Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber
Chapitre 27
Romain
Déjà neuf jours que je suis bloqué à cause de cette fichue blessure au couteau ! Je ne suis pas autorisé à retourner sur le terrain et Adrien est inflexible.
J’essaie de travailler sur la résolution de l’énigme du blog, mais je ne fais aucun progrès. Victor est également bloqué et l’enquête piétine. Ils continuent de nous casser du sucre sur le dos, leur nombre d’abonnés ne cesse de grimper et nous, nous n’arrivons pas à mettre la main sur eux.
Et pour couronner le tout, mon infirmière dévouée l’est beaucoup moins depuis l’arrivée de ce Martin. Elle passe tout son temps avec lui. Je veux bien croire qu’il y est son meilleur ami, qu’il habite dans la région de Nantes et qu’il ne reste que quelques jours, mais est-ce une raison pour l’héberger ? Il aurait pu se prendre une chambre d’hôtel. Comment voulez-vous que je décompresse ?
Laura me dit que c’est un excellent moyen de ne pas succomber à la tentation alors que je suis blessé. Je me sens parfaitement apte à la conduire au paradis.
Et si tu lui montrais au lieu de parlementer… Tu la bloques avec ton corps, tu l’embrasses, tu la caresses et elle ne résistera pas. Mais Monsieur joue le preux chevalier.
Frustré, frustré, frustré ! Je suis une boule de frustrations. J’ai passé la journée avec les gars pour travailler sur les nouveaux éléments du blog pendant que Laura et ce Martin rendaient visite au psy et à du personnel militaire. Bien entendu, elle n’a pas voulu m’en dire plus. Lui par contre, j’ai l’impression qu’il en connaît un rayon.
J’espère vraiment retrouver Laura seule ce soir. Je frappe à sa porte et j’attends qu’elle vienne. Je l’entends rire en arrivant. Peut-être est-elle avec Amandine ! Elle ouvre le battant et me sourit.
— Ah, te revoilà ! Martin et moi venons juste de rentrer.
Ainsi il est toujours là. Je m’avance pour l’embrasser et elle me claque un léger baiser sur la bouche. Je suis à peine arrivé qu’elle me contrarie déjà.
Et si tu lui montrais qui est l’homme ! Et si tu lui rappelais qui est le mâle ! Arrête de tergiverser et de grogner. Agis ! Plaque-la contre le mur et embrasse-la en te pressant contre son corps.
Je ne vais tout de même pas me comporter comme un homme préhistorique.
Va chercher ta femelle ! Conduis-la dans la chambre et pilonne-la !
J’ai envie d’enfoncer ma queue profondément en elle pour assouvir mon désir et la punir d’avoir passé toute la journée avec ce mec. Quoi ? Pourquoi est-ce que je parle de la punir ? Je divague grave, moi !
— Est-ce que tu manges avec nous ? Tu as l’air tendu, Romain.
— Nous n’avançons pas sur l’enquête du blog et j’en ai marre de ne pas pouvoir faire mon boulot.
Elle m’observe longuement avant de hausser les épaules.
— Il y a seulement neuf jours que tu ne peux pas aller sur le terrain. Moi, j’en suis bientôt à six semaines. Non, sept semaines ! C’est fou comme je perds la notion du temps.
Elle se tourne alors vers ce Martin et lui parle alors que nous discutions tous les deux.
— Est-ce que tu te rends compte que cela fait déjà sept semaines que je suis éloignée de notre unité ?
Vient-elle de dire « notre unité » ? Ainsi, ce mec fait partie de ses collègues. Il passe la plupart de son temps avec elle quand elle est en déploiement et ne se gêne pas d’admirer son corps de déesse.
— Non, je n’en reviens pas. Surtout que tu arrives à supporter de ne pas encore avoir reçu l’autorisation du psy de revenir !
— Je ne peux pas dire que je le supporte, mais je n’ai pas le choix. Soit je le supporte soit je le tue.
Ils éclatent tous les deux de rire et Martin lui adresse même un clin d’œil.
— Ce serait dommage que tu le tues. Il y a très peu d’hommes dans les prisons pour femmes. Tu risquerais d’être très vite en manque.
— Ne viendrais-tu pas me chercher ?
— Uniquement à l’approche de notre mariage !
Quoi ? Vient-il de parler de mariage ? De leur mariage ? Je vois rouge.
— Laura, tu n’aurais pas oublié de me dire quelque chose. Nous couchons ensemble et tu as oublié de me dire que tu vas te marier. Tu m’as vraiment pris pour un con.
— Ce n’est pas du tout ce que tu penses, Romain. C’est juste une plaisanterie entre Martin et moi.
Une question commence à me tarauder sérieusement. S’ils parlent de mariage, c’est qu’ils sont proches, très proches.
— Fait-il partie des gars que tu rejoignais secrètement entre deux missions ?
— Cela ne te regarde pas, Romain. Je ne te demande pas avec quelles pouffes tu as déjà couché. Pourquoi te comportes-tu comme un mec jaloux ?
Je suis incapable de me calmer et j’explose. L’accumulation de frustration est très mauvaise conseillère.
— Je ne suis pas jaloux. Je t’ai posé une question. Réponds-moi.
— Une nouvelle fois, je ne te répondrai pas.
Elle campe sur ses positions comme l’Athéna qu’elle est et je ne le supporte pas. Je tourne les talons et sans un mot, je sors en claquant la porte. Elle n’essaie même pas de me retenir. Je descends les escaliers à la hâte et remonte sur ma moto. Je roule pendant quelques minutes avant de m’arrêter devant un bar.
J’y pénètre et me dirige vers le comptoir. Je commande un premier whisky que je bois cul sec avant d’en commander un deuxième qui suit le même chemin. Le liquide ambré calme un peu mes nerfs.
Avant d’absorber le troisième, je me tourne et je contemple les nanas qui gravitent autour de moi. Rien de bien appétissant ! Rien que je puisse ramener à mon appartement !
Pourquoi veux-tu ramener une nana à ton appartement alors que ton Athéna t’attend ? Va la rejoindre au lieu de faire une mégaconnerie.
Tu te trompes, elle ne m’attend pas. Elle prépare son mariage avec Martin. Elle s’est bien foutue de ma gueule. Ils ont bien dû rire tous les deux de l’incrédulité du petit Romain.
Je bois un troisième verre cul sec pour calmer ma colère. Je devrais pourtant savoir que l’alcool ne résout pas les problèmes.
— Alors, beau gosse, tu ne sembles pas dans ton assiette. Est-ce que tu veux de la compagnie ?
Je l’observe et je vois tout de suite que ses seins sont refaits. Son visage est avenant et sa silhouette n’est pas dégueulasse à regarder. Pourquoi pas après tout ? Je lui désigne le tabouret à côté de moi.
— Qu’est-ce qui t’a mis dans cet état ? Est-ce une femme qui n’a pas été gentille avec toi ? Je te promets d’être très sympa avec un mec aussi baraqué que toi.
Je bois un quatrième whisky, car sa conversation m’exaspère déjà. C’était vraiment une mauvaise idée de lui dire de s’asseoir à côté de moi.
— Tu n’es pas vraiment du genre causant, toi. Ce n’est pas grave ! Je ferai la conversation pour deux.
Elle m’énerve déjà. Elle m’énerve vraiment. Je paie mes consommations et je me lève. Je n’ai pas envie de m’intéresser à une autre gonzesse. Je veux retrouver Athéna et savoir ce qui s’est passé. Je sors du bar, avise ma moto avant de me souvenir des quatre whiskys que j’ai descendus. Cela ferait tache de se faire arrêter pour conduite en état d’ivresse.
Je marche quelques mètres avant de trouver un taxi. Je lui donne l’adresse de Laura et m’effondre sur la banquette arrière. Ai-je vraiment compté correctement les verres ? Il semblerait que j’en ai oublié quelques-uns dans mon décompte.
Le chauffeur me laisse devant la résidence et j’entre. Je me dirige vers l’ascenseur et j’ai les pires difficultés à appuyer sur le bouton d’appel.
Ne vous moquez pas ! C’est très difficile de choisir le bon bouton quand vous en voyez deux ou trois.
C’est l’effet de l’alcool !
Ne joue pas les rabat-joie et laisse-moi me concentrer ! Je dois parler avec mon Athéna. Heureusement qu’une bonne âme sort à cet instant ! J’entre et je monte les escaliers avec précaution. J’irais plus vite à quatre pattes. Arrivé devant sa porte, je frappe ou plutôt je tambourine. J’ai vraiment du mal à tenir debout. Elle vient enfin m’ouvrir. Elle ne semble pas très contente de me voir.
— Ah, te revoilà ! Es-tu venu t’excuser de ton comportement de gosse ?
On dirait qu’elle est déjà en train de me chercher. Fidèle à elle-même ! Mais, je vais montrer à Athéna qui est l’homme.
— Je n’ai pas besoin de m’excuser. C’est toi qui devrais ramper à mes pieds. Mais je suis beau joueur.
Je rentre et je la plaque contre le mur. Je la maintiens avec le poids de mon corps qui tangue légèrement. J’attrape ses lèvres pour un baiser animal. Je veux qu’elle sente que je suis le mâle. Je commence à l’embrasser comme un fou, mais elle ne semble pas apprécier mon initiative.
— Arrête, tu as trop bu, Romain !
— J’en ai marre de te voir avec ce Martin. Depuis quand prépares-tu ton mariage avec lui ?
— Si tu m’avais laissé t’expliquer, tu aurais compris qu’il s’agit d’une plaisanterie entre mon meilleur ami et moi.
— As-tu couché avec lui ?
Je veux qu’elle réponde à ma question. Elle me regarde et lève les yeux au ciel.
— Je t’ai déjà dit que ma relation avec Martin ne te regarde pas. C’est entre lui et moi. Tu te comportes comme un gosse qui ne supporte pas qu’on lui résiste.
— Dis-moi la vérité !
Elle secoue lentement la tête tout en plongeant ses yeux dans les miens. Je passe mes mains autour de sa taille et la plaque contre moi. Je la serre très fort.
— Arrête, Romain ! Tu es ridicule. Tu devrais t’allonger et dormir un peu pour reprendre tes esprits.
— Je vais très bien et je veux juste te faire l’amour.
— Pas dans l’état que tu es ! Tu as trop bu.
Je ne supporte pas qu’elle me repousse. Je la serre un peu plus fort et colle mes lèvres contre les siennes. Elle se détache de moi.
— Arrête, Romain ! Tu n’es pas dans ton état normal et tu devrais rentrer chez toi.
— Je ne veux pas partir. Ne me congédie pas alors que j’ai envie de toi. Neuf jours que je ne me suis pas enfoncé en toi. Tu es si accueillante, mon Athéna.
— Là, tu ne serais pas en mesure de me conduire au septième ciel.
Vient-elle de mettre en doute ma virilité et mes capacités devant un autre homme ? Je la serre un peu plus.
— J’aurai toujours les capacités physiques de te mener au paradis.
— Stop, Romain ! Tu n’es pas drôle et tu es ivre.
— Tu devrais rentrer chez toi, mec. Tu n’es clairement pas en état de rester auprès de Laura ce soir.
Le dénommé Martin s’approche. Il mériterait que je lui en colle une. Laura pose une main sur mon poignet et me supplie presque du regard.
— Je ne te reconnais pas, Romain. Tu n’es pas dans ton état normal. Pars s’il te plaît.
Elle me désigne la porte et je comprends qu’elle ne cédera pas. J’ai l’impression de voir ses yeux se remplir de larmes. Martin ouvre le battant et attend patiemment que je sorte. Je marche vers le palier et au moment où je me retourne pour regarder mon amazone indomptable, il ferme la porte et la verrouille.
De quel droit me prive-t-il de mon Athéna ? Je me retiens de tambouriner à la porte.
Elle ne veut pas de moi ce soir, elle veut son Martin. Je me dirige vers l’ascenseur et arrive à appuyer sur le bouton. Je vais me trouver un taxi pour me rendre chez Adrien. Lui au moins ne me rejettera pas.
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