Le Complexe de Cupidon (French Edition)
Chapitre 45
Quand je déverrouille la porte du studio, Elliott est en train de s’affairer dans le coin cuisine. Il est habillé du grand tee-shirt Metallica de Gaël et de son pantalon de pyjama en soie. Les cheveux encore humides collés sur ses joues m’indiquent qu’il sort tout juste de la douche.
Je jette un œil au trou dans le mur, qui n’est plus masqué par mon coffre de rangement. D’accord, je comprends mieux comment il s’est invité chez moi sans la clé.
— Éros réclamait son repas, mais il refusait de manger quoi que ce soit d’autre que sa nourriture habituelle, annonce-t-il d’emblée, sans détacher ses yeux du plan de travail. J’ai fini par lui céder quand quelqu’un est venu toquer à l’appartement pour vérifier que je n’étripais pas le chat de la voisine.
Je dépose mon sac à main sur le canapé, où Éros ronfle en exhibant son ventre bien rebondi. Le rôle de papa poule ne va pas si mal à Elliott. Je l’imagine bien se contorsionner pour accéder au studio et donner tout ce que le chat lui réclame.
En parlant de papa poule, les dieux peuvent-ils avoir des enfants ? J’éloigne cette réflexion en me rappelant le jour où j’ai acheté un test de grossesse, tellement paniquée à l’idée d’être enceinte que j’en pleurais au volant. Ce sujet n’est pas d’actualité entre nous, surtout après six mois de séparation.
Je devrais m’énerver contre lui pour être entré sans mon accord. Mais le voir ici me rassure et me donne l’impression que sa longue absence n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir. Même si nous n’avons pas encore terminé notre discussion, je peux bien profiter sans me poser de questions ou culpabiliser d’avoir le pardon trop facile.
— Comment allez-vous, aujourd’hui ? lui lancé-je en m’approchant, bien décidée à passer une soirée tranquille.
— Beaucoup mieux ! Vous rentrez tard, qu’avez-vous fait de votre journée ?
Il semble tout aussi disposé que moi à entretenir cette atmosphère détendue. Je passe la tête par-dessus son épaule pour mieux étudier la composition du diner : une salade de crudités à laquelle il ajoute des morceaux de concombre. Enfin, de crudités…
— Hum, le travail, la routine. Je vous ai aussi acheté des tee-shirts pour remplacer vos chemises cet été, hasardé-je en désignant le sac de vêtements dans l’entrée. Est-ce que ce sont des tomates cuites que je vois dans cette salade ?
Je m’en veux de lui cacher ma rencontre avec Aimée, mais son obstination à éluder le côté magie et flèches ensorcelées de sa vie m’encourage à poursuivre notre jeu de l’autruche. J’ai beaucoup trop peur qu’il panique à l’idée que son ex-petite amie m’ait révélé sa véritable nature pour lui en parler.
— C’est bizarre ? (Il pousse un soupir en observant son œuvre.) Cuisiner est la seule occupation que j’ai trouvée. Si je continue à ne rien faire, je vais devenir fou.
— Puisque vous vous sentez mieux, vous n’avez qu’à accompagner Éléonore aux bureaux demain. Comme ça, vous arrêterez de tourner en rond. Quoique ça n’avait pas l’air de vous déranger quand on regardait de la télé-réalité tout l’après-midi au lieu de travailler…
— Quand je suis avec vous, il n’y a rien qui puisse me déranger.
Il balance toujours ce genre de déclarations sans prévenir. Maintenant, mon cœur bat un peu trop vite. Je range une mèche derrière mon oreille en cherchant une réponse adéquate. Elliott, lui, s’est figé devant le saladier.
— Et puis… je regardais ces bêtises pour vous faire plaisir, ajoute-t-il maladroitement.
Mon sourire le remercie de se rattraper, même si je vois bien sa main tressaillir sur le plan de travail. Moi aussi, j’aimerais retourner à cette époque où chacun de ses gestes ne nécessitait pas mon accord préalable. Moi aussi, j’ai envie de le serrer, de le sentir. Alors après une petite hésitation, je pose mes doigts sur son bras pour les faire remonter jusqu’à son cou.
Elliott laisse tomber sa moitié de concombre dans le plat.
— Charlie, souffle-t-il en se tournant vers moi.
— Vous m’avez manqué.
Je me dresse sur la pointe des pieds pour déposer ma bouche sur la sienne. Dans un premier temps, il me regarde quitter ses lèvres sans bouger. Je me mords l’intérieur de la joue en lui lançant un regard malin, et soudain, il passe une main dans mon dos pour m’attirer à lui. Dès l’instant où nos langues se retrouvent, c’est une myriade de sensations qui explose dans ma poitrine. Elliott ne m’a jamais offert de baiser aussi doux, aussi amoureux que celui-là. L’une de ses grandes paumes calée entre mes reins, l’autre sur ma nuque, il me presse contre lui sans me brusquer, comme par peur de me faire mal. Son cœur bat au rythme du mien alors qu’il me respire, qu’il s’imprègne de moi, de mon odeur. Il m’embrasse pour me prouver les regrets, l’amertume et la tristesse qui le rongent depuis son départ, et je le crois.
Elliott se détache au bout d’un long moment, soulagé de savoir qu’il ne m’a pas perdue. C’est plus fort que nous, plus fort que tout. Nous revenons immanquablement l’un vers l’autre, même lorsque nous essayons de résister de toutes nos forces.
— Charlotte…, commence-t-il.
— Et si nous couchions ensemble ?
— Oh, bon sang ! se met-il à rire. Je ne savais pas comment vous le demander !
Il se rend compte de sa paume un peu poisseuse égarée sur mon cou et attrape un torchon pour me nettoyer. Je glousse en l’arrêtant, parce qu’il me chatouille plus qu’autre chose, et balance l’essuie-main au hasard dans la pièce.
C’est mon Elliott. Il est toujours là, il n’a pas changé.
Elliott plonge de nouveau sur mes lèvres. J’agrippe son torse, ses épaules, sa mâchoire. D’un coup, plus rien n’importe dans l’univers, si ce n’est nous deux. Tout le reste se noie dans la confusion de nos étreintes, de nos souffles qui se cherchent et se fuient, de nos caresses aussi fébriles qu’impatientes.
J’aimerais lui donner autant de plaisir qu’il est capable d’en ressentir. Prendre le temps de lui montrer à quel point il compte pour moi. Mais ces longs mois de séparation nous ont transformés en véritables bombes à retardement : un simple regard de lui et je m’électrise. Mon corps tout entier le demande déjà, alors tant pis, nous aurons d’autres occasions de faire monter la tension pour mieux nous savourer.
Je l’encourage à reculer jusqu’au bord du lit, sur lequel il bascule. Debout devant lui, je laisse tomber ma jupe et ma culotte. Quand il retire son tee-shirt, déjà un peu nerveux, je ressens sa crainte d’avoir oublié comment s’y prendre. Des milliers d’années, réalisé-je, et c’est toi, Charlie, qui lui fais redécouvrir tout ça. Savoir qu’il réapprend à apprivoiser ses désirs avec moi est un sentiment grisant, presque un honneur.
Ses joues se teintent de rose alors qu’il me regarde grimper au-dessus de lui, seulement vêtue de mon débardeur. Je sais que nous ne risquons rien, mais la question d’une potentielle grossesse, elle, n’a pas encore de réponse. Je tends le bras vers le tiroir de la table de nuit pour attraper un préservatif.
Elliott observe mes faits et gestes, tout haletant. Suis le chemin de mes doigts et de mes lèvres sur son torse. Bientôt, il s’agite pour retirer son pantalon et son caleçon. Quand il veut inverser les rôles, enfin nu, je le repousse plus franchement contre le matelas.
— Charlie, commence-t-il sans comprendre. Oh, euh… d’accord…
L’excitation est déjà à son comble lorsque je déroule le préservatif sur lui. Elliott ne lâche pas la main que je glisse entre mes jambes des yeux, les lèvres un peu ouvertes, les pupilles voilées d’envie. Bon sang, qu’il est beau.
Il inspire l’air quand j’attrape son sexe pour me placer dessus. Je m’amuse de le voir rougir devant mon assurance alors que, le plus lentement possible, je le prends en moi dans un long gémissement de satisfaction. Bon sang, que je l’aime.
J’entame de lents va-et-vient tout en le maintenant allongé sur le lit. À chaque nouvelle descente, je l’accueille plus profondément, attentive à la montée progressive du plaisir. Elliott rejette sa tête en arrière, essayant tant bien que mal de contrôler le sien.
— Regardez-moi, Elliott.
J’aime le voir se mordre la lèvre tandis que ses délicieux yeux verts s’écarquillent lentement. L’entendre perdre ses moyens dans des râles de plus en plus sonores. Malgré nos efforts pour contrôler notre excitation, les sensations montent trop vite, trop tôt. Bientôt, il se redresse sur un coude, attrape ma nuque pour m’embrasser. Pendant que je halète contre sa bouche, il se joint au mouvement de mes hanches et donne des coups de reins plus secs et précis, m’entraînant avec lui vers un plaisir brut, immédiat.
Sa main empoigne mes cheveux lorsqu’il se tend pour jouir. Rougi par les émotions et l’effort, il agrippe mon bassin, me fait onduler sur lui jusqu’à me sentir lâcher prise. Je bascule contre son torse en gémissant, le corps épris de soubresauts.
Elliott me laisse reprendre mon souffle en passant un bras dans mon dos. Je l’ai toujours en moi quand il abandonne un baiser volatile sur mes lèvres. Son sourire rêveur, tandis que je pose mon front contre le sien, vaut tous les mots du monde.
La lumière du soleil descend lentement derrière les fenêtres, déversant des pans de sa robe orangée dans le studio. Allongée à côté d’Elliott, je vire une petite pellicule qui traîne sur une mèche de ses cheveux. Il somnole sur le ventre, un bras passé en travers de ma poitrine, la joue écrasée contre l’oreiller. Mes doigts descendent le long de son cou, puis de son flanc. J’ai l’impression qu’il a maigri.
J’ai du mal à croire qu’il pourrait me briser de sa force surhumaine, lui qui est si doux, si délicat. Qu’il ait enseigné à l’université, presque encore plus. Combien de vies a-t-il ainsi parcourues avant celle-ci, combien de costumes a-t-il enfilés ? Je me demande ce qu’il fait dans ce petit appartement parisien, à préparer des salades infâmes et à se satisfaire d’émissions idiotes sur l’écran de ma vieille télévision. Sa présence dans ma vie me semble désormais évidente, mais ne se lassera-t-il jamais de ce que je peux lui offrir ?
Je retrace la cicatrice qui tranche son sourcil tout en songeant à notre discussion avec Aimée. Lorsqu’un de mes anciens clients a blessé Elliott, il a dû se rendre aux urgences et se faire recoudre. Était-il déjà si triste que son corps refusait de guérir ? Pourquoi n’ai-je rien vu de sa détresse pendant tout ce temps ?
Elliott réagit à ma caresse et soulève ses paupières.
— Je vais accompagner Éléonore demain, lui annoncé-je. Vous êtes sûr de ne pas vouloir venir ? Cette boîte a beaucoup compté pour vous.
Il plisse un peu les yeux.
— Non, marmonne-t-il. Même si elle a beaucoup compté, comme vous dites, elle était pour moi autant un repère qu’un fardeau. Je suis soulagé de ne plus avoir à m’en soucier bientôt.
— Vous ne tenez pas à être auprès de votre frère pour cette étape importante ? insisté-je.
— Ne vous tracassez pas, soupire-t-il en se rendormant à moitié. Que voulez-vous qu’il fasse d’une simple clé ?
— Je voulais dire que ce serait peut-être difficile pour lui.
Elliott ignore mon inquiétude. Au fond, les préoccupations de Désiré m’importent peu, mais j’ai bien l’impression que ce silence blessant dans lequel ils se sont enfermés les pousse à des extrémités inutiles. Ils pourraient se soutenir dans cette épreuve, si seulement ils acceptaient d’ouvrir un peu leurs cœurs. Mon Elliott est un dieu oublié, sans plus aucun but ni devoir ; je n’ose pas imaginer le vide qu’il doit ressentir en sachant que les dernières traces de son travail ici seront effacées demain.
— Il y en aura d’autres, lui assuré-je en rejetant une boucle qui retombe sur son front.
Il m’observe de nouveau, plus alerte.
— D’autres quoi ?
— D’autres projets. D’autres sens à trouver à votre vie. D’autres raisons d’exister.
— Pour l’instant, le seul projet qui importe, c’est nous, me confie-t-il en attrapant ma main pour y déposer un baiser. Je veux me rattraper et m’excuser comme il se doit de vous avoir fait souffrir.
Il contemple nos doigts enlacés dans un silence douloureux. J’attends qu’il poursuive, devinant qu’il n’a pas encore réussi à pardonner ses fautes. Contrairement à moi.
— J’imaginais vous apporter le bonheur en éloignant François de vous, souffle-t-il. Au final, j’ai fichu le bazar dans votre vie pour l’idée que je me faisais d’une perfection qui n’existe pas – ou du moins, qui a cessé d’exister. François aurait pu tomber amoureux de vous. Peut-être vous aurait-il rendue plus heureuse que vous ne le serez jamais avec quiconque, avec moi.
— L’admettre est courageux, murmuré-je. Mais vous aviez raison pour François. Depuis qu’il a rencontré Éliza, il semble plus… heureux. Son âme sœur, ce n’était pas moi.
— Je n’ai rien de courageux. Même quand j’étais censé vous pousser vers Nathan, celui que je croyais sincèrement être votre âme sœur… j’ai fait n’importe quoi, parce que je refusais de vous laisser partir.
Je me penche sur lui pour l’embrasser avec tendresse.
— Je suis heureuse que vous ayez fait n’importe quoi, Elliott. Sans ça, nous ne serions pas ensemble aujourd’hui.
Il s’étale sur moi pour m’étreindre. Mes mains coiffent ses cheveux alors que je pose mon menton sur le dessus de sa tête, pensive. Me montrer présente est la seule chose que je peux faire pour lui, parce que ses regrets comme sa disgrâce ne dépendent pas de moi.
Il doit bien se douter que je suis au courant. Peut-être craint-il que mettre des mots sur cette nouvelle réalité changera à jamais ce que nous avons construit jusqu’ici. Car ça changera. Nos problématiques et nos peurs ne seront plus les mêmes une fois que nous accepterons tout ce que sa nature implique.
Surtout les miennes.
Ce n’est pas la lueur du matin qui me réveille, puisque l’écran de mon téléphone n’indique pas encore vingt-deux heures. C’est une mauvaise impression de perte, un vide tout près de moi.
Il fait noir dans le studio seulement éclairé par les lampadaires de dehors. Les yeux fixés sur le plafond, je touche l’oreiller voisin sans y trouver Elliott. La bile me remonte dans la gorge.
— Elliott ? tenté-je. Elliott ? Vous êtes aux toilettes ?
Pas de réponse. Je me redresse pour balayer la pièce du regard.
— Elliott ? appelé-je plus fort.
Enroulée dans le drap, je vérifie la salle de bain tout en sachant qu’Elliott ne s’y trouve pas – son mètre quatre-vingt-dix et des brouettes rentre à peine dans la cabine de douche. Ma poitrine bat à cent à l’heure alors que j’essaie de relativiser sur les raisons de cette absence. Mes efforts sont tous vains : la douleur que je croyais enfouie depuis son retour me tord le ventre, si bien que j’abandonne mon calme pour me précipiter vers la porte d’entrée. Au moment où je veux en saisir la poignée, mes doigts se referment sur du vide et je trébuche en avant.
— Charlie !
On me rattrape de justesse avant la chute. Je suis renversée contre un bras ferme, un sein presque à l’air, au bord de l’implosion.
— Oh, m’exclamé-je, Elliott !
— C’est mon nom, rétorque-t-il en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que vous fabriquez toute nue dans le couloir ? Vous cherchez à imiter ma marque de fabrique ?
Tout en parlant, il me repousse doucement dans le studio.
— Je… J’ai cru, débuté-je, incapable de trouver les mots justes. J’ai cru que…
J’ai cru que vous aviez disparu. Que vous m’aviez abandonnée, encore. Que votre conscience d’entremetteur débile vous avait rappelé à l’ordre et que vous aviez décidé de la suivre à mes dépens. Que je n’avais pas été assez démonstrative, pas assez convaincante pour vous retenir.
— Charlie, non, s’il vous plaît, dit-il en laissant tomber un sac de nourriture sur la table basse.
— Oui, enfin je veux dire non, enfin je sais ! m’empressé-je de lui répondre. C’est idiot, je le sais parfaitement !
Je me dépêche de retourner près du lit pour enfiler une culotte. Il revient vers moi après avoir refermé la porte.
— Attendez ! m’énervé-je en essayant d’essuyer mes larmes, mais chaque fois que j’y parviens, d’autres me dégoulinent entre les doigts. Je vais me calmer. Vous avez raison. C’est beaucoup trop bête.
Il soupire :
— Je n’ai jamais rien dit de tel.
J’articule une phrase incohérente. Je renifle, renifle encore. Reprends-toi, Charlie.
Les bras d’Elliott s’enroulent autour de moi.
— Je suis désolé, souffle-t-il. Je suis désolé de vous avoir rendue si méfiante.
Le cœur qui bat sous son tee-shirt parvient à me calmer un peu. Il est là. Il ne part pas. Elliott resserre l’étreinte et enfouit son nez dans mes cheveux comme pour m’en convaincre.
— Vous avez faim ? chuchote-t-il après quelques secondes. Je suis allé chercher de quoi nous nourrir, puisque de toute évidence, ma salade ne vous ouvrait pas l’appétit. Mais je n’aurais pas pris le temps de me laver à l’appartement, si j’avais su.
Il se détache pour me recoiffer et prendre mon visage en coupe. Un pâle sourire fige ces fines lèvres roses que je pourrais embrasser durant des heures.
— On dirait qu’il nous reste pas mal de chemin à parcourir avant que tout redevienne comme avant, n’est-ce pas ?
Je le rejoins sur le canapé dans un silence éloquent après avoir enfilé l’un des tee-shirts que je lui ai achetés ce matin. Mon pouce zappe machinalement sur les chaînes tandis qu’Elliott place les boîtes de plats chinois sur la table basse.
Au plus profond de moi, je ne le crois pas capable de repartir. Mais j’ai toujours l’impression que notre couple repose sur des fondations fragiles. Elles pourraient lâcher sous nos pieds d’une minute à l’autre.
— Charlie, grogne Elliott, qui a déjà commencé à manger.
Je lui souris tristement et attrape un plat de riz sauté. Elliott n’a plus besoin de me consulter pour commander à ma place. Sa main se pose sur ma joue pour m’obliger à le regarder.
— Vous savez que je n’ai plus rien à vous cacher, prononce-t-il avec douceur.
— Vous en êtes sûr ?
Vous n’êtes pas un foutu dieu de l’amour, par hasard ?
Elliott range une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de reprendre ses baguettes :
— Sûr et certain.
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