Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chloé Loukas · Chapitre 15 sur 37

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Brigade d'élite 75 T2 : Résister ou succomber

Chapitre 13

 

 

Romain

 

Je viens de passer quatre nuits idylliques avec Laura. Mon Athéna n’est pas seulement une déesse de la guerre. C’est aussi une Aphrodite en puissance. Elle est si belle, si femme et elle donne autant qu’elle prend.

J’ai déjà hâte de la retrouver après ma nouvelle garde de quatre jours. J’arrive en sifflotant dans le gymnase et cinq paires d’yeux me dévisagent avec un sourire en coin.

— Les gars, je vous avais bien dit qu’il n’avait pas disparu et qu’il avait trouvé une ou plusieurs gonzesses pour s’amuser.

Je dévisage mon meilleur ami et je secoue la tête.

— Bonjour à tous. Tu exagères, Adrien. Je n’avais pas disparu et je vous signale que nous nous sommes vus avant-hier pour bosser sur l’enquête de ce foutu blog.

— D’habitude, nous te voyons tous les jours.

— Je vous ai trop manqué, mes petits biquets. Vous n’avez pas eu votre dose de Romain Mitchell hier. Je vous promets de m’occuper de vous pendant les quatre prochains jours.

— Et que fais-tu dans cinq jours ?

— Je relâche la pression avec une amazone indomptable.

— Tu pourrais nous la présenter tout de même. Moi, je me sens vraiment seule au milieu de vous six et avoir une copine féminine me ferait du bien.

Nous pivotons tous vers Amandine. Nous ne l’avions pas entendue arriver. Elle comprend nos interrogations et affiche un immense sourire. Elle lève les bras en l’air et commence à danser sur place.

— J’ai réussi à vous surprendre. L’avocate a mis à terre la célèbre brigade d’élite 75. Qui c’est la meilleure ? C’est Amandine Marty.

Elle ondule des hanches et son haut se soulève en dévoilant son ventre et en frôlant sa brassière. Elle qui avait des complexes par rapport à son corps a réussi à les faire taire grâce à l’amour de son beau brun. Adrien ne devrait pas tarder à rugir.

— Lève les bras un peu plus haut pour qu’on puisse profiter encore plus du spectacle.

Clément fait le con pour provoquer notre lieutenant jaloux.

— Détournez tous immédiatement les yeux de ma nana. Trouvez-vous une gonzesse à mater et laissez la mienne tranquille. Quant à toi, ton derrière va payer ton insolence.

La voilà qui dandine son cul de gauche à droite en riant.

— Oh, mais mon derrière te répond non ! Regarde, un coup à droite, un coup à gauche. Non, non, non. Que va répondre le célèbre lieutenant Laval à la petite avocate coriace ?

Les gars et moi sommes morts de rire en voyant Adrien écarquiller les yeux. Un sourire se dessine sur son visage en voyant les facéties de sa compagne. Il tente de prendre sa grosse voix, l’amour passionné qu’il ressent pour elle transparaît dans ses mots.

— Nous verrons ce soir si ton derrière me répond non, non, non. Dis-moi comment tu as réussi à entrer dans ce gymnase sans que nous t’entendions.

— J’ai appris avec le meilleur.

Mon meilleur ami bombe le torse avant qu’elle ne le mette à terre une nouvelle fois. Elle est la seule à le défier sans craindre ses réactions.

— Clément m’a appris à me faufiler sans bruit dans les couloirs et les pièces.

— Qu’est-ce que tu viens de dire ?

— En plus, tu deviens sourd. Qu’est-ce que je vais faire de toi, mon vieux Laval ?

Je ne peux pas m’empêcher de me moquer de mon pote dépité. Amandine est déchaînée aujourd’hui et n’hésite pas une seule seconde à le renvoyer dans les cordes. Trop amoureux, il la laisse faire. Ce n’est pas près de m’arriver. Je me rapproche de lui et pose une main sur son épaule.

— Je n’aurais jamais pensé qu’une petite brunette de 1 mètre 60 à peu près te mettrait à terre. Heureusement que tous les délinquants que nous combattons ne le savent pas !

— À sa décharge, il faut bien avouer que le derrière d’Amandine est plus qu’appétissant.

Nico me décoche un clin d’œil en sachant pertinemment qu’il va réveiller le tigre qui sommeille chez notre chef. C’est devenu un de nos jeux favoris. Voir à quelle vitesse il va sortir de ses gonds quand on s’attaque à sa chérie.

— Le prochain qui dit un seul mot sur le cul de ma femme va passer plusieurs heures à l’ombre.

— Et sur quel motif nous mettras-tu à l’ombre ?

— Outrage à son supérieur !

— Trouve autre chose ! Tu n’es pas vraiment crédible.

C’est rare que nous déconnions quand nous sommes de garde et lâcher un peu de pression nous fait le plus grand bien et développe l’esprit de camaraderie. Adrien s’apprête à répondre quand notre analyste Victor entre en trombe dans le gymnase.

— Excusez-moi de vous déranger, mais un nouvel article vient de paraître sur le blog. La grande nouvelle qu’ils annoncent depuis quatre jours est sur le point de paraître. Ils postent au compte-goutte pour ménager le suspense.

Les enfoirés ! Quand font-ils arrêter de nous casser les couilles ?

— De quoi s’agit-il ? S’attaquent-ils encore à une de nos missions ?

Victor secoue la tête et nous regarde tous.

— Vous devriez venir voir. Pour moi, ils s’en prennent maintenant à l’armée. Si j’en crois le peu que j’ai vu, ils ont accès à des données confidentielles.

— Punaise ! Qui sont-ils ? Ils nous tiennent en échec depuis des semaines. Je ne sais même plus exactement quand ce cauchemar a démarré.

L’heure n’est plus à la plaisanterie, l’insouciance a disparu du gymnase. Nous partons tous vers le centre de commandement. Nous nous installons et Victor projette les éléments du nouvel article qui viennent d’être publiés sur ce blog de malheur.

Un blog qui casse du flic à longueur de temps. Un blog qui s’est donné pour mission de salir la réputation de la BE 75. Malgré tous nos efforts, nous n’arrivons pas à localiser les propriétaires de ce ramassis de conneries. Nous savons juste qu’il y a plusieurs rédacteurs et que des pays étrangers interviennent certainement.

— Si la célèbre et criminelle BE 75 intervient principalement sur le territoire français, il existe des unités militaires qui interviennent à l’étranger…

Adrien a commencé la lecture à haute voix et je remarque immédiatement qu’il a du mal à se contenir en découvrant les mots publiés. Amandine s’en aperçoit et lui fait signe.

— Si tu veux, je peux poursuivre.

Ce blog est un sujet très tendu pour notre brigade. Il secoue la tête et continue.

— Ces flics et ces militaires ne respectent aucune loi sous couvert de faire respecter l’ordre public, de défendre la démocratie. C’est eux qui la mettent en danger. C’est eux qui devraient se retrouver derrière les barreaux.

Je serre les poings de rage. C’est difficile de rester de marbre en découvrant ces mensonges. Les mensonges qui vont rester accessibles sur le Net pour toujours. Pire que des images !

— Vous n’avez pas entendu parler de cette opération à la télévision tout comme vous n’avez pas connaissance de toutes les précédentes. L’argent des contribuables français est utilisé pour tuer des hommes. Comment pouvons-nous tolérer que notre argent permette à des fous de tuer des civils dans d’autres pays ?

L’article s’arrête après ces premières révélations.

— Mais de quoi parlent-ils ? Ils font des effets d’annonce, ils manipulent les gens.

Benjamin vient de s’emporter alors qu’il est souvent le plus calme d’entre nous. Victor s’adresse à nous.

— Attendez ! Les prochaines phrases ne vont pas tarder à tomber. Ils font une annonce live par écrit. Regardez le nombre de personnes connectées.

J’observe l’écran pour chercher l’information dont parle notre analyste. J’entends soudain Jérémy s’énerver à côté de moi.

— Par pitié, ne me dis pas que dix millions de personnes lisent le message en même temps que nous.

Dix millions ? Non, ce n’est pas possible ! Dix millions de personnes ne peuvent pas accéder aux informations de ces salopards. Malheureusement, Victor hoche la tête pour répondre à Jérémy et indirectement à mes pensées.

— Si, ce blog devient de plus en plus viral et a des adhérents dans de nombreux pays. Surtout des pays qui détestent la France et sont connus pour. Je peux vous montrer une carte de la connexion dans le monde. La suite arrive.

Je vois alors les trois points s’afficher dans l’article comme lorsqu’une personne écrit sur Messenger ou Insta. Ils disparaissent avant de s’afficher de nouveau. Les rédacteurs tentent de garder leur audience en haleine. Un nouveau bloc apparaît à l’écran et je serre les poings au fur et à mesure de ma lecture. Je ne suis d’ailleurs pas le seul.

— Ces unités appartiennent à l’armée française et leurs membres n’hésitent pas à torturer, à blesser puis à tuer des femmes et des enfants dès qu’ils ont obtenu leurs précieuses informations. Aucune vie n’a d’importance pour eux. Ils sont comparables aux membres de la BE 75.

J’entends un énorme fracas à proximité de moi. Je me tourne et je vois Clément écumer de rage. Il vient de frapper un énorme coup de poing sur la table à proximité. Ses yeux lancent des éclairs. Adrien s’approche de lui pour lui parler et le calmer. Exercice qui lui demande de se contenir et de ne pas faire transparaître ses sentiments ! Il est aussi furieux, si ce n’est plus que notre frère d’armes.

— Ne te blesse pas pour ces enfoirés, Clément. Je te jure que nous allons les débusquer et les enfumer comme les rats qu’ils sont. Ils ne s’en tireront pas aussi facilement.

— Pourquoi le Ministère ne met-il pas toutes ses ressources disponibles pour trouver les coupables ? Bordel, ce cinéma a assez duré. Ils doivent nous défendre.

— Vous défendre reviendrait à donner du crédit à ces accusations. Le ministère préfère agir dans l’ombre sans attirer plus d’audience sur le blog.

Daniel Krueger vient de nous rejoindre dans la salle de commandement. Il était rentré à son domicile, il est certainement revenu après l’appel de Victor pour lui donner les derniers éléments.

— Restons calmes, messieurs. Vous avez tous notre soutien et votre conscience. Vous savez que tout ce qui est publié sur ce blog n’est qu’un tissu de mensonges. Les RG avancent sur le sujet, mais je ne peux pas vous en dire plus.

J’espère que mon ami d’enfance Seb sera plus loquace. Je le contacterai dès que possible. Les trois points s’affichent et nous sommes tous captivés, en attente de ces informations supplémentaires. Je crie pour déverser ma haine et mon surplus de tension.

— Punaise ! Les salopards ont réussi leur pari. Même nous, nous sommes suspendus à la révélation de leurs mensonges. Ils doivent rigoler à nos dépens derrière leurs écrans.

— Je te rassure tout de suite, Romain. Notre réseau utilise tant de détours, de pare-feux, de filtres qu’il est indétectable et inviolable.

— Oui, je sais. Comme celui des RG ! Mais je reste persuadé que ces salopards savent que nous scrutons le blog H24 et ils rient en imaginant nos têtes et nos réactions.

Le texte s’affiche et personne ne surenchérit. Nous nous plongeons dans la lecture de ce nouveau morceau.

— Savez-vous que ces soldats masqués interviennent en Afrique, en Asie et sur tous les continents de notre planète ? Il y a une dizaine de jours, une de leurs missions a tourné court en Afghanistan et ils ont tué des hommes innocents pour sauver l’un d’entre eux. Nous allons vous dévoiler des images satellites confidentielles.

Je me tends immédiatement à l’évocation de l’Afghanistan. J’ai l’intime conviction qu’ils parlent de l’accident de Laura et qu’ils vont mettre à disposition de l’humanité des données qui n’auraient jamais dû quitter les dossiers de l’armée.

— Regardez ces images que nous avons récupérées. Sur la première, vous voyez clairement un soldat qui tente de se cacher derrière un monticule de pierres. Regardez sa position et observez comme il pointe une arme de guerre vers l’extérieur de sa cachette. Sur la seconde, vous pourrez constater qu’il n’hésite pas à tirer sur les civils qui s’approchent de sa cachette. Sur la troisième, remarquez les tirs provenant des militaires qui sont venus à la rescousse pour chercher l’un des leurs. Les pauvres civils n’ont eu aucune chance et sont tous morts après cette intervention. Jusqu’à quand allons-nous permettre à ces unités d’élite de malheur de faire régner la terreur ?

Je regarde les images satellites et sous mes yeux défile le cauchemar que Laura a vécu en Afghanistan après le crash de son avion. Elle n’en parle jamais et pourtant, elle doit être profondément meurtrie dans sa chair et son esprit. Je dois lui faire comprendre que je suis au courant et que je ne demande pas mieux que de l’aider.

Le téléphone de Daniel sonne et sa mine devient de plus en plus grave. Il raccroche avant de s’adresser à nous.

— Nous reparlerons de ce blog plus tard. Une nouvelle mission vous attend. Vous devez vous rendre de toute urgence à Marseille. La police tente de démanteler un important réseau de trafiquants de drogue et ils essuient une violente riposte. Ils sont décidés à aller au bout et demandent notre support.

— Nous n’avons pas une minute à perdre. Nous avons plus de deux heures de transport entre la voiture et l’avion. On s’équipe de nos armes et nous nous mettrons en tenue dans le van. GO GO GO.

Il n’y a plus aucune place pour la plaisanterie. Nous courons vers l’armurerie où nous récupérons les différentes armes et munitions dont nous aurons besoin. Nous rejoignons notre second van qui dispose d’un double complet de nos tenues. Pour le moment, nous sommes juste vêtus de nos pantalons noirs. Clément pivote vers Amandine qui se tient entre Adrien et moi.

— Si tu veux avoir une chance de me déshabiller et de toucher ce corps viril, c’est maintenant.

— Elle serait déçue, Clément. Après avoir vu et touché le mien, le tien ne ferait pas le poids. Allez, trêve de plaisanteries. Nous devons nous concentrer. Daniel et Victor récoltent toutes les informations et nous les transmettent pendant le vol. Amandine, tu resteras en retrait dans le fourgon qui nous attendra à Marseille.

Elle hoche la tête sans chercher à parlementer. J’ai toujours respecté son sens professionnel. Mes pensées s’envolent vers Laura une nouvelle fois. Elle possède la même qualité que sa meilleure amie. Comment réagira-t-elle en voyant les rédacteurs de ce blog la traîner dans la boue ?

Je serai là pour la soutenir et l’aider du mieux que je peux à oublier ce cauchemar.

 

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