Le disparu de Larvik

Jørn Lier Horst · Chapitre 69 sur 89

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Le disparu de Larvik

Chapitre 69

69

 

La prison de Skien s'élevait comme un cube de béton étranger dans une zone marécageuse au sud de la ville. Le vent ne passait pas entre les murs et l'air était chaud et statique.

Jan Larsen était un détenu. Personne ne s'était enquis de la raison pour laquelle Wisting voulait le voir. Il n'avait peut-être même pas été informé de la venue d'un policier.

On conduisit Wisting dans une salle de visite exiguë, où il resta à attendre. Puis une porte claqua dans le couloir et un homme en pantalon de jogging accompagné d'un gardien entra en traînant les pieds.

Wisting se leva.

« Jan Larsen ? » fit-il en lui tendant la main.

Son interlocuteur le confirma d'un signe de tête et lui serra la main. Wisting se présenta et s'assit. Le gardien ressortit dans le couloir en verrouillant la porte derrière lui.

« C'est pour quoi ? » Larsen s'assit tout au bout de son siège.

« Votre nom apparaît dans une affaire sur laquelle j'enquête. »

L'homme poussa un soupir découragé.

« Je purge une peine de onze ans, fit-il d'un ton éteint. Ça ne vous suffit pas ?

— Ce n'est pas à propos de vous. Je viens parce que je crois que quelqu'un s'est servi de votre téléphone pendant votre détention ici.

— Mon téléphone ? »

Wisting lui lut le numéro.

« Ce n'est pas votre numéro ? Une carte prépayée NetCom. »

Larsen haussa les épaules.

« Ça se peut. J'en ai eu plusieurs, je ne me souviens pas de tous.

— Quand vous avez enregistré votre abonnement, vous avez donné comme adresse la boîte postale de l'agence pour l'emploi, lui rappela Wisting. »

De l'autre côté de la petite table, le visage de l'homme se fendit d'un grand sourire.

« Ce ne serait pas complètement surprenant de ma part. »

Wisting fit un signe de tête satisfait et revint à la question principale :

« Savez-vous qui s'est servi de votre téléphone pendant votre détention ? »

Larsen secoua la tête.

« Ça doit être une erreur. Je n'ai pas vu ce téléphone depuis mon arrestation. Il a été saisi par la police.

— Comment ça ?

— C'est même écrit dans le jugement. Je m'en servais pour dealer. Pour autant que je sache, il est toujours dans la salle des saisies de la police de Kristiansand.

— Vous êtes sûr ? »

Larsen se leva et se dirigea vers l'interphone sur le mur. Un gardien de prison répondit.

« J'aurais besoin de papiers qui sont dans ma cellule. Est-ce que quelqu'un peut m'accompagner ?

— Un instant », répondit le gardien.

Aussitôt après, on entendit des pas dans le couloir. Le cliquetis d'un trousseau de clefs. La porte s'ouvrit. Larsen se tourna vers Wisting.

« Je n'en ai pas pour longtemps. »

Cinq minutes plus tard, il était de retour. Avec le jugement du tribunal de l'Agder. Il montra un point de la dernière page à Wisting.

« En vertu de l'article 34 du Code pénal, la cour condamne Jan Larsen à une amende de soixante-dix mille couronnes, en vertu du deuxième alinéa de l'article 35 du Code pénal, la cour condamne Jan Larsen à la confiscation d'une voiture Alfa Romeo et d'un téléphone mobile Nokia. »

C'était de plus en plus courant. Le crime ne devait pas être rentable et, outre la confiscation du butin, la police demandait celle d'objets utilisés pour commettre le délit.

« Qui était chargé de cette affaire ? voulut savoir Wisting.

— Ryttingen, répondit Jan Larsen. Harald Ryttingen. »

Wisting resta perdu dans ses pensées.

« Si quelqu'un a utilisé mon téléphone, ça doit être la police », déclara Larsen.

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