Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber
Chapitre 1
Romain
— Adrien, nous avons besoin de toi au centre de commandement.
Je crois l’entendre râler dans sa tête. Je suis convaincu qu’il est auprès d’Amandine et qu’ils sont bien heureux de travailler. Enfin, c’est ce qu’ils disent.
— J’arrive. J’enregistre mon travail et j’arrive.
Mon meilleur ami me prend pour un con en plus. Du style « je suis en train de travailler et tu me déranges, mec ». Je vais lui montrer que je ne suis pas dupe de son stratagème.
— Tu passes le bonjour à Amandine pour moi.
Voilà, il a compris que je suis parfaitement conscient de ce que ces deux incorrigibles faisaient dans le bureau du lieutenant de la brigade d’élite 75. Je ne peux pas m’empêcher de rigoler en m’éloignant de la porte de son bureau. J’espère que je lui ai bien cassé son coup.
Le gars a passé des heures à nous sermonner pour que nous ne draguions pas à la brigade alors que lui séduisait Amandine derrière notre dos. Je ne comprendrai jamais les femmes. Comment a-t-elle pu être attirée par le plus désagréable de la bande ? C’est vrai, c’est une femme intelligente alors pourquoi a-t-elle choisi celui qui n’a jamais cessé de la rabrouer ?
Je vais finir par croire à cette légende des Bad Boys. Et dire que la belle avocate m’avait tapé dans l’œil quand elle est arrivée.
— Encore deux jours à attendre avant de sauter sur tout ce qui bouge ! Si tu savais comme j’ai envie d’enfoncer ma queue dans une chatte bien accueillante ! Je suis tendu et j’ai besoin d’évacuer la pression.
Je regarde la dernière recrue de la brigade, Nicolas, et je souris. Quand je pense qu’il était timide en arrivant, je mesure le chemin parcouru en deux ans. Nous l’avons vraiment dévergondé.
— Je comprends, tu devras faire appel à ta main pendant deux jours encore.
— Ce n’est pas aussi efficace qu’une belle bouche de blonde pulpeuse ou une chatte bien rasée.
Nos conversations peuvent vous surprendre, mais nous sommes six mecs bourrés d’adrénaline et de testostérone. Un cocktail détonnant et qui ne demande qu’à exploser !
— Crois-tu qu’ils envisagent de faire venir une infirmière d’ici peu pour soigner nos petits bobos d’après intervention ?
— Je n’en ai pas entendu parler. Ce serait peut-être une suggestion à leur faire.
— Pour que les choses soient claires, si une infirmière pointe le bout de son nez dans la brigade, je me la réserve.
Je le regarde avant de lui coller une petite table derrière la tête.
— Depuis quand est-ce le petit dernier de la bande qui fait la loi ?
— Le bizutage est fini. Et je préfère marquer mon territoire au cas où l’un d’entre vous veuille encore avancer masqué.
— Nico, tu adores les infirmières.
— Oh, oui ! Je les adore. Je les imagine se dandiner devant moi dans un uniforme riquiqui qui ne cache pas grand-chose.
— Tu sais que ça s’appelle un fantasme.
Clément a entendu la dernière partie de notre conversation et est intervenu. L’arrivée de Daniel Krueger nous dispense de répondre.
Oui, on ne peut tout de même pas avoir des conversations de cul quand le big boss arrive. Il est rejoint juste derrière par Adrien et je ne peux m’empêcher de lui adresser un clin d’œil. Il a la mine réjouie d’un mec qui vient de passer du bon temps. Il me répond en haussant un sourcil.
– Bonjour à tous. Un nouvel article a été publié sur le blog. Un article qui ne fait pas dans la dentelle. Il devient impératif que nous mettions les rédacteurs de ce torchon numérique hors d’état de nuire.
Je n’ai jamais vu Daniel Krueger autant en colère. C’est un homme qui maîtrise ses nerfs en temps normal et qui laisse peu paraître ses émotions. Qu’est-ce que ces connards ont bien pu écrire pour le mettre dans cet état d’énervement ?
— Je ne souhaitais pas que nous enquêtions sur cette affaire, car nous avons bien plus important à réaliser. Cependant l’acharnement de ces gens ne nous laisse pas le choix. Cette enquête devient une de nos enquêtes prioritaires. Bien entendu, les interventions sur le terrain passeront en premier plan. Messieurs, vous avez ma bénédiction pour trouver les salopards qui entachent la réputation de notre brigade d’élite.
— Enfin, nous allons pouvoir utiliser toutes les ressources à notre disposition.
C’est Jerem qui a murmuré derrière moi. Jusqu’à aujourd’hui, nous nous contentions d’enquêter pendant nos journées de repos.
— Je vous fais confiance pour ne pas négliger l’entraînement et vos temps de récupération.
— Ce qui veut dire que nous ne pourrons pas enquêter à fond quand nous serons de garde.
Benjamin se manifeste à son tour. Les trois petits jeunes de la brigade sont chauds bouillants.
Daniel quitte la salle de commandement au moment où Amandine arrive. Je remarque immédiatement sa pâleur. S’est-elle disputée avec Adrien alors que je croyais qu’il s’occupait d’elle ? Mon meilleur ami peut parfois s’avérer être un rustre qui ne comprend pas la chance qu’il a d’avoir trouvé une femme comme elle pour partager sa vie. Il s’aperçoit de son trouble et s’avance vers elle.
— Que se passe-t-il ?
Nous sommes suspendus aux lèvres d’Amandine. Elle est devenue importante pour nous tous et fait partie de l’équipe depuis que le ministère de l’Intérieur l’a détachée pour suivre nos interventions pendant plusieurs mois. Elle les consigne dans un registre pour justifier qu’aucune loi n’a été bafouée. Nous en sommes malheureusement réduits à devoir justifier de nos actes. Nous faisons pourtant respecter la loi.
— Mon amie Laura est en difficulté avec son avion. Elle a juste eu le temps de m’envoyer un message. Je ne sais pas où elle se trouve.
Adrien la prend dans ses bras pour la réconforter. Leur attitude n’est pas très professionnelle. Ils se sont engagés à ne pas montrer leur liaison sur notre lieu de travail, mais nous sommes entre nous.
— Je suis persuadé que tout va bien se passer, Amandine. Laura est entraînée pour ce type de situation.
Nous avons rencontré sa meilleure amie il y a quelques semaines quand elle était venue lui rendre visite par surprise. Un joli brin de femme qui ne s’en laisse pas compter ! J’avais essayé de lui poser quelques questions sur sa mission en cours pour l’OTAN, mais elle était restée très évasive et avait éludé.
— Imagine-toi si elle s’écrase ! Imagine-toi si son avion s’écrase ! Elle n’est pas entraînée pour un avion qui s’écrase.
Amandine est une femme avec un caractère très fort. Le masque est en train de fissurer et elle perd clairement son sang-froid.
— Tu ne dois pas penser de cette manière. Il faut rester positive, c’est primordial.
Pour toute réponse, elle se blottit contre le torse d’Adrien. Mon pote semble désemparé devant la détresse de la femme qu’il aime.
Je décide de m’isoler dans ma chambre pour contacter mon ami d’enfance. Sébastien travaille toujours au service des renseignements généraux. Nous y avons collaboré pendant de nombreuses années ensemble avant que je rejoigne la brigade d’élite 75.
Je compose son numéro et la boîte vocale s’enclenche immédiatement. Je décide de lui laisser un message. Que puis-je lui dire ? Je ne sais pas vraiment ce qui se passe.
— Bonjour, Sébastien. C’est Romain. J’ai besoin de ton aide si tu as les éléments. Une de nos amies a eu un problème avec un avion de l’armée française. Elle ferait des missions de reconnaissance pour l’OTAN vers la Pologne. Elle s’appelle Laura. Désolé, je n’ai pas plus de renseignements. C’est mince, mais si tu peux m’aider, ce serait formidable.
Je raccroche me disant qu’il va me prendre pour un fou. Il va se demander si je ne veux pas retrouver un de mes plans cul. Je secoue la tête. Il me connaît suffisamment pour savoir que je ne le contacterai pas pour un vulgaire plan cul. Si quelqu’un peut trouver des informations avec le peu de données que je lui ai communiquées, c’est bien Sébastien. C’est un as dans son domaine.
Peut-être aurais-tu dû lui dire que cette femme a des courbes magnifiques qui t’ont ensorcelé… Tu n’aurais rien contre l’emmener dans ton appartement pour déguster sa chatte, son derrière et ses seins.
Arrête de me rappeler que j’ai reculé au dernier moment en me martelant qu’elle était la meilleure amie d’Amandine et que je ne pouvais pas jouer avec elle !
Oui, tu t’es castré tout seul.
Je ferme les yeux et je suis soulagé d’entendre la sirène retentir. Je vais pouvoir évacuer une partie de la tension. Je me dépêche de rejoindre mes camarades dans le centre de commandement. Le visage de Daniel est grave et il nous demande de nous installer. Je vois qu’Amandine est toujours bouleversée et ne semble pas vraiment prêter attention à ce qui se passe autour d’elle.
Ce qui m’ennuie le plus est l’attitude d’Adrien. Il est dépassé par la douleur de sa compagne et son esprit n’est pas focalisé sur notre mission à venir. C’est la première fois que cela lui arrive.
— Je n’ai pas beaucoup d’informations à vous communiquer malheureusement. Nous allons devoir intervenir dans une rixe entre deux bandes rivales qui se battent pour un territoire de drogue.
— Est-ce que c’est une plaisanterie ? J’ai l’impression que nous ne cessons d’intervenir pour des bagarres que les commissariats devraient être en mesure de faire cesser.
C’est Nico qui vient de s’exprimer et de dire tout haut ce que nous pensons tous. Daniel pousse un grand soupir.
— Je sais, nous sommes de plus en plus appelés en support pour des missions somme toute banales.
— Le gouvernement devrait vraiment faire quelque chose pour ces zones de non-droit où les policiers n’osent même plus intervenir.
— Nous sommes d’accord. Aujourd’hui, nous devons y aller, nous n’avons pas le choix.
Il nous donne quelques éléments supplémentaires avant que nous partions nous équiper. Nous montons rapidement dans notre van et Adrien s’installe à côté de moi. Il n’a pas prononcé un seul mot contrairement à ses habitudes et son attention reste focalisée sur Amandine. Je souffle entre mes dents pour qu’il soit le seul à entendre.
— Reprends-toi, mon pote. Nous partons sur le terrain et tu ne peux pas laisser tes sentiments pour Amandine obscurcir ton jugement. Nous risquons notre vie et les gars ont besoin de toi. Reprends-toi, bordel.
Forcément, il n’apprécie pas mon intervention et se tourne vers moi. Ses yeux lancent des éclairs, je ne baisse pas le regard.
— Je suis très concentré et je sais ce que j’ai à faire.
Je ne me laisse pas impressionner par son ton menaçant et je lui réponds calmement.
— Foutaises ! Dois-je contacter Daniel pour lui dire que tu n’es pas en mesure d’assumer ton poste ?
Je sais que ma phrase va être un électrochoc pour lui. Il plante ses yeux dans les miens avant de hocher la tête.
— Tu as raison, Romain. Je m’excuse et je vais me reprendre. Je suis inquiet pour Amandine et je ne sais pas comment réagir.
— Tu as exactement dix minutes pour te ressaisir. J’ai appelé Sébastien pour qu’il se renseigne. Je n’en parle pas à ton avocate sexy qui te mène par le bout du nez ou le bout de la queue si tu préfères. J’espère avoir des nouvelles à notre retour de mission.
Il hoche la tête avant de fermer les yeux pour se recentrer sur lui et notre mission à venir. J’espère avoir de très bonnes nouvelles à annoncer à Amandine dans quelques heures.
Nous arrivons sur les lieux de l’intervention et nous nous mettons en mode combattant. Dans un petit coin de ma tête, je pense à la séduisante Laura. J’espère qu’elle va bien. J’aurais bien tenté ma chance avec elle, mais j’avais peur qu’Amandine me le fasse payer très cher. Elle est devenue trop importante dans nos vies pour que nous supportions qu’elle soit triste.
Je lui jette un œil avant de descendre du van. Elle regarde son portable avec fébrilité et attend que sa meilleure amie lui donne signe de vie. Je ferme les yeux et me reconcentre sur la bataille à venir. Ma vie et celle de mes coéquipiers dépendent de ma concentration.
Rien ne me fera dévier de ma tâche. Pas même une ravissante militaire au corps de rêve !
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