Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Vanessa Vale · Chapitre 43 sur 57

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Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Chapitre 42

42

 

 

DEX

 

— Q UOI ? dit-elle en poussant un petit cri.

Lindy essaya de reculer, mais ma main se déplaça vers ses fesses nues et la maintint en place.

Merde. Merde !

Le regard furieux et effrayé de Lindy prouvait que ça ne se passait pas comme prévu et qu’elle avait bien entendu chaque mot. Je m’étais dit qu’elle verrait la bague, qu’elle l’adorerait, qu’on ferait l’amour entre jeunes mariés jusqu’à l’heure du retour à Hunter Valley et qu’on vivrait heureux pour le restant de nos jours.

Bien que je n’aie pas officiellement la gueule de bois–Dieu merci, j’avais bu de l’eau et pris de l’aspirine en fin de soirée–un mal de tête menaçait.

— Merci, marmonnai-je. Écoute, ce n’est vraiment pas le bon moment.

— Je voulais juste te dire que OutdoorNow a vu la photo, ils envoient tous leurs vœux de bonheur avec le contrat. Quel coup de génie. C’était une chose de leur parler de ta nouvelle petite amie, mais ce mariage express est le meilleur moyen d’effacer ton image d’un mauvais garçon.

— Ce n’est pas...

Lindy m’arracha le téléphone des mains, déconnecta l’appel et le jeta à travers la pièce. Comme la suite avait une moquette épaisse, il ne fit pratiquement pas de bruit.

— Tu me désires. Tu veux dire que tu me désires pour avoir ce contrat, cracha-t-elle.

Je secouai la tête.

— Non.

Putain, non.

Elle s’éloigna et je la laissai partir.

— Ce n’est pas du tout ce qui s’est passé.

— Tu as eu ton contrat.

— Il arrive lundi. Mais j’en ai rien à foutre du contrat.

Elle se retourna.

— Non ? Tu m’as dit que c’était quelque chose que tu espérais avoir depuis longtemps. Tu es allé à Chicago pour les rencontrer. Parce que cela ferait progresser ton association.

— Oui, mais...

— Dis-moi, c’était ton plan depuis le début ?

J’ouvris grand la bouche et la regardai faire les cent pas devant l’immense fenêtre.

— Quoi ? Mais de quoi tu parles ?

— Ton image de mauvais garçon a besoin de disparaître. Un coup de poing dans un bar et tu as failli perdre tes chances de sponsoring. Tu me rencontres à Hunter Valley pendant tes vacances. Lindy Beckett, une femme avec une vie plan-plan qui peut facilement changer ton image. Sur les réseaux sociaux, je mets des photos de mon jardin et de mes recettes de cuisine. Je suis juste une comptable sans intérêt qui n’arrive même pas à trouver un homme sur les sites de rencontre.

Je plissai les yeux et commençai à me sentir en colère. Les conneries qu’elle disait parfois...

— Tu vas mériter une autre fessée, ma puce.

Elle se retourna et me regarda fixement.

— Je dis juste la vérité. Tu as vu ma personnalité, ce jour-là à Denver. Tu as utilisé ça à ton avantage.

Je me levai, marchai vers elle, sans me soucier du fait que j’étais à poil.

— Le fait d’être marié ? Oui, c’est à mon avantage parce que je t’ai toi !

Une main se leva. Je m’arrêtai en plein milieu de l’immense chambre.

— C’était censé être une aventure. Une aventure ! Juste du sexe. Du plaisir. Pas un mariage. Je n’épouserai pas un homme qui ne veut pas rester.

Je ne fis plus un geste. Grimaçai. Mon père n’était pas resté. Il n’avait été un mari que sur le papier. Mais je voulais être là pour Lindy. J’étais totalement accro. Sauf qu’il y avait les Silvermines. Mon travail. Ma carrière. Ma vie.

— Je veux rester, ma puce. Mais je ne peux pas.

Les larmes débordaient de ses yeux maintenant. Putain !

— Alors tu as ce que tu veux. Ton sponsoring. Mais tu ne m’auras pas.

— Lind...

Même un bout de ficelle pour montrer qu’elle était à moi ne m’aurait pas dérangé.

— Tu ne m’as jamais eu. Sur le papier, peut-être. J’ai eu un tas d’orgasmes, tu as eu ton contrat. C’est fini, Dex.

D’un revers de main, elle jeta la bague vers moi, et je la saisis. C’était ça, ou la laisser tomber par terre. Je secouai la tête.

— Non.

Elle courut vers sa valise ouverte, attrapa un jean et l’enfila sans mettre de sous-vêtements.

— Oui. Je veux divorcer.

— Quoi ?

— Je veux une famille. Des enfants ! Un homme qui peut être un partenaire dans la vie. Tu savais ce que je voulais depuis le début. Je suis mariée à la seule personne qui ne peut pas me donner ce que j’ai toujours voulu. Maintenant je suis coincée parce que je ne peux épouser personne d’autre.

Putain. Putain ! Je me passai une main dans les cheveux en me tirant sur les mèches.

— Attends. Où est-ce que tu vas ?

— Chez moi.

Au lieu d’enlever sa nuisette, elle la rentra dans son jean, puis attrapa un tee-shirt, l’enfila. Elle mit des tongs à ses pieds, prit son sac à main et se dirigea vers la porte, abandonnant sa valise. Ses cheveux étaient en bataille. Son tee-shirt était froissé et assez fin pour qu’il soit évident qu’elle ne portait pas de soutien-gorge. Le seul maquillage sur son visage était des restes barbouillés de la nuit précédente. Je ne l’avais jamais vue dans cet état, et je la connaissais intimement, mais elle partait. Et elle sortait en public.

J’étais vraiment, vraiment dans la merde.

— Lindy, s’il te plaît. Est-ce qu’on peut parler ? Je suis désolé, je...

Elle ouvrit la porte, me regarda par-dessus son épaule.

— À quoi ça sert, exactement ?

Je n’étais pas désolé de l’avoir épousée. Je voulais qu’elle soit à moi. Cette bague à son doigt était la meilleure chose qui me soit arrivée dans la vie. La voir sourire, rire et les baisers à l’arrière de la voiture de location après la cérémonie... incroyable.

Je n’étais pas non plus désolé pour le sponsoring. J’avais travaillé dur pour l’obtenir et le partenariat allait aider tant d’enfants.

Mais je l’avais blessée sans même le vouloir. Pourtant je n’avais rien fait de mal. Elle avait été d’accord pour se marier. C’était elle qui avait voulu aller au club de strip-tease, où on avait bu encore plus de verres. Dans la section VIP, ils avaient eu la main lourde sur l’alcool et la conséquence était que... ouais, on s’était mariés.

Au milieu de la nuit, j’avais posté la photo de mariage parce que Lamar avait partagé des images de nous tous dans un club de strip-tease. Il n’y avait pas de filles nues ou de seins sur les images, mais il était clair que nous étions de sortie en ville. Pour une soirée de folie. Peut-être que son équipe de football se foutait de ce qu’il faisait pendant l’inter-saison, bref, je devais contrer cette image avec quelque chose de positif et de correct.

Alors j’avais posté le selfie du mariage. J’étais farouchement fier de cette image, et je voulais la partager avec le monde entier. J’étais peut-être un peu ivre et je n’avais pas bien réfléchi, mais Lindy non plus. Jusqu’à maintenant.

Je n’étais pas désolé de montrer ma nouvelle épouse et la meilleure nuit de ma vie.

— Pour... tout.

Elle ferma les yeux, une larme coulait sur son menton.

— Ce n’est pas suffisant.

Puis elle partit et la porte se referma derrière elle.

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