Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 5
5
DEX
I L Y AVAIT un arbre dans la maison de Lindy comme si c’était le décor du film Jumanjji.
Je me tenais à côté d’elle sur le trottoir et regardai fixement la scène parce que je ne pouvais pas y croire, pas plus qu’elle.
Son voisin était assis sur la terrasse arrière de sa maison avec une tronçonneuse à ses pieds. Il ne devait pas être très malin parce que... merde.
Il avait coupé cet arbre énorme à sa base comme s’il était un bûcheron au beau milieu de la forêt. Il avait basculé directement sur sa maison. Le tronc principal était tombé sur le côté de celle-ci et d’énormes branches avaient percé le toit et l’extérieur du deuxième étage à quatre ou cinq endroits. Une fenêtre avait été cassée. Des cloisons sèches et de l’isolation pendaient dans les entailles ouvertes.
Les pompiers étaient sur place parce qu’une branche d’arbre avait également arraché la conduite de gaz au niveau du compteur. La compagnie d’électricité avait coupé le courant et avait fermé le robinet de gaz pour qu’il ne fuit plus.
Depuis dix minutes, Lindy était au téléphone avec sa compagnie d’assurance.
Je ne l’avais pas quittée, je ne savais pas ce dont on avait besoin dans une telle situation. Personne n’avait été blessé, heureusement. Le voisin avait été blessé dans son orgueil, parce qu’il était venu s’excuser auprès d’elle, mais il n’était pas mon problème pour le moment.
Ma priorité était Lindy.
Elle termina l’appel et soupira. Je ne savais pas ce que ce son signifiait dans un cas pareil. Bien sûr, je savais quand une femme était frustrée, en colère ou tout simplement fatiguée, mais un soupir quand votre maison avait été écrabouillée par un arbre ? Je la regardai de près pour m’assurer qu’elle n’était pas sur le point de pleurer. Cela n’aurait rien eu d’étonnant qu’elle fonde en larmes. J’avais de l’expérience avec les femmes, mais pas avec les femmes en pleurs.
— Qu’est-ce qu’ils ont dit ?
Si elle avait une assurance merdique qui ne voulait pas arranger ça, je m’en chargerais, après avoir fait tomber plusieurs têtes. En commençant par le voisin. Je savais maintenant pourquoi Mav voulait à tout prix démolir le professeur qui avait volé le travail de Bridget et l’avait publié comme le sien. Et qui l’avait fait virer du MIT ensuite.
— Ils vont envoyer quelqu’un pour constater et commencer le processus, mais je n’ai pas besoin d’un expert pour me dire que la maison n’est pas habitable. Espérons qu’il ne pleuvra pas avant qu’ils ne couvrent ce trou, dit-elle en regardant le ciel dégagé.
Elle désigna le toit là où une énorme branche l’avait percé. Un énorme puits de lumière pourrait être installé une fois qu’elle serait enlevée. Ce n’était pas le seul trou qui laisserait entrer la pluie. Presque tout le côté de sa maison, au deuxième étage, était à ciel ouvert.
La pluie n’était pas la seule chose qui pourrait entrer. Les écureuils, les ratons laveurs. Les oiseaux. Bon sang, par ici, peut-être même un ours. Toutes ces bestioles pourraient y élire domicile.
— Bridget n’est pas revenue ici de toute la semaine depuis qu’elle est rentrée, continua-t-elle, en faisant allusion à son retour de Denver, donc je suppose qu’elle va continuer à rester avec Maverick. Je peux aller à l’hôtel jusqu’à ce que tout soit réglé...
— Tu vas venir chez moi, lui dis-je.
Pas question qu’elle aille à l’hôtel. Pendant la saison de hockey, je couchais plus souvent à l’hôtel que dans mon propre lit. On s’en lassait très vite. Sa maison était dans un sale état et les réparations ne se feraient pas rapidement. Il faudrait peut-être des semaines avant qu’elle ne puisse à nouveau habiter chez elle. Je ne savais pas combien de temps prenait un projet de construction comme celui-ci, mais le projet James Inn de Mav avait pris du retard, et il avait une entreprise d’un milliard de dollars pour le mener à bien.
Quand j’étais arrivé ici, j’avais prévu d’habiter chez Mav, mais c’était avant Bridget. La dernière chose que je voulais, c’était me retrouver chez lui alors qu’ils baisaient probablement sur toutes les surfaces horizontales et verticales. Donc j’avais appelé l’assistant de Mav, Bradley, et avec son efficacité légendaire, il m’avait trouvé un endroit à moi. Une location de deux mois en plein centre-ville. Une petite maison de mineurs qui avait été entièrement restaurée. C’était parfait pour une personne. Ou deux qui aimaient être l’une sur l’autre, ou l’une sous l’autre.
Ouais, Lindy pouvait venir chez moi, bordel.
Pour la première fois depuis notre arrivée, elle regarda dans ma direction. Son regard habituellement radieux semblait fatigué. Mais pas de larmes. Pour le moment...
— Oh, ma puce. Viens par ici.
Je lui pris la main et l’attirai dans mes bras. Je la serrai contre moi. Ce serait mentir si je disais que je le faisais uniquement pour la réconforter. À part le fait que j’avais mis ses cheveux derrière son oreille au supermarché, c’était la première fois qu’on se touchait. Que je la serrais dans mes bras. Que je sentais chaque courbe délicate de son corps. Que j’étais assez proche pour respirer son odeur merveilleuse.
Pendant un moment, elle resta rigide puis elle se laissa aller et se blottit contre moi, ce qui était la chose la plus incroyable qui soit. Elle lâchait prise pour moi, même si ce n’était que pour ces quelques courts instants.
Je lui déposai un baiser sur le haut de sa tête parce que... je n’avais pas d’autre alternative.
— Elle est dans un sale état, mais c’est réparable, murmurai-je, en espérant être rassurant.
Elle hocha la tête contre ma poitrine.
— Ouais, je sais. La maison est en train de devenir un gouffre financier. L’hiver dernier, c’était le chauffe-eau. Après ça, j’ai dû remplacer les toilettes de la salle d’eau parce qu’elles fuyaient. Puis le frigo...
— C’est le voisin qui va payer pour ce foutu merdier. Pas toi. Je suis sûr que ton assurance va contacter la sienne pour que tout soit pris en charge.
— Probablement.
Pas seulement probablement. Absolument.
— C’est une grande maison pour toi toute seule.
Je tournai la tête et regardai les lieux. Deux étages peints en blanc avec du lierre qui poussait sur des treillis entre les fenêtres du bas. À part l’arbre qui s’y trouvait, la maison était bien entretenue, le jardin était impeccable avec des parterres de fleurs. Pas une feuille égarée n’avait osé souffler sur l’herbe récemment coupée. Un endroit entretenu de manière méticuleuse, à l’image de la propriétaire elle-même.
— C’était la maison de mes parents. J’en ai hérité.
Je me figeai, lui caressai les cheveux, puis les tirai légèrement pour qu’elle lève les yeux vers moi. Dans ses yeux bleus, il y avait un mélange d’émotions. Elle ferait une très mauvaise joueuse de poker. Je voyais de la lassitude. De la surprise à cause de ce geste légèrement dominateur. Et de l’excitation.
Était-ce la façon dont je lui tenais fermement la nuque ? Ou le fait de tirer sur ses cheveux ? Ou qu’elle soit dans mes bras ? J’allais le découvrir. Je voulais le savoir et connaître tout d’elle. Même si ses lèvres étaient toutes proches, putain, je ne voulais pas que notre premier baiser ait lieu devant sa maison endommagée, avec une équipe de pompiers dans les parages.
— Que s’est-il passé ?
Hérité signifiait qu’ils n’étaient pas en vie.
J’avais déjeuné avec Bridget et mes frères la semaine dernière et nous avions parlé de nos pères. Elle avait mentionné que le sien était décédé mais n’avait pas élaboré. Elle n’avait certainement pas dit que sa mère était également décédée.
— Accident de voiture quand j’avais vingt-trois ans, expliqua-t-elle sans ambages.
— Bridget était avec eux, ils rentraient en voiture d’un de ces spectacles de princesses sur glace à Billings. Elle était sur le siège arrière, endormie. Elle n’a pas eu une seule égratignure.
Putain de merde. Lindy avait perdu ses parents d’un seul coup, et quasiment sa sœur en même temps. Pas étonnant qu’elle ne panique pas à cause de l’arbre incrusté dans sa maison. Des choses bien pires lui étaient arrivées. Elle avait vécu une vraie tragédie. Elle avait vécu quelque chose d’irrémédiable et n’avait pu aller de l’avant que du mieux possible.
— Oh, ma puce.
Je lui embrassai la tête à nouveau et la serrai contre moi. Elle ne résista pas. On resta comme ça jusqu’à ce qu’un pompier s’approche. Il avait un pantalon d’uniforme et des bottes mais n’avait pas de veste. Il était carrément musclé. Au lieu de me demander si Lindy le trouvait attirant, j’aurais dû être reconnaissant que les fonctionnaires de la communauté soient en aussi bonne forme.
Pourtant, l’idée de lui dire d’aller se faire foutre, que Lindy Beckett était à moi, était sur le bout de ma langue, mais il faisait juste son travail.
— Salut, Lind. Il lui adressa un sourire qui dénotait une certaine familiarité, tout comme la façon dont il avait raccourci son nom.
Sacrée petite ville.
— Bonsoir, Gant, dit Lindy.
Elle s’éloigna de moi et je la laissai faire, mais je posai ma main sur son épaule.
Gant le remarqua.
Exact. Elle est à moi.
— Tu peux entrer, mais bien évidemment, tu ne pourras pas habiter ici. Il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule pendant un moment, observa la maison puis se retourna vers Lindy.
— Ils ne remettront pas le gaz ou l’électricité tant que l’arbre n’aura pas été enlevé et que le câblage n’aura pas été inspecté.
— D’accord, répondit-elle.
— Tu as un endroit où loger ? lui demanda-t-il.
Je ne savais pas s’il lui proposait son lit ou s’il s’assurait qu’elle était bien installée quelque part. Dans tous les cas, ça n’avait pas d’importance. Je savais m’occuper de ce qui était à moi.
— Chez moi, lui dis-je.
Elle me regarda avec de grands yeux parce qu’elle n’avait pas dit oui. Je ne lui donnais pas le choix et parlais pour elle, mais... eh bien, je n’en avais rien à foutre.
— Tu peux entrer et prendre des affaires, poursuivit le type. Des vêtements et tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Nous allons barricader la fenêtre du bas qui est endommagée pour empêcher les gens d’entrer, mais il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour le reste des trous.
— M. VanMeyer a appelé sa compagnie d’assurance et la mienne envoie quelqu’un. Ils ont dit qu’ils allaient contacter un service d’arboriculture et des entrepreneurs.
— Bien, allez-y, lança-t-il en inclinant la tête vers la maison.
Je la suivis jusqu’à la porte de devant. Depuis l’entrée, on ne distinguait pas de dégâts. Ce fut à l’arrière de la maison que l’étendue des dégâts devint évidente. La cuisine avait une fenêtre cassée, ce qui était facilement réparable, mais il y avait une branche qui était descendue à travers le plafond et avait percé le haut de la cuisinière.
À l’étage, une branche d’arbre avait percé le plafond dans le couloir et une autre dans la salle de bains. Mais c’était la chambre de Lindy qui avait été la plus touchée. Elle se tenait dans l’embrasure de la porte et regardait fixement. Une grande partie du mur extérieur ainsi qu’une grande baie vitrée avaient disparu parce que le tronc de l’arbre l’avait traversé et se trouvait en travers de son lit. Je pouvais aussi voir où une branche descendait dans la cuisine.
— Putain de merde, marmonnai-je.
Et si elle avait été à la maison ? Endormie ?
Lindy cligna des yeux, puis commença à se déplacer dans sa chambre. Elle fouilla dans son armoire, qui était intacte, en sortit un sac, puis commença à retirer des vêtements des cintres.
— J’ai besoin de vêtements pour le travail. Pour le yoga. Des articles de toilette. Bridget voudra certaines de ses affaires. Je dois nettoyer le frigo car la nourriture va pourrir.
Elle fit une pause et se passa une main sur le visage, puis poursuivit :
— Je dois faire une liste.
— Ralentis, ma puce.
Je tendis le bras et lui pris le sac. Il était en tissu et matelassé ou un truc du genre avec des fleurs dessus.
— Ralentir ?
Elle posa ses mains sur ses hanches minces.
— Tu sais ce qui est pire que de demander à une femme de ralentir ? De lui dire de se calmer.
Je me mordillai la lèvre et essayai de ne pas sourire, mais c’était vraiment très difficile, putain.
— J’avais du travail à faire ce soir, Dex. Un programme. J’ai à peine parlé à M. VanMeyer.
Le bûcheron d’à côté.
— Je crois que des gens ont bien dû discuter avec M. VanMeyer. Les pompiers. La police, très probablement. Le gars du gaz et de l’électricité. Sa femme, qui aurait dû lui dire de ralentir avec sa tronçonneuse.
Elle déplaça son regard des dégâts
— Il n’est pas marié.
— Quelle surprise, dis-je.
— Il faut quand même que je fasse une liste.
Il semblait que c’était une habitude chez elle. Ça devait l’aider à se sentir en contrôle de la situation. Surtout maintenant, quand ce n’était pas du tout le cas.
Je me mis à chercher un crayon dans sa chambre, mais tout ce que je trouvais, c’était un putain d’arbre. Je sortis mon portable de ma poche et ouvris l’application notes.
— Ok, c’est parti pour la liste.
Dix minutes plus tard, je me dirigeais vers la voiture avec deux sacs en bandoulière et une liste longue d’un kilomètre dans mon téléphone.
Les pompiers avaient barricadé la fenêtre de la cuisine et étaient partis. M. VanMeyer n’était plus visible.
Lindy verrouilla la porte d’entrée derrière elle et me suivit jusqu’à ma voiture–nous avions laissé la sienne au supermarché dans notre hâte d’arriver ici. Après avoir jeté ses sacs à l’arrière, je lui tins la porte du passager grande ouverte.
En se glissant à l’intérieur, elle leva les yeux vers moi et me dit :
— Je peux aller à l’hôtel.
Je vis la façon dont sa jupe en jean remontait sur ses cuisses, ce qui rendit ma réponse en un mot un peu plus intense qu’elle n’aurait dû l’être.
— Non.
— Je dois aller le dire à Bridget, puis je resterai avec elle.
Je m’appuyai sur la porte ouverte pour pouvoir croiser son regard.
— Appelle Bridget, mais dormir dans la chambre d’amis de Mav ? Ma puce, tu veux vraiment faire ça ?
Je ne voulais pas lui faire remarquer que sa petite sœur allait être occupée à faire l’amour avec mon grand frère.
Elle retroussa les lèvres, venant d’arriver elle-même à cette conclusion.
— Tu pourrais aller à l’hôtel, mais ça ne va pas être le cas, lui dis-je. Tu pourrais rester avec ta sœur, mais ça ne va pas être le cas non plus. Tu vas rester avec moi, là où je saurai que tu es en sécurité.
— En sécurité ? Je peux prendre soin de moi-même.
— Je sais que tu peux. D’ailleurs, ta liste est dans mon téléphone.
— Pourquoi ?
Je fronçai les sourcils et la regardai dans ma voiture.
— Pourquoi quoi ?
— Pourquoi est-ce que tu es si gentil ?
Je m’accroupis en face d’elle. Je ne dis pas un seul mot parce que sa question me mettait en rogne. Est-ce qu’elle pensait vraiment que j’étais un connard ? J’étais le frère sympa. Mav était plutôt grognon et costaud, il faisait peur aux gens rien qu’avec sa taille. Silas était taciturne, ce qui mettait les gens mal à l’aise. Theo était toujours sérieux et intense.
J’étais le plus cool. Le plus décontracté.
Sauf quand je ne l’étais pas. Quand quelqu’un s’en prenait à ceux qui ne pouvaient pas se défendre. Peut-être que c’était mon père qui m’avait donné ce trait de caractère. Non, ce n’était certainement pas mon père qui était responsable de ça. Je détestais la façon dont il me traitait. La façon dont il traitait ma mère. Donc je savais ce que c’était. J’avais créé une association pour que les enfants trouvent la paix dans le sport. Un endroit sûr pour se sentir bien, pour grandir, pour devenir fort et sûr d’eux. J’aimais protéger les gens, même une femme qui se faisait harceler dans un bar par un connard bourré qui n’acceptait pas qu’on lui dise non. J’avais donné quelques coups de poing au type pour qu’il comprenne enfin.
Malheureusement, l’incident avait été enregistré par un certain nombre de clients du bar et il avait fait le tour des réseaux sociaux. Dex James tabassant un fan innocent qui regardait les éliminatoires parce qu’on avait perdu ce soir-là. Ouais, on avait perdu. Ça c’était la vérité. Mais le reste ? Il n’était pas innocent et il n’avait pas regardé le match. Je doutais même que ce connard sache que le hockey se jouait sur des patins.
Mais ça n’avait pas d’importance. Les réseaux sociaux m’avaient désigné comme l’homme de main sur la glace et hors du terrain. Dex le Destructeur ou un nom stupide comme ça.
C’ ÉTAIT pour ça que j’étais venu à Hunter Valley avec Theo et Silas pour voir comment allait Mav. Pour foutre le camp de Denver et éviter d’être sous les feux de la rampe. Pour me cacher jusqu’à ce que les choses se tassent.
Lindy ne savait même pas que j’étais un joueur de hockey professionnel, et ignorait tout de cette histoire. C’était un soulagement parce que l’image que l’on donnait de moi et qui j’étais vraiment, n’avait rien à voir avec la réalité. Elle découvrait–j’espérais–le vrai moi, car si elle avait entendu les ragots, elle aurait peut-être eu peur de venir chez moi.
Donc pour en revenir à sa question–pourquoi est-ce que j’étais si gentil ? C’était parce que j’étais vraiment gentil. Honnête. Et prêt à m’occuper de ces connards qui ne l’étaient pas.
Personne ne s’en prendrait à Lindy Beckett. Même un putain d’arbre à la con.
Sans rien dire, je saisis la ceinture de sécurité, la tirai par-dessus elle et la fixai en place. Puis je fermai la porte derrière elle, fis le tour et montai à côté d’elle.
Je réalisais qu’elle avait demandé parce qu’elle était habituée à ce que les mecs se comportent comme des crétins. Qu’ils ne soient pas serviables. Ou... peu importe. Alors je regardai dans sa direction et lui dis la vérité.
— Je ne suis pas gentil. Je prends soin de ce qui est à moi.
Elle me regarda fixement. Cligna des yeux. Me fixa encore un peu plus. Je pouvais voir son cerveau fonctionner, comme les rouages d’un engrenage. Enfin, elle demanda :
— Quoi ?
Je ne pouvais pas ne pas remarquer le battement de son cœur à la base de son cou. Je voulais lécher cet endroit, le sentir palpiter contre ma langue. Voir sa réponse subtile à mon égard me poussa à lui dire la vérité.
— Je te veux pour moi, Lindy Beckett. Depuis la première fois que je t’ai vue.
Sa bouche s’ouvrit tout en grand, puis elle la referma.
— Nous... nous nous connaissons à peine.
— Mav et Bridget se connaissent à peine, rétorquai-je. Ils n’étaient même pas ensemble depuis deux semaines.
— C’est différent, répliqua-t-elle.
— Comment ? Mav l’a vue et l’a désirée tout de suite.
Tout comme je te désirais, quand je t’ai vue.
— Alors c’est tout ? Je suis à toi maintenant ? Je n’ai pas le droit de décider ? demanda-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Ça aurait dû lui donner un air impérieux ou arrogant, mais ça ne faisait que la rendre sexy avec ces seins qui ressortaient dans son haut
Du fait de ses paroles et du ton qu’elle employait, je compris que je ne devais pas lui dire exactement ça, qu’elle n’avait pas de décision à prendre. Qu’elle allait être à moi. J’en étais conscient et elle arriverait à la même conclusion.
Alors à la place, je répondis :
— Je suis patient. Et tu voudras de moi bientôt.
Avant qu’elle ne puisse argumenter, je démarrai la voiture et m’éloignai du trottoir.
— On va te ramener à la maison pour que tu puisses commencer à travailler sur cette liste.
À la maison. Elle pensait peut-être que rester avec moi était un arrangement temporaire, mais elle avait tort.
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