Le disparu de Larvik

Jørn Lier Horst · Chapitre 84 sur 89

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Le disparu de Larvik

Chapitre 84

84

 

 

Juste avant 20 heures le même soir, Wisting retourna voir Line à l'hôpital. Après la réunion avec le commissaire, il avait passé quelques heures creuses au commissariat, sans réussir à les remplir autrement qu'avec son désir de tenir de nouveau la petite Ingrid dans ses bras.

Il était passé chez Line prendre quelques vêtements et des affaires de toilette. Le tout était pour l'essentiel déjà préparé. Sofie et Maja s'étaient installées chez elle pendant que la police scientifique et technique relevait des traces du passage de Phillip Goldheim dans leur maison.

Quand il entra dans la chambre, Line venait de finir d'allaiter. Wisting posa son sac par terre et songea qu'il aurait dû lui apporter quelque chose. Des fleurs, des chocolats ou un petit nounours. Il s'excusa et promit de venir avec un cadeau pour chacune le lendemain.

Line rit et lui donna Ingrid. Il la garda dans ses bras et poussa délicatement sa main avec son gros index. Avec une force surprenante, les doigts du bébé saisirent instinctivement le sien pour ne plus le lâcher ensuite.

« Comment va l'affaire ? »

Wisting raconta, d'une voix calme et tranquille, en étudiant les traits du petit visage.

« Vous allez devoir le laisser partir ? »

Il sourit en sentant que, curieusement, cette idée ne le révoltait pas.

« Mieux vaut dix coupables en liberté qu'un seul innocent condamné, rappela-t-il en songeant à Dan Roger Brodin, toujours enfermé au dernier étage du commissariat de Kristiansand.

— Tu as regardé ce qu'il y avait dans le coffre-fort ?

— Pas encore.

— Il n'a pas tout eu, précisa-t-elle avant de lui parler des cassettes sous un coussin du canapé. Frank Mandt avait un micro caché dans la cuisine, il enregistrait des conversations autour de la table. Il y avait un enregistrement où on les entendait planifier le braquage d'un transport de valeurs. Vous pourrez peut-être faire une analyse vocale ou un truc dans ce genre pour savoir qui parle.

— Bonne idée », approuva Wisting, sans réel entrain.

Ils parlèrent de choses et d'autres, de la date de sortie de la maternité et de la façon dont elle allait aménager sa chambre. Il lui dit qu'il avait prévenu Thomas, son frère, et que celui-ci viendrait faire un tour le lendemain.

« Tu l'as dit à John ? » s'enquit-il en levant les yeux.

Ils évoquaient rarement le père de l'enfant, mais Wisting savait qu'ils avaient eu quelques contacts pendant la grossesse.

« Pas encore. Je vais lui envoyer une photo demain. »

Ils parlèrent d'autres sujets avant de revenir sur l'affaire de meurtre.

« Tu crois qu'il est mort naturellement ?

— Qui ça ? fit distraitement Wisting en déplaçant le bébé vers son autre bras.

— Frank Mandt. Tu crois qu'il est tombé ou qu'on aurait pu le pousser ? »

Wisting réfléchit à ce qu'il avait lu dans le rapport sur la découverte de Frank Mandt en bas de l'escalier de la cave. « Rien ne suggérait que la chute ait été provoquée.

— Mais qu'est-ce qu'il allait faire dans sa cave, au juste ? Il n'y avait pas grand-chose d'autre que la vieille salle de musculation et le coffre-fort, et il ne portait pas de vêtements de sport, si ?

— Alors il devait aller à son coffre ? proposa Wisting.

— Peut-être. Je trouve juste que c'est une drôle de coïncidence. Qu'il tombe dans l'escalier quasiment en même temps que toutes ces histoires dont il semble avoir été le centre. »

Wisting se leva avec Ingrid dans les bras et la tendit à Line. Le mouvement lui fit entrouvrir les paupières et émettre quelques sons.

Les propos de Line lui avaient donné une idée et il était pressé.

Il se pencha au-dessus du lit et embrassa sa fille en lui promettant de revenir le lendemain. Puis il marcha prestement vers la porte.

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