Le disparu de Larvik
Chapitre 41
41
Le rapport d'autopsie préliminaire arriva à 14 h 30. Le défunt n'était pas encore identifié, mais on le décrivait comme un homme âgé de trente à quarante ans. La cause de la mort correspondait aux conclusions d'Espen Mortensen. On supposait que la première balle tirée était celle dans le dos. Elle avait touché la colonne vertébrale et déchiré des nerfs et des muscles, mais n'avait sans doute pas été mortelle. La deuxième balle était entrée par la partie inférieure de l'os pariétal pour ressortir par le palais. Elle avait largement détruit le tronc cérébral et entraîné la mort instantanément. On estimait que le décès était intervenu entre quatre et huit mois plus tôt. La date formelle serait fixée à partir de renseignements objectifs quand le défunt serait identifié par l'analyse d'ADN. En pratique, cela signifiait que la date gravée sur sa pierre tombale serait le 6 janvier, jour de sa disparition.
L'élément le plus intéressant du rapport était le dernier point. On avait trouvé dans la cage thoracique un projectile d'arme à feu. Il n'y avait pas de description plus précise, mais le projectile avait été confié à l'agent de la Kripos présent pour l'autopsie.
Wisting feuilleta ses notes et retrouva le nom d'Erik Fossli, l'expert en balistique qui l'avait appelé pour l'informer que le revolver remis par Line était l'arme du meurtre.
Il se montra tout de suite intéressé quand Wisting se présenta.
« Il y a du nouveau sur le revolver qui a été utilisé à Kristiansand ?
— Je ne sais pas, répondit Wisting, mais nous avons fait une autopsie aujourd'hui. »
Son interlocuteur avait manifestement lu les journaux.
« Le chauffeur de taxi.
— Très probablement, confirma Wisting. Il n'est pas encore identifié, mais on a découvert un projectile dans son corps.
— Quel genre ?
— Je n'en sais pas plus, mais il est en route vers votre département. J'appelais juste pour savoir dans quel délai vous pourrez le regarder.
— Je vois, répondit Fossli. Ici, les procédures à la réception sont toujours longues. Des formulaires d'enregistrement et des demandes à remplir en plusieurs exemplaires qui ensuite cheminent lentement dans le courrier interne. Je vais monter directement chez les gars de l'identité judiciaire pour voir qui était à l'autopsie et je récupérerai la balle. Vous aurez probablement de mes nouvelles demain dans la matinée. »
Wisting le remercia, raccrocha et resta avec le téléphone dans la main. L'affaire Hummel était officiellement devenue une affaire de meurtre. Il songea à appeler Ryttingen à Kristiansand pour l'en informer, se venger un peu de son arrogance, mais il se domina. Leur procès commençait le lundi suivant.
OceanofPDF.com