Dred: ou le grand marais maudit
54. Les résultats
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Les résultats
Clayton avait été le témoin sympathique et attentif de ces scènes de deuil ; quoiqu’il ne connût pas parfaitement ce qui s’était passé, la lettre de Harry et ses propres observations lui avaient fait comprendre qu’il existait une effervescence dangereuse parmi les personnages du drame qui venait de se dérouler devant lui, et qui, à moins de quelque événement imprévu de nature à la calmer, pouvait amener les résultats les plus funestes.
Le lendemain de l’inhumation de Dred, il eut avec Harry un entretien sage et familier dans lequel il évita soigneusement tout ce qui pouvait trahir la supériorité de sa position et de sa caste : il s’efforça de lui démontrer toute l’impuissance et toute l’incertitude qu’il y aurait dans les circonstances présentes à tenter de renverser par la force les institutions dont les esclaves avaient à souffrir ; il chercha à lui persuader que le moyen qui lui offrait, ainsi qu’à ses amis, le plus de chances de réussite, était de se soustraire aux persécutions par la fuite.
On appréciera difficilement peut-être la force de caractère et la résolution qui décidaient une personne du rang de Clayton, possesseur lui-même d’un certain nombre d’esclaves, à donner de pareils conseils. Il n’y a pas de crime qui soit puni plus sévèrement que celui de faciliter la fuite d’un esclave ; l’homme qui le commet est poursuivi pour vol de nègre et, dans quelques États, condamné à la peine de mort, dans d’autres à une détention longue et infamante dans quelque obscure prison ! Pour avoir accordé le plus faible secours à un nègre fugitif, pour l’avoir accueilli une seule nuit, pour l’abriter ou lui donner la moindre nourriture, beaucoup de citoyens ont été dépouillés de leurs biens et chassés hors de l’État, sans asile et sans ressources ! D’autres, pour ce même crime, ont langui de longues années dans des donjons malsains, et n’en sont sortis qu’avec une constitution délabrée, et toute énergie morale détruite ; quelque honorable, quelques pieux et quelque patient qu’eût été la victime, rien n’a pu mitiger ces peines rigoureuses. Il fallait le discernement d’un esprit assez développé, et assez éclairé par l’éducation, pour justifier à ses propres yeux Clayton de violer ainsi les lois et les coutumes de l’état social sous lequel il était né ; mais il croyait au droit aliénable de l’homme à la liberté, et il puisait dans cette croyance, la conviction qu’il fallait délivrer quelques-uns de ces infortunés du fardeau sous lequel ils pliaient, afin d’éviter l’émeute et une révolution sanglante !
Il est vraisemblable que rien n’a plus contribué à soulever l’animosité de certains détenteurs d’esclaves, que l’existence dans les États du Nord d’une institution énergique connue sous le nom de : « Chemin de fer souterrain » ; ces possesseurs de nègres feraient sagement de réfléchir aux moyens pacificateurs qui leur permettraient de préserver leurs habitations. Il suffit de connaître quelques-uns de ces hommes braves et pleins d’énergie qui ont coopéré à la conquête de la liberté, pour être assuré que, sous le régime de l’esclavage, ils se seraient montrés terribles et auraient promené partout le meurtre et l’incendie. Aussi les hommes de cette classe, ennemis jurés de l’esclavage, ont pratiqué, pour arriver à la liberté, une voie qui n’a pas été mouillée d’autre sang que du leur, et le récit des singularités et des périls qui ont préparé et accompagné certaines évasions démontre suffisamment la nature hardie et aventureuse de ceux qui les ont entreprises et exécutées.
Il fut bientôt convenu qu’une grande partie des fugitifs effectueraient ensemble et simultanément leur évasion. Harry étant assez blanc pour éviter tout soupçon au-delà des limites où il était connu, se mit à la tête de l’affaire, muni d’une somme importante que lui avait procurée Clayton.
On sait que, pendant la plus grande partie de l’année, on emploie, dans les marais, des défricheurs, à la taille et à la confection des lattes ; ils y sont réunis dans des camps considérables et y séjournent pendant plusieurs mois ; On fait des bûches artificielles avec de la terre spongieuse, pour former des échafaudages sur lesquels on construit des cabanes rustiques. On perce, par le même procédé, des routes qui conduisent jusqu’aux endroits les plus reculés de la savane et qui servent de moyens de transport ; il y a aussi, au milieu du camp, un canal sillonné de petites nacelles qui remontent et descendent son cours, chargées de lattes et autres produits. Les défricheurs occupent un nombreux personnel d’esclaves qu’ils louent des propriétaires du voisinage ; ils y tiennent une position libre, n’étant obligés de fournir qu’une quantité déterminée de pieux et de lattes dans un temps donné ; ils ont en outre des provisions suffisantes : vivant ainsi, presque en hommes libres, ils sont réputés plus intelligents, plus énergiques et avoir le respect de soi-même qui manque chez la plupart des esclaves. Un de ces camps de défricheurs n’était qu’à quelques milles de distance ; ils avaient reçu, à l’occasion, des secours des fugitifs, et un ou deux des plus hardis et des plus intelligents d’entre eux avaient assisté aux réunions nocturnes de Dred. Il fut décidé que l’on traiterait des moyens de fuir avec un des esclaves préposé à la conduite d’une embarcation plus légère que celles des autres, et destinée au transport des bûches et des lattes, à Norfolk. Cependant, après réflexion, on découvrit que le nombre de ceux qui voulaient s’échapper était assez considérable pour qu’ils ne pussent voyager ensemble sans éveiller les soupçons ; on se détermina donc à ne partir que par fractions. Milly s’était décidée à partager le sort des fugitifs, par considération pour son pauvre petit Tomtit, dont le joyeux sans-souci formait un contraste touchant avec le sérieux dévouement de la pieuse femme. C’était, hélas ! tout ce qui lui restait d’une famille nombreuse que les rigoureuses exigences de l’esclavage lui avaient enlevée peu à peu ; elle avait rassemblé sur lui toutes les affections de son cœur : tant qu’il ne s’agissait que de ses droits, elle les sacrifiait volontiers, se contentant de la position à laquelle il avait plu à Dieu de la faire naître ou de l’appeler, supportant l’injustice et l’oppression comme un moyen de salut, et ne cherchant que l’occasion de faire tout le bien possible à ses semblables.
Chaque individu a le pouvoir incontestable, si telle est sa volonté, d’abdiquer les droits et les privilèges qu’il tient de sa naissance ; mais la question change lorsqu’il s’agit des intérêts immortels que les liens de parenté nous obligent à surveiller et à défendre. Milly, qui envisageait toutes choses au point de vue de la religion chrétienne, était moins affectée de la sévérité et des rigueurs de l’administration de Tom Gordon, que de la réputation d’immoralité que cet homme infligeait à la plantation. Tomtit, espiègle et joyeux enfant, avait gagné l’affection de son maître, qui l’avait attaché à son service personnel et le traitait avec douceur, lui faisant mille cajoleries, comme il eût fait à un joli épagneul ; il prenait un plaisir tout particulier à lui apprendre à boire et à jurer, et s’amusait beaucoup de voir un enfant de cet âge s’enivrer et blasphémer ! En vain Milly, qui usait de plus de franchise que tout autre envers Tom Gordon, risquait-elle quelques observations sur ces extravagances, il s’en moquait en riant ou en jurant, suivant son humeur.
Milly se résolut à suivre, avec son jeune favori, les proscrits dans leur fuite, mais peut-être n’eût pas réussi à accomplir ce projet, sans un incident qui fit encourir à Tomtit la disgrâce du maître. Celui-ci, pour punir l’enfant de quelque tour d’espièglerie, l’avait frappé avec une injustice aussi cruelle qu’il mettait d’empressement déraisonnable à lui prodiguer des caresses, dans d’autres moments ; et le pauvre petit, tout endolori et tout tremblant de cette rude correction, se trouva, tout à coup, disposé à quitter l’habitation avec le premier venu qui lui proposerait de l’emmener.
Une autre surprise pour tous fut d’apprendre que le serviteur intime, le confident de Gordon, Jim, était un des plus ardents à réclamer l’évasion. Cet homme, d’un caractère à la fois hardi, adroit, fin et rusé, mélange qui se rencontre souvent dans la race nègre, était resté, pendant plusieurs années, le favori en chef et sans rival de son maître. Il n’avait jamais manqué ni d’argent, ni des jouissances qu’il procure, et, comme les bouffons des anciennes cours, il avait, outre la charge de faire rire le seigneur, le privilège de dire impunément tout ce qui lui passait par la tête. Un des esclaves exprima son étonnement, que Jim, dans sa position exceptionnelle, pensât à fuir avec eux. Celui-ci hocha la tête d’une manière significative et dit :
— Le fait est, frères, que je commence à en avoir assez de cette situation ; moi et mon maître nous avons tout en abondance et en commun, c’est vrai ; mais j’aime mieux en avoir peu et que ce peu soit à moi ; et puis je ne veux me marier que quand je trouverai une femme qui m’appartiendra à moi seul et pas à d’autres ; c’est une idée à moi, et j’y tiens !
Les proscrits avaient coutume de s’assembler toutes les nuits, dans les bois voisins de la savane, afin de concerter leurs plans d’évasion ; Jim, qui avait la liberté d’aller et venir où et quand bon lui semblait, liberté qui le rassurait sur la crainte d’être découvert, avait toujours à sa disposition une excuse plausible pour justifier son absence, si l’on s’en était inquiété. Dévoué à tous les exercices profanes, sans respect comme sans dévotion, il n’assistait aux prières et aux réunions religieuses des nègres que pour en travestir les pratiques, en imitations burlesques pour le plus grand gaudissement de son maître et de ses amis, et, lorsqu’on lui demandait le motif qui l’avait fait manquer à l’appel du seigneur, il répondait avec un malicieux clignement de l’œil, qu’il avait assisté à la prière du matin !
— Il me semble, Jim, dit Tom qui se trouvait, un matin, en veine de joyeuse malice, que vous ne faites plus autre chose depuis quelque temps, que d’aller à la prière ; ça ne me va pas beaucoup, et je veux que vous cessiez ce manège. C’est, sans doute, quelque tour de votre façon que vous allez me jouer, et je veux y mettre ordre… faites attention… n’y retournez plus, ou je vous donnerai…
Nous ne dirons pas le cadeau dont Tom était dans l’habitude de le gratifier en cas de désobéissance.
Quel embarras pour Jim ! Il lui fallait encore se rendre cette nuit dans les bois ; c’était même indispensable ; il eut recours alors à ses roueries de bouffon, pour endormir la surveillance du maître, en le divertissant. Il se mit à chanter, à danser, à contrefaire les sermons, simula des réunions pour la prière, mêlant les choses saintes et profanes dans un tourbillon de rires bruyants. Tout cela pour amuser un maître fainéant, qui avait devant lui une journée dont il ne savait que faire, et qui, pendant ce temps, recueillait ses pensées, ce qui n’était pas une petite affaire. Tom réfléchit plus à son aise, Tom alla même se coucher, vers le soir, sous la véranda ; tout en fumant son cigare, il se disait à lui-même :
— Que ferais-je, si Jim n’était plus là pour me distraire ?
Celui-ci, par gloriole, s’était aventuré à demander à son maître la liberté d’une heure, qu’il employa à se rendre au camp des fugitifs. C’était payer d’audace, après la défense formelle qui lui avait été faite le matin ; mais Jim s’en remit à son intelligence, le seul Dieu qu’il eût appris à adorer, pour lui venir encore une fois en aide. Il s’achemina vers la maison pour être de retour avant le coucher de son maître, espérant éviter toutes questions sur l’emploi de son temps et sur sa promenade.
Le rendez-vous général était fixé entre deux et trois heures du matin ; toute la troupe devait partir et, avant l’aube, avoir fourni la première étape de son pèlerinage vers la liberté !
Déjà le sentiment d’une nature nouvelle commençait à se présenter à l’esprit de Jim, le sentiment de quelque chose de plus grave, de plus posé, de plus mâle que la vie décousue qu’il avait menée jusque-là ; son cœur battait d’un espoir étrange et inconnu. Tout à coup, sur les limites de jonction du bois avec la plantation, il se rencontre face à face avec Tom Gordon, envoyé là, sans doute, par son mauvais génie ou sa mauvaise étoile.
— Que Dieu me vienne en aide, s’il y a un Dieu ! s’écria Jim. Tâchons de m’en tirer le mieux que je pourrai.
Et tout en parlant ainsi, il aborda son maître avec l’air d’assurance qui lui était habituel.
— Jim, d’où venez-vous ? je vous ai déjà vainement cherché.
— Dieu vous garde, mon doux maître, je viens du meeting.
— Ne vous ai-je pas dit, gredin, que je ne voulais plus que vous retourniez à ces meetings ?
— Ah ! mon bon maître, mon divin maître, j’avais oublié cette défense ; j’ai été tellement bouleversé et les choses ont pris une tournure si étrange !
La grimace plaisante qui accompagna ces paroles, le ton dont elles furent dites et l’attitude d’un repentir affecté déridèrent un peu Tom, et, quoiqu’il conservât son air sévère, le rusé nègre s’aperçut bien vite de son avantage et se disposa à en profiter.
— Ma parole, si je ne suis pas à peu près mort ! Le vieux Pomp a prêché et m’a tellement rempli de grâce que j’en déborde ; il faut que je fasse quelque méchante action, sans quoi je vais être transporté quelque jour au ciel comme Élisée, et alors qui prendrait soin de mon doux maître ?
— Je ne crois pas du tout que vous reveniez d’un meeting, dit Tom, le regardant d’un air soupçonneux.
— Ah ! maître, vous me faites de la peine ! Moi qui croyais que vous me verriez tout rayonnant de la grâce ! moi qui ai chanté les louanges du Seigneur toute la soirée ! Ce vieux Pomp m’avait ébloui l’esprit.
— Je gagerais que vous ne vous rappelez pas un mot de ce qu’il a dit ? sur quel texte a-t-il parlé ?
— Le texte ? répondit Jim avec toute l’effronterie de l’assurance ; le texte était tiré du vingt-quatrième chapitre de Jérusalem, seizième verset.
— Eh bien ! qu’est-ce que ce texte ? voyons… je serais bien aise de le savoir.
— Eh bien ! maître, je crois que je puis vous le répéter, dit Jim avec une expression indicible de satisfaction malicieuse, le voici : « Vous me chercherez un jour et vous ne me trouverez pas. » C’est un texte grave et important, maître, et je vous engage à le méditer.
De fait, Tom eut l’occasion de pratiquer le conseil de son favori dès le lendemain matin, qu’après avoir juré, tempêté et tiré jusqu’à rompre le cordon de sonnette, il ne vit point paraître Jim. Il se passa cependant quelque temps encore avant qu’il pût croire au départ de l’esclave.
— Le chien d’ingrat ! s’écria-t-il, l’impudent vaurien ! qui n’avait jamais manqué de rien, et qui m’abandonne ainsi !
Tom mit tout le pays à sa poursuite ; nombre d’autres esclaves s’échappèrent aussi des autres habitations. Il y eut à ce moment une rumeur générale dans toute la contrée. La Trompette de la liberté entonna ses lamentations, et des articles ayant en tête : « Les résultats de l’instruction des abolitionnistes », « Desseins incendiaires et secrets » parurent, coup sur coup, dans les feuilles de ce journal.
On ordonna, dans tout le pays, une recherche minutieuse et complète des personnes atteintes ou soupçonnées d’abolitionnisme, et des mesures immédiates furent prises pour les obliger à s’expatrier.
Un ou deux propriétaires respectables, qui lisaient L’Ère nationale, reçurent la visite de plusieurs membres d’un comité de vigilance, institué ad hoc, qui leur enjoignirent de renoncer à ce journal ou de quitter l’État ; et quand l’un d’eux voulut se prévaloir de ses droits de citoyen libre, et demanda ce que le comité pourrait contre lui s’il persistait à réclamer l’exercice de sa liberté individuelle, on lui répondit tout simplement : « Si vous refusez de vous soumettre aux prescriptions du comité, vos récoltes seront incendiées, vos bestiaux confisqués, et si vous persévérez dans votre résistance, votre habitation sera brûlée sans que vous puissiez reconnaître ni accuser personne. »
Quand ce digne homme demanda si de tels actes étaient compatibles avec la liberté, on lui répondit que la liberté consistait dans le droit et le pouvoir que s’attribuait le comité de soumettre tout à sa volonté, et qu’il ne se trouverait libre qu’autant que chacun de ses membres aurait le droit et le pouvoir de le maltraiter, tant qu’il s’opposerait à la volonté du peuple !
Cette doctrine moderne de liberté a été mise dernièrement en pratique d’une manière frappante, dans les nouveaux États envers nos frères et sœurs qui ont fait, avec un merveilleux empressement, l’abandon de leurs principes, de leurs biens et de leurs personnes !
Il est presque inutile d’ajouter que ces deux excellents hommes, pour nous servir du langage de leurs conquérants, se soumirent en définitive et en furent quittes pour le pillage général de leurs habitations, surtout des provisions de bouche, qui devaient figurer au banquet triomphal en l’honneur de l’ordre et de la loi, par les bandes alliées des immortels et glorieux Coons, satellites éprouvés de ce Tom Gordon, dont ils partageaient les exploits. Bien que cette association ne jouît pas des avantages de la prière et des lectures de la Bible, ordonnées aux troupes envoyées plus récemment des États du Sud ; pour battre le tambour missionnaire des droits de l’État, et des principes de l’ordre et de la loi sur nos frontières, elle était disciplinée de façon à mériter les éloges du régiment du colonel Buford !
Tom Gordon était le promoteur et le chef de toutes ces exactions. Il accusa Clayton de la disparition de ses esclaves, et il suivit sa piste avec toute la sagacité d’un limier. L’outrage qu’il avait fait à cet honorable citoyen, dans la forêt, loin d’être pour lui un sujet de honte et de discrétion, était hautement proclamé partout, avec l’arrogance du triomphe ! Tom chevauchait avec son bras en écharpe comme un héros blessé, et recevait, sur son chemin, les témoignages touchants et les démonstrations les plus flatteuses pour son esprit et son amabilité ; mais sa chasse aux esclaves ayant été malheureuse, sa colère et sa méchanceté n’eurent plus de bornes, et pour se dédommager de la mauvaise chance de ses poursuites, il résolut de soulever contre Clayton l’animosité la plus implacable des planteurs qui vivaient dans le voisinage de la plantation des Magnolias dans la Caroline du Sud.
Cette entreprise lui offrit peu de difficultés ; nous avons déjà vu, en effet, quel sourd mécontentement avait excité la conduite que menaient Clayton et sa sœur dans leur État. Tom Gordon avait connu au collège le fils aîné d’une des familles des environs, jeune homme aussi débauché que lui ; en apprenant que Clayton s’était retiré à Magnolia Grove, il accepta avec empressement l’invitation de son camarade, qui l’avait engagé à lui faire une visite, dans le dessein bien arrêté d’arriver, par quelques insinuations perfides, à nuire à l’homme dont il s’était déclaré le mortel ennemi !
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