Le disparu de Larvik
Chapitre 39
39
Le lendemain matin, Wisting choisit d'aller de Stavern au commissariat de Larvik par les terres. En chemin, il s'arrêta à la ferme de Brunla.
La pluie avait cessé dans la nuit. Les nuages avaient dérivé et le soleil du matin était déjà parvenu à assécher une bonne partie de la boue.
Il gara sa voiture et se dirigea vers le périmètre bouclé. Assis dans l'ouverture de son fourgon à porte coulissante, Espen Mortensen mâchait un sandwich, un thermos à côté de lui. Des oiseaux chantaient dans les arbres et les premières palefrenières remontaient la passerelle de l'écurie.
« Longue nuit ? fit Wisting en guise de salut.
— On arrive au bout », répondit Mortensen en prenant un gobelet en carton. Il le remplit de café et le tendit à Wisting.
« Tu en sais plus ?
— On lui a tiré dessus. »
Le café était chaud. Wisting mordilla le bord du gobelet.
« Les pompes funèbres l'ont emmené vers 5 heures du matin, poursuivit Mortensen en consultant sa montre. Il devrait être sur la table d'autopsie d'ici une heure, mais selon moi, il s'est pris deux balles tirées par-derrière. »
Le policier scientifique attrapa l'appareil photo dans un sac derrière lui.
« Le corps n'était pas en trop mauvais état, continua-t-il. Dans le temps, on utilisait la sciure de bois comme isolant. »
Il afficha une photo sur l'écran de son appareil et la montra à Wisting. C'était l'arrière d'un crâne avec une ouverture de la taille d'une pièce d'une couronne. Le trou était entouré d'éclats osseux et rempli d'une matière molle indéfinissable.
Mortensen passa ensuite à la photo d'une déchirure dans la veste tachée, à peu près entre les omoplates.
« Ça ressemble à une exécution », commenta-t-il en reposant l'appareil.
Wisting but du café. Quelques mouches lui tournaient autour.
« Autre chose ? » demanda-t-il en essayant de les empêcher de se poser.
Mortensen hocha la tête et fit le tour du fourgon. Wisting lui emboîta le pas.
« Portefeuille dans la poche arrière droite », dit Mortensen en prenant un sachet à l'arrière du fourgon.
C'était un portefeuille en cuir noir. Les bords étaient gonflés. Le contenu avait été sorti et réparti dans d'autres sachets. Wisting prit celui avec le permis de conduire. Le plastique qui le protégeait était gondolé, mais le nom restait parfaitement lisible : Jens Hummel.
« Y a-t-il des éléments qui puissent nous en dire davantage ? » Wisting passa en revue les autres sachets. L'un d'eux contenait quelques billets.
« Juste les trucs habituels, estimait Mortensen. Carte bancaire, permis de conduire et vieux tickets de caisse. »
Dans l'écurie, un cheval hennissait.
« Et dans ses autres poches ? » s'enquit Wisting avant de boire une autre gorgée de café.
Mortensen secoua la tête.
« Mais j'ai juste fait un examen superficiel. Ce sera fait correctement avant l'autopsie. »
Wisting fit un pas de côté et désigna une boîte contenant de petites enveloppes marron numérotées.
« C'est quoi, ça ? »
Mortensen leva la boîte.
« Des chewing-gums. Ça n'a très probablement aucun rapport avec l'affaire. On en a trouvé plus de vingt. C'est sans doute les filles de l'écurie qui les ont crachés dans la sciure et pelletés avec le fumier. »
Deux filles en bottes descendaient la passerelle avec chacune son cheval, elles chuchotèrent quelques instants avant de monter en selle et de se diriger vers l'un des enclos.
Wisting chassa une mouche, froissa son gobelet et le lança dans un sac-poubelle déjà plein de gants jetables et autres équipements de protection.
« Rentre donc dormir un peu, conseilla-t-il en jetant un dernier coup d'œil sur les trouvailles que les policiers scientifiques avaient faites dans la nuit. Il n'y a rien là-dedans qui réclame un rapport urgent. »
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