Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 20
20
LINDY
J’ ÉTAIS AU TRAVAIL. J’y étais depuis deux heures. Je n’avais rien fait à part ouvrir le dossier d’un client sur mon ordinateur et le regarder fixement. Tout ce à quoi je pouvais penser, c’était la bite de Dex. Elle avait été grosse dans ma main. Dure. À quel point je la désirais.
La courge n’avait rien de comparable à Dex.
Seigneur, je n’avais jamais été aussi... excitée de ma vie. Alan le dentiste n’avait eu aucune chance avec Dex dans les parages. Pendant que j’habitais chez Dex. Que je dormais dans son lit. Avec ma main sur sa bite.
J’étais passée par-dessus la barrière, m’étais glissée derrière Dex et l’avais touché avec ma main sur sa queue.
Encore une fois !
Je bondis de ma chaise de bureau, fis les cent pas et émis un croisement entre un gémissement et un cri de frustration. Qu’allais-je faire ?
Je ressentais du désir pour Dex. C’était évident puisque je n’arrêtais pas de le chevaucher comme un putain d’étalon dans mon sommeil. Il en avait également envie et je le savais de source sûre. Littéralement.
On s’était embrassés. Une fois. Cela avait été juste un petit aperçu. Un petit aperçu doux et cruel à la fois de ce que je pourrais avoir si je suppliais.
Supplier !
Comment pouvait-il être si calme ? Si peu troublé ? Il avait envie de moi. Il me l’avait dit. Je l’avais ressenti. Je ne savais pas si j’avais envie de lui arracher ses vêtements, de l’étrangler ou...
— Lindy, bien, tu es là.
En entendant la voix pressante de mon amie, je me retournai. C’était Aspen.
— Salut. Qu’est-ce qu’il y a ? Je ne pense pas qu’il y ait un problème avec ta comptabilité ce mois-ci.
On aurait presque dit qu’elle tremblait comme si elle avait consommé trop de caféine, même si je savais qu’elle ne buvait que du thé vert car elle ne supportait pas les stimulants. Elle était propriétaire du seul studio de yoga de la ville et était habillée comme si elle venait de donner un cours.
Elle agitait la main et me regardait comme si elle ne se souciait pas le moins du monde de ses finances.
— Est-ce que tu penses que ton petit ami pourrait entraîner l’équipe PeeWee de Sierra cette semaine ? L’entraîneur attitré est en Floride parce que sa mère est tombée et s’est cassé la hanche.
Je fronçais les sourcils, puis j’essayais d’imaginer Alan sur des patins.
— Hum, ce rendez-vous ne s’est pas bien passé, et je ne pense vraiment pas qu’Alan joue au hockey, et encore moins qu’il sache où se trouve la patinoire.
Peut-être que c’était cruel, mais d’après ce qu’il avait dit la veille, un déplacement au centre de loisirs ne figurait pas à son programme.
— Qui est Alan ?
Elle recommença à faire le geste du bras, comme si elle chassait une mouche.
— Je parlais de Dex James.
En entendant ce nom, mon cœur s’emballa et mes ovaires se réveillèrent.
— Ce n’est pas mon petit ami, dis-je sans ambages.
— Tu habites avec lui.
— Ma maison a été détruite par un arbre.
— Tu habites avec lui.
Cette phrase démontrait que la vie dans une petite ville était parfois– souvent– vraiment horripilante. Le cours de yoga auquel je participais toujours était demain matin, donc je ne lui avais pas parlé personnellement du désastre de l’arbre et de mes conditions de vie. Bridget détestait le yoga, trouvait ça ennuyeux et trop zen pour elle, donc elle n’était pas la source de ces informations.
Mais à Hunter Valley, tout le monde pouvait être la source. Otis à la pizzeria, M. VanMeyer, tous les autres voisins qui étaient passés pour regarder le spectacle quand l’arbre avait été découpé hier. Quiconque avait marché dans Main Street et nous avait vus nous embrasser.
Elle me scruta comme si elle essayait de décoder mes chakras ou pour vérifier si je respirais correctement en trois temps, puis elle entra dans mon bureau et ferma la porte.
— S’il te plaît, dis-moi que tu fais toutes sortes de choses à poil avec cet homme à croquer.
Oh, je faisais toutes sortes de choses avec lui, comme lui grimper dessus comme s’il était un arbre, dans mon sommeil. Je ne pouvais pas lui dire ça, parce que comment pouvais-je lui expliquer que cela se passait quand j’étais endormie. De toute évidence, elle n’avait pas entendu parler du baiser dans la rue.
— Pourquoi est-ce qu’il voudrait entraîner l’équipe de Sarah ? demandai-je.
La fille d’Aspen avait neuf ans et elle jouait au hockey sur glace au complexe sportif d’hiver près de la station de ski. En plus de plusieurs patinoires, il y avait des terrains en gazon artificiel.
— Pourquoi est-ce qu’il ne ferait pas ça ? Est-ce que c’est un connard ? chuchota-t-elle, elle semblait aussi curieuse qu’horrifiée. Ce serait vraiment dommage.
Je fronçai les sourcils et me laissai tomber dans ma chaise. Je me sentais abattue.
— Non, ce n’est pas un connard.
Tout le contraire, vraiment. En tous points.
— Alors il pourrait le faire. Demande-lui.
Maintenant l’espoir brillait dans son regard, mais ça n’avait aucun sens.
Je la regardais, totalement déconcertée.
— Pourquoi ?
— Pourquoi ? Pourquoi quoi ?
— Pourquoi lui demander à lui en particulier ? Je sais qu’il est ici en vacances et tout, lui dis-je.
— Parce que c’est un joueur de hockey professionnel des Silvermines du Colorado.
Je restai bouche bée en faisant le rapprochement entre ce qu’Aspen avait dit et ce que je savais de Dex.
Je fis pivoter ma chaise pour me retrouver face à mon bureau, puis j’ouvris un navigateur sur mon ordinateur et tapai son nom. Un flot de photos et d’articles apparut. Plus d’un... Putain de merde. Plus d’un million.
Elle poussa un petit cri.
— Tu ne savais pas ? demanda Aspen, s’approchant et se penchant par-dessus mon épaule.
Elle était mère célibataire et sa fille était obsédée par le hockey sur glace. Aspen en connaissait donc un rayon sur ce sport, mais moi, je ne connaissais rien.
— C’est l’un des meilleurs joueurs de la ligue. Le mieux payé, il a un contrat de huit ans. Je veux dire, qu’il est sur la première ligne et que c’est un meilleur buteur, pas seulement pour son équipe mais pour toute la ligue ! Je dirais qu’il est le joueur le plus complet que nous ayons vu depuis longtemps, même avec tous les projecteurs braqués sur sa bagarre dans un bar. Rien que ses statistiques...
Je la laissais parler. J’étais un peu irritée qu’elle en sache plus que moi sur Dex. Bon sang, le monde entier en savait plus sur lui que moi. Et j’étais dans son lit tous les soirs.
Je saisis mon portable sur le bureau et affichai son numéro, celui qu’il m’avait donné à Denver le week-end dernier pour que nous puissions organiser le voyage de retour dans son jet privé.
— Salut, ma puce.
Le son de sa voix grave et douce me donna une bouffée de chaleur comme si j’étais une femme en pleine ménopause.
— Je suis à Steaming Hotties avec Mav. Tu veux que je te prenne quelque chose à boire ? Je peux passer et...
— Tu es un joueur de hockey professionnel, dis-je en lui coupant la parole parce qu’il était tout gentil et tout ça.
Il s’interrompit un instant.
— Oui.
— Tu joues pour les Colorado Silvermines.
— Oui.
Il aurait dû dire : sans blague puisque j’étais la seule à ne pas le savoir.
Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule vers Aspen, dont les yeux sortaient presque de leur orbite.
— Tu ne savais vraiment pas ? chuchota-t-elle.
Je cliquai sur le lien de la page web des Silvermines. Devant et au centre se trouvait Dex en tenue complète. Le site scintillait pratiquement de vert et de bleu, de toute évidence c’étaient les couleurs de l’équipe, avec son nom en lettres majuscules et un logo sympa représentant un véhicule minier avec des palets de hockey empilés à l’intérieur.
— Mon amie Aspen veut savoir si tu peux entraîner l’équipe de hockey PeeWee de sa fille pendant que l’entraîneur n’est pas en ville.
— Bien sûr. Je dois m’absenter ce week-end, mais je peux le faire jusque-là et ensuite à mon retour. À quelle heure aujourd’hui ?
Bordel de merde. Dex n’était pas sans emploi comme je le pensais. Ce n’était pas un playboy fainéant. Il ne vivait pas d’un héritage et ne passait pas l’été à faire des randonnées. Il était sexy comme pas possible dans son équipement de hockey. Tout ce rembourrage, ces patins. Le casque... Aspen avait raison. Il était juste à croquer.
Ce qui était vraiment mauvais pour ma détermination parce que j’allais craquer et le supplier. Ce n’était qu’une question de temps.
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