Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 30
30
DEX
LE DÉCALAGE horaire entre la Finlande et le Montana était insupportable. Quand j’arrivai, Lindy était endormie. Dans mon lit. Je n’avais pas envoyé de message parce que je ne voulais pas la réveiller. J’étais allé directement à la patinoire où le match amical allait avoir lieu et j’avais fait connaissance avec mon équipe. Nous avions eu quelques heures d’entraînement avant de nous présenter aux médias.
Les médias du monde entier avaient été rassemblés à l’extérieur de la patinoire, prêts à interviewer les joueurs. C’était comme la file d’attente d’un mariage, mais nous étions des joueurs de hockey portant la tenue et les patins de notre équipe nationale.
Sports Now fut le premier à poser des questions.
— Comment se passe l’intersaison ? demanda le type.
Il était américain et portait un jean et un t-shirt avec le logo de son entreprise. Ça me rappelait Mav dans son Tee-shirt du café.
— C’est génial d’être ici avec autant de joueurs talentueux, répondis-je.
— En juin, vous gardiez votre crochet droit bien chaud même après la patinoire.
— Vous faites allusion à l’incident qui a fait le tour des réseaux sociaux. Je voulais être sûr de ce dont il parlait.
— C’est exact.
— J’ai fait ma déclaration après cet incident et je m’y tiens.
Je ne lui donnerais rien de nouveau. J’avais protégé une femme et elle ne méritait pas de revenir sous les feux des projecteurs pour quelque chose d’aussi mineur que le nez cassé d’un connard. Si je n’avais pas été Dex James, l’incident n’aurait été rien de plus qu’une petite intervention pour les videurs du bar au lieu de faire le tour des nouvelles sportives.
— Vous devez vous sentir bien chanceux que votre petite amie, celle avec qui on vous a vu dans le Montana, ne se soucie pas que vous soyez un homme de main en dehors de la glace.
Les hommes de main étaient généralement en quatrième ligne et s’occupaient de tous les joueurs de l’équipe adverse qui voulaient s’en prendre à un gars de première ou même de deuxième ligne comme moi, ou au gardien de but. C’était à eux que l’on devait les bagarres sur la glace. Je n’y participais jamais car personne ne voulait risquer que je sois blessé par un coup de poing ou que je me retrouve avec une main cassée. Mon travail était de marquer, pas de me battre. Mais en dehors de la glace ?
La question de ce type était un double doigt d’honneur pour moi. Il s’en prenait à ma vie privée et aux conneries que les journalistes avaient racontées sur la bagarre du bar.
Il m’agaçait, mais j’étais filmé. Chaque nuance de mon comportement, mon ton, mes paroles, allaient être scrutés. Il essayait de remuer le couteau dans la plaie parce qu’il n’y avait rien à dire d’autre sur moi. Et il le savait.
Je faisais des interviews tout le temps pendant la saison. Il y avait un responsable des relations publiques des Silvermines qui travaillait avec tous les joueurs pour leur apprendre comment parler à la presse et je me servais de tout ce que j’avais appris au fil des ans : rester calme, rester positif, être bref, ne pas parler longuement, dire la vérité. Je souris et me désignai du doigt.
— Ma femme, chanceuse ? Bon sang, c’est moi qui ai de la chance. C’est mieux qu’une sélection, d’être choisi au premier tour par quelqu’un d’aussi parfait qu’elle.
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