Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Vanessa Vale · Chapitre 32 sur 57

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Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer

Chapitre 31

31

 

LINDY

 

LE SAMEDI, je passai toute la journée à écrire. Je mis même mes écouteurs anti-bruit pour me couper du monde. Même si les voisins de Dex n’avaient pas de grands arbres, je ne voulais pas prendre le risque de me laisser distraire. Je n’avais pas été aussi loin que prévu dans mon histoire cette semaine, et j’avais besoin d’en faire le plus possible. Depuis que Dex savait ce que je faisais, je pensais qu’il voudrait lire mon brouillon. Mais à part le fait qu’il l’avait mentionné une fois au lit, il n’avait pas insisté.

Avec Dex absent, je me plongeai dans ma bulle et écrivis, même si ma muse était avec moi et me dictait toutes les choses coquines à ajouter. Je n’étais même pas allée faire les courses avec ma liste, j’avais juste mangé les restes de la pizza de l’autre soir. Le dimanche, Lucy m’avait rejoint pour un sprint d’écriture sur le chat vidéo après avoir déposé sa fille à un anniversaire.

— Fin de l’heure. On partage maintenant, dit-elle, son visage apparaissait dans une petite fenêtre dans le coin inférieur de mon ordinateur portable. Nous avions écrit par intervalles de trente minutes, puis nous avions fait une pause.

Je m’assis et me frottai les yeux.

— Chapitre quatorze, lui dis-je. Je vais aller chercher un truc à manger.

En descendant de la chaise, je m’étirai et me dirigeai vers le plan de travail pour attraper une banane dans un saladier.

— Putain de merde, Lind. C’est... waouh. Tellement bon. J’adore cette histoire. Et c’est super torride.

Je m’effondrai sur mon siège. Son compliment signifiait beaucoup parce que notre règle entre romancières et amies avait toujours été d’être absolument honnêtes. Nous avions modifié ou supprimé tant de chapitres et de scènes, entièrement grâce aux conseils de l’autre.

— Merci, dis-je en épluchant la banane.

— Ça a été rapide à écrire. Je vais certainement pouvoir finir à temps pour l’éditeur et je n’ai pas à paniquer au sujet de la pré-commande.

— Tu as vraiment fait du bon travail la semaine dernière, mais je n’arrive pas à croire tout ce qui s’est passé. Je veux dire, juste après notre conversation, un arbre est tombé sur ta maison !

Bien que nous n’ayons pas fait de chat vidéo ou écrit ensemble depuis samedi dernier, nous avions échangé des emails et je lui avais parlé de la maison.

— Oui, mon Dieu. C’est fou. Mav–c’est le petit ami de Bridget–a pris la relève pour tout faire réparer.

— On dirait que c’est un gars super. Mais je n’ai pas envie d’entendre parler de lui. Je veux entendre parler de son frère. Je t’ai dit qu’il était ta muse. Le gars qui a mis ce sourire sur ton visage et l’inspiration pour écrire la scène de sexe la plus torride tout l’Ouest américain, dit-elle en s’éventant et en riant.

— Il m’inspire... dis-je en choisissant soigneusement mes mots.

— Dis-moi que sa bite est plus grosse que cette banane.

Je jetai un coup d’œil au fruit tout juste épluché, et l’agitai devant la caméra.

— C’est bien le cas.

— Et tu as mis ton visage aussi près d’elle.

Je souris et ajoutai :

— Oui.

— Alors lâche l’ordinateur et va chercher cette grosse banane.

— La grosse banane est en Finlande.

Je pris une bouchée de celle que j’avais dans la main. Elle était plus petite dans ma bouche que celle de Dex.

Cette pensée me ravissait et m’excitait tout à la fois. J’avais une aventure avec un homme fun et sexy. Je savais comment était sa bite dans ma bouche. Et ça me donnait chaud partout. Mais faisait aussi que je me sentais seule.

— Pour un match de hockey amical, ajoutai-je, car manifestement Lucy ne suivait pas plus le hockey que moi.

Je regardai l’horloge sur mon écran.

— C’est ce soir. Ou bientôt puisqu’ils sont en avance de neuf heures sur nous.

Oui, j’avais vérifié le décalage horaire.

— Oh. Alors lâche ce téléphone et va voir ton homme en action.

— On a une aventure, ce n’est pas mon mec, précisai-je, pour qu’elle sache que ça ne serait pas sérieux.

Je voulais aussi me convaincre que ça ne devenait pas sérieux. Même si j’étais installée dans sa maison et que mes produits de toilette se mélangeaient aux siens. Notre linge était empilé ensemble dans le panier à linge.

— D’accoooord.

On frappa à la porte et je levai les yeux. Bridget et Mallory entrèrent, les bras chargés de sacs de courses. Mallory, comme d’habitude, portait un joli short et un chemisier à rayures. Ses cheveux étaient à moitié relevés et à moitié détachés et elle était maquillée. Bridget portait un short en jean court, un débardeur blanc, et ses cheveux étaient attachés sur le dessus de sa tête dans un chignon ébouriffé. J’avais fait plus de shopping avec Mallory quand les filles étaient jeunes qu’avec Bridget.

— On a apporté des snacks pour le match de hockey, annonça Bridget.

— Il faut qu’on voie Sexy Dexy en action, ajouta Mallory.

Mon Dieu, ce surnom était affreux. Mais il lui allait bien.

Je regardai Lucy sur l’écran.

— Mallory et Bridget sont là pour le match. Je dois y aller.

Lucy me fit un signe de la main, et je fermai le couvercle de mon ordinateur portable. Je mis la dernière bouchée de banane dans ma bouche pendant qu’elles posaient les sacs sur le plan de travail de la cuisine.

— Chips et salsa. Houmous. Des chips barbecue épicées, précisa Mallory en sortant les affaires.

— Du guacamole ? demandai-je.

Bridget sortit deux avocats de son sac.

— Ça vient.

— Je n’ai jamais regardé un match alors que je connaissais un joueur. C’est génial, dit Mallory.

— Où sont les garçons ? demandai-je, en sortant de l’eau gazeuse du frigo.

En général, Mav n’était jamais bien loin de Bridget ces temps-ci.

Depuis une semaine que je vivais avec Dex–non, que je vivais dans la maison de Dex–j’avais appris qu’il faisait attention à son mode de vie et à son alimentation. Bien sûr, il faisait de l’exercice. Il n’avait pas besoin d’être dans une équipe de hockey pro pour que je le sache. Je n’avais qu’à le voir à poil et à toucher chaque centimètre de son corps dur et musclé.

Il n’aimait pas le sucre inutile–ses paroles–dans des choses comme le soda et son idée d’un encas était un fruit.

Alors je faisais un compromis et je prenais du guacamole et de l’eau gazeuse avec mes chips épicées. L’avocat était un fruit.

— Partis faire une randonnée, dit Mallory. Ils ont déjà vu Dex jouer.

— Tu lui as parlé depuis qu’il est parti ? demanda Bridget.

Je secouai la tête.

— Juste quelques messages mais pas vraiment d’échanges. Il a dit qu’ils avaient un planning très chargé.

— As-tu regardé son interview ? demanda Bridget.

— Non. Pourquoi ?

— Il ne t’en a pas parlé ?

Elle jeta un coup d’œil à Mallory, comme quand elles étaient petites et qu’elles partageaient un secret.

— Lâche le morceau.

Je recourbai mes doigts dans un geste qui signifiait que j’attendais leurs infos.

Mallory sortit son téléphone et fit quelques manipulations.

— Tiens, ajouta-t-elle en me le tendant.

C’était un site web de sport et je cliquai sur la vidéo. Un commentateur sportif posait une question à Dex. Il portait sa tenue des Silvermines, avait un casque sur la tête, une crosse de hockey à la main. Il était en sueur et tout rouge. Parce qu’il avait joué hockey, pas fait l’amour avec moi. Même si j’avais déjà vu ce visage rougi quand il était nu.

Vous devez vous sentir bien chanceux que votre petite amie, celle avec qui on vous a vu dans le Montana, ne se soucie pas que vous soyez un homme de main en dehors de la glace.

Je pris une grande inspiration et lançai un regard aux filles.

Elle, chanceuse ? Bon sang, c’est moi qui suis chanceux. C’est mieux qu’une sélection, d’être choisi au premier tour par quelqu’un d’aussi parfait qu’elle.

Ohmondieu. Oh. Mon. Dieu.

— Tu es sûre que c’est une aventure ? chuchota Bridget quand je rendis son téléphone à Mallory.

Je ne répondis pas, je me contentai de repasser ses mots en boucle dans ma tête en prenant quelques snacks et en m’installant sur le canapé. Je m’employai à trouver le match qui était diffusé sur une chaîne sportive par satellite, pendant que les filles finissaient de préparer le guacamole, qu’elles déposèrent sur la table basse.

Le match commença après un tas de trucs bizarres d’avant-match, y compris les hymnes nationaux.

— Mon Dieu, qu’il est sexy, dit Mallory au moins dix-sept fois pendant la première et la deuxième période.

Dans ma tête, je me le disais à chaque fois que Dex était sur la glace. Je n’avais pas su que patiner était sexy, mais ses mouvements étaient incroyablement fluides. C’était comme aux entraînements des enfants, mais avec plus d’intensité. Il bouscula un gars dans la zone, puis il tomba mais se releva aussitôt. Même le regarder boire une bouteille d’eau sur le banc était sexy.

Il était dans son élément quand il jouait au hockey. Surtout quand il marqua le troisième but, que le commentateur décrit comme un tour de passe-passe.

— S’il te plaît, dis-moi que tu lui as offert une sorte de motivation sexuelle pour qu’il marque trois buts, insista Mallory, en fixant la télé et en regardant Dex patiner le long des lignes, puis ses coéquipiers et lui se tapèrent tous dans leurs mains gantées pour se féliciter du dernier but.

— Quoi ? demandai-je en riant.

— Il a droit à une pipe pour chaque but ? demanda Mallory. Pour le tour de passe-passe, est-ce qu’il a droit à une sodo ?

Bridget était en train de boire une gorgée de son verre et la recracha sur Mallory.

— Je ne veux pas entendre parler de Lindy et sodo, d’accord ? dit Bridget, en regardant sa meilleure amie.

— S’il te plaît, tu as totalement laissé Mav faire ce qu’il voulait de ton anus.

Je fixai Mallory avec de grands yeux. Je savais que Bridget n’était pas vierge, mais j’avais du mal à faire la distinction entre la petite fille que j’avais élevée et la femme qui pouvait avoir des rapports anaux.

— Il faut que tu t’envoies en l’air au lieu de penser à la vie sexuelle de Lindy, lui dit Bridget.

Mallory acquiesça :

— J’en ai besoin. J’en ai vraiment besoin. J’attends Theo, évidemment. S’il peut opérer un cerveau, une rate ou autre chose, imaginez ce que ces mains peuvent faire avec un point G.

Bridget me regarda. Je regardai Bridget. On éclata de rire.

— Quoi ? Je n’ai pas tort, ajouta Mallory.

Je ne pensais pas qu’elle avait tort. Theo semblait avoir un caractère complexe, mais si quelqu’un pouvait briser sa coquille, c’était bien elle.

J’essuyai mes yeux avec une serviette et Mallory reprit la parole.

— Ce n’est pas parce qu’il n’est pas là que vous ne pouvez pas avoir de moments sexy. Je parie que tu n’as pas encore essayé le sexe par téléphone. Ou du sexe par chat vidéo.

— Elle est dans son lit, alors pourquoi elle devrait l’appeler ? demanda Bridget, en prenant une autre gorgée de sa boisson.

Mallory se tourna vers moi et ajouta :

— Il est en Finlande. Je n’aurais pas de sexe plus tard personnellement, Lindy. Mais je vis ta vie sexuelle par procuration. Alors s’il te plaît, propose du sexe par chat vidéo à cet homme plus tard. Il l’a bien mérité.

Elle avait raison. C’était une idée géniale. Et ce serait fantastique dans mon livre. Je ne dis pas aux filles que j’étais partante. Je haussai les épaules, la jouant cool.

— Tu m’impressionnes tellement, Lindy Beckett, s’exclama Mallory.

— Pourquoi ?

Je me servis du guacamole sur une chips.

— Tu couches avec un joueur de hockey professionnel. Il est magnifique. Sympa. Talentueux. Et tu lui plais tellement. En plus, il a une bite magique, ajouta Mallory.

— Je n’ai pas dit ça, c’est Aspen, précisai-je en croquant la chips. Mais c’est vrai.

Tellement vrai.

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