Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 13
13
DEX
— J’AI besoin que tu reviennes ici, dit mon agent, Scott Smith.
Il était aussi collet monté que son nom l’indiquait. Je ne le taquinais pas beaucoup à ce propos, parce que je le payais pour me représenter. C’était lui qui avait rédigé le contrat avec mon équipe, garantissant que je resterais dans le Colorado près de ma famille. Son talent me permettait de décrocher des contrats de sponsoring. Bien sûr, plus je gagnais d’argent, plus il en gagnait lui-même. Il ne se plaignait pas.
Mais moi si, à cet instant précis.
— Hors de question cette semaine.
Je m’étais levé et préparé en dix minutes–tasse de café à emporter–pour reconduire Lindy chez elle afin qu’elle rencontre l’expert de l’assurance, mais elle s’installa dans ma salle de bains et mit quarante-cinq minutes avant de ressortir
Moi, je n’avais fait que passer une main dans mes cheveux ébouriffés, enfiler des vêtements propres et me brosser les dents. Lindy s’était douchée–je l’avais entendue allumer la douche, ce qui m’avait fait fantasmer sur elle, nue, dans la salle de bain–puis avait fait d’autres tours de magie pour être parfaite dans un short beige et un t-shirt de la station de ski de Hunter Valley.
Nous étions sur sa pelouse, et elle parlait avec l’expert qui n’arrêtait pas de regarder ses seins. Je la laissais tranquille pour qu’elle puisse tout voir avec ce type, mais j’étais à deux doigts de lui arracher les yeux avec un bâton que je prendrais de l’arbre qu’il devait faire enlever de chez elle.
— C’est OutdoorNow.
Je fermai les yeux et levai un poing victorieux.
— Putain, yes !
Ça faisait deux ans que j’espérais travailler avec eux. Ils vendaient du matériel sportif dans tous les centres commerciaux, des doudounes aux pics à glace. La seule glace que je devais affronter se trouvait sous mes patins. C’était aussi des philanthropes convaincus. Une grande partie de leurs bénéfices était reversée à la communauté et permettait aux enfants de faire des sorties de plein air, ce qui correspondait à l’objectif de mon association. Le hockey m’avait sauvé et si je pouvais aider d’autres enfants à être sauvés de la même façon, je serais ravi. Travailler avec OutdoorNow me permettrait d’y parvenir encore plus facilement.
— Mais ils veulent te rencontrer mardi.
Je vis l’expert faire un pas de plus vers Lindy. Elle recula, puis désigna la maison du doigt. Les yeux du gars ne suivirent pas sa main.
J’étais à deux doigts de le tuer. Si le gars de l’assurance était un enfoiré, alors comment seraient les entrepreneurs ? Je n’allais pas tolérer que quelqu’un l’emmerde. Sa putain de maison avait été détruite. On n’était pas dans un bar pour célibataires.
Elle avait besoin de moi ici.
— Attends une seconde, dis-je à Scott, puis je me dirigeai vers l’expert en traversant le jardin.
Je serrai mon portable très fort dans ma main. Heureusement que c’était solide sinon il aurait craqué.
— Écoute, connard, c’est compliqué d’évaluer les dégâts de la maison quand tu reluques ses nichons.
Le type serra sa mâchoire de colère et rougit comme une tomate lorsque je le rappelai à l’ordre, puis ses yeux s’illuminèrent :
— Vous êtes...
Merde, il savait qui j’étais.
— L’homme qui va te casser la gueule si tu ne traites pas cette femme avec un peu de respect. C’est ta cliente et sa maison ressemble à un morceau de gruyère.
Il rougit encore davantage et recula d’un pas.
Lindy croisa les bras sur la poitrine et fronça les sourcils. Je ne savais pas si c’était parce que j’étais intervenu ou parce que ce gars était un sale type. Dans tous les cas, ça n’avait pas d’importance. Il allait faire son travail ou finir au chômage.
— Bon. Désolé, bégaya-t-il, puis il posa son regard sur Lindy pendant de brèves secondes.
Puis il me regarda à nouveau, comme si j’étais bien plus intéressant que les seins de Lindy.
— Vous pensez que vous pouvez vous en occuper ? insistai-je.
— Oui. Oui. Euh, absolument.
Il baissa les yeux sur l’herbe à ses pieds.
Je jetai un coup d’œil à Lindy qui me gratifia–enfin–d’un petit sourire.
— Un service d’élagage et un entrepreneur vont venir dans le courant de la semaine, vous devrez donc déplacer vos affaires soit vers l’avant de la maison, loin des dégâts, soit prendre un entrepôt pour tout stocker...
Il avait une voix très professionnelle et son regard était tourné vers la maison et j’avais le sentiment qu’il n’allait pas la regarder à nouveau.
— L’assurance devrait prendre en charge des déménageurs qui ont l’habitude de ce genre de travail, dis-je. Deux femmes qui pèsent à peine cent kilos à elles deux ne vont pas faire ce travail.
Lindy et Bridget ne devraient pas avoir à lever le petit doigt.
Lindy se tourna vers moi et murmura :
— Je ne veux pas que des déménageurs se chargent de mon tiroir de sous-vêtements.
Exact.
— Ils pourront s’occuper des plus grosses choses alors.
Elle acquiesça.
— L’assurance de ton voisin doit payer pour tout ça. C’est son arbre.
Oh, je détestais ce type. Alors que j’étais sur le point de lui exposer à nouveau mes sentiments sur ce type, Lindy leva la main.
— Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais les dégâts sont là et vous vous devez de faire ma déclaration d’assurance dans les plus brefs délais. Il vous appartient de vous occuper d’être remboursée non seulement pour les ouvriers mais aussi par les autres compagnies d’assurance. N’est-ce pas exact ?
Lindy regardait ce type de haut, elle m’avait regardé de la même façon à Denver. Comme si elle était trop bien pour qui que ce soit ! Maintenant, je voyais ça comme une mesure d’autoprotection, une façon d’être vue et entendue.
— Oui, madame.
Le gars se refusait à la regarder en face.
— Alors il serait préférable que vous fassiez rapidement ce que vous avez à faire. Faites-le et passez à autre chose.
Il me jeta un regard pour voir si j’allais faire taire la petite femme.
Putain, non !
Je déposai un baiser sur sa tempe et m’éloignai.
Elle était douée. Étonnante. Et j’allais peut-être bien la laisser me prendre en main quand on se mettrait au lit ce soir.
J’avais oublié Scott.
— Toujours là ? demandai-je, en mettant le téléphone à mon oreille.
— Ouaip. Qu’est-ce qui se passe là-haut ? ajouta-t-il. Je croyais que le Montana se résumait au grand ciel et aux vaches.
— Je n’ai pas vu de vache, mais tu as raison pour le ciel. Je levai les yeux et appréciai combien il était bleu. Le temps était parfait, ce qui était une bonne chose puisque le toit de Lindy avait quelques trous.
— Donc mardi. Impossible, lui dis-je, même si ce parrainage était ce que je souhaitais vraiment. Ma place était ici. Avec Lindy.
— C’est à propos de la femme avec les seins ? demanda-t-il.
Je poussai un grognement.
— Ne me vire pas, dit-il, se défilant littéralement. Toutes les femmes ont des seins.
— Je vais épouser ses seins.
Il ne dit rien pendant un moment.
— Waouh. Waouh. Ok. Tu es là-bas depuis... quoi ? Environ une semaine ? Tu veux me dire comment elle s’appelle ?
— Lindy.
— Lindy. Félicitations.
— N’envoie pas encore de porcelaine.
Il revint aux choses sérieuses.
— Je vais donc dire à OutdoorNow non pour mardi. Tu as ce match amical en Finlande dimanche. Je ferai passer tes vols par Chicago vendredi, et tu pourras les rencontrer à ce moment-là, mais tu risques de manquer un ou deux entraînements. Je combine deux voyages en un seul.
Je n’avais pas oublié le match amical, mais je l’avais relégué au second plan depuis que j’avais rencontré Lindy. Les meilleurs joueurs de la ligue étaient triés sur le volet pour jouer ce match. Les meilleurs des meilleurs allaient s’affronter. À Helsinki.
Cela faisait six mois que j’étais au courant et mon contrat stipulait que je devais participer à ce match et à tous les autres pour lesquels j’étais sélectionné, ainsi qu’aux événements caritatifs organisés tout au long de l’année.
— Ça me paraît pas mal. Merci. J’appréciais le fait qu’il s’adapte à mes besoins, et j’étais d’accord sur le fait de manquer un entraînement si cela signifiait rester ici un peu plus longtemps.
— Je t’enverrai tous les détails par email.
Il mit fin à l’appel et soupirai. La Finlande. Le week-end prochain.
Je jetai un coup d’œil à Lindy. L’expert traversait la pelouse en direction de la maison du voisin, à mon avis pour obtenir le nom de sa compagnie d’assurance et vérifier qu’elle prendrait en charge le sinistre, ce qui s’imposait.
Lindy se tenait devant sa boîte aux lettres ouverte et parcourait quelques lettres. C’était dimanche, mais elle n’avait pas dû relever son courrier la veille. J’observais chaque centimètre de son corps. Je savais à quoi ressemblaient ses courbes quand on les touchait. Je connaissais le goût de sa bouche. La sensation de son cul tonique. Sans culotte.
Je la désirais plus que jamais. Pas seulement son corps, mais elle, tout entière. Je voulais être à ses côtés et l’aider à résoudre ses problèmes, qui étaient nombreux aujourd’hui. Et empêcher les regards lubriques des hommes. Elle s’était bien débrouillée, mais pourquoi devrait-elle avoir affaire à des types louches comme celui-là alors qu’elle était en quelque sorte à sa merci.
Il pouvait se comporter comme un salaud et refuser sa réclamation ou baisser son remboursement ou... n’importe quoi.
Merde. Je ne voulais pas la quitter la semaine prochaine, mais c’était pour un match. Dans cinq jours. Comment est-ce que cela allait se passer quand je devrais retourner à Denver pour l’entraînement ? Pour la saison entière ?
Ça allait craindre, putain de merde.
OceanofPDF.com