Chasse à l'homme T2 : Un homme à croquer
Chapitre 18
18
LINDY
— ÇA VA ? me demanda Dex alors que je posais mon sac à main sur la petite table. Mes clés atterrirent à côté avec un bruit sec.
Je soupirai, me sentant perplexe, frustrée et contrariée et aussi, excitée.
— Formidable, marmonnai-je. Un autre rendez-vous... un autre échec.
— On ne dirait pas que tu vas bien, répondit-il.
Il recula d’un pas comme s’il avait peur de moi ou qu’il avait peur d’avoir dit une bêtise et que je l’attaque comme une maladie virale.
— Est-ce que tu manges du blé ? lui demandai-je.
Il fronça les sourcils.
— Tu veux dire sur la tige ?
La tige ?
— Non, comme des pâtes. Du pain. Du gluten.
— Oui, répondit-il lentement, indiquant qu’il était encore méfiant.
— Et du fil dentaire. Tu utilises du fil dentaire ?
— Ma puce, pourquoi tu me poses toutes ces questions ?
— Tu en utilises ?
Il haussa les épaules.
— Quelques fois.
— Hier, dans la rue. Pourquoi m’as-tu embrassé ? lui demandai-je, passant à ce que je voulais vraiment savoir.
Il fit un mouvement circulaire avec ses larges épaules, et j’eus l’impression qu’il grandissait de quelques centimètres devant mes yeux. C’était comme si les deux premières questions l’avaient déconcerté, mais celle-ci, il y répondait avec assurance.
— Parce que j’en avais eu envie depuis que je t’ai rencontrée la semaine dernière.
— Pourquoi ? insistai-je.
J’avais pu réfléchir pendant tout le trajet de retour du restaurant.
— Pourquoi me demandes-tu ça ? répéta-t-il.
Je hochai la tête. Me baissai, défis le fermoir de la sangle de ma sandale à talon, l’enlevai d’un coup de pied, puis retirai l’autre. Dex ne dit rien pendant que je faisais cela, il se contenta de me regarder.
— Parce que je voulais savoir combien tes lèvres sont douces. Quel goût tu as. Parce que je ne pouvais pas m’en empêcher.
Des papillons tournoyèrent dans mon estomac en entendant sa réponse, parce que c’était une bonne réponse. Mais ça laissait planer le doute.
— Regarde-toi, dis-je en agitant la main dans sa direction et il se regarda.
Un corps massif et dur, un visage et des cheveux magnifiques, des cuisses robustes. Je ne savais pas ce qu’il faisait comme exercice, mais ça marchait.
— Ok.
— Ça ne doit pas être compliqué pour toi avec les femmes ? Pas au point de te contenter de moi, ajoutai-je en posant la main sur ma poitrine.
Ses yeux se resserrèrent et il resta silencieux. Puis il bougea avec une rapidité qui me prit par surprise.
Il me fit pivoter et je me retrouvai penchée sur la table avant que j’aie pu cligner des yeux. Une main se posa lourdement sur le haut de mon dos pour me maintenir tandis que l’autre relevait l’ourlet de ma robe par-dessus ma taille. Sa main s’abattit sur mon cul avec un grand bruit. Il me fallut une seconde et la douleur s’ensuivit.
— Dex !
Mes doigts cherchaient à s’accrocher au bois, mais il ne me lâchait pas.
— Je commence à apprendre toutes sortes de choses sur toi. Comme le fait que tu ne portes pas de culotte au lit, mais je n’avais pas réalisé jusqu’à maintenant que tu aimais te faire fesser.
— Je n’aime pas ça !
— Si, dit-il, d’une voix basse et calme. Parce que sinon, tu ne te dénigrerais pas comme ça.
Contre mon dos, sa paume était chaude. Intransigeante mais étrangement rassurante.
Il me donnait une fessée parce que je me rabaissais ?
Sa paume retomba sur mes fesses, cette fois-ci de l’autre côté. Comme je portais un string, il n’y avait même pas de dentelle ou de satin pour adoucir la sensation de douleur.
Il me releva en tirant sur mon coude et je me retrouvai nez à nez avec lui, face à son regard noir. Ma robe retomba sur mes cuisses, mais mes fesses étaient brûlantes et douloureuses. Je respirais bruyamment et j’étais très confuse, ne sachant pas si j’étais excitée ou en colère contre lui parce qu’il venait de me malmener. Je n’avais jamais, jamais, été touchée comme ça.
Ok. J’étais excitée. Vraiment excitée. J’étais mouillée et il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il avait probablement vu une petite tache humide sur mon string. Mais il ne faisait rien pour ça. Ou pour l’érection que je ne pouvais pas rater, son short faisait pratiquement office de tente maintenant.
— Tu es un homme des cavernes autoritaire rétorquai-je.
Il haussa les épaules, quel connard imbécile et calme.
— Je prends soin de ce qui m’appartient.
Il m’étudiait, ses yeux sombres parcouraient mes joues rouges et mes cheveux en bataille, ma robe verte, mes pieds nus.
— Qu’est-ce qui t’appartient ?
Il leva la main et passa ses articulations contre ma joue.
— Je comprends maintenant pourquoi tu étais si... en colère à Denver.
Je posai mes mains sur mes hanches.
— Oh, oui ? Explique-moi.
— Tout allait de travers, tu ne contrôlais plus rien. Il y avait une nouvelle normalité avec Bridget. Une qui ne t’incluait pas.
Je détestais que ses paroles aient trouvé ma faille, peut-être même qu’il avait compris tout ça mieux que moi.
— Nouvelle normalité ? Bridget était partie à l’école pendant presque quatre ans, rétorquai-je
— C’est différent.
Sa main glissa sur mon épaule et le long de mon bras nu, comme s’il essayait de me calmer. Tu as toujours su qu’elle irait à l’université. Tu avais ça en tête et tu t’y étais préparé. Mais Mav ? Qu’elle tombe amoureuse d’un type, et encore plus de Mav, c’est un grand changement. C’est arrivé sans crier gare.
Je fis un pas en arrière et commençai à faire les cent pas
— Il a trente-sept ans ! À peu près mon âge. Elle a vingt-deux ans. C’est pas juste qu’elle ait trouvé un mec et que je...
J’étais mortifiée d’avoir dit ça à haute voix. Je me retournai pour ne plus regarder Dex en face.
— Je comprends que tu aies une vie bien remplie. Que tu doives travailler jusqu’à des heures ridicules. Je comprends que l’arbre a vraiment bousillé le seul endroit où tu as vécu. Que Bridget est heureuse avec mon frère. Mais ça ne veut pas dire que tu n’es pas parfaite, ma puce.
— Parfaite ? Je ne veux pas être parfaite, c’est juste comme chiante, admis-je, en pensant à Alan et à sa vie bien rangée.
Au fait que j’étais exactement comme lui.
— D’accord, pas parfaite. Mais je vois pourquoi tu fais des listes et que tu as besoin de structure. Je vais t’aider à avoir une vie plus structurée.
— Tu vas m’aider ? En me donnant une fessée ?
Je me retournai, abasourdie.
Il hocha la tête une fois.
— Absolument. Maintenant tu sais que je ne supporterai pas ce genre de conneries. Mon père avait l’habitude de rabaisser ma mère. Et moi. On n’était jamais assez bien, quoi qu’on fasse. Puis j’ai commencé à croire ses paroles et je pensais que j’étais une merde. J’ai arrêté quand j’ai été assez grand pour voir l’homme qu’il était. Un connard et un tyran. Tu es ma femme et personne ne te manque de respect. Même pas toi.
Je restais sans voix. Le fait qu’il ait eu un père si con ou qu’il ait été maltraité ne me plaisait pas du tout, et j’allais devoir le questionner sur ce point plus tard. Mais c’était le reste de ce qu’il venait de dire qui me laissait un peu pantoise.
— Je suis... je suis ta femme ?
— Je te l’ai dit hier dans la voiture. Que je veux plus que du temporaire avec toi.
Je pointai du doigt le coin repas. La table. Je me souviendrais toujours de l’endroit où j’avais reçu une fessée.
— Tu m’as embrassée une fois. Une fois ! Et tu m’as penchée sur la table. Je n’ai pas vingt-deux ans. Je ne suis pas une gentille petite fille à laquelle il faut faire attention. Tu aurais pu me baiser ce matin au lit, mais tu ne l’as pas fait. Je ne dis pas de mal de moi, juste que ça explique beaucoup de choses. Tu ne veux pas vraiment de moi. Je suis sortie avec un autre homme et tu as seulement dit : Amuse-toi bien !
Il croisa les bras sur sa poitrine, ce qui était décevant car je les voulais autour de mon corps. Je voulais ses mains sur moi. Je voulais qu’il me touche. Bon sang, qu’il me redonne une autre fessée.
— Exactement. J’ai été clair. J’ai envie de toi. Toi, Lindy Beckett. Mais comme tu viens de le dire, tu reviens d’un rendez-vous avec un autre homme. Je partagerai mon lit avec toi et te donnerai une fessée si nécessaire, mais tu n’auras ni ma bouche ni ma bite tant que tu ne supplieras pas.
—Te Supplier ?
— Oui, supplie-moi. Je ne t’ai jamais traitée comme une petite fille, mais je prends soin de ce qui m’appartient.
Il se rapprocha, passa une main sur mes cheveux et se pencha pour me murmurer à l’oreille. Je sentis son souffle sur mon cou et je frissonnai.
— J’ai besoin de savoir que tu es entièrement d’accord. Plus de rencards avec des dentistes ou quoi que ce soit d’autre sur qui tu as cliqué dans ces applications de rencontre. Tu dois savoir que c’est ma queue que tu chevauches. Que c’est mon nom que tu cries quand tu jouis. Je te promets que je ne serai pas précautionneux avec toi. Je serai aussi brutal et sauvage que tu en auras envie.
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