Le Complexe de Cupidon (French Edition)

Eva Kim · Chapitre 53 sur 57

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Le Complexe de Cupidon (French Edition)

Chapitre 49

 

— Et les autres directeurs d’agence ? Ils sont tous comme vous ? Ou alors, ce sont des sortes d’anges à votre service ?

Assis sur le siège côté passager, un bras appuyé contre la portière de la décapotable, Elliott me sert l’un de ses grands sourires charmeurs. Avec ses vieilles lunettes de soleil toutes rayées et ses cheveux en bataille qui lui tombent sur le front, il ressemble à un chanteur des années 80.

— Au début, certains dieux ont voulu rejoindre les agences pour s’amuser, explique-t-il. Mais ils se sont vite ennuyés, à rester enfermés dans des bureaux. En plus, l’amour est une problématique un peu passée de mode sur l’Olympe. Navré de vous l’apprendre, Charlie, mais vous sortez avec un dieu ringard !

Je pouffe en jetant un œil dans le rétroviseur. Mes questions au sujet de sa vie d’avant son arrivée à Paris ne tarissent pas. Elliott y répond sans retenue, s’amusant parfois des informations que je glane sur Internet. Comme lorsque je lui ai demandé s’il avait eu une fille avec Psyché, tout en lui assurant que je n’étais pas contre l’idée d’une famille recomposée, ou quand je lui ai raconté qu’Athéna est censée avoir sorti toute une armée du crâne de Zeus.

Sans se départir de sa bonne humeur, Elliott bascule sa tête contre le coussin matelassé du siège et poursuit :

— J’aurais dû les voir venir. Chez les dieux, les centres d’intérêt sont souvent éphémères. Désiré et moi avons dû utiliser notre don de persuasion pour former des humains à leur succession. C’était une période sacrément compliquée pour la boîte !

J’avale une salive épaisse en entendant le prénom de son frère. Il me ramène à notre triste réalité. Mon index pianote sur le cuir du volant.

— Et moi ? prononcé-je finalement.

— Vous, quoi ?

— Moi aussi, je suis un centre d’intérêt éphémère ?

— Vous, vous n’êtes pas un centre d’intérêt. Plutôt une passion dévorante qui refuse de s’éteindre.

Il pose sa main sur ma jambe pour m’en convaincre. Mes lèvres s’étirent, mais mes yeux, eux, ne sourient pas.

Notre voiture de location ralentit dans les embouteillages de Salou. Les rues vibrent de conversations criées en espagnol. Je conduis un bolide qu’Elliott a insisté pour louer en voyant ma bouche s’ouvrir en grand devant les voitures disponibles à l’agence, juste après notre arrivée à l’aéroport de Madrid. Il n’a pas l’habitude d’étaler sa fortune au grand jour quand nous sommes à Paris. Depuis le début de ces vacances improvisées, je me sens comme une gagnante du loto, un peu grisée et étourdie par tout ce qu’il dépense pour les rendre inoubliables.

Je redémarre au feu vert. Elliott tourne sa tête vers moi et fronce les sourcils.

— Quoi ?

— Vous n’avez jamais eu peur de moi, réalise-t-il soudain. Pourquoi ?

— Parce que vous êtes du genre à parler au chat quand vous pensez que je suis sous la douche.

Il s’empourpre en bafouillant. J’ai une furieuse envie de l’embrasser.

Le stade où nous en sommes aujourd’hui paraît presque dingue. À une époque, je devais redoubler d’efforts pour attirer son attention. Si j’avais su qu’un an plus tard, nous serions en train de parcourir la Costa Daurada pour fêter notre nouvelle vie à deux…

Après le règlement de comptes musclé avec son frère, Elliott a pensé qu’une pause nous était indispensable pour repartir du bon pied. Nous avions besoin de repos, mais aussi de nous redécouvrir. Comme le mariage d’Anne-Camille et Bernard est dans une semaine, nous ne pouvions pas aller bien loin. Elliott a eu tout le temps de vivre à travers le monde avant de me connaître et parle plus d’une centaine de langues, ce qui fait de lui le guide touristique par excellence. Le road trip en Espagne était une évidence. Après avoir dansé dans les rues de Madrid et goûté les spécialités locales, nous sommes descendus jusqu’à Valence pour remonter toute la côte méditerranéenne. Chaque jour, nous avons choisi une nouvelle ville dans laquelle nous arrêter. Elliott m’a ainsi emmenée dans des marchés grouillants de monde comme dans des coins sauvages, là où seul le vent qui chante dans le feuillage des arbres fruitiers répond à vos rires.

Hier, alors que nous venions de nager dans l’eau turquoise d’une crique et que je laissais les poissons me chatouiller les pieds, Elliott s’est mis à gribouiller de drôles de formes dans le sable blanc. Il a dit que ces mots signifiaient qu’il m’aimait en grec ancien, et j’ai profité qu’il retourne se baigner pour me mettre à pleurer.

Salou est notre dernière destination. Elliott tenait à me montrer cette fameuse villa en bord de mer avant notre retour à la réalité. Ses indications nous ont éloignés des rues bondées pour nous faire grimper un chemin de terre encadré par un bois, un peu à l’extérieur de la ville. Au bout de quelques secondes à faire gronder le moteur dans une pente raide, la route laisse place à un petit parvis.

— Quand je n’y suis pas, une agence loue la maison aux touristes, annonce-t-il en ouvrant le portail à distance. Un service de nettoyage passe entre chaque occupation, tout devrait être rangé et propre.

Lorsque j’avance la voiture sur la petite allée en résine, l’impressionnante architecture géométrique de la villa, montée sur des sortes de cubes constitués de pierre blanche et de cloisons en verre, se dévoile. Je coupe le contact, bouche bée.

— C’est l’une des seules résidences que j’ai gardées de tous mes déménagements, m’avoue-t-il en descendant pour aller vider le coffre. Pour la vue.

— La vue ?

Elliott bataille avec le trousseau de clés, nos deux valises en main. Une fois à l’intérieur, il ne me laisse pas le temps d’admirer ni le sol en marbre ni le mobilier immaculé de l’immense salon que nous traversons. Il se contente de me tirer par la main jusqu’à l’une des baies vitrées, qu’il fait coulisser. Juste derrière, il y a une petite piscine à débordement et une terrasse en bois munie de transats. D’ici, je peux voir la pente rocheuse tapissée d’arbres qui descend jusqu’à la mer.

Je marche jusqu’à appuyer mes coudes sur le garde-fou en plexiglas. Pendant un long moment, nous regardons le soleil orangé descendre sur la ligne d’horizon en silence. Les insectes chantent dans la végétation luxuriante qui entoure la propriété.

— Je comprends pourquoi vous y êtes attaché. C’est magnifique.

— Au début, il n’y avait qu’un terrain vague, m’explique-t-il. La résidence que j’y ai fait construire a beaucoup changé au fil des années, mais je n’ai jamais eu le courage de m’en séparer. Je crois que je tiens à ce petit coin de paradis parce qu’il me rappelle les jardins de l’Olympe où mon frère et moi avons grandi.

Elliott m’a déjà expliqué que l’Olympe est un endroit dont les caractéristiques dépassent l’entendement humain, alors j’ai arrêté de lui poser des questions dessus. Je détache quand même mon regard de la vue et me triture les ongles. En remarquant mon hésitation, Elliott presse mon bras.

— Qu’y a-t-il ?

— Puisque vous reparlez de votre frère… Comment va-t-il ? Est-ce qu’Aimée est avec lui ? Je m’inquiète un peu, pour tout vous dire.

— Il vous a mise en danger, lâche Elliott, un peu sec, en retirant sa main. Il ne mérite pas que vous vous inquiétiez pour lui.

— Il ne souhaitait pas me blesser, simplement attirer votre attention. C’est un dieu qui, comme beaucoup d’entre vous, se pense supérieur à l’espèce humaine. Je ne représentais qu’un dommage collatéral dans toute cette histoire. D’ailleurs, c’est aussi ce que je représentais pour vous quand vous dirigiez encore La Compagnie de l’Arc.

J’ai fini par comprendre la rancune de Désiré. Quand vous êtes immortel, vous avez beaucoup plus de temps pour en vouloir aux autres et nourrir votre colère. Il est malheureux qu’Elliott se soit laissé aveuglé par son envie de vengeance au point de ne pas voir son frère atteindre le point de non-retour.

Elliott m’observe, l’air un peu honteux, avant de se pencher plus franchement sur le garde-fou.

— Je n’entretiendrai plus ce cercle de haine, concède-t-il. Mais pour l’instant, je veux me concentrer sur nous. Même si je n’ai pas réussi le test, je convaincrai ma mère de me laisser rester encore quelques années. Il nous reste beaucoup de temps à partager, j’espère juste qu’il ne passera pas trop vite.

J’ai mal au cœur et au ventre. M’en voudra-t-il toute sa vie de l’avoir privé de sa propre mortalité ? Elliott me sent culpabiliser à côté de lui, car il passe son bras autour de mes épaules pour m’enlacer.

— J’arriverai à m’en satisfaire, m’assure-t-il d’une voix douce. Me réveiller auprès de vous. Apprendre à cuisiner vos plats préférés. Vous faire découvrir le monde que je connais à chacune de vos vacances. Commencer de nouvelles séries sans les terminer. Réussir à me faire apprécier de votre mère. Porter ces tee-shirts immondes simplement pour vous voir les enfiler ensuite. Créer tous ces souvenirs et les chérir une fois que ce sera fini.

Elliott continue de parler tout en observant le ciel. Moi, j’observe Elliott. J’enregistre chacun de ses détails avec une précision chirurgicale. Chacun de ses tics, chacune de ses manies inconscientes. La teinte exacte de sa peau pâle. Cette petite veine violacée qui court près de ses lèvres, y compris lorsqu’il est détendu. Ce grain de beauté, juste là, dans le creux de sa mâchoire, apparu pendant ce cours laps de temps où il était humain.

Je ne dois oublier aucune des caractéristiques qui m’ont poussée à l’aimer un peu plus chaque jour.

— Là ! m’exclamé-je en posant ma pierre sur le goban.

Elliott éclate de rire en me la rendant :

— Vous ne pouvez pas la mettre ici, cette intersection n’est pas libre.

— J’abandonne !

Assis en tailleur de l’autre côté du plateau en bois, Elliott se moque gentiment. Monsieur s’est mis en tête de m’apprendre un nouveau jeu de société par semaine. Même si le go était drôle au début, son esprit de compétition a vite transformé nos soi-disant parties d’essai en batailles d’expansion territoriale.

— Vous êtes trop sérieux, ce n’est pas drôle ! ronchonné-je en choisissant une nouvelle position au pif.

— Ce n’est pas que je suis trop sérieux, c’est vous qui ne l’êtes pas assez ! s’exclame-t-il, déjà penché au-dessus du plateau pour réfléchir à son prochain coup.

— Moi, pas sérieuse ? Vous allez voir !

J’enjambe le plateau pour m’affaler sur lui. Elliott m’a vue venir et ouvre ses bras pour me recevoir. Nous basculons en travers du lit en rigolant comme des adolescents, peu inquiets des pierres noires et blanches qui s’éparpillent sur les draps et tombent au sol.

Je me redresse sur un coude et embrasse ses joues tour à tour, l’une de mes jambes en travers des siennes. Lui me regarde comme si j’étais le plus beau monument du monde.

— Quoi ? J’ai encore de la sauce tomate sur les dents ?

— J’aimerais que ces moments durent toujours, souffle-t-il.

Je passe ma main dans ses cheveux, peu étonnée de constater qu’il n’a pas changé. Qu’il soit un dieu de l’amour ou un simple humain, Elliott reste le même. Et c’est peut-être ce qui rend ma décision encore plus difficile à prendre.

Mon directeur grognon fronce les sourcils. Pour ne pas qu’il remarque ma peine, je plonge sur sa bouche et l’aide à retirer sa chemise. Juste une dernière fois.

Une légère brise s’engouffre par la baie vitrée ouverte de la chambre, nous faisant parvenir les stridulations des grillons et l’odeur de la mer. Une joue sur l’oreiller, Elliott et moi nous observons en parcourant du doigt le visage de l’autre.

Chaque fois que ses yeux verts rencontrent les miens, mon rythme cardiaque s’emballe comme au premier jour. Je me demande combien de femmes auront la chance de s’y noyer.

— Charlie, murmure-t-il.

De son pouce, Elliott essuie la larme qui roule en travers de mon nez. Il n’a pas besoin de me poser la question pour comprendre.

— Vous réfléchissez, dit-il simplement. Ne réfléchissez pas, je vous en conjure.

— Je ne réfléchis pas, lui avoué-je d’une voix basse, presque sourde. Je n’ai plus besoin de le faire.

Il laisse sa main retomber sur les draps. Sa pomme d’Adam se hisse douloureusement sous la peau de sa gorge.

— Charlotte…

— Laissez-moi parler, Elliott, articulé-je doucement.

Ma main à moi continue de se promener sur son visage. Les seuls bruits qui me parviennent sont désormais ceux de mon cœur qui tape puissamment dans ma poitrine. Et celui du vent qui se lève et siffle, précipitant les vagues contre les rochers en contrebas. Il a peur.

— J’ai toujours pensé qu’il était difficile de m’aimer, que j’étais la raison de ma propre solitude, commencé-je. J’ai cru à cette idée pendant des années, jusqu’à vous. Vous êtes… tout ce dont j’aurais pu rêver, et bien plus encore. Pendant longtemps, je vous ai laissé prendre des décisions pour deux, parce que je pouvais comprendre les casseroles que vous traîniez. Mais vous avez déjà fait beaucoup de sacrifices pour rester à mes côtés, alors j’ai refusé que votre vie en fasse partie.

— Charlotte, je…

— Pas encore, l’arrêté-je. Pas encore, s’il vous plaît.

Il se mord l’intérieur de la joue. Il me déteste.

— Vous saviez que ça ne fonctionnerait pas, le raisonné-je. Votre famille a besoin de vous. Désiré plus que quiconque. Et moi, je ne voulais pas de ce poids sur les épaules. Je ne voulais pas passer ma vie à culpabiliser, à vous voir vous questionner sur la pertinence de votre choix – ne me fixez pas comme ça, cette idée vous aurait rattrapé tôt ou tard. Elle aurait toujours été là, dans vos pensées, cachée, imprononçable, mais bien présente. Alors j’ai sauté de ce toit, je vous ai forcé à renoncer.

Elliott remonte ses doigts sur les miens et les serre.

— Ce n’est pas grave, susurre-t-il. Même si je reste ce que je suis, tant que nous sommes ensemble, rien ne changera. Rien ne changera, alors…

— Si, Elliott. Tout va changer.

J’attends, mais Elliott ne répond plus rien. Il ferme les yeux comme pour se préparer à la suite.

— Nous ne vieillirons pas ensemble. Et je ne veux pas connaître le jour où je serai devenue un tel fardeau que le simple fait de poser les yeux sur moi sera une souffrance pour vous. Ni vivre dans l’angoisse de celui où votre mère exigera votre retour. Je ne suis pas aussi courageuse que vous pour l’affronter.

— Vous savez que ce problème n’en est pas vraiment un, répond-il. Je pourrais vous faire devenir une déesse, Charlotte, je pourrais vous offrir le monde.

Parfois, j’aimerais avoir le droit de me montrer aussi rêveuse et naïve que lui. Je caresse du pouce sa pommette humide en souriant :

— Si seulement j’en voulais…

Il inspire bruyamment, triste et en colère. J’aurais encore tellement de questions à lui poser sur son enfance, sur sa terre à lui, la seule que je ne pourrai jamais fouler. Mais je dois prendre cette décision ici et maintenant, avant de ne plus en avoir la force.

— Vous êtes Batman, plaisanté-je avec un petit rire triste. C’est comme ça qu’ils font, les super-héros, non ? Ils se reposent un peu auprès de ceux qu’ils aiment et retournent sauver l’univers. Je sais qu’aujourd’hui, vous avez l’impression de ne plus rien avoir à accomplir, mais moi, je crois que de grandes choses vous attendent encore.

J’abaisse mes paupières et dépose un baiser long, silencieux, dans le creux de son pouce. Un vœu pour l’homme que j’aime, une prière.

— L’humanité croira de nouveau en vous, soufflé-je. Je serai la première de vos fidèles.

Il ne trouve même plus l’énergie de me contredire :

— Mais vous serez toujours belle à mes yeux, murmure-t-il dans un souffle. Pourquoi m’obliger à partir si tôt ? Si vous croyez en moi, alors vous croyez en l’amour, vous croyez en nous… Ce n’est pas juste…

Il s’appuie sur nos mains en fermant les yeux avec douleur. Je me demande s’il a déjà eu le cœur brisé à ce point. Le mien est déjà en miettes depuis quelques jours maintenant.

— Parce que commencer à m’oublier aujourd’hui sera plus facile que demain. Je sais que ça vous paraît absurde là, tout de suite. Les premières semaines, les premiers mois, vous remettrez tout en question. Vous hésiterez. Nos habitudes ridicules vous manqueront chaque seconde du jour et de la nuit. Vous aurez l’impression que plus rien n’a d’intérêt, que le monde ne tourne plus rond. Vous pleurerez un peu. Mais ensuite, la souffrance s’atténuera, les larmes se tariront et votre quotidien d’ange capricieux reprendra son cours.

Il explose en sanglots. Mon Elliott, mon tout.

— Ne vous en voulez pas de perdre ces souvenirs avec le temps. Je les garderai précieusement pour nous deux jusqu’à ce qu’ils disparaissent avec moi.

— Ne soyez pas si cruelle, rétorque-t-il. Laissez-moi rester ici, laissez-moi…

Il serre ma main dans les siennes comme si j’allais disparaître d’une seconde à l’autre. Il sait que j’ai déjà pris ma décision.

— Je vous laisserai tout, murmure-t-il enfin. Pour que vous n’ayez plus à vous inquiéter de rien dans cette vie.

— Ne racontez pas de bêtises. (Je parle tout en désignant la chambre luxueuse dans laquelle nous sommes.) Tout ça, ce n’est pas moi. Ce n’est même pas vous.

Vous êtes tout ce dont j’ai réellement besoin.

— Vous ne serez jamais vraiment seul, ajouté-je. Vous emportez une partie de moi avec vous.

Je remonte mes doigts pour toucher la boucle cuivrée qui rebique sur sa cicatrice, rétive, persistante. Surtout cette boucle. Oui, cette boucle plus que tout au monde, je dois absolument m’en rappeler.

— Oubliez-moi, Elliott. Je me souviendrai pour nous deux aussi longtemps que je vivrai.

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