration a parfois du bon. Elle permet de mieux apprécier ce qu’on obtient.
Tu ne vas tout de même pas le laisser raconter ce genre de conneries. Je ne suis pas du tout d’accord avec son analyse. Pourquoi attendre quand on peut connaître l’extase ? Autant la connaître deux fois au lieu d’une !
— Je n’en reviens pas que tu me dises que tu préfères être frustré que de connaître l’orgasme. Si tes potes le savaient, ils ne manqueraient pas de se foutre de toi.
— Tu interprètes ce que j’ai dit. Je t’ai dit que je ne voulais pas d’un coup rapide, je ne t’ai pas dit que je ne voulais pas jouir.
Nous sommes en train de papoter comme des gonzesses au lieu de nous envoyer en l’air. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans sa tête ?
— Attends… Je ne te reconnais plus. As-tu reçu un coup sur la tête ? Es-tu victime d’une commotion cérébrale qui te fait dire n’importe quoi ?
Il éclate de rire avant de se relever et de claquer un bisou sur mes lèvres. Il reste assis sur le lit alors que je suis toujours installée sur ses cuisses.
— Je te promets que je vais bien. C’est juste qu’ici, nous avons toujours accéléré nos ébats par peur d’être interrompus. J’ai envie de profiter de ton corps et de prendre mon temps. Je n’ai pas envie de baiser à la va-vite ce soir.
Son aveu m’arrache à moitié des larmes. C’est vrai que les ébats très rapides amènent aussi leur lot de frustration. Quand il n’est pas de garde, nous passons une partie de la nuit à nous caresser, faire l’amour avant de nous caresser de nouveau. Nous ne sommes pas obnubilés par l’horloge et par la crainte d’une sirène qui retentirait.
— Et si tu dois repartir en mission avant que nous ayons fini ?
— Tu resterais trempée d’excitation jusqu’à ce que je revienne. Tu ne penserais qu’au moment où ma queue s’enfoncerait dans ta chatte luisante. Tu rêverais de mon retour et tu serais excitée à mort.
Chacune de ces phrases m’envoie des papillons dans le ventre. Je m’imagine délicieusement frustrée et me retournant dans mon lit en l’attendant.
— N’aurais-tu pas peur que j’utilise mes doigts pour me donner du plaisir ?
— La masturbation t’apporterait un plaisir éphémère et tu serrerais les cuisses en priant pour que je revienne très vite dans ton lit. Ou, je pourrais t’offrir un sextoy qui te tiendrait compagnie en mon absence. Peut-être même un jouet vibrant que je pourrais activer à distance.
Mon sexe pulse d’excitation et j’ai envie de m’empaler sur lui. Je ne peux pas lui donner cet avantage.
— Parviendrais-tu à te concentrer sur ta mission en sachant que je prends du plaisir sans toi ? Et même que je jouis bruyamment dans la BE 75 déserte. Imagine que je pourrais crier ton prénom ou celui de…
Il me coupe d’un baiser passionné avant de me mordiller la lèvre inférieure.
— Vilaine !
Waouh… J’adore l’entendre prononcer ce mot « vilaine » avec son timbre rauque. J’ai l’impression qu’une décharge s’accumule dans mon bas-ventre. Il continue de me mordiller la lèvre.
— Vilaine ! Tu n’es pas autorisée à crier le prénom d’un autre homme que moi.
Pourrait-on passer aux choses sérieuses ? Ou allez-vous discuter chiffon jusqu’à ce que cette foutue sirène retentisse ?
J’ondule du bassin et je frotte ma chatte trempée à l’abri dans mon short de nuit contre son membre dur. Je gémis et il capture mes lèvres pour un baiser orageux, fiévreux. Nos langues s’enroulent tandis que nos mains partent à l’assaut du corps de l’autre. Il fait voler mon débardeur dans la pièce tandis que je lui arracherais presque son T-shirt. Enfin, je lui enlève… J’ondule de plus en plus des hanches et ses doigts passent les pointes hérissées de mes seins. Nous nous détachons l’un de l’autre, hors d’haleine. Je murmure contre son oreille.
— Ne devrais-tu pas te reposer ? Ton métier est difficile et tu as besoin de dormir.
— Athéna, toi comme moi savons la cruauté dont les hommes sont capables. Ce soir, je veux juste de la tendresse pour oublier ce que j’ai vu.
Je ne sais pas ce qu’il a vécu pendant cette mission, je sais juste que je comprends ce qu’il ressent. Souvent, quand on a été confronté à l’intolérable, on perd le sommeil et on a besoin d’un dérivatif.
— Je comprends, j’ai déjà ressenti ce vide après une mission difficile. Est-ce que tu veux en parler ?
— Est-ce que tu as envie de parler que ce qui s’est passé avant ton accident d’avion ou après ?
La conversation prend un tour dangereux. Je préfère noyer mes angoisses dans le sexe.
— Non, je ne ressens pas le besoin d’en parler.
— Alors tu comprends que je n’en ai pas besoin en plus. Nous sommes formés pour endurer et dépasser ce que nous voyons. Je désire juste ta tendresse et te faire partir dans un autre monde.
— À ta disposition, cow-boy.
— Sois une amazone indomptable !
Nous lèvres se joignent de nouveau et nous nous embrassons avec ferveur pour oublier toutes les atrocités que nous côtoyons jour après jour. Pourtant, je perçois que Romain est distrait. Oh, cela ne se voit pas sur son visage ou dans ses gestes ! Non, c’est quelque chose de plus profond. Sa façon de m’embrasser comme pour oublier les instants qu’il vient de vivre, sa manière de me caresser comme pour chasser tous ses souvenirs. Je connais cette échappatoire et souvent, tout revient en boomerang après l’étreinte charnelle. Les démons ne sont jamais loin.
Arrête de penser et occupe-toi de lui !
Justement, je pense qu’il a besoin d’alléger un peu la pression mentale.
Comme toi, tu l’allèges avec le psy !
Est-ce mon expérience en Afghanistan qui m’a rendue plus sensible aux émotions ? Je ne sais pas, mais je n’ai pas envie de fuir et de le laisser se noyer dans des ébats passionnés avant qu’il se reprenne tout dans la tronche. Je recule légèrement pour reprendre ma respiration et j’en profite pour prendre son visage en coupe.
— Je ne te sens pas vraiment présent dans cette pièce.
Je m’aventure sur un terrain que je ne connais absolument pas et qui me surprend moi-même.
— Ah, bon ! Est-ce que mon érection n’est pas assez conséquente pour te convaincre que je suis bien avec toi ?
Il soulève légèrement son bassin et vient se frotter contre mon intimité complètement trempée. Limite si je n’ai pas sorti les grandes eaux !
Tu parleras plus tard. Profite de ce flic hyper sexy et prêt pour toi !
— Physiquement, tu es bien là, mais mentalement, je te sens loin. Je dirais même que ta mission a laissé des traces. Raconte-moi, nous ne sommes que tous les deux et personne n’en saura rien.
Je suis très étonnée de ma proposition. Elle sonne comme une évidence. J’ai envie de l’aider, j’ai envie de lui permettre de s’alléger un petit peu de cette charge mentale. Pour quelques minutes, je n’ai pas envie de jouer. Je l’entends soupirer.
— Athéna, es-tu certaine de vouloir que je réponde à cette question ? Tu as déjà vu tellement d’atrocités dans ta carrière militaire.
— Oui, je suis certaine de mon choix.
Nous sommes face à face, je suis assise sur ses genoux avec juste mon short de nuit et lui ne porte plus que son boxer. Sa queue et ma chatte sont excitées comme jamais et pourtant, nous allons prendre le temps de parler avant de faire l’amour. Une grande nouveauté pour moi ! Toute cette expérience actuelle me change. Il commence à se livrer d’une petite voix. Un comble pour un homme qui a une voix si grave et si rauque !
— C’est toujours très difficile quand nous intervenons dans des lieux avec des enfants innocents.
— Je ne sais que trop bien ce que tu veux dire. J’ai déjà eu des missions avec des civils sur les lieux et surtout des enfants en bas âge qui n’avaient rien demandé.
Il me caresse le dos dans un geste d’une infinie tendresse. Puis, il dépose un baiser sur mes lèvres sans chercher à l’approfondir.
— Toi aussi, tu vois des scènes si horribles. Pourquoi les hommes sont-ils capables d’autant de violence les uns envers les autres ?
À mon tour, je dépose de doux baisers sur sa mâchoire barbue.
— Pour de l’argent, pour du pouvoir. Les vies humaines ne comptent pas pour eux et il faut des gens comme nous pour ramener l’ordre sur cette terre.
— Je ne peux pas t’en dire plus. Simplement qu’ils ont traité ces enfants comme des animaux ! Nous sommes intervenus dans un bordel et ces pédophiles prostituaient de jeunes enfants. De petites filles et de petits garçons.
Je n’ose même pas imaginer ce qu’il a ressenti en découvrant ces atrocités. Je l’attire dans mes bras et nous restons quelques instants sans parler.
— Merci, Athéna. Maintenant, si tu es d’accord, je compte m’enfoncer en toi et te faire crier de plaisir. Enfin, te faire crier dans l’oreiller.
La discussion est terminée. Je le sens à ses mains qui viennent caresser mes fesses. Je le sens à ses doigts qui se rapprochent de la zone de mon anus. Je ne suis pas vraiment fan de la pénétration anale. J’ai déjà testé et je n’ai pas aimé. Je saisis ses poignets et les place sur mes hanches.
— Maintenant, monsieur le policier, vous vous laissez faire et vous savourez.
Sans attendre la réponse, ma bouche s’empare de la sienne pour un baiser volcanique. Cette fois-ci, nous ne l’interrompons pas et l’excitation monte crescendo.
Nous nous caressons, j’ondule sur sa queue si dure et je ne cesse de gémir. J’ai besoin de le sentir au plus profond de moi. Je me lève, enlève son boxer et mon short. J’attrape un préservatif et en recouvre son membre. Puis je remonte à califourchon sur lui et m’empale sur sa queue. Quand je la sens au plus profond de moi, je me sens remplie, je me sens complète.
— Bouge, Athéna, bouge. Donne-moi tout ce que tu as sous le capot.
Ses mains caressent ma poitrine tandis que j’avance et recule sur ce membre si rigide. J’ai l’impression qu’il me transperce les chairs et j’adore cette sensation.
— Plus fort et plus vite… Laura, montre-moi à quel point tu es indomptable.
Ses doigts agrippent mes hanches tandis que je commence à me soulever au-dessus de lui. Je monte et je descends sur cette queue et j’oublie tout ce qui n’est pas cet homme qui me comble.
— Je vais crier. C’est trop bon.
Il me tend son boxer et le met dans ma bouche. C’est si érotique. Je hurle dans son vêtement tandis que nos corps claquent l’un contre l’autre.
— Maintenant, Athéna !
À la seconde où il me chuchote cet ordre, je m’envole et je touche le paradis. Ce n’est pas seulement physique, je me vide psychologiquement. Je relâche toute la pression emmagasinée dans ma tête. Je le sens se tendre sous moi au moment où il donne ses derniers à-coups. Il m’attire contre lui, il me serre si fort. Cette étreinte était au-delà d’une simple étreinte sexuelle.
— Je devrais repartir dans ma chambre, mais je n’en ai pas envie. Je reste encore quelques minutes avec toi.
Il enlève le préservatif et se rallonge contre moi. Ses doigts caressent doucement ma tête et s’emmêlent dans mes cheveux jusqu’à s’arrêter. J’écoute son souffle régulier et je comprends qu’il s’est endormi.
Je me love contre son torse et sombre dans le sommeil à mon tour. Je ne cherche pas à trouver des réponses à ce qui s’est passé cette nuit.
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