Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Vanessa Vale · Chapitre 11 sur 57

Pages du PDF

Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Chapitre 10

10

 

 

LINDY

 

COMME MON SAC bleu était toujours dans la salle de bains, j’y enfilai ma nuisette. La pièce était humide à cause de la douche de Dex. J’avais entendu l’eau couler et l’avais imaginé nu en train de se savonner. J’avais imaginé que le jet d’eau nettoyait toutes ces bulles qui coulaient sur ses muscles durs. Je n’avais pas écrit davantage de mots à partir de ce moment-là, me contentant de fantasmer en attendant qu’il termine et aille dans sa chambre.

Puis j’avais pris le relai. Je me brossai les dents. J’utilisai du fil dentaire. Me lavai le visage. L’hydratai. Arrachai les poils égarés de mes sourcils. J’appliquai du baume à lèvres. Et puis je mis de la lotion sur mes talons et mes jambes.

J’étais enfin prête à grimper dans mon lit et à oublier tous les problèmes liés à la maison. Jusqu’à demain, où je les retrouverais. Je commençai à penser à ce que j’avais à faire tout en quittant la salle de bain.

Sortir la nourriture du frigo et l’apporter ici à la première heure. Puis, avec un peu de chance, je réussirais à trouver un service d’arboriculture. Répondre à tous les messages des amis et voisins qui avaient appris ce qui s’était passé et auxquels je n’avais pas répondu. Ce n’était pas comme si c’était une grande nouvelle, mais ce n’était pas souvent qu’un arbre tombait sur une maison. La nouvelle s’était répandue dans Hunter Valley. J’avais le sentiment que tous les habitants de la ville allaient y passer en voiture pour jeter un coup d’œil, comme si on était en décembre et que c’était la tournée annuelle des illuminations de Noël.

Je parcourus le petit couloir, ouvrit la porte de la chambre d’amis, allumai l’interrupteur et regardai fixement. La pièce était vide. Pas un seul meuble. Seulement des murs blancs, nus et un sol en pin. Pas même de rideaux aux fenêtres.

Je me retournai et traversai le couloir jusqu’à l’autre chambre.

— Il n’y a pas de lit, dis-je en entrant dans la pièce, puis mon cerveau disjoncta.

Parce que Dex était là, allongé sur le lit, appuyé contre quelques oreillers. En train de lire. Avec seulement un boxer noir très serré.

Putain de merde.

Ces cuisses, bourrées de muscles.

Et puis il y avait ses abdos. Une tablette de chocolat. Combien de carreaux ?

Une.

Deux.

Trois.

Quatre.

Cinq.

Six.

Sept.

Huit. Il en avait huit.

Et des bras à la limite du pornographique. Des muscles solides et bien dessinés et des veines saillantes qui firent sortir des ovules de mes ovaires spontanément.

Il était littéralement l’incarnation même du héros des histoires d’amour. Grand, brun, beau, musclé, de grandes mains et une courge encore plus grande...

— Oh putain, murmura-t-il, ce qui me força à arrêter de reluquer son corps et à remonter jusqu’à son visage.

Son regard était ardent. Ténébreux. Intense. Et il ne croisa pas le mien. Non, ils parcouraient mon corps dans ma...

Oh putain, était totalement correct parce lorsque je me regardai et me souvins de ce que je portais. Ma minuscule nuisette bleu pâle qui ne cachait pas le fait que mes tétons étaient très durs. Comme la majeure partie de mon corps.

Je portais toujours des nuisettes au lit. Des nuisettes courtes, parce que celles qui étaient longues s’emmêlaient autour de mes jambes et me réveillaient.

Je croisai les bras sur ma poitrine, ce qui ne fit que le faire grogner. Oui, il venait de pousser un grognement Pour une raison que j’ignorais, il semblait en colère. Non, il avait l’air... intensément excité. Et peut-être qu’il se détestait pour ça.

— Il n’y a qu’un seul lit, énonçai-je en soulignant l’évidence.

Avec ses yeux rivés sur mes cuisses nues, il tapota l’espace à côté de lui.

— On va partager.

— Quoi ?

— Le lit.

Et ce qui sortit de ma bouche fut :

— Pourquoi l’autre chambre n’est pas meublée ?

Au lieu de poser des questions comme Pourquoi tu ne m’as pas dit ça avant pour que je puisse aller à l’hôtel ? ou Où est ton pyjama ? ou Est-ce que je peux toucher à tous ces muscles ?

— Parce que Bradley a trouvé cet endroit. Il n’était pas meublé et comme il n’y avait que moi, il n’a fait livrer que le strict nécessaire.

Ça devait être plutôt agréable d’avoir un assistant qui faisait toutes sortes de choses pour vous. Je pouvais seulement imaginer ce que ce serait d’en avoir un. Il prendrait ma liste et ferait tout ce qui y était écrit avant le déjeuner. Ou peut-être avant que je prenne mon café le matin s’il était aussi efficace que Bradley semblait l’être. En un claquement de doigts... Terminé !

Il m’en fallait un comme ça. Je l’ajouterais à ma liste.

— Il y a une plante dans le salon, demandai-je.

Cet homme avait des priorités bizarres. Celles de Bradley, mais peut-être aussi celles de Dex. La plante était plus essentielle qu’un lit pour les invités ? Je ne connaissais pas l’assistant, mais il fallait que quelqu’un lui parle.

— On dirait bien.

— Je vais juste utiliser le canapé, ajoutai-je en regardant par-dessus mon épaule. C’était un canapé en cuir. Il était assez grand, mais ce serait glissant et froid.

— Pas question.

— Je vais aller à l’hôtel.

— Certainement pas.

— Je ne partage pas ce lit ! m’exclamai-je en le montrant du doigt comme si j’étais une jeune fille prude.

Ou une nonne. Ou une nonne prude.

— Viens te coucher, ma puce. Pour dormir, ajouta-t-il.

C’était une clarification importante. Pour mon cerveau. Et mon vagin. Parce que mon vagin aimait la partie viens au lit, ma puce et que mon cerveau s’accrochait à dormir comme un poisson à un hameçon.

— Tu es sûr de ça ? lançai-je en pointant du doigt. Cette fois en direction du devant de son boxer et de l’épais, très épais, contour de sa bite pressé contre le tissu. Je ne pouvais pas croire que c’était réel. Ne venait-elle pas de palpiter et de grossir sous le coton ? me demandai-je soudain.

Il avait dû rire intérieurement quand je m’étais moqué de sa taille au rayon fruits et légumes tout à l’heure, parce que le boxer ne laissait aucune place au doute. Pour tout ce qui avait trait à sa bite.

— Tu portes un tout petit bout de nuisette et c’est plus aguicheur que si tu étais nue. Je ne serais pas un homme digne de ce nom si je ne bandais pas en te voyant comme ça.

— Quoi ?

Je ne prétendais pas être cette nonne prude, mais aucun homme ne m’avait pas vue déshabillée depuis longtemps. Et un type comme Dex me trouvait sexy ?

— Putain, ma puce, tu es magnifique. Maintenant, viens dans le lit. Il ne se passera rien.

Je lui adressai un regard appuyé. Je voulais qu’il se passe quelque chose. Toutes sortes de choses. Je me devais, et je le devais aux femmes du monde entier, de faire tout ce qui était possible avec Dex James. Qui était excité à cause de moi.

Peut-être qu’en entendant cela, je me sentis puissante, néanmoins je me dirigeai vers l’autre côté du grand lit. Je retirai la couette et le drap, puis j’attrapai un oreiller et le plaçai au centre, contre la hanche de Dex.

Puis je montai dans le lit et tirai les couvertures sur moi.

— C’est quoi, ce truc ? demanda-t-il, en s’appuyant sur un coude et en me regardant par-dessus la bosse sous la couette.

— Une barrière.

— Une barrière ?

Il fixait l’oreiller comme s’il était offensé par sa présence.

— On partage peut-être un lit, mais c’est tout ce qu’on va partager.

Parce que je cherchais l’homme idéal.

Mr Right, mon homme idéal, où diable te caches-tu ? Il me reste peu de volonté pour te chercher quand je dois partager un grand lit avec Dex.

— Et ce baiser de tout à l’heure ? me demanda-t-il. J’aimerais recommencer. Et recommencer encore.

Oui, ce baiser. La barrière était en place à cause de ce baiser torride. Peut-être qu’un deuxième oreiller était nécessaire pour renforcer le dispositif. Le baiser m’avait fait mouiller ma culotte et je savais ce qui se passerait s’il y en avait un autre. Si j’avais porté une culotte. Merde. J’étais au lit avec Dex sans culotte !

— Je ne dirai pas que c’était une erreur, mais ça n’aurait pas dû arriver, lui dis-je , en me glissant sous les couvertures.

Je me le rappelais à moi-même également. Parce que j’avais du mal à me contrôler avec Dex à moitié nu si près de moi. Il fallait que je l’évite, mais habiter chez lui rendait la chose très difficile.

— Parce que... me demanda-t-il.

— Tu es trop jeune...

Il leva les yeux au ciel.

— Pas encore ça.

— ...et tu es en vacances. Je me retournai sur le côté pour être face à lui. Tu vis à Denver. Je ne serai pas ton plan cul pour tes vacances.

Sa mâchoire se contracta.

— Tu n’es pas un plan cul de vacances.

— Ou un plan parce que tu as pitié à cause de ce qui est arrivé à ma maison.

— Un plan cul parce que j’ai pitié ? T’es sérieuse là ?

— Bien. Ou une aventure. Je ne veux pas être une aventure. Tu n’as même pas de meubles pour la chambre d’amis. Si ça ne veut pas dire que tu es de passage, tu vois bien ce que je veux dire.

Il m’étudia pendant un moment, puis attendit que je croise ses yeux sombres.

— Je te l’ai dit dans la voiture, je ne veux pas quoi que ce soit de temporaire avec toi.

Je clignais des yeux, ne comprenais pas.

— Quoi ? murmurai-je.

J’avais pensé que tout à l’heure il avait dit ça sans réfléchir. Ou quelque chose de ce style. Ou que j’avais été sous le choc à cause de l’arbre. Mais maintenant ? Je l’entendais, et le voyais clairement.

— Je ne veux pas de temporaire. Je veux voir où ça nous mène.

— Ça ? Où ça va ? Ça n’ira nulle part. À Denver, quand tu y retourneras. J’ai trente-cinq ans, Dex. Je veux me marier. Avoir des enfants. Une vie de famille. Une maison sans trous.

— Bien, parce que c’est ce que je veux aussi. Avec toi.

Je ne pus m’empêcher de rire parce qu’il était clairement dingue.

— On se connaît à peine.

Il haussa les épaules.

— Et alors ? Mav et Bridget se connaissent à peine et ils se sont lancés à fond dans l’aventure.

— Tu ne vis pas ici, dis-je, en prononçant chaque mot de manière claire et concise pour qu’il comprenne. C’est vraiment dur de faire des bébés quand on vit dans un autre état.

— C’est aussi dur à cause de cette barrière, grommela-t-il en regardant la barrière en question.

— Je sors avec des gars du coin. De mon âge, ajoutai-je.

— Et ça marche bien pour toi ?

Je plissai des yeux parce que j’avais l’impression que c’était un coup bas, puis je me mis dos à lui, remontai les couvertures jusqu’à mon menton et dis :

— Bonne nuit, Dex.

Je respirais à peine, je ne bougeais plus, car la discussion était terminée. Oui, les rencontres dans le coin craignaient vraiment. Il savait à quel point c’était nul parce que j’étais allongée dans le lit avec lui et il y avait cette barrière entre nous. Je n’étais pas en train de me défouler avec un petit ami, un amant ou un mari.

Non, je m’étais défoulée en l’embrassant dans la rue.

Intérieurement, j’avais crié. AAAHHH !

Mes projets de vie étaient tombés à l’eau à la mort de mes parents. Ça avait été dur pour moi et pour Bridget, et on s’était débrouillées comme on avait pu. Les jours s’étaient transformés en mois et les mois en années. Bridget avait grandi, était partie à l’université. Maintenant, elle vivait sa vie. Je vivais ma vie aussi, mais pas celle dont j’avais rêvé. J’étais exactement là où j’avais été à l’âge de vingt-trois ans.

Rien ne se passait jamais comme prévu. Même quand je disposais d’un plan de génie.

OceanofPDF.com