Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 2
2
LINDY
D EUX SEMAINES plus tôt
I L POSA la main sur la nuque de la jeune femme. Il enroula ses doigts autour de sa queue de cheval et la tira doucement.
— À genoux, ma puce.
Les lèvres de Céline s’entrouvrirent. Elle voulait obéir, le désir de faire ce qu’on lui demandait lui fit fléchir les jambes sans hésitation.
Il l’aida à se baisser jusqu’à ce qu’elle se retrouve en face de lui.
Il était si grand que la tête de Céline se renversa en arrière pour soutenir son regard, ses yeux bleus.
— C’est bien, ma puce. Maintenant, sors ma bite et montre-moi à quel point tu aimes me faire plaisir.
Ses doigts se précipitèrent pour ouvrir son jean et la sortir rapidement. Son sexe était épais, avec un gland très bombé, et elle se lécha les lèvres à l’idée de le goûter, tout en se demandant comment elle allait bien pouvoir le prendre dans sa bouche.
Comme s’il pouvait lire dans ses pensées, il murmura :
— Ça ne rentrera pas. Mais tu vas essayer de mettre tes lèvres autour et d’en prendre autant que possible. Parce que tu sais que ta chatte aura le même problème.
— COMMENT ÇA SE PASSE ?
Je sursautai en entendant la voix qui provenait de mon ordinateur portable. J’étais dans un appel vidéo avec Lucy, une amie romancière vivant en Arizona, même si la petite fenêtre montrant son visage était cachée derrière celle du livre que j’étais en train d’écrire.
En jetant un coup d’œil à l’horloge dans le coin de l’écran, je réalisai que les trente dernières minutes étaient passées à toute vitesse. Je n’avais même pas remarqué le bruit de la tronçonneuse de mon voisin jusqu’à maintenant et pourtant mon Dieu, elle faisait beaucoup de bruit. Nous faisions des sprints d’écriture, en écrivant autant de mots que possible par tranches d’une demi-heure, et je m’étais vraiment plongée dans cette scène, en occultant ce vacarme affreux. Avec la souris, je changeai d’onglet pour que Lucy apparaisse dans la petite fenêtre de chat vidéo.
Je ne l’avais jamais rencontrée en personne, mais c’était une amie proche. En plus de mon éditeur, c’était l’une des seules personnes qui savaient que j’écrivais des romans d’amour. En parallèle. Sans que cela ait quoi que ce soit à voir avec mon travail habituel. Ce qui signifiait que les deux livres que j’avais publiés à ce jour commençaient à me rapporter assez d’argent pour m’acheter un café haut de gamme au Steaming Hotties. C’était mon travail hebdomadaire, mon job de neuf à dix-sept heures dans un petit cabinet comptable qui payait encore les factures. Je m’occupais des impôts des autres et de la comptabilité générale. Ça représentait beaucoup de chiffres. Des chiffres très austères et ennuyeux.
Contrairement à ma sœur, Bridget, qui était une calculatrice humaine, je trouvais ce métier ennuyeux à mourir. Ce n’était pas la carrière de mes rêves, ça c’était certain. Les impôts n’allaient pas disparaître de sitôt. Cela signifiait la sécurité de l’emploi et c’était important pour moi.
Ces temps-ci, je passais mes nuits et mes week-ends à travailler sur mes textes en secret parce que je savais qu’à Hunter Valley, tout le monde ne serait pas d’accord avec le fait que j’écrive de la pornographie. C’était une histoire d’amour, mais les gens l’appelaient comme ça et je ne pensais pas que je serais capable de supporter ça. C’était une petite ville. Je ne pouvais pas quitter la maison sans être coiffée et maquillée, car je rencontrais toujours quelqu’un que je connaissais. Je n’étais pas sûre de pouvoir regarder mes voisins en face s’ils lisaient les scènes de sexe de mes livres, surtout celles où je m’imaginais dans le rôle de l’héroïne.
Mon Dieu, comme celle sur laquelle je travaillais en ce moment.
À genoux, ma puce ?
Je scrutais ce que je venais de taper. Ouais, au yoga, on ne me regarderait pas du tout bizarrement si on savait ce que j’écrivais. Quant à mes chances de rencontrer quelqu’un, elles deviendraient bien faibles.
Néanmoins, j’étais déterminée à faire de l’écriture ma nouvelle carrière. C’était ce que j’avais prévu de faire en sortant de l’université, mais mes parents étaient morts peu après l’obtention de mon diplôme et j’avais mis ce projet de côté. J’avais eu besoin d’un travail stable pour payer les factures. D’une assurance maladie. De tous ces trucs d’adulte que j’avais dû assumer à l’âge de vingt-trois ans parce qu’élever une petite sœur de dix ans était devenue ma priorité.
Le poste de comptable avait été la première opportunité disponible à l’époque et je l’avais saisie. Des années plus tard, j’y travaillais toujours, mais mon poste avait évolué.
Contrairement à moi. Ma sœur Bridget était devenue adulte et avait Maverick James dans sa vie. Un homme réel qui s’était clairement impliqué dans une relation avec elle après une période incroyablement courte. Non, je n’étais pas jalouse qu’elle ait un petit ami magnifique, riche, brillant et gentil. Littéralement le seul gars disponible de la ville qui ait mon âge.
Ouais, mon âge.
Mais il n’était plus disponible maintenant.
Donc aucune jalousie. Non, absolument aucune. Parce que j’adorais avoir des rencards via les sites de rencontres avec tous ces nuls. Ce qui faisait de moi une vraie nulle également.
Moi. Lindy Beckett. Célibataire. Comptable sans intérêt. Romancière en herbe en secret. Trente-cinq ans et une horloge biologique qui ne faisait plus tic-tac, mais sonnait carrément l’alarme.
Je me frottai les yeux et fis un sourire à Lucy.
— Désolée.
— Ça a dû être une bonne scène. Ou tu penses au rencard que tu as demain ?
— Un rencard ? Bon sang, non.
Je devais dîner avec un autre type que j’avais rencontré sur un site de rencontres. Il était séduisant sur sa photo de profil et semblait sympa dans nos messages, mais comme tous les hommes avant lui, il ne correspondrait probablement pas à tous les critères de ma liste. Ce qui voulait dire qu’il n’était certainement pas la raison pour laquelle j’étais plongée dans mon dernier chapitre.
Je n’écrivais pas juste des histoires d’amour. J’écrivais des histoires torrides. En fait, je me tortillais sur ma chaise de bureau parce que j’étais excitée par ce que j’avais écrit. Depuis quelque temps, il était plus facile de trouver les mots. Ce n’était pas comme si j’avais un petit ami avec qui je pouvais répéter ces scènes sexy ou que je prévoyais de jouer avec M. Dîner de demain soir. Non, je me servais de ma collection de petits amis à piles pour prendre mon pied.
La différence, c’était qu’un homme en particulier me venait à l’esprit. Un homme magnifique aux cheveux noirs et aux yeux noirs. Je pensais à lui tard dans la nuit quand je prenais un jouet dans mon tiroir de chevet. Les dernières fois, cela avait été le gros gode vibrant entre mes cuisses écartées. Heureusement que lui–Dex James–ne m’avait pas entendu crier son nom en jouissant. Je ne me rappelais pas avoir joui aussi fort, et c’était seulement parce que j’avais pensé à lui. Et quand j’écrivais les scènes sexy de mon dernier livre, c’était également en pensant à lui. Parce que je l’avais clairement imaginé en train de me dire que sa bite allait être trop grosse pour moi.
Grand mec, grosse bite, pas vrai ?
C’était ce que j’imaginais. Mais peut-être que j’avais tort ? Et s’il en avait une toute petite ? Un petit hotdog miniature ?
Je secouai la tête et fronçai les sourcils devant le caractère ridicule de la chose.
Dex James était l’un des frères de Maverick. Lui–Dex, mais probablement aussi Mav –ne pouvait certainement pas avoir une saucisse de cocktail entre ses cuisses musclées.
Ce type dégageait une énergie de grosse bite.
Il était aussi du genre décontracté, prompt à sourire et à s’amuser. Ce qui était complètement à l’opposé de moi. On disait de moi que j’étais coincée. Rigide. Une femme exigeante. Ça avait été le cas le week-end dernier à Denver, quand j’avais été super stressée, super énervée et super en retard sur mon livre.
Je m’en étais pris à Dex. Et à Mallory aussi, même. Vu qu’elle était la meilleure amie de Bridget, elle avait l’habitude des excès de folie depuis toutes ces années.
— Je travaillais sur la deuxième scène de sexe, dis-je à Lucy.
— Je veux la lire, dit-elle avec avidité, les yeux brillants d’impatience. Mon Dieu, c’est quoi ce bruit ?
— Une tronçonneuse. Le voisin taille les arbres, je crois.
Cela faisait une heure que M. VanMeyer faisait tourner cette machine.
— Va à la page trente-deux, lui dis-je. Nous écrivions dans un programme de traitement de texte qui pouvait être partagé en ligne, de sorte qu’elle pouvait basculer vers mon document et lire ce que j’écrivais en toute simplicité. Comme aujourd’hui lorsqu’elle ouvrit le document et alla à cette page.
Je saisis le verre de thé glacé qui se trouvait à côté de mon ordinateur portable et en but une grande gorgée pendant qu’elle lisait. Il faisait chaud, et j’avais ouvert toutes les fenêtres.
— Waouh, Lind, c’est super sexy.
Dans le petit tableau sur mon écran, elle s’éventait.
— Je sais. C’est...
— C’est ce gars, n’est-ce pas ? lança-t-elle avec un sourire narquois. Celui avec qui toi et ta sœur êtes allées à Denver la semaine dernière. J’ai oublié son nom. Tu en as fait le héros de ton livre.
Si Lucy pouvait s’en rendre compte, je devais me faire du souci.
— Qu’est-ce que tu veux dire, qu’il est ma muse ? dis-je en secouant la tête avec un peu plus de véhémence que la question ne le méritait. Non. Ce n’est pas lui. Ce n’est pas un cow-boy comme dans mes histoires.
Je ne pouvais pas imaginer Dex James portant un Stetson comme les héros que je décrivais dans mes histoires. Bien sûr, ça lui irait bien. Tout comme un sac à patates, mais il n’avait pas l’air d’un cowboy.
— Et alors ? Je suis sûr qu’il aimerait te mettre à genoux.
Ses sourcils sombres se soulèvent et s’abaissèrent, puis elle sourit.
— C’est quand la dernière fois qu’un mec t’a fait ça ? Te donner des ordres.
Jamais. Pourtant, ma culotte était humide en pensant à cette éventualité... je devrais mettre ce critère sur ma liste. Il y avait beaucoup de choses sur cette liste que j’avais commencé avec ma mère quand j’avais quatorze ans et qu’AJ Alvarez m’avait demandé d’aller au bowling. À l’époque, sur ma liste, il y avait honnête. Amical. Courtois. Au fur et à mesure, j’avais ajouté d’autres choses, comme loyal et gentil avec les enfants. Plus récemment, j’avais mis « doué au lit ». Les gars que j’avais rencontré auparavant n’avaient pas été égoïstes, mais ils n’avaient pas non plus été très doués. Ou autoritaires.
Une alarme retentit dans l’appel vidéo. Elle soupira et fit glisser son doigt sur le téléphone.
— Merde, je dois y aller, dit-elle, Ariel va descendre du bus dans dix minutes. Bye !
L’appel vidéo était terminé. Je repoussai ma chaise de la table de la cuisine et attrapai mon verre pour le remplir à nouveau.
La tronçonneuse vrombissait sans relâche. J’avais pu passer outre auparavant, mais il me fallait une pause loin du bruit maintenant. Fermer les fenêtres ne ferait que renforcer la sensation d’étouffement dans la maison et ne masquerait pas complètement le travail de M. VanMeyer dans le jardin.
Il était temps de sortir de la maison. Je devais aller faire des courses de toute façon. J’y allais toujours le samedi après-midi, mais aujourd’hui j’avais perdu du temps pendant quelques heures parce que j’avais été inspirée pour écrire.
J’avais imaginé des choses coquines en compagnie de Dex. Il serait autoritaire, moi, à genoux. Pour des choses coquines.
— Ah ! dis-je à la cuisine vide.
Dex ne me convenait pas du tout. Il vivait à Denver, pas à Hunter Valley. Il était jeune. Deux choses qui signifiaient que ça ne marcherait jamais sur la durée et c’était ce que je recherchais. Un homme pour une vie à deux, pour toujours. L’homme idéal.
Je déposai mon verre dans l’évier, puis déchirai la liste de ce dont j’avais besoin au magasin sur le bloc-notes à côté du réfrigérateur.
En montant à l’étage, je regardai mon visage dans le miroir de la salle de bains, je mis un peu de gloss coloré et me passai la brosse dans les cheveux.
Dehors, je m’arrêtai devant chez moi pour voir ce que faisait M. VanMeyer.
Nous nous trouvions dans un vieux quartier de Hunter Valley où les arbres étaient grands et l’aménagement paysager bien établi. Des arbustes séparaient nos deux jardins, mais il avait un cotonéaster imposant qui donnait à son jardin de l’ombre toute la journée et chez moi, plus tard dans l’après-midi quand il bloquait le soleil venant de l’Ouest. Ce n’était pas celui sur lequel il travaillait, ce qui était une bonne chose car j’aimais cette ombre, mais bien sur un second arbre qui était mort depuis un an ou deux. Il était en train de tailler certaines des branches les plus basses qu’il pouvait atteindre depuis le sol.
Il portait sa tenue habituelle, un jean et un t-shirt blanc avec des bretelles. Quelle que soit la saison, c’était sa tenue depuis que je le connaissais, c’est-à-dire depuis toujours, puisqu’il vivait dans sa maison lorsque mes parents avaient acheté la nôtre après leur mariage. J’étais arrivée deux ans plus tard et j’avais toujours vécu ici depuis.
Il m’aperçut, éteignit la tronçonneuse et fit un signe de la main.
— Bonjour, Lindy ! lança-t-il.
C’était un homme gentil, toujours heureux, mais un peu fou.
— Bonjour, M. VanMeyer. Vous taillez l’arbre ? lui demandai-je.
Il frotta son crâne presque chauve et sourit.
— Je l’abats.
Je levai les yeux vers le grand arbre dénudé et me demandai comment il allait s’y prendre. Il aimait se lancer dans des projets aventureux de bricolage et finissait par faire appel à des professionnels pour terminer. Comme lorsqu’il s’était attaqué aux marches de sa terrasse.
Ou quand il avait décidé de refaire son allée. Ou de mettre en place le nouveau poteau de la boîte aux lettres.
— Faites attention sur l’échelle pour atteindre ces branches basses.
L’arbre faisait au moins dix mètres de haut avec de longues branches imposantes. Il en avait déjà coupé quelques petites qui étaient éparpillées autour de lui dans l’herbe.
Il secoua la tête et tapota le manche de la tronçonneuse.
— Oh, je ne vais pas monter sur une échelle.
— Bien.
Je ne voulais pas qu’il tombe parce qu’il se casserait certainement quelque chose. Et avec une tronçonneuse en état de marche, il pourrait aussi se couper quelque chose. Au moins, il allait faire appel à des pros directement cette fois-ci.
— Alors il en restera pour le service d’élagage des arbres. Je vais chez Van. Vous avez besoin de quelque chose ?
— Je ne vais pas engager de... Attends. Tu vas chez Van ?
Ses yeux s’illuminèrent comme un enfant le matin de Noël à la mention du supermarché.
— J’aime les brownies qu’ils ont.
Je me mis à rire.
— Je sais que vous les aimez. Je vais vous en prendre.
Il me remercia seulement après m’avoir rappelé qu’il aimait ceux avec des noix parsemées sur le dessus, puis il tira sur le cordon pour remettre la tronçonneuse en marche.
J’espérais que les brownies suffiraient à l’éloigner de la tronçonneuse et que je pourrais écrire mille mots de plus avant qu’il ne soit vraiment tard. Je finirais la scène de sexe avec Dex... avec mon héros, avant de me coucher.
Et ensuite j’avais un rencard avec mon vibromasseur.
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