Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 26
26
DEX
— C OMMENT SE FAIT-IL que tu n’aies jamais épousé l’une des femmes sur les photos ? demanda-t-elle.
On était au lit et on mangeait de la pizza directement dans la boîte. Même si nous l’avions acheté à la superbe pizzeria de Main Street, nous l’avions fait livrer cette fois-ci. Lindy portait l’un de mes t-shirts et grignotait un morceau de croûte. Si elle restait nue, j’allais encore la baiser. Nous venions de le faire deux fois de suite et j’étais sûr que sa chatte avait besoin d’une pause.
Une courte pause parce que j’avais plein de choses à cocher sur ma liste personnelle.
— Tu as fait des recherches sur moi.
Ce n’était pas une question. Ce n’avait été qu’une simple histoire de temps avant que cela ne se produise. Quand on avait parlé à la patinoire, j’avais su qu’elle avait appris des choses sur moi, mais les photos à scandale... oui, c’était un sujet délicat.
— Quand Aspen m’a dit qui tu étais...
Je posai ma main sur son mollet nu.
— Ma puce, tu sais qui je suis.
Elle inclina la tête et sourit.
— Ce que tu fais, que tu es un joueur de hockey pro, elle était si surprise que je ne le sache pas.
— Tu ne suis pas le sport. C’est pas grave.
— Elle était surprise non pas parce que je vis dans une bulle sans m’occuper du sport, mais parce que tu es si populaire. Si bon dans ce que tu fais.
— Il faut une équipe entière pour gagner un match, dis-je. Bien sûr, je suis bon, mais la ligue est remplie d’athlètes talentueux.
Je n’allais pas commencer à dire des choses comme Il n’y a pas de place pour les personnalités individuelles dans l’équipe ou d’autres conneries du genre, mais le hockey était un sport d’équipe.
— Je suis sûre que toute l’équipe a des fans sur les réseaux sociaux, comme toi. Des photos de matchs. Des photos des vestiaires. Des interviews. Des couvertures de magazines. Je ne savais même pas que tu étais l’un des hommes les plus sexy de l’année.
— Tant que tu me trouves sexy.
Elle m’examinait, étalé sur le lit, appuyé sur un coude, juste en boxer, puis elle ajouta :
— Tu feras l’affaire.
Je me penchai en avant et donnai une tape à ses fesses nues, qui n’étaient que partiellement couvertes par ma chemise vu la façon dont elle était assise.
Elle gloussa. Je souris, je l’aimais comme ça. Détendue. Souriante. Nue à l’exception d’un de mes vêtements. Ses cheveux en désordre.
— Il ne s’est rien passé avec ces femmes.
Son sourire disparut et elle jeta la croûte sur la boîte ouverte entre nous.
— Ça ne me regarde pas.
Comme tous les hommes de sa vie qui m’avaient précédé. Lindy n’était pas jeune comme sa sœur, qui n’avait pas eu de nombreux amants. Elle avait trente-cinq ans. Je n’étais pas naïf au point de penser qu’elle n’avait pas eu sa part de mecs dans son lit.
— Si. Je veux que tu saches la vérité, pas ce que tu lis ou vois sur Internet.
Elle m’observa.
— Ok. Dis-moi.
— Je ne sais pas si Bridget t’a dit quelque chose, mais mon père–le père de Mav aussi– était un salaud. Si la tromperie avait été un sport, il aurait été champion olympique. Mes frères sont proches en âge, puis il y a eu moi, je suis plus jeune de quelques années que Theo. Il est parti à l’université quand j’étais en sixième. J’étais vraiment le seul enfant à la maison pendant des années. Je voulais que mon père s’occupe de moi. Qu’il m’aime. Quand il m’emmenait à mes entraînements ou à mes matchs de hockey–au lieu du chauffeur de la famille–j’étais ravi, je me disais que ça allait être super. Papa veut être avec moi. Il vient m’encourager comme les autres parents.
Je passais mes doigts sur les motifs de la couverture, me rappelant clairement tout ce que je lui racontais. Combien je me sentais heureux et privilégié. Puis la douleur.
— Il me déposait et disparaissait. Du banc, ou parfois même sur la glace, je le voyais flirter avec des femmes. De jeunes femmes. Rien d’illégal ou quoi que ce soit, mais pas de son âge. En grandissant, j’ai compris qu’il allait quelque part dans le bâtiment pour les baiser. Il utilisait la patinoire comme une zone de chasse.
Elle fronça le nez.
— C’est vraiment dégoûtant. Pourquoi ta mère n’a-t-elle pas divorcé ?
Je haussai les épaules.
— Je ne connais pas la réponse à cette question. Il est mort il y a quelques années. Il ne me manque pas. À mes frères non plus. Je ne pense pas qu’il manque à ma mère. Mais aucun d’entre nous ne lui a jamais demandé pourquoi elle était restée. Ça ne nous regarde pas.
— Je suis désolée que tu aies eu à vivre cela.
— Le hockey était mon échappatoire. Silas m’a emmené avec lui une fois pour faire du free skate, juste pour le plaisir. J’avais six ans. J’ai vu des enfants jouer au hockey et j’ai voulu en faire. J’ai commencé comme ça. Puis c’est devenu ma vie. Sur la patinoire, je pouvais laisser ma vie derrière moi. Je ne faisais que patiner. Jouer des matchs. Les gens disaient que j’avais beaucoup de volonté, mais je ne voulais qu’oublier. J’ai obtenu une bourse pour jouer dans le Minnesota, mais j’ai été sélectionné après moins d’un semestre. À dix-huit ans, je n’étais pas prêt pour vivre ce genre de vie. Les tournois, l’alcool. Sur la route tout le temps. La fête. Les femmes. C’est exactement ce que tu penses, et ça ne faisait pas de différence que je sois si jeune. La seule chose à laquelle j’étais habitué, c’était l’argent. Certains types sont aveuglés par l’argent, ou dépensent sans compter, mais moi, je venais de ce milieu, alors ça ne m’a pas fait perdre les pédales. Je ne vais pas mentir et dire que je ne faisais pas la fête ou que je ne me tapais pas beaucoup de nanas, mais j’ai rapidement commencé à voir mon père en moi. Je les rencontrais dans une patinoire ou dans un bar, elles ne me disaient même pas comment elles s’appelaient.
— Tu étais juste ado. J’aurais été surprise que tu ne veuilles pas coucher à droite et à gauche. Et les femmes se jetaient sur toi ? Comment pouvaient-elles te résister ?
Je lui fis un petit sourire.
— J’ai arrêté. Du jour au lendemain. J’ai toujours voulu avoir une famille. Une vraie famille. Une femme. Des enfants. Tout ce que je n’ai pas eu en grandissant. Puis je t’ai rencontrée. Tu es la seule femme qui ne s’est pas jetée sur moi. En fait, la seule femme qui a construit une barrière d’oreillers dans le lit pour être loin de moi.
Elle rougit et détourna le regard, mais la commissure de ses lèvres se retroussa.
— Moi aussi, je veux une famille, admit-elle. Je suis allée à des rendez-vous. À de nombreux rendez-vous.
— Comme avec le dentiste.
Le gars qu’elle avait quitté pour rentrer chez moi.
Elle acquiesça.
— Tu n’as jamais eu de relations sérieuses ?
Je trouvais ça surprenant. Elle était magnifique. Intelligente. Drôle. Sexy comme pas possible.
— J’ai eu un petit ami avec qui c’était sérieux la dernière année de fac Il était aussi de la région, et je pensais que c’était le bon, admit-elle.
Je fis le calcul. Cela devait faire plus de dix ans.
— Que s’est-il passé ?
Elle eut soudain l’air triste.
— Mes parents sont morts. Je suis devenue la tutrice de Bridget. Du jour au lendemain, je suis devenue la maman d’une petite fille de dix ans. Je devais l’emmener partout avec moi. À ses cours de natation. Faire les devoirs. M’occuper des tâches ménagères. J’ai accepté ce boulot dans la comptabilité parce qu’il fallait payer les factures. Brandon ne voulait rien de tout ça.
Je fronçai les sourcils, refermai le couvercle de la boîte à pizza, lui pris la main et la tirai vers moi pour la prendre–bien que maladroitement–dans mes bras.
— Il t’a laissée tomber quand tes parents sont morts ?
— Oui.
— Tu avais vingt-quatre ans ?
— Vingt-trois ans.
À l’âge de vingt-trois ans, elle avait perdu ses deux parents et avait dû élever une petite fille toute seule. Et il avait été assez con pour l’abandonner ?
— C’était un loser, dit-il. Donne-moi son nom et les hommes de main de quatrième ligne s’occuperont de lui.
Elle se mit à rire et je ne pus m’empêcher de sourire.
— Je ne sais pas qui sont les quatrièmes lignes mais merci pour ta proposition.
— Donc tu n’es jamais partie d’ici ?
Elle se blottit contre moi et ajouta :
— Je suis allé à l’université à Missoula, mais ce n’est pas très loin. Alors, je suppose que... non.
— Même maison. Même boulot.
Je repensai au fait que l’on avait croisé sa patronne à la patinoire un peu plus tôt. J’avais appris qu’elle ne faisait pas d’heures supplémentaires à faire du travail de compta, elle faisait autre chose. Ma petite coquine me cachait quelque chose. Ça ne devait pas être si terrible, mais elle le gardait secret. Et elle était déterminée à le faire correctement, vu le temps qu’elle y consacrait.
— En parlant de ça. Ton travail, alors ?
Elle se raidit, puis s’éloigna. Je la laissai partir.
— Je suis comptable.
— Ouaip. C’est génial. Tu ne travailles pas sur les impôts des gens la nuit. Qu’est-ce que tu fais ? Un travail au noir pour une autre société ?
— Non !
Elle me regardait avec horreur, comme si je lui demandais si elle gérait un réseau de prostitution dans sa cuisine.
C’était vraiment un sujet délicat, quelque chose qu’elle ne voulait pas partager.
Compliqué.
— Alors quoi ? Tu avais ton ordinateur portable à Denver. Tu as travaillé au lieu de sortir avec Mallory et moi. Et puis ces deux derniers soirs. Sur quoi tu travailles ?
— Sur rien.
— Rien ?
Elle me regarda enfin.
— Sur rien.
— Alors je vais demander à Claudia.
S’élançant, elle me sauta dessus, me plaqua les épaules au sol. J’étais tellement abasourdi que je ris. La déplacer aurait été facile. Elle s’en rendit compte quand je la penchai sur le lit, puis la retournai comme si elle était ma petite poupée gonflable. Mais je restai immobile. Elle me maintenait à terre pour une raison et je voulais découvrir ce que c’était.
— Ne demande pas à Claudia. Elle ne sait pas.
Elle avait l’air paniqué. Effrayée même.
— Sait quoi, ma chérie ? demandai-je, d’une voix douce.
C’était énorme. Important.
— Tu as des problèmes ? lui demandai-je, en mettant mes mains sur ses hanches.
Sa chatte était juste au-dessus de ma queue. Seul mon boxer nous séparait, et je sentais sa chaleur. Mais si elle se trouvait dans une situation délicate, je devais le savoir.
— Non ! dit-elle. C’est... juste gênant.
Je fronçai les sourcils, levai les yeux vers elle. L’observai.
Elle mit ses cheveux emmêlés derrière son oreille. Elle ne voulait pas regarder dans ma direction.
— Gênant ? Ma chérie, est-ce que quelqu’un a quelque chose sur toi ? Es-tu...
— Quoi ? Pourquoi tu...... oh. Tu es célèbre et les gens racontent des trucs sur toi. Cela t’est-il arrivé ?
— Pas à moi, mais à un autre joueur.
— Ce n’est pas ce genre de chose.
— Alors explique-moi. Tu veux que je te donne la fessée ?
J’en avais assez maintenant. Il était temps de sortir le grand jeu.
Ses yeux s’embrasèrent.
— Tu ne ferais pas ça.
— Si et je sais même que tu aimerais ça.
Elle soupira. Bruyamment. Elle jeta un coup d’œil aux alentours comme s’il y avait quelque chose d’intéressant à voir.
— Heu. Bien. Bien ! Je... Je suis romancière. Ou j’essaie de le devenir. J’écris des romans d’amour.
Je clignai des yeux. J’avais compris. Et je lui fis un petit sourire.
— Ah, ouais ?
Ses yeux croisèrent les miens, j’y lisais une certaine méfiance.
— Oui.
— Tu as déjà publié quelque chose ?
Elle acquiesça.
— Je m’auto-publie, donc je ne passe pas par un gros éditeur ou quelque chose comme ça.
— Bordel de merde, ma chérie, c’est génial.
Je me relevai pour la prendre sur mes genoux et pour pouvoir l’embrasser.
— Tu trouves ?
Elle avait l’air si incertaine.
— Pourquoi garder ça secret ? Je pense que c’est génial.
— Parce que j’écris des trucs érotiques.
— Érotique comment ?
— Érotique.
Elle ne précisait pas et j’utilisai mon imagination.
— Les gens vont penser que c’est du porno et je vais passer pour la vicieuse de Hunter Valley.
— Tu es la vicieuse de Hunter Valley. Ma vicieuse à moi.
— En privé. Si les gens le découvrent, ce sera comme toi et les réseaux sociaux. Les gens se feront leurs propres idées.
— Comme je te l’ai dit, je me fiche de ce que les autres pensent.
— C’est parce que tu ne vis pas dans une petite ville où tout le monde connaît tes affaires. Tu es un grand joueur de hockey avec probablement une agence de communication.
— J’ai une agence de communication, mais ma puce, je suis juste un mec. J’ai des sentiments. Si je laissais ces trucs m’atteindre, je ne pourrais plus sortir de chez moi. Mais toi... c’est vraiment cool.
Elle leva les yeux au ciel, mais son teint qui avait rougi montrait qu’elle appréciait le compliment.
— Je ne veux pas être comptable. Je n’ai jamais voulu faire ce job, mais je n’avais aucune chance de faire autre chose avec Bridget et tout ça. Imagine ce que ses camarades de classe ou leurs mères auraient pu dire. Alors j’ai attendu qu’elle soit à l’université. C’est un truc à temps partiel. C’est mon truc à moi.
Qu’en pense Bridget ?
— Elle n’est pas au courant. Personne ne l’est.
— Je comprends ton attitude. Vraiment, plus que quiconque probablement.
— Oui, peut-être que oui. Alors tu comprends pourquoi je veux que ce soit un secret.
— Ok, ça peut rester secret, mais pas pour moi. Il ne doit pas y avoir de secrets entre nous. Je peux lire ce que tu écris ?
Son regard s’enflamma.
— Non !
— Non ? Tu es vraiment vilaine. Tu me corromps, tu sais. Je suis jeune et influençable.
À ce moment-là, elle leva les yeux au ciel. Elle bougea et je la laissai partir. Elle saisit le carton de la pizza, se retourna et le posa sur le sol, à côté du lit. Puis elle revint vers moi, se pencha. Et m’embrassa.
— Je veux te corrompre un peu plus alors.
Elle se mordillait les lèvres et ses yeux prirent un air espiègle.
— Oui, madame.
Je l’attrapai et la plaçai sous moi. J’allais en apprendre plus sur ces romans d’amour. Mais pas maintenant. Elle voulait me corrompre ? La partie était lancée.
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