Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 39
39
LINDY
A PRÈS AVOIR FAIT l’amour sur la table de Dex, je passai le reste de la soirée à travailler sur mon texte. Mes petites égratignures en forme de griffes ne me faisaient pas mal, mais chaque fois que Dex les voyait, il me lançait un regard noir. Je plaignais tout écureuil qui s’approcherait de lui à l’avenir.
Cette fois-ci, quand Dex lisait son livre, vautré sur le canapé, je n’étais pas paniquée.
Il savait la vérité et ne semblait pas vraiment s’en soucier. Il se contentait de demander comment ça allait de temps en temps et de poser une canette d’eau gazeuse sur la table à côté de moi. Il n’avait pas essayé de regarder l’écran, il avait seulement fait semblant une fois avec un clin d’œil. Il n’était pas indiscret ou taquin ou je ne sais quoi.
Il faisait comme si c’était... normal.
Voilà pourquoi il m’avait fallu un peu de temps pour trouver les mots, mais finalement, j’avais réussi. Et maintenant, j’avais fini.
— J’ai terminé.
Dex leva les yeux de son livre.
— Bien. J’ai hâte de voir quelle nuisette tu vas porter ce soir.
Je lui adressai un sourire espiègle.
— Tu sais que je n’en porte pas une différente chaque nuit. Quand j’en ai fait le tour, je recommence.
— À quoi sert un gros contrat de hockey s’il ne peut pas t’acheter une réserve infinie de nuisettes ?
— Dex, dis-je en soupirant.
Mes joues rougissaient parce qu’il me flattait. Et mes vêtements pour dormir.
Mais le mot infini signifiait que ça n’allait pas s’arrêter. Et pourtant, si !
Je repoussai cette pensée parce que je vivais dans le moment présent.
— Non, je veux dire, le livre est terminé. J’ai fini.
— Putain, oui, bien joué, ma puce dit-il en se levant d’un bond, en me faisant un énorme sourire.
Je souris. Je me sentais bien. Vraiment bien.
Il applaudit.
— Il faut qu’on fête ça.
Là, maintenant je souriais encore plus.
— Qu’est-ce que tu as en tête ?
— Las Vegas.
Je clignai des yeux.
— Las Vegas ?
— Oui, pourquoi pas. J’y vais ce week-end pour un tournoi de golf à but caritatif, et tu devrais venir avec moi.
Je ris.
— Je pensais que tu voulais faire quelque chose d’amusant et de différent au lit. Je ne m’attendais pas à ce que tu me proposes Las Vegas.
Il plissa les yeux et releva le menton. M’embrassa.
— Nous allons carrément faire quelque chose d’amusant et de différent au lit. Mais on va aussi aller à Las Vegas.
— Quand comptais-tu me parler de ce voyage ?
— Je ne l’ai appris que ce matin. Mon agent m’a inscrit. Il y avait une ouverture.
— Tu dois y aller ?
— C’est pour recueillir des fonds pour un tas d’organismes de bienfaisance. Chaque participant joue pour une association. Si j’y vais, mon association recevra une partie de l’argent.
— Ton association ?
Il avait une association ? Moi, je collectionnais les verres de Dairy Queen.
Il acquiesça et me parla des programmes pour enfants, qui leur proposaient des espaces de liberté épanouissants, par le biais d’un soutien éducatif et de la pratique d’un sport.
Il me fit part de la somme qu’il recevrait en se présentant, même s’il ne gagnait pas la compétition, et je fus un peu abasourdie. Non pas parce qu’il était si philanthrope, ce qu’il semblait être, mais parce qu’il s’agissait d’une somme d’argent très importante pour un simple tournoi de golf.
— Cela permettra d’acheter beaucoup de matériel de sport pour les enfants.
Exactement. Je dois y aller.
Je hochai la tête.
— Oui, il faut que tu y ailles.
— Alors viens avec moi.
Je secouai immédiatement la tête.
— Je ne peux pas aller avec toi à Las Vegas. J’ai du travail. Les courses. La maison. Un écureuil à gérer.
Il sortit une chaise, s’y installa, puis me tira de la mienne pour me mettre sur ses genoux.
— Écoute-toi, ma puce. Tu ne travailles pas le week-end. Je suis sûr que Claudia te laissera prendre un jour de congé si tu lui demandes. Elle te laissera certainement prendre un jour de congé si c’est moi qui lui demande.
Malheureusement, c’était probablement vrai.
— Ensuite. Les courses ? S’il te plait. Excuse bidon. La maison ? Theo est là. Pour l’écureuil aussi. Ils vont faire le guet ensemble.
— Mais...
Il abusait un peu, mais probablement que moi aussi.
Il me caressa les cheveux, les repoussant en arrière, me remonta le menton.
— Pour quelle raison réelle est-ce que tu me dis non ?
Je clignai des yeux et réfléchis.
— Le billet d’avion coûte cher.
Il me lança un regard qui disait Essaie encore.
— Je n’essaie pas de me vanter, mais sais-tu combien d’argent je gagne ? Un billet pour Las Vegas n’est pas un problème. En plus, je prends le jet.
Le jet de James Corp que j’avais pris pour aller à Denver avec Bridget et Mallory. C’était tellement mieux que n’importe quel vol commercial.
— Évidemment.
— J’allais le prendre pour pouvoir revenir plus vite près de toi, mais maintenant ? On pourra faire l’amour dans les airs, ma chérie.
Il remua les sourcils, et je ne pus m’empêcher de rire.
Comme je ne lui avais pas donné de réponse, il continua.
— Ce n’est pas une idée si bizarre que ça. On n’est pas obligés de baiser dans le jet. On peut s’embrasser, se toucher.
Pourquoi est-ce que je contestais le fait de partir pour le week-end ? C’était Vegas, pas la Finlande. J’avais une aventure avec Dex et aller à Vegas était synonyme d’aventure.
Je n’avais pas à travailler sur mon texte, il serait avec l’éditeur.
— Hum... Je...
— Nous allons fêter la fin de ton roman à Vegas. On part vendredi matin.
Il ne demandait plus. Il me donnait les faits. J’étais un peu abasourdie. Sous le choc. Mais... heureuse.
— Ok.
Il me regarda avec surprise, comme s’il ne s’attendait pas à ce que je cède.
— Tu es d’accord ?
Je hochai la tête. Oh mon dieu. J’allais à Las Vegas. Avec Dex !
Il se leva et me porta dans la chambre.
— Maintenant, à propos de ces choses amusantes et différentes au lit. Que penses-tu d’un jouet et de ma queue ?
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