Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 40
40
DEX
—...ET il l’a fait sans boxer !
Toute la tablée éclata de rire. À mes dépens. J’avais l’habitude des taquineries. Entre coéquipiers, on s’amusait toujours à se lancer des vannes. On avait beau être des adultes, on se comportait comme des gamins la plupart du temps. Bref. Quand on faisait partie d’une équipe, on faisait partie d’une grande famille qui maniait la crosse de hockey. On était totalement dysfonctionnels et on se soutenait les uns les autres.
— Vous savez ce qu’on dit, commençai-je, et tout le monde se tourna vers moi. Il faut que tout puisse s’aérer.
Plus de rire et les jolies joues de Lindy avaient rougi. Je me penchai vers elle, lui pris la nuque et tirai doucement sur ses longs cheveux. Puis lui fit un baiser.
Le tournoi s’était terminé trois heures plus tôt. La seule chose qui me donnait encore plus chaud que de jouer au golf à Las Vegas en juillet, c’était de voir Lindy dans sa jolie petite robe d’été. Les organisateurs avaient veillé à ce que les joueurs soient bien hydratés–eau et alcool–et après le tournoi, certains d’entre nous s’étaient retrouvés dans un restaurant du Strip et on était carrément bourrés.
Ce lieu était réputé et populaire, il y était difficile d’y avoir une réservation. Mais pas pour nous. Ce genre de privilège était l’un des avantages du statut de célébrité du sport. Le steak était leur spécialité et ils nous avaient servi des morceaux de viande parfaitement grillés, mais ils avaient surtout fait en sorte que nos verres restent pleins.
Autour de la longue table rectangulaire, il y avait Lindy et moi. Max Johansson, un ancien des Silvermines qui jouait maintenant pour Nashville, et sa femme. Torrey Amano, un défenseur des Silvermines. Ethan Grimm, le seul autre joueur de hockey du tournoi. Il jouait pour Miami. Bizarrement, Lamar Krepke, un défenseur latéral gauche de la taille d’une VW Bug, s’était retrouvé dans notre groupe.
On en était à la troisième, ou quatrième, tournée de boissons. Peut-être la cinquième. Je ne comptais plus les verres. Personne ne le faisait. Je n’avais jamais vu Lindy boire autre chose que du thé glacé ou de l’eau. L’eau gazeuse était une fantaisie pour elle. Mais ce soir, elle suivait le rythme et c’était amusant à regarder.
Nous étions arrivés à Vegas la veille, mais j’avais tout de suite été entraîné dans un tourbillon médiatique. Lindy était resté à l’écart de ça et après, nous avions décidé de faire appel au room service et de baiser au lieu d’aller au casino. Nous étions restés dans la suite jusqu’à ce qu’une voiture vienne me chercher pour aller au tournoi ce matin. Le golf était un sport difficile à regarder–ce n’était pas comme s’il y avait un siège assigné dans une arène–alors je l’avais gâtée avec une journée au spa pendant que je jouais, en récompense pour avoir fini son livre.
Je voulais le lire, mais je n’allais pas la pousser. Elle le partagerait avec moi. Un jour ou l’autre. Ça n’avait pas d’importance qu’elle ne me fasse pas confiance à ce sujet. Ok, si un peu, mais même si j’étais totalement fou d’elle, on ne se connaissait que depuis deux semaines.
Seul un écureuil rebelle l’empêchait de quitter mon lit. Je devais être patient. Elle était ici à Vegas avec moi et elle s’amusait. Pour l’instant, c’était suffisant.
— Tout doit s’aérer ? Je n’arrive pas à croire que tu aies dit ça ! chuchota Lindy, même si ce n’était pas un chuchotement, puis elle vida son verre de vodka cranberry, les glaçons s’entrechoquant dans le verre.
— Je ne sais pas pourquoi tes couilles ont besoin de s’aérer, ajouta Lamar, comme si le sujet n’était pas un peu intime à table au milieu d’un restaurant animé. Mais les femmes ont des zones délicates et mes quatre sœurs m’ont toutes dit qu’elles avaient besoin d’air la nuit.
Ethan intervint :
— Pourquoi tu en sais autant sur les chattes de tes sœurs ?
Lindy se mordit la lèvre pour s’empêcher de sourire.
Lamar lança un regard menaçant à Ethan, mais Ethan était l’homme de main de son équipe et n’était pas intimidé, ou alors il était trop ivre pour le remarquer.
— J’ai grandi avec quatre grandes sœurs et je suis un génie de la chatte. Je connais tout ça par cœur.
— Et pourtant, tu es célibataire, souligna Torrey.
Torrey était le diminutif de Salvatore, donc ce gars était un pur Italien. Il était grand, brun, musclé et beau. Il était célibataire aussi, mais je savais qu’il aimait les femmes et n’était pas prêt à se mettre en ménage avec une seule.
— Et pas toi ? répliqua Lamar.
Torrey lui fit un clin d’œil.
— Elles m’aiment toutes. Je ne peux pas les rendre tristes en n’en choisissant qu’une seule. Ici les clubs de strip-tease sont célèbres pour leurs jolies femmes. Allons-y faire un tour.
Max Johannson et sa femme se regardèrent.
— Les enfants sont chez mes parents ce week-end. Les seuls seins que je vais regarder sont ceux de ma femme.
Max regarda Mia comme s’il voulait la pencher au-dessus de la table ou la pousser et la mettre à genoux sous la table. Mia tripota le bouton supérieur de sa robe, le taquinant au maximum, et Max se leva d’un bond. Sa chaise glissa sur le sol dans sa hâte. Il attrapa son portefeuille, jeta un tas de billets sur la table.
— Nous partons.
Mia se leva aussi, sans avoir le temps de nous faire un signe de la main avant que Max ne la tire hors du bâtiment.
— Je suis partant pour aller dans un club de strip-tease, dit Ethan en finissant son verre. Ça vous dit ? Les femmes entrent gratuitement.
Je n’avais pas envie que des photos de moi soient prises devant un club de strip-tease. OutdoorNow ne serait pas très heureux si la bagarre dans le bar se répétait, ou si je m’approchais de seins nus en public, et ils ne m’envoyaient pas le contrat avant lundi. Un autre incident et ils pourraient changer d’avis. Lindy serait avec moi au club, mais est-ce que cela changerait quelque chose ?
— Ils ont des entrées secondaires pour les célébrités, ajouta Torrey. Manifestement, il y était déjà allé, ce qui signifiait que ces lieux avaient l’habitude de recevoir des hommes souhaitant un peu d’intimité et qu’ils tenaient les photographes à l’écart.
Je regardai Lindy, je pensai qu’elle allait dire non, ce qui rendrait les choses plus faciles. Il était hors de question qu’elle accepte de...
— Bien sûr ! lança-t-elle.
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